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lun. 20 novembre 2017

Jeudi après-midi à Saint-Dilon

J'ai déjà raconté ma découverte aussi fortuite que tardive de Gilles Vigneault. L'autre jour à la bibli, j'ai eu envie d'emprunter de nouveau le CD que la Chouquette et moi avions déjà bien usé l'année dernière.

Et puis jeudi après-midi, alors que j'avais une citrouille de trois kilos à préparer, au lieu de lancer une émission de radio ou un podcast - comme je fais souvent quand je suis en cuisine - j'ai branché le lecteur et j'ai mis le CD - comme je ne fais jamais, plus jamais : dans ma vie, il n'y a plus beaucoup de musique ni de cinéma, alors que c'est ce qui constituait l'essentiel de mes journées, me semble-t-il, quand j'avais vingt ans. Ce n'est ni grave ni triste ni irréversible ; on ne peut pas tout faire, tout vivre, et je fais et vis d'autres choses.

J'étais toute seule à la maison, et j'ai fait ce truc d'ado : j'ai mis une de mes chansons préférées en boucle, fort, et je l'ai écoutée dix fois, vingt fois, trente fois peut-être, tout en vidant et en découpant ma citrouille. Ce moment m'a procuré une sensation de bonheur et de liberté étonnante, je ne sais pas trop pourquoi ; peut-être justement parce que la musique est devenue rare, et qu'elle m'a grisée comme l'auraient fait deux verres de vin après quelques mois d'abstinence.

En tous cas, moi qui n'ai pas d'attirance particulière pour le Québec, qui ne sais pas danser et qui n'aime pas les fêtes, à ce moment-là, j'étais à St-Dilon et j'ai virevolté toute la soirée. J'étais celle qui s'ennuyait de Jean-Louis, j'étais celui à qui on avait serré la main plus fort et qu'en était tout étourdi, j'ai dansé la plongeuse, j'ai vendu ma famille pour un air de violon, j'étais le môdit malfaiteur.

Et puis j'en ai eu plein les oreilles, j'ai mis les quartiers de citrouille à rôtir, j'ai éteint le lecteur CD et je suis partie chercher ma mignonne à l'école. C'était bien.

Je vous mets le lien pour écouter la chanson... Mais alors attention, les images de la vidéo me cassent complètement mon délire. C'était pas du tout ça l'ambiance que je visualisais ; je veux dire, je ne suis pas très funky, mais un peu plus que Caroline Ingalls quand même.

jeu. 16 novembre 2017

OMG, des OGM !

Ma Biocoop invitait ses clients l'autre soir à la projection de Bientôt dans vos assiettes, un documentaire de Paul Moreira sorti en 2014. C'est à lui qu'on doit la fameuse séquence (qui avait beaucoup tourné sur Internet) du type qui défend ardemment la prétendue innocuité du glyphosate et a l'air d'une andouille particulièrement gratinée quand on lui propose d'en boire un verre. Vous vous rappelez ?

Sur la forme, le film a quelques défauts qui malheureusement ramollissent un peu le propos, mais certaines scènes restent assez percutantes. Je vous raconte ce que j'en ai retenu (histoire de ne pas oublier, moi non plus).

  • Ce technicien dans un élevage de porcs au Danemark, qui raconte comment la proportion de soja transgénique a augmenté peu à peu en quelques années dans l'alimentation de son cheptel. Cette augmentation trop progressive a empêché les éleveurs d'établir immédiatement un lien de causalité avec ce qu'ils appellent "la mort jaune", des diarrhées telles que 30 % des bêtes en mourraient (malgré la tournée générale d'antibios).

Le type, toutefois, a quand même eu une intuition, un jour, et a décidé de faire un essai pour voir ce qui allait se passer s'il virait le soja transgénique. Devinez quoi, en 48 heures le problème était résolu. (L'histoire ne dit pas si tous les éleveurs de porcs ont connu le même problème, ni s'ils l'ont tous résolu de cette manière, ni s'il est économiquement viable pour tous les élevages de tous les pays d'abandonner les OGM. Tout ce qu'on sait, c'est que ce n'est peut-être pas tant la plante à l'ADN tripatouillé qui rend les bêtes malades, mais plus probablement le cocktail de pesticides qu'elle s'est pris dans les folioles.)

  • Ce type en Argentine, gardien de plantations transgéniques généreusement arrosées de Roundup et d'autres cochonneries, qui explique qu'eux ne nourrissent pas leurs poules, ni leurs cochons avec ce soja-là, car les œufs et la viande sentent mauvais, ont un goût de pourri. Or en France, même si la culture d'OGM est interdite, l'import pour la consommation animale ne l'est pas.

Et d'après le film, l'import représente 45% de l'alimentation. La proportion d'OGM là-dedans n'est pas très claire (ou alors j'avais la tête ailleurs), car les producteurs ne sont étrangement pas très communicatifs sur le sujet.

