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mar. 21 avril 2015

Petites nouvelles

J'avais renoncé à l'expo Bonnard à cause de la foule, et puis, de façon tout à fait improbable, j'ai eu la chance de pouvoir m'y rendre dans des conditions privilégiées (= pas trop de monde). Joie ! Avant d'apprendre que Joann Sfar avait pondu un catalogue bis de l'expo, j'avais été amusée de constater que l'une des figures féminines du peintre avait vraiment une tête de nana dessinée par Sfar.

Et du coup, entre cette petite coïncidence et le fait que Hiboute a l'âge de sa fille à l'époque, j'ai eu envie de relire ses Carnets de la collection Côtelette. J'y prends beaucoup de plaisir, presque autant que la première fois qui avait été un vrai choc artistique.


Côté boulot, si je ne sais pas ce qu'est le contraire d'une chaise ou le contraire d'une fleur, en revanche, je suis désormais en mesure de vous affirmer que le contraire EXACT du mommy porn, ce sont des articles de droit international humanitaire. Voilà ce que je traduis en ce moment : des phrases imbitables de 10 lignes de long bourrées de résolutions de Conseil de sécurité de l'ONU, de faits internationalement illicites, de parties à un conflit et de jargon juridique qui me fait écarquiller les yeux de perplexité à tout bout de champ.

Inexplicablement, j'arrive quand même à m'en dépatouiller à peu près, puisqu'on m'a commandé la traduction d'autres articles. Mais je te raconte pas les nœuds au cerveau ; la première nuit qui a suivi ce nouveau boulot, tellement j'étais vidée, j'ai dormi d'une traite, sans bouger d'un millimètre, me réveillant le lendemain matin dans la position exacte où je m'étais endormie.

mer. 15 avril 2015

Pâtisserie

Début mars, on a invité des gens pour l'anniversaire de Hiboute. On était tout juste vingt et en fait, j'ai réalisé que n'avais jamais reçu autant de monde à la fois ; en second venait la grande réception que j'avais organisée pour mes 25 ans, où nous étions pas moins de dix... Certes, l’exiguïté des appartements parisiens joue peut-être un rôle là-dedans, mais bon. Ourse dans ma tanière je suis.

J'avais envie de lui faire un beau gâteau décoré de pâte à sucre (googlez un peu "cake design barbapapa" pour voir), mais le temps que ça prenait m'a un peu découragée, alors je me suis contentée de sucre glace et de gommettes qui font quand même leur petit effet :

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Sucre glace : dessinez et découpez un pochoir dans du carton ou du papier épais, tamisez le sucre, retirez délicatement le pochoir, faites Oooh.

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Guirlande : piquez à votre progéniture des gommettes en forme de carré ou de losange, et repliez-les sur un bout de ficelle pour faire une guirlande. Attachez les extrémités de la guirlande à deux spaghettis, plantez ces derniers dans le gâteau, faites Aaah.

Et comme je ne suis pas tellement du genre à célébrer, je me suis également aperçue que ça faisait plusieurs années que je n'avais pas soufflé de bougies. Eh ben ça m'a manqué, tout à coup. Alors j'ai décidé de me confectionner un joli gâteau, pour ne pas planter les bougies sur n'importe quoi.

La veille du jour J, Hiboute a fait une sieste de trois heures (ce qui ne lui arrive hélas presque plus jamais), que j'ai intégralement employées à la confection dudit gâteau... Mais je suppose que ça en valait la peine, car j'ai ensuite nourri tout l'immeuble pendant une semaine avec. Oui, c'est un GROS gâteau - même s'il a l'air un peu tassé, vu du dessus.

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Et si vous n'avez rien de moins mesquin à faire, vous pouvez deviner l'âge que j'ai.

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Oooh ! Aaah !... Eh oui, c'est sur le rainbow cake, qui dormait dans mes signets depuis un moment, que mon choix s'est porté.
La recette est ici ; je ne me voyais pas non plus investir dans des colorants en gel (je déteste les trucs qui servent une fois tous les jamais dans ma cuisine), alors j'ai utilisé les bons vieux colorants Vouhiné vendus dans n'importe quel petit supermarché, et obtenu un arc-en-ciel plus tendre que dans la recette d'origine, mais très joli (et tout plein également de E124 et compagnie) quand même.
Et, comme d'hab, j'ai mis deux ou trois fois moins de sucre que préconisé - question de goût, pour mon palais c'était bien assez.

mer. 18 mars 2015

Ce qui me meut

J'ai envie de vous parler de tout plein de choses, mais ces temps-ci j'en parle plus sur Facebouk, ou dans les commentaires d'autres blogs ; parce qu'ici on ne dialogue plus beaucoup, et que j'ai envie d'échanger (bien sûr, c'est un cercle vicieux, moins je nourris ce blog et moins il me nourrit...).