  • Je retiens aussi la merveilleuse langue de bois du ministre argentin des sciences, qui évoque des problèmes de consanguinité quand on lui fait remarquer la proportion effrayante d'enfants qui, conçus et portés à proximité des champs pulvérisés au glyphosate, naissent avec de nombreuses infirmités. Et hormis ce problème de santé publique tout à fait tragique, la montée en puissance de Monsantou et compagnie en Argentine fait aussi des victimes économiques, car ce modèle d'agriculture dopé aux pesticides requiert beaucoup, beaucoup moins de main d’œuvre.
  • Et enfin, le cas, voire le mystère Patrick Moore (la fameuse andouille qui se voit proposer un petit Roundup on the rocks par Paul Moreira), que je ne connaissais pas : le mec a cofondé Greenpeace, et 10 ou 15 ans plus tard, a spectaculairement retourné sa veste (défenseur de l'industrie pétrolière, pro-nucléaire, climato-sceptique, et j'en passe).

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Eh bien d'abord parce que j'ai envie de papoter (oui je suis dans un jour où je me suis interdit l'accès à Twitter, oui j'ai du travail qui m'attend, pourquoi ?).

Et puis aussi pour poser un jalon : si jusqu'à présent, c'était pour des raisons éthiques que j'évitais au maximum le porc et le poulet de batterie, là j'ai clairement une raison de plus pour continuer comme ça. Bien sûr, à la maison, c'est facile, mais à l'extérieur... La salade César ou le croque-madame du petit bistrot pas cher, les nems du boui-boui thaï du coin, le jambon sur la Regina de la pizzeria à côté de la maison, le biryani de l'indien qui livre, le sandwich de supermarché... Autant de viandes dont la provenance est souvent plus que douteuse. Et dans le doute, justement, je préfère m'abstenir autant que possible.

(Même en habitant ce bled légèrement plus grand que Pétaouchnok-sur-Oise, je vous avoue que ce n'est pas toujours simple, l'offre végétarienne étant souvent fort limitée et/ou peu engageante. Mais bon. C'est pas comme si je bouffais au resto cinq fois par semaine non plus, donc c'est cool.)(Et OUI j'ai conscience que c'est un MPP (un Méga Problème de Privilégiée). Mais en même temps, qu'est-ce que vous voulez, je suis une privilégiée.)

jeu. 26 octobre 2017

Cul de sac

Des tas de pensées plus ou moins désordonnées m'occupent, voire m'absorbent entièrement, depuis le début du scandale Weinstein et des cris du choeur #balancetonporc et autres #metoo. Je n'arrive pas à me décider, en parler ou ne pas en parler ou parler d'autre chose. Je choisis donc de faire un peu tout ça à la fois : en parler pour dire que je n'en parle pas (pour le moment), puis parler d'autre chose. (Oui, ce blog souffre d'un problème de ligne éditoriale. C'est comme s'il y avait eu un changement de paradigme dans ma vie et qu'il n'arrivait pas à suivre. Bref.)

Ma bibliothécaire préférée avait parlé il y a quelques mois d'une bédé que je ne connaissais pas et qui m'avait fait de l’œil. Je suis en plein dedans et c'est le régal absolu. C'est drôle, tendre, juste ce qu'il faut d'absurde et de névrosé, j'adore. Alice et Petey Otterloop sont un peu les cousins de Charlie Brown (d'ailleurs j'ai envie de relire des albums de Snoopy maintenant). Puis-je vous conseiller ce petit bijou à mon tour ? Dans un mois et 28 jours, quand vous serez en plein dans les courses de Noël et dépourvu d'idées pour votre tonton Edmond ou votre belle-sœur Hortense, offrez ''Cul de Sac'', de Richard Thompson, et vous verrez, tout se passera bien.

lun. 09 octobre 2017

Voyage en Picardie

Ça ne fait pas tout à fait un an que ma grand-mère est morte, mais la Somme, si tu peux y aller à un autre moment qu'en novembre, en plein dans le brouillard et la pluie, pour le moral, c'est préférable. Donc, on y est allés fin septembre, mon grand-père, ma frangine et moi.

On a fait le plein de gâteau battu (tu connais pas le gâteau battu ? Imagine que tu prépares une brioche. Double la quantité de beurre. Tu y es ? Double encore... Maintenant, rajoute une grosse lichette de beurre. Voilà, tu as à peu près la recette du gâteau battu. Ça manquera peut-être juste un peu de beurre.)

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Visites aux morts – qui nous accueillent sans chichis - et aux vivants, qui mettent les petits plats dans les grands. C'était infiniment émouvant de voir ces (très) vieilles branches se tomber dans les bras, persuadées qu'elles étaient d'être parties pour mourir sans avoir eu l'occasion de se revoir (le nonagénaire n'est pas très mobile).

La tendresse des vieux clients pour leur vieux médecin, l'amitié fidèle des voisins d'il y a 30 ans, tout ça m'a gonflé le cœur à bloc.

On a révisé l'histoire et la géographie familiales. Sur la route de N., mon grand-père note platement : « C'est là que les enfants se sont fait écraser ». On ne s'arrête pas, on continue de rouler. La banalité des lieux me déconcerte. « Tu t'étais imaginé quoi, une route avec des crocs ? » me demande le Chou un peu plus tard. Ben non, évidemment, mais enfin, je m'attendais sans m'y attendre à un truc un peu vicelard, un virage à la noix, je sais pas.

Au lieu de ça, c'est une route toute conne, incroyablement conne, droite, en pente légère. J'aurais pu m'en douter.

« Ce soir-là, votre grand-père voulait se... (pudiquement, la vieille amie finit sa phrase d'un geste de la main). Mon mari lui a rappelé qu'il lui restait votre papa. Il était tellement bouleversé qu'il l'avait oublié. »

Je ne sais plus d'où je tenais l'idée, narrativement aussi subtile qu'une intrigue de roman de gare, qu'ils allaient ce jour-là en visite au cimetière (car le drame s'est joué en plusieurs actes). J'y croyais dur comme fer, mais la topographie contrarie ce scénario, et mon grand-père confirme : ils se rendaient tout simplement à la fac. (J'ai commencé par songer que c'était encore plus poignant. Et puis en fait, tu peux bien rajouter ou modifier tous les détails que tu veux, ça ne change rien. C'est en soi de la tragédie pure, infinie.).

« Il voulait tout arrêter, sa femme a refusé, elle était plus courageuse que lui », raconte la vieille cliente non sans une certaine cruauté, et lui acquiesce, les yeux dans le vague.

On rentre en région parisienne au bout d'une trentaine d'heures. Le lendemain, ralentie par la mise à jour d'un logiciel intime, j'ai un peu de mal à travailler.

mer. 04 octobre 2017

Ma cigarette électronique

J'ai un peu trop abusé de Twitter ces derniers temps, alors cette semaine, c'est ceinture (bon en vrai c'était la semaine dernière mais ce blog n'est pas très instantané). Je traîne sur Facebook comme un gros clopeur qui tire tristement sur sa cibiche électronique : c'est pas pareil.

Comme il faut bien se distraire du travail d'une manière ou d'une autre (semble-t-il : apparemment, juste travailler efficacement n'est pas vraiment une option pour mon cerveau. Dommage.), je trouve des dérivatifs : je mets à jour des albums photo, je trie des liens que j'avais marque-pagés, et puis, tout arrive, je viens bloguer. Pas pour causer, non, j'ai pas le temps (rapport qu'aujourd'hui j'ai DÉJÀ passé trois plombes à effacer de vieux e-mails et à lire des articles archivés depuis 2015). Mais je me disais que j'avais peut-être accumulé assez d'images pour un gloubi-boulga.

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(oui, bon, ça c'est pour se rassurer. Pondre une note de blog c'est pas non plus le Pérou)

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William Mortensen

DHdN05PWAAEGS9k.jpg_large.jpg J'aime les manchots.

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Rions un peu en attendant la prochaine guerre mondiale (je n'ai pas de sources mais j'ai un détail intéressant : la première est apparue sur mon mur Facebook, celui-là qui est si prompt à interdire les seins - féminins, évidemment. J'ignorais que les quéquettes échappaient à la censure.)

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Je trouve ce museau de mouton plein de délicatesse (et j'ai piqué l'image quelque part sur le site de la Ferme de Paris, je crois - oh là là décidément pour les crédits je baisse.)

mer. 20 septembre 2017

On biche

Ceci n'est pas un vrai billet, mais j'ai envie de partager combien je suis fière et contente pour mon Tigre et son associé, qui sont en train de s'offrir une jolie revue de presse autour de la sortie de la nouvelle traduction (par Marie Cosnay) des Métamorphoses d'Ovide.

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La surprise de ce matin par exemple, sur France Inter - 1 min 43 s de bonheur !

Si vous bouillez d'en savoir plus, je vous suggère d'aller voir par ici.

ven. 08 septembre 2017

Dans mes bras septembre

Je crois que notre Chouquette ne fera plus jamais de rentrée aussi cool de toute sa scolarité ; non seulement elle retrouvait sa maîtresse et sa classe, mais aussi sa meilleure amie, le tout dans une ambiance extrêmement détendue puisque, double-niveau oblige, il n'y avait d'abord que 6 « moyens » la première heure (le troupeaux de petits ne faisant sa rentrée qu'à 9h30). Elle est très heureuse, mais le soir quand je la récupère crevée et relou, c'est une autre histoire, le contraste est fort avec les dernières semaines toutes douces et tranquilles. J'essaie de garder la coolitude des vacances pendant le fameux créneau de l'enfer, 17h-20h, pour le moment ça ne marche pas trop mal.

De mon côté, je suis ravie (comme beaucoup de parents) d'avoir retrouvé le calme du travail. Pas de bonnes résolutions pour cette rentrée, mais des envies assez fortes de grand ménage de printemps : envie de virer tout ce qui ne me met pas en joie (oui j'assume, j'ai lu et j'aime Marie Kondo - même si visuellement chez nous ce n'est pas évident-évident), envie de voir plus de bons films et moins de vidéos Youtube médiocres, envie de finir tous mes projets à moitié entamés qui m'épuisent à force de traîner dans un recoin de ma tête (bon, joker pour le tricot peut-être, quand même), envie de mieux utiliser mon temps : j'ai la chance d'en avoir, c'est indécent de le gaspiller.