Mais le fait est que tout mon temps de parole disponible est absorbé ailleurs, et que ça me chagrine un peu, alors voyons s'il n'y a pas moyen de vous livrer une sorte de digest, une pelote de liens (et puis, pour mémoire, pour moi, aussi).

En ce moment, entre autres je m'intéresse...

  • à la parentalité en général, et à la bienveillance éducative en particulier, à l'interdiction des châtiments corporels ou plutôt à leur place dans notre société et à ce que les débats que ça engendre disent de nous. Sur le sujet, mon propre témoignage n'est pas très intéressant (ma fille est trop petite, mes parents ne m'ont jamais tapée, et ma position sur la fessée n'a évolué que de "résolument contre" vers "farouchement contre"), en revanche j'ai lu avidement ce billet, avant d'atterrir ici, en faisant un détour par là. Et pour élargir la question de la parentalité, après je suis tombée de ma chaise en lisant ceci puis cela. Faut que je pense à remercier mes parents d'avoir été aussi normaux, aussi aimants, inconditionnellement aimants.
  • aux légumes goûtus, à l'écologie, aux expériences, aux gens qui font différemment de ce qui s'est "toujours" fait, à une utopie : cet article, dans le genre, me fait complètement fantasmer.
  • Aux enfants, à leur développement, à l'importance et au bonheur du jeu, et à la résonance entre ces deux articles ici (coup de foudre) et (coup de foudre bis). Et plus généralement, aux idées de Maria Montessori (merveilleusement développées et mises en œuvre par Eve Hermann avec ses filles, par exemple), qui sont souvent du bon sens, mais pas assez partagé par tous à mon goût. Et quand je pense qu'à l'IUFM on ne m'en a jamais parlé qu'en passant, je trouve ça absurde et révoltant.

Et sinon j'ai fait un peu de pâtisserie aussi, mais on se garde ça pour un autre post, d'accord ?

sam. 07 mars 2015

Ma fille folie

Le Tigre-Chou espère / prévoit que la moitié environ des titres de sa maison me plairont. À raison de huit parutions par an, ça me ferait un bon roman à chaque saison... Et pour le printemps, effectivement, il y a celui-ci :

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Ce roman des éditions de l'Ogre qui est sorti cette semaine m'a beaucoup beaucoup plu.

On est dans un petit village italien, et c'est l'histoire de la simplette de ce village, Maddalenina, qui à 50 ans décide d'avoir un enfant, et lui choisit trois pères (qui ne sont pas au courant) - quatre, si on compte le cierge. Personne ne parle à Maddalenina, sauf pour lui dire Va t'en ; et Maria Carta ne lui parle pas non plus, mais elle ne la repousse pas pour autant et, de fait, ce mutisme constitue quasiment de la sympathie - Maddalenina tout du moins le prend ainsi.

C'est une histoire invraisemblable car le ventre de Maddalenina s'arrondit effectivement, et elle irradie comme seules les femmes enceintes savent faire. En le lisant, je ne savais absolument pas comment ça finirait, et, chose beaucoup plus rare, ça ne finit pas en queue de poisson.

On n'en voit pas passer beaucoup des romans comme ça il me semble, ce n'est pas un de ces "feel good books" confit de niaiseries censées nous mettre du baume au coeur (et pourtant cette benoîte qu'on a toujours rejetée et qui reste pleine d'amour envers et contre tout est un personnage incroyablement positif), mais ça n'est pas démoralisant pour autant. Je ne sais pas, c'est mordant mais pas désespéré ; l'héroïne trouve une sève, invente une chair à toute l'aridité de sa vie, c'est vraiment poignant. La traduction est remarquable, et je m'arrête là parce que j'ai une Hiboute sur les genoux qui veut voir les Barbapapas (ce que c'est de bloguer le weekend...)

Bravo, mon Tigre. Je suis fière !

mar. 17 février 2015

Sy

Aujourd'hui j'aurais pu bloguer, mais j'ai préféré faire vrombir la machine à coudre que j'ai eue à Nowel.

Bah oui, comme j'ai arrêté la poterie (au profit du yoga, qui est certes bon pour mon poil mais c'est pas pareil), faut bien que je passe mes pulsions bricoleuses sur autre chose.

Je vous avais raconté que coudre, je connaissais les bases grâce à Mère-Grand. Mais la machine à coudre jusqu'à présent, dès que le fil s'emmêlait les pinceaux, je me retrouvais aussi démunie que Hiboute devant des chaussures à lacets (sauf que elle, elle ne se décourage pas illico).

J'ai eu envie de changer ça, et je me suis fait offrir le modèle Ikéou qui d'après mes recherches était réputé pour la clarté de son manuel et pour sa simplicité d'utilisation (certaines blogueuses ont souligné en faisant un peu la moue que c'était la machine idéale à offrir à un enfant pour l'initier, ce qui a achevé de me convaincre).

Et c'est vrai que c'est assez simple, même si j'étais rassurée d'avoir ma môman à côté de moi pendant que je la déballais. J'ai quand même un peu l'impression de faire du rodéo avec une bourrique déchaînée par moments, mais ça vient plus probablement de moi que de la bête.

Mon objectif ultime (pour dans deux, trois, quatre ans ?), c'est de savoir coudre des costumes déments pour les carnavals de Hiboute un jour.

Pour le moment, elle se contente de fringues approximatives pour sa poupée... (NON je mets pas de photo, j'ai ma fierté)

dim. 08 février 2015

Mou du genou (le blog, le dessert, moi, tout le monde - c'est dimanche)

Le Chou, peu au fait de ma relation "élastique de vieux slip confortable" avec ce blog, me demande : Tu l'as abandonné ?

Meuh non. Depuis 12 ans et quelques que ça dure cette histoire, je le délaisse et le réinvestis au gré de mon humeur et de mes envies, mais l'abandonner, ça jamais !

C'est juste qu'en ce moment, je sens bien mon énergie (pas très Duracell, dois-je le rappeler) tournée vers d'autres projets, d'autres nourritures.

Et en parlant de nourriture, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé bouffe ici, non ?

J'ai testé le Gâteau Magique. Je ne sais plus quel canard à la con je feuilletais en attendant le dentiste, toujours est-il que j'appris à l'occasion que c'était LE gâteau à la mode ces temps-ci ; bon, cette lecture date d'octobre (mais le magazine aussi, mon dentiste et ses associés sont chics et riches, les magazines sont récents dans leur salle d'attente) donc je suis peut-être déjà has been une fois de plus, las !

Mais bon j'ai testé quand même. Le principe est rigolo : c'est un gâteau qui se déphase à la cuisson, révélant à la fin trois couches bien distinctes de textures différentes : un flan tout en bas, une crème un peu pâtissière au milieu, et au-dessus, une génoise aérienne.

Bien entendu, "rigolo" n'est pas la première caractéristique recherchée en cuisine, mais que voulez-vous, aux fourneaux j'ai plus le profil du savant fou que celui de l'artisan perfectionniste.

Pour ce qui est du résultat espéré, j'ai parfaitement réussi le coup des trois couches, matez plutôt :

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Après dégustation, le verdict est plus mitigé. Ce n'est pas fondamentalement mauvais, mais il faut être amateur de flan pâtissier pour apprécier. Mézenfin, peut-être qu'à l'occasion je testerai avec autre chose que de la vanille, parfumé à un truc un peu plus pêchu ça doit commencer à pouvoir être plus intéressant.

Si quelqu'un est tenté, j'ajouterai la recette...

edit : il y a des amateurs ! Et moi entretemps, j'ai trouvé que le gâteau s'était bonifié, le lendemain matin au petit dej avec le café, c'était top.

La recette du gâteau magique, donc. Ici, à la vanille.