Le but n'est pas de me coller une pression de malade (parce que oui, des fois on a besoin de zoner une heure en traînant sur Twitter), seulement de mieux profiter de la vie. (ou alors tout ça c'est juste l'angoisse du spleen automnal qui me tourne autour)

IMG_4514.JPG (et j'ajoute quand même une photo de vacances parce qu'à la rentrée à la machine à café on se raconte aussi comment c'était au camping de la plage)

dim. 13 août 2017

Quelques grammes de douceur dans un monde de néonazis (1)

Arrêtez tout, ça y est, j'ai trouvé le glacier ultime ! (Sachant que j'étais déjà pas mécontente avec Amorino, mais que je me méfie de leur succès un peu trop énorme, chais pas, je trouve ça louche)

Ça s'appelle la Fabrique Givrée, je suppose qu'ils existaient depuis un moment déjà en Ardèche, mais ils viennent d'ouvrir à Paris (rue Soufflot, juste en face du Luxembourg) et donc j'en viens et c'était fabuleux.

Déjà, ils m'ont comprise tout de suite : ils ont une formule dégustation de 6 mini-boules, donc je n'ai hésité que 800 ans pour choisir mes parfums. Ensuite, ils travaillent beaucoup avec des produits locaux - enfin, locaux d'Ardèche quoi, bon, mais attends : locaux ET de saison : de la glace aux fraises, y en aura plus cet hiver par exemple. Le truc qui paraît évident mais qu'on ne voit pas si souvent en vrai, en fait (le nombre de restos pourtant attentifs aux produits, et qui continuent de te faire des desserts aux framboises au mois de janvier). Oui, d'accord, C'EST VRAI, ils sont comme tout le monde, ils ont vanille et chocolat et ça vient pas d'Ardèche et ils en ont sans doute toute l'année. Mais après, toi t'es pas obligé de prendre vanille-chocolat quand t'y vas, d'ailleurs a priori je te suggèrerais plutôt de faire comme les Romains à Rome et de prendre la glace au marron, hein.

D'ailleurs j'ai pris quoi moi, ça t'intéresse ? Je te raconte :

  • Abricot de Saint-Rémy-de-Provence
  • Pomme-Safran d'Ardèche (mais oui, ils ont du safran là-bas)
  • Basilic bio d'Ardèche
  • Marron d'Ardèche
  • Datte Medjool Fleur d'oranger du Liban (ok on s'éloigne un peu mais vous comprenez bien que je n'avais pas le choix)
  • Amande grillée Bio de Valencia

(Non y a pas de photo, on n'est pas sur instagram non mais ho) (en vrai j'ai laissé mon APN (et ma fille) à mon amoureux, tout là-bas dans les Cévennes)

L'abricot était sympatoche, mon palais n'est pas assez fin pour le sorbet pomme-safran ; l'amande grillée faisait bien le job, et la glace datte Medjool-fleur d'oranger était absolument divine. MAIS ALORS LE SORBET BASILIC ET LA GLACE AUX MARRONS OH MY GOD je pense que je vais en rêver cette nuit. Ce sont les deux parfums que j'ai choisis un peu sur un coup de poker, je craignais un truc trop astringent d'un côté, trop écœurant de l'autre, et en fait c'était tout simplement parfait : le basilic d'une délicatesse ahurissante, le marron d'une finesse époustouflante.

Bon, attention, c'est pas donné (tu payes les bons produits, normal, mais je les sens attentifs aussi à tout ce qu'il y a autour, les détails comme les jolis petits plateaux en bois, la police de caractère à la mode, la com qui soigne la bonne distance, ni sympathie forcée et forcenée façon Michou & Augustin, ni snobisme un peu froid d'Amorino qui laisse tout écrit en italien et tu te démerdes). Mais comme je dis toujours, les pâtisseries et les glaces de luxe, ça reste toujours plus abordable que la maroquinerie ou les voitures de luxe.

Bon et maintenant la question subsidiaire : en aurais-je écrit autant sur le sujet si je ne venais pas de passer une semaine en solitaire (vie ma vie de mormone) ? Il est possible que je n'aie pas tout à fait eu ma dose de parlote. Le Chou et la Chouquette rentrent demain, c'est parfait.

(1) je ne sais pas si les mormons suivent les infos mais j'avais quand même Internet cette semaine et oh misère.

lun. 24 juillet 2017

Tout fout le camp

Mercredi dernier, je prenais un café une glace avec Heure Bleue et Le Goût, que je n'avais pas vus depuis longtemps. Alors, quoi de neuf ? me demandaient-ils assez logiquement, et je manquais un peu d'inspiration pour leur répondre, quand mon téléphone sonna. Une minute plus tard, j'avais des nouvelles extra-fraîches à leur soumettre : ma grand-mère, l'autre, venait de mourir.

Je m'y attendais sans m'y attendre, ça sentait le roussi depuis quelques temps. Étant donné les circonstances, on peut dire que ça s'est plutôt bien passé (faut dire, depuis mon autre grand-mère, j'ai revu mes standards à la baisse). Mon chagrin se tient tranquille, mais je me demande si elle avait eu le temps de voir les photos les plus récentes de Hiboute, que j'avais envoyées quelques jours plus tôt (je ne le saurai sans doute pas, ça me taraude doucement, comme une fourmi qui vous escalade le pied). J'ai envie de passer un peu de temps chez elle, d'aller de pièce en pièce, de sentir les odeurs. Ça va être bien de voir les cousins demain, de se raconter des souvenirs.

Je n'ai pas hérité de sa bonne humeur perpétuelle ni de son cœur d'or, les deux traits qui la caractérisaient le mieux (ceux-là et son étanchéité absolue au second degré, à laquelle j'avais fini par me faire en vieillissant, mais qui fut source d'exaspération pour ma sœur et moi, à l'âge où nous n'étions que sarcasmes et ironie mordante). En revanche, Hiboute chantonne parfois comme elle, ça m'attendrit.

Quelques souvenirs :

  • les habits de Barbie qu'elle avait cousus pour nous. Ce tailleur gris notamment, très chic, qu'elle avait doublé de satin, elle qui ces dernières semaines n'arrivait même plus à décrocher son téléphone tellement avait les doigts paralysés.
  • Mes premières promenades dans Paris, c'était avec elle. Ce sont des souvenirs forts. Je peux m’enorgueillir d'être la première - et la dernière - de ses petits-enfants à lui avoir fait grimper les escaliers de l'Arc de triomphe.
  • Les photos qu'elle prenait, en mettant une fois sur deux le doigt sur l'objectif.

J'ai toujours parlé d'elle moins que de mon autre grand-mère sur ce blog, parce que nos relations étaient plus diluées. Il me semble pourtant que je n'ai pas moins de souvenirs d'elle, que je n'en étais pas moins proche. Ce n'est peut-être qu'une bête question de proximité géographique, et de fréquence de visite. La comparaison est inévitable, et pourtant elle ne rime pas à grand-chose.

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Avec Hiboute, Noël 2013

mar. 18 juillet 2017

Ma dernière récolte de jpeg

De haut en bas : A man feeding swan in the snow, de Marcin Ryczek (une photo que j'aurais aimé prendre) ; s'il fallait n'en garder qu'un, LE plan à avoir en tête - surtout en cas d'apocalypse zombie ; un problème que j'ai dans la vie (par The Awkward Yeti); le travail de l'artiste Sheena Liam ; un tweet qui m'a fait rire.

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mer. 12 juillet 2017

Surconsommation vs. Consom'action

Vous m'avez demandé dans ce billet de quel groupe Facebook et de quel livre je parlais. Je vais vous le dire, mais je crois que je suis d'abord partie pour vous pondre un loooong préalable.

Lors de la dernière campagne présidentielle, et surtout au moment de l'entre-deux tours, il y a deux choses qui ont attiré mon attention chez les gens qui étaient en colère. Le sentiment d'impuissance d'abord, chez certains ("on subit tout", disait l'un d'entre eux, ce qui me semblait bien résumer le problème, en tous cas le problème pris sous cet angle-là), et puis chez d'autres, celui de se trahir et de trahir leurs valeurs en votant EM. Voici un extrait de ce que j'avais écrit à l'époque en discutant sur FB (non, je ne me cite pas par vanité, mais par flemme et manque de temps pour reformuler) :

"sur l'écartèlement moral que constitue un vote EM, la période électorale déforme la réalité avec cet effet de loupe sur notre vote, et peut nous donner l'impression de n'avoir voix au chapitre qu'à cet instant, une fois tous les 5 ans. On sait bien que c'est faux. Déjà, il y en a d'autres, des élections - moins médiatisées, auxquelles les citoyens participent moins, mais pas moins importantes. Ensuite, j'ai le sentiment de voter dans ma vie de tous les jours, dans mes choix de tous les jours, et surtout mes choix de consommation, puisque l'argent est le nerf de la guerre. Donc ce vote de dimanche constitue moins un pic dans ma vie de citoyenne que ce que la focalisation médiatique pourrait me donner à penser. Et je crois qu'on est de plus en plus nombreux à prendre conscience de ça."

Peu après ce moment-là, mon intuition (certes, y avait pas besoin de s'appeler Madame Soleil) a été confirmée par la découverte d'un certain groupe FB, dont les administratrices venaient de publier un certain livre, ainsi qu'un manifeste intitulé... www.jevoteauquotidien.fr/. Je cite :

Des bulletins de vote, vous en avez plein, bien plus qu’un tous les 5 ans, et vous votez chaque jour, sans en avoir conscience. Nous, les consommateurs, sommes la clé, nous avons le choix, car chaque fois que nous dépensons notre argent, nous finançons un système. Un système destructeur et esclavagiste, ou bien un système qui porte un nouveau modèle de société plus sain et plus équitable.

(et là à nouveau j'aimerais remettre la main sur cet extrait de Marius et Jeannette qui résume cinématographiquement le concept)(ou sur l'interview d’Élise Lucet, parue dans Télérama, qui raconte qu'au début les grosses boîtes ne la prenaient pas au sérieux, jusqu'au jour où le cours d'une action a chuté après la diffusion d'une émission à charge)

Et c'est aussi en partie le sujet du livre en question (j'arrête avec mon suspense à deux balles) :

J'arrête de surconsommer, de Marie Lefèvre et Herveline Verbeken.