  • Faites chauffer 1/2 litre de lait avec une gousse de vanille fendue dont vous avez tendrement gratouillé les parois. Quand ça a gentiment bouillonné, mettez de côté et laissez infuser - longtemps, c'est mieux.
  • Séparez quatre œufs en deux équipes : les blancs, qui pour l'instant restent sur la touche, et les jaunes, à fouetter ardemment avec 130 grammes de sucre en poudre et un sachet de sucre vanillé. Quand c'est bien crémeux, ajoutez 125 grammes de beurre fondu, une pincée de sel, 110 grammes de farine et fouettez encore avec toute votre fougue.
  • Versez dans ce mélange le lait infusé à la vanille (dont vous aurez bien entendu ôté la gousse), petit à petit, toujours en fouettant (c'est un gâteau sportif qui demande un peu de hargne).
  • Montez les blancs en neige (à ce propos, si vous les montez au robot comme moi, je viens de découvrir en lisant le mode d'emploi - oui avec trois ans de retard - qu'il faut retirer le poussoir de la goulotte, faute de quoi vos blancs manqueront d'air et ne monteront pas bien) et incorporez-les à la préparation.
  • Versez le tout dans un moule rond de 24 cm de diamètre (s'il en fait 23 ou 25, vous êtes mort), beurré ou chemisé, lissez le dessus au couteau (ah tiens ça j'avais pas vu, j'ai pas fait) et enfournez 50 minutes à 150°C.
  • Ne démoulez surtout pas tout de suite ! Il lui faut le temps de se figer, 2h au réfrigérateur (ou sur un rebord de fenêtre, à cette saison ça marche aussi très bien et ça fait des vacances à votre frigo). Et après, pour que ce soit bon, il faut encore lui donner le temps de se remettre à température ambiante. Bref, c'est pas un gâteau de dernière minute.

jeu. 29 janvier 2015

(oui on avait dit mardi, j'y arrive pas)

Elle est amusante la mode chez les jeunes gens cet hiver : c'est à qui aura la capuche bordée de la fourrure la plus épaisse, la plus froufroutante, la plus luxueuse. On en est presque au stade du caractère sexuel secondaire, là... Les cailleras ont l'air de cocottes de la Belle Époque, et quand je passe devant le lycée technique voisin, je me sens, avec ma capuche bordée de rien du tout, curieusement déplumée.

mer. 21 janvier 2015

Comment ne pas bloguer

Je ne blogue pas parce que je bosse. Non, je ne bosse pas, enfin pas assez, je procrastine.

J'en suis à l'ultime relecture d'épreuves pour ma traduction, et sans aller jusqu'à dire que ce texte me sort par les yeux, juste je m'ennuie terriblement en repassant dessus pour la cinquième fois. Ca n'est pas si long, mais c'est un peu comme quand vous sortez d'une soirée loin de chez vous, il fait froid, vous êtes fatigué, vous avez un peu trop picolé, les métros ne passent plus très souvent, et vous avez teeeeellement la flemme rien qu'à l'idée de vous taper tout ce trajet, marcher, attendre le métro, monter les escaliers, attendre un autre métro (ou pire, un bus), marcher encore, vous brosser les dents pff, avant de pouvoir ENFIN être dans votre lit.

Bin là c'est pareil. Je sais par cœur tout ce qui va devoir se passer avant d'arriver à la fin de l'histoire, il s'enfuit, elle le rejoint dans le jet privé, ils baisent à l'hôtel, le mariage de la meilleure amie, il disparaît encore, blablabla...

Du coup, je fais traîner au lieu d'en finir une bonne fois pour toutes : dix pages, un café, dix pages, un tour sur Facebook, huit pages, allez je joue dix minutes et je m'y remets. Etc, etc.

Et donc, là, je m'y remets. Et je vous remets le lien vers ma vidéo préférée-au-monde : Procrastination (ça ne doit être que la huitième fois que je poste le lien sur mon blog...)

mar. 13 janvier 2015

La semaine d'après.

Comme à beaucoup, les mots me manquent suite à cette horrible semaine. De mon côté, je n'en peux plus de lire des articles sur ce sujet, mais dès que je lis un truc qui parle d'autre chose, ça me fait trop bizarre. Alors, ce mardi : rien.

mar. 06 janvier 2015

Un début d'année qui décoiffe

Aujourd'hui est un jour particulier à plus d'un titre.

Certes, c'est la Sainte-Frangipane. Bien évidemment, le Goût souffle ses bougies (bon anniversaire, beau brun !). Et puis, c'est la saison, je vous présente mes vœux :

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Mais enfin et surtout, aujourd'hui c'est une naissance, une naissance qui m'importe beaucoup - j'ai suivi la gestation de près il faut dire. Je souhaite, avec émotion, enthousiasme et fierté, la bienvenue à cette nouvelle maison d'édition, l'Ogre, tenue par des types très bien, bourrés de charme, d'intelligence et d'audace, et qui vont tout fracasser sur leur passage.