Il est vraiment très bien foutu, ce livre. Bon y a un peu trop de points d'exclamation pour mon goût personnel, et l'aspect « gamification » n'a pas du tout fonctionné sur moi, mais sinon, il est parfait. Il ne parle que de choses que j'avais déjà en tête, mais soit en vrac, soit à l'état embryonnaire. Ici, les autrices articulent toutes ces idées à la fois très simplement et très intelligemment : elles commencent l'air de rien par te donner deux-trois gentils conseils de cuisine, et puis tout à coup, bam, elles te sortent une critique du système financier assaisonnée à l'acide sulfurique.

Bon, peut-être que moi, j'ai été très sensible à leur discours parce que je suis déjà tout acquise à la cause, mais le fait est, les témoignages du groupe le prouvent, que ça touche même des gens qui au départ n'en avaient rien à cirer de la planète. Ça me fait du bien parce que ça me donne de l'espoir...

(ah oui, le groupe : il s'appelle « Gestion Budgétaire, Entraide et Minimalisme ». Sexy, je sais.)
edit : je rajoute un chouette article un peu dans cette veine si vous n'avez pas eu votre dose (ou que vous procrastinez encore au lieu de bosser, vilains petits décroissants), parce que j'aurais pu l'écrire à peu près mot pour mot...

lun. 03 juillet 2017

Il s'est passé quoi en juin 2017 ?

J'ai accepté une traduction de trop, d'où mon peu de présence par ici.

Et comme toujours (enfin depuis 2-3 ans ça se précise de plus en plus), le mois de juin est très rempli, frénésie de soleil et de copains et de pique-niques.

Nous avons fait la connaissance du manège des espèces disparues / en voie de disparition (ouais un peu démoralisant comme thème) au Jardin des Plantes (on avait commenté un peu fort la drôle de gueule des girafes, du coup le monsieur du manège est venu nous expliquer le principe).

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Ceci n'est pas une girafe. Vraiment. C'est un sivathérium (non j'avais pas retenu, j'ai fait une recherche).

J'ai fait une looooongue balade avec Adèle qui collectait toutes les fleurs, feuilles, petits bâtons et jolis cailloux qu'elle croisait. On a mis deux heures à rentrer à la maison (pour un trajet de 25 min normalement), c'était une merveilleuse après-midi, très sereine, très simple.

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Le standard de bonheur du parent, c'est facile : il suffit que le môme MARCHE. Même à deux à l'heure, même en faisant mille détours, juste : qu'il marche, au lieu de réclamer les bras et de chouiner qu'il est fatigué.

J'ai fait des madeleines, regardez-moi ces bosses, non mais regardez-moi un peu ces bosses ! Elles étaient plus jolies que bonnes, même si très correctes tout de même.

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Vous pleurez comme des madeleines ou vous rigolez comme des bossus ?

En cuisine toujours, j'ai fait cette crêpe à la silhouette parfaite de sorcière :
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On a eu un superbe coucher de soleil pour fêter l'arrivée de l'été (et la musique, accessoirement).

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Le Chou et moi avons accompagné la classe de Hiboute au Musée en Herbe.

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Et nous avons appris, ô joie, que Hiboute aurait la même - super - maîtresse l'année prochaine. Bref, une année qui finit bien...

jeu. 15 juin 2017

Deux émissions de radio qui se répondent

Dans l'une, le combat d'une femme pour faire reconnaître comme maladie professionnelle le cancer auquel son frère (ouvrier viticole) a succombé, puis pour limiter tant bien que mal les dégâts sanitaires liés aux pratiques viticoles.

Dans l'autre, Claude et Lydia Bourguignon racontent que les vignerons les sollicitent beaucoup, parce qu'en agriculture biologique le vin devient meilleur, et du coup, économiquement aussi...

Des citoyens qui changent le monde : La vigne et Superphénix

La tête au carré : manifeste pour une agriculture durable

Allez-y, chères idées, envolez-vous, accrochez-vous les unes aux autres, parlez-vous dans la tête et dans la bouche des gens, germez, poussez, épanouissez-vous.

jeu. 08 juin 2017

Bonheurs-du-jour de la semaine (sélection)

  • météorologique

Se faire surprendre par une énorme averse MAIS à 5 min de la maison. Rentrer complètement rassouillés, ôter aussitôt les fringues détrempées pour enfiler quelque chose de sec. C'est presque surprenant tellement c'est fort comme kif.

  • de bibliothèque

Recevoir un mail des bibliothécaires qui dit que notre suggestion d'achat a été retenue, et avoir l'impression d'avoir gagné au loto.

  • de synchronicité

Sortir de chez l'ostéo qui préconise d'arrêter de bosser dans le canapé (je te raconte pas le travail de deuil) et d'investir dans une bonne chaise de bureau. Sur le chemin du retour, tomber sur un fauteuil à roulettes absolument parfait - un peu élimé mais tout à fait fonctionnel et confortable. Problem solved.