Aujourd'hui, ce sont leurs deux premiers livres qui sortent - en fait, trois pour le prix de deux : Aventures dans l'irréalité immédiate est suivi de l'inédit et très chouette Cœurs cicatrisés que j'ai particulièrement aimé.

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Si vous avez envie de faire connaissance avec l'Ogre, c'est par ici. Et si vous voulez suivre ses pérégrinations, la page Facebook est là. Enjoy !

mer. 31 décembre 2015

Bilan 2014 d'après archives photo

J'ai commencé en 2011, j'ai continué en 2012 et 2013, je persévère pour 2014. Ce que j'aime bien avec ce post-là, c'est que ce n'est pas juste un habillage comme un autre pour écrire, c'est vraiment un moment où je fais le point (oh, un petit point pas sérieux, léger, genre mousse, mais un point quand même) en mots et en images. Allons-y !

En janvier, je me remets de mes émotions : je viens de quitter l'Éduc Nat, pour un bout de temps au moins, peut-être pour toujours. Chuis crevée, je me retape doucement. On va à l'Île aux Moines, je découvre. Peut-être un peu trop de terre et pas assez de mer à mon goût, mais sympa quand même. Et puis, ce genre d'ambiance, quand on passe le reste de l'année à Paris... :

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En février, nous programmons notre déménagement vers le 14e arrondissement. Daumesnil et ses lions vont me manquer, alors que c'était pas gagné au départ d'aimer ce quartier... J'en profite pleinement tant qu'il est temps, en fait je profite de tout, vraiment je revis depuis que je me suis échappée de l’École !

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En mars, Hiboute souffle sa première bougie, et c'était déjà il y a presque un an, aargh, ça va si vite ! (bon et en même temps tant mieux hein... Parce que la petite enfance c'est charmant, mais c'est usant). Elle aime empiler des trucs et nous sommes des parents indignes juste ce qu'il faut :

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En avril, pas une photo sans Hiboute (non parce qu'il faut que vous sachiez quand même que 95% de mes giga octets, c'est elle). J'avais la petite main potelée de ma chérie qui tient déjà drôlement bien son crayon, ou la petite chérie qui prend l'apéro avec nous au café, bon finalement je vous mets celle-ci, la seule qui ait un vague intérêt dans sa composition et qui ne soit pas uniquement un support à gagater.

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En mai, nous déménageons. ll y a fort à faire et surtout je commence à désespérer de jamais réussir à remettre les pieds dans le monde du travail. C'est un mois fatigant... Mais par la grâce de bâtiments voisins aux vitres réfléchissantes, le soir nous avons deux couchers de soleil pour le prix d'un, c'est peut-être un détail pour vous et pour moi aussi en fait, mais un chouette petit détail poétique qui m'aide à aimer notre nouvel environnement.

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En juin, nous assistons à un mariage où tout le monde prend plein plein de photos car tout est fait pour nous en mettre plein la vue (et c'est très réussi).

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En juin aussi, il y a à Paris une soirée surnaturelle où des éclairs sans tonnerre zèbrent le ciel pendant plus de deux heures avant que l'orage ne se décide. On est tellement bluffés, le Chou et moi, qu'on est persuadés que tout le monde en parlera le lendemain matin, et que ça fera au moins l'objet d'un article dans le Parisien. Eh ben que dalle. Mais nous, on n'en a pas perdu une miette... et comme ça a duré vraiment longtemps, j'ai eu le temps de tâtonner pour trouver les bons paramètres de prise de vue et faire quelques centaines d'essais avant de réussir à attraper cet éclair-là :

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En juillet, second mariage de notre saison, et je suis obligée de conduire une voiture. Nous rendons une petite visite à Saint-Émilion à l'improviste : je n'ai pas consulté la carte à l'avance et je tourne du premier coup au bon endroit ! J'ai tellement le feu sacré que je trouve une place en ville, où je me gare magnifiquement bien, si bien que j'en conserve ce témoignage. Ma mère était un peu déçue que je n'aie pas pensé à photographier la robe de la mariée en revanche.

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En août, pas de Cévennes cette année - pas du tout assez childproof pour qu'on passe de bonnes vacances. Nous n'allons donc pas plus loin que Biniou-City et c'est très bien comme ça. Le retour est un peu raide (voir ci-dessous), heureusement j'obtiens ma première traduction.

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En septembre, il fait encore très beau et y a pas crèche tout de suite, alors on se la joue Mimi Cracra : on patouille, on clapote et on baque à sable de longues heures durant sur la terrasse ensoleillée. C'est quand même dur et je me découvre une absence totale de vocation pour la profession de mère au foyer.

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En octobre, je découvre Nice le temps d'un mini weekend avec ma frangine. La mer est divinement tiède, en OCTOBRE les mecs !! Je me sens remboursée du printemps pourri. Et sinon c'est moi là qui saute sur le gros airbag, voui voui.

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En novembre, je bosse tout plein avec bonheur, et on fête nos cinq ans d'amour avec le Tigre, sans originalité (fleurs, resto) mais avec toujours autant de bonheur, simplement à se voir, à être ensemble. Aussi bien pour aller prendre un café au coin de la rue que pour passer des vacances loin, ou moins loin... Rubrique Estomac : je vous conseille le restaurant La Pascade, c'est très bon, pas exorbitant et le personnel est gentil et plein d'attentions. Choisissez la pascade originelle, à l'huile de truffe, la plus simple, la meilleure.

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En décembre, la vie est douce, je termine ma traduction et j'entame un autre boulot dont je vous parlerai à l'occasion. J'ai du temps pour moi, pour ma famille, je me sens bien et bien disposée à l'égard de tout et de tout le monde. C'est le temps de l'équilibre... Un mot qui va bien avec celui-là : fragile. Je sais que je mange mon pain blanc, que les dieux ne seront peut-être pas toujours aussi cléments avec moi. Je me vois au sommet du bonheur, j'ai du mal à imaginer comment je pourrais être plus heureuse que je ne le suis actuellement, alors je savoure autant que je peux. Il n'y a pas grand-chose d'autre à faire, si ?

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Je vous embrasse. Prenez soin de vous.

mer. 17 décembre 2014

Drôle de soirée

23h48.

Je reviens d'une soirée à la maison de la Poésie - oui monsieur, oui madame - où le Chou présentait avec son associé leur maison d'édition toute nouvelle - oui monsieur oui madame. J'avais essayé de me faire belle avant de partir ; j'ai fini par me contenter d'un collier et d'un pschit de parfum. J'ai peut-être abusé du vin biodynamique...

Il y a deux ou trois ans, un soir où le Chou était de sortie, j'avais regardé La vie au ranch sur Canal +. Ca m'avait collé un cafard pas possible, ça racontait la jeunesse que je n'avais pas eue et j'en étais nostalgique.

Cette jeunesse, de feu et d'artifices, qui ne ressemblait en rien à celle que j'ai vécue : grise, solitaire, absurde.

Ma trentaine a beau être cent fois plus belle, épanouie, prometteuse et pleine d'amour que ma vingtaine... Ce soir dans le bus, en voyant une bande de jeunots en goguette, j'ai eu l'espace d'un instant l'envie, l'envie féroce d'avoir à nouveau vingt ans.

Il y avait ce jeune homme, une sorte de Paul Dano français, il avait une bague de femme au majeur et des chaussures de randonnée, une sexualité peut-être pas très claire ; j'ai eu envie de parler toute la nuit avec lui au café, ou bien dans une chambre du Crous, avec de l'encens, un canapé-lit BZ et du thé aux fruits rouges.

J'ai peut-être abusé du vin biodynamique.

mar. 09 décembre 2014

Le romarin, la princesse et le chevalier

J'ai rendu ma traduction jeudi dernier, et j'ai l'impression que c'était il y a cent ans.

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Tous les ans, le Chou évoque l'idée de faire l'acquisition d'un sapin de Noël ; il n'est pas trop pressant, mais avec la Poupette qui grandit, je sens que ça va devenir compliqué de s'en passer encore très longtemps... Déjà que je suis pas sûre de vouloir lui faire gober l'histoire du Père Noël, pauvre Hiboute, quelle enfance désenchantée je lui donne.