  • socio-écologique (oui j'invente des concepts en 2 secondes si je veux) :

Sur ce groupe FB qui aide ses membres à gérer leur budget de manière "verte", lire des témoignages de gens arrivés là sans aucune conscience écologique et qui ont eu envie peu à peu de s'y mettre en découvrant combien l'ambiance était à l'entraide et à la bienveillance. Ces prises de conscience en douceur, quel bonheur, et quel espoir...

jeu. 01 juin 2017

Il s'est passé quoi en mai 2017 ?

Non parce que un changement de président, ok, mais sinon ?

Le printemps était là et bien là ; j'ai maté les abeilles qui s'en donnaient à cœur joie dans les fleurs, c'était la grosse frénésie.

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On est allés en Bretagne se vivifier un peu les chairs.

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Moi : Regarde ma chérie comment c'est fait une étoile de mer, t'as vu tous ses petits pieds ? C'est dingue !! Regarde, non mais regarde comme elle avance !

La chérie : ... (rien à foutre)

J'ai savouré le moment où j'ai réussi après 23 essais à faire le fameux effet flou de bougé / sujet net. Pour s'entraîner, le trampoline géant est idéal : le sujet en question, captif, ne peut pas s'enfuir, et un peu comme au tennis, il n'est pas bien compliqué d'anticiper le mouvement général : de bas en haut ou de haut en bas.

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J'ai fait du sirop avec la menthe du jardin. Franchement, ça déboîte, Teisseire peut aller se rhabiller.

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jeu. 18 mai 2017

Déjà jeudi, tirage au sort

Et c'est Léonie qui remporte le gros lot livre de yoga ! Tu m'envoies un mail avec tes coordonnées ?

(Et comme ça fait un peu court pour une note, je continue dans la thématique têtards en vous laissant sur ce commentaire trouvé sur le FB de La Hulotte, parce que c'est le genre qui permet de se rappeler que les humains sont parfois des créatures adorables) :

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mar. 16 mai 2017

J'étais partie ce matin au bois

Dimanche, j'avais prévu d'emmener Hiboute à la Cité des Sciences, et puis, je sais pas, le béton tout gris du 19e, d'un coup, ça m'a blasée, étouffée, j'avais soif de vert, d'arbres et de chant d'oiseaux, alors j'ai changé mon fusil d'épaule et nous sommes parties à l'aventure au bois de Vincennes.

Quand on habitait à côté, je n'y allais presque jamais, et je n'avais jamais dépassé le lac Daumesnil...

Là, j'ai décidé de commencer l'excursion à partir du château de Vincennes. La première demi-heure, ça puait le plan foireux : encore plein de routes et de bagnoles partout, Hiboute qui ne voulait pas marcher, la pluie qui commence à nous tomber sur la tronche...

Et puis on s'est enfoncées un peu plus dans le bois, on a trouvé des troncs d'arbres à escalader, on a ramassé des feuilles, des cailloux, des bouts de bois. Il y avait régulièrement des averses, mais sous les arbres, on était à l'abri. Je l'ai prévenue que les orties, ça piquait ; elle s'y est quand même piquée, pour la première fois de sa vie, et j'ai eu le sentiment qu'elle venait de vivre une sorte de rite initiatique.

Je lui ai fait découvrir la chélidoine, et on a dessiné des soleils et des bonshommes sur le dos de sa main avec la sève. Dans un petit cours d'eau, nous avons trouvé des têtards ! Je n'avais pas pêché de têtard depuis mes 10 ans, je pense. Difficile de dire qui de nous deux était la plus heureuse avec ces grumeaux noirs qui frétillaient dans le creux de notre main. Bien sûr, elle a glissé et les bottes se sont remplies d'eau. Les risques du métier.

Puis nous avons rejoint les rives plus civilisées du lac, cueilli des graminées pour faire des pinceaux, contemplé de près les canards et les énormes cygnes venus à notre rencontre (ils sont manifestement habitués à être gavés par les promeneurs... J'ai repensé à ce que m'avait dit l'ornithologue à propos du sel contenu dans le pain, qui finit par tuer les oiseaux, et j'ai sagement laissé ma demi-baguette dans mon sac).

Enfin nous avons repris le métro, à Porte Dorée cette fois, et nous sommes rentrées. Comme dirait Heure Bleue, c'était bien...

jeu. 11 mai 2017

Qui veut gagner des asanas ?

Je suis traductrice depuis bientôt 3 ans, j'en suis à 7 titres parus (de mémoire), et 3 à paraître. Malgré l'immense plaisir que je prends à faire ce travail, il est à peu près certain que ces ouvrages n'accèderont pas à la postérité, entre les romans porno ultra-clichés et les récits légers pour adolescents. Je ne m'en plains pas, au contraire : même avec des livres de cet acabit, j'apprends déjà énormément ; et puis, je préfère débuter ma carrière sans trop de pression et fourbir tranquillement mes dictionnaires et mon clavier avant de me voir confier, un jour peut-être, des œuvres plus exigeantes.

Il y a toutefois un livre dont je suis un peu plus contente que des autres (il faut bien avoir un chouchou), non parce qu'il est merveilleusement traduit - le texte d'origine était coton, dans son genre, j'ai fait ce que j'ai pu - mais parce qu'il peut être utile, tout simplement ; vous avez deviné ? C'est un livre de yoga.

Écrit par une américaine à l'enthousiasme très américain qui vous embarquera peut-être si vous êtes bon public, et vous énervera si vous être du genre Tigre-Chou.

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Non cette image n'a rien à voir, cherchez pas.

Elle y parle de trucs qui m'ont touchée, qui ont eu un effet sur moi (bon je pense que quand je traduis, il y a des filtres qui se désactivent dans mon cerveau, et je deviens particulièrement perméable à ce que je lis/écris - même quand c'est des conneries !). En fait, depuis ce livre, je ne fais pas tellement plus de yoga qu'avant (même si cette lecture a teinté ma pratique) ; en revanche, il y a un truc qui a changé dans ma vie : je me suis mise à la méditation. C'était pas vraiment prévu, mais c'était sans doute le moment, je crois que je tournais autour depuis quelques années.

Et comme par hasard, dans la foulée j'ai lu d'autres livres évoquant le sujet : des romans comme Mange Prie Aime, d'Elizabeth Gilbert (pas du tout le truc gnangnan auquel je m'attendais, au contraire, c'était vif, drôle et nourrissant), et des ouvrages plus pratiques, comme ceux de Christophe André (dont le succès, selon moi, est dû notamment à sa justesse de ton, à son absence totale de jugement, et à, comment dire ? Son étoffe d'anti-gourou, peut-être.)

Mais je m'égare. Vous êtes toujours là ? Je n'avais pas du tout prévu de vous raconter tout ça, je voulais juste vous proposer un exemplaire de ce fameux livre-de-yoga-pas-très-bien-écrit-mais-sympa-quand-même. Ça vous dit ? Si la réponse est oui, dites-le moi dans les commentaires (je sais, le formulaire est relou), et si vous êtes plusieurs à avoir envie de faire des chiens tête en bas, ben on fera un tirage au sort ! On se donne jusqu'à, allez, jeudi prochain ?

ven. 05 mai 2017

Alea jacta est, et bon weekend !

Ce doit être le quatrième brouillon que je viens rédiger ici - dans ma tête, j'en suis à quinze ou vingt.

Depuis bientôt deux semaines, on a vu passer de tout. J'avais envie d'y aller de mon petit couplet, moi aussi, mais quelque chose me retenait (et me retient toujours un peu, peut-être que je renierai ce post sous peu).

L'approche de l'échéance me libère : tout ce qui devait être dit a été dit, et même un peu plus. Autant j'imaginais les indécis au premier tour provoquer des embouteillages devant les isoloirs, autant là, il me semble qu'il n'y a plus beaucoup de doute qui traîne.

J'ai passé quinze jours à essayer de comprendre les abstentionnistes, et à leur opposer mes propres arguments. Je précise que j'ai discuté avec des gens pas trop vindicatifs (sauf une fois), et que je suis moi-même restée très courtoise. Malgré tout, ni eux ni moi n'avons beaucoup progressé, je dois l'admettre. Mais on ne s'est pas insultés, et ça c'est déjà une victoire, non ?

Je suis passée par le déni (le soir du premier tour : wouhou, on est sauvés, et je ne vais pas avoir à voter Fillon !), la colère (quoi il y en a qui trouvent que c'est pareil ? Mais c'est dingue !), le marchandage (discussions interminables sur les réseaux sociaux), et je crois que j'en suis à l'acceptation : il faut de tout pour faire un monde, et ceux qui veulent faire la révolution y ont leur place autant que moi qui aimerais mieux que les choses changent sans violence (vu que je trouve qu'il y en a déjà assez comme ça). On est tous pareils, on est tous différents : on voudrait tous un monde meilleur, mais on n'en a pas tous exactement la même idée, et surtout on n'envisage pas tous les mêmes chemins d'action pour y parvenir. J'accepte de ne pas comprendre les gens qui ne font pas le même choix que moi, en espérant seulement que ceux de mon camp seront plus nombreux dimanche. (Si on perd, nul doute que cette belle acceptation sera quelque peu chahutée dans ma petite tête, je ne suis pas un moine bouddhiste non plus.)

Je retiens un texte qui vous parlera peut-être comme à moi ; dans tout ce que j'ai pu lire ces derniers jours, j'ai trouvé que son optimisme contrait (et contrastait) efficacement l'ambiance plombée / plombante : merci à Samantdi pour le lien !

mer. 03 mai 2017

Il s'est passé quoi en avril 2017 ?

(Je sors de la prostration où je n'arrive ni à écrire ni à pas écrire, en trichant avec des photos sans lien avec l'actualité.)

Je n'ai pas pris beaucoup de photos ce mois-ci.

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J'avais ramassé des morceaux d'argile dans le désert, en février dernier. J'ai montré à Hiboute comment rajouter de l'eau (surprise ! ça pétille comme un cachet d'Aspro), mélanger, patienter, et se retrouver avec une terre qu'on peut pétrir et modeler. Ouiiii la poterie me manque... (Je sais, moi je ne lui manque pas.)

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Nous sommes allés à Versailles en famille, voir les grandes eaux, un peu à l'arrache. Tellement à l'arrache qu'on n'a rien vu du tout, mais c'était bien et beau quand même.

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On a fêté Pâques en famille et cette palette de couleurs m'a ravie.

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