Du coup cette année, à titre d'échauffement, j'ai fait un romarin de Noël, et j'ai accroché trois guirlandes dans la maison. Je n'aurais pas soupçonné que ça m'emmerderait aussi prodigieusement... Presque autant qu'acheter des fringues à cette malheureuse enfant qui n'est presque vêtue que des reliques de ses cousins, et des offrandes de ses grands-mères - faut dire, les Sergent Majour et compagnie, ça me déprime sévère : les rayons marron/caca d'oie/ bleu marine pour les garçons et rose/violet/mauve pour les filles, j'en vomirais. Chacun sa couleur et les vaches seront bien gardées, c'est ça ? Les dingos du gender peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

Sur le sujet, le documentaire Princesses, Pop Stars & Girl Power est très bien fichu - un peu décourageant, parce qu'on se demande en tant que femme, en tant que mère, ce qu'on va bien pouvoir faire pour éviter de s'enfermer ou d'enfermer nos filles dans un stéréotype féminin pourri... Mais ça mérite d'être vu quand même je pense.

Ce qui est intéressant notamment, c'est l'idée que le "genrage" rapporte du pognon ; au début du film, on raconte qu'il y a trente ans, les vélos pour enfants étaient rouges ; ainsi l'engin sur lequel l'aîné-e d'une fratrie avait appris à pédaler servait à tous les autres enfants qui suivaient. Aujourd'hui, il y a les vélos ROSES Hello Kittou, et les vélos BLEUS Spidermoun. Du coup les parents doivent acheter DEUX vélos pour leurs rejetons s'ils ont eu la mauvaise idée de ne pas tous partager le même sexe. Malin, non ? Et bien entendu ce principe commercial s'applique à tout, absolument tout. Vu par exemple : les biberons rose/bleu. Les BIBERONS bordel. Et bien entendu cette foutue gangrène s'est également installée dans les livres, lisez ce génial article (désespérant aussi, certes) d'une libraire qui résume bien la situation je trouve : De l'inconvénient d'être féministe en librairie jeunesse.

Mais bien entendu, le problème de la princesse et du chevalier est si diffus qu'on ne peut blâmer uniquement les marketeux, puisque les parents sont manifestement demandeurs. Il y a quelques temps de cela j'étais à une réunion de consommateurs, et nous autres mères débattions de l'emballage idéal pour un petit pot de bébé. Parmi les présentations qu'on nous avait soumises, il y avait un petit train dont chaque wagon transportait un des aliments constitutifs de la recette. Eh bien il s'est trouvé une mère pour estimer que ça faisait "trop garçon" et qu'elle ne serait point tentée d'acheter cette purée testiculée pour sa petite fille. Voui voui. What. The. Fuck.

Bon je voulais juste parler de mon romarin de Noël... Allez je fais un voeu, c'est la saison : réfléchissez bien aux cadeaux de Noël pour vos moutards !

mar. 02 décembre 2014

Concilier travail et vie de famille

J'ai fini la traduction proprement dite ; les dernières pages valent leur pesant de godemichés, c'est moi qui vous le dis. J'en suis aux dernières relectures.

Il faut savoir que mon intromission (oui je ne choisis plus aucun mot sans arrière-pensée) dans le monde merveilleux du mommy porn, je la dois au Tigre-Chou, qui entre deux traductions plus prestigieuses doit quand même gagner de quoi nous payer l'apéro. Cela doit bien faire six mois, donc, que dans notre home sweet home, on parle cul à d'autres moments et en d'autres lieux que sur l'oreiller.

Évidemment, ça craint de parler boulot devant la chouquette, alors on se censure. L'autre jour, on faisait des relectures à voix haute - eh ouais les mecs, comme Flaubert... bon, d'accord, pas exactement comme Flaubert. Ok c'est bon, pas DU TOUT comme Flaubert.

En fait, on débite le texte platement, comme pour une italienne. Moins pour entendre comment ça sonne que pour être sûrs qu'on lit vraiment et pas qu'on pense à autre chose... et comme la petite chérie était à portée d'oreille, on a pris des mesures, ce qui a donné des résultats plutôt rigolos (Il introduisit son gros schtroumpf tout dur dans ma schtroumpf brûlante de désir, et se mit à me schtroumpfer en grondant d'une voix rauque "Tu aimes ça, hein, schtroumpfette ?" etc.)

On n'est pas payés cher mais on se marre bien.

mer. 26 novembre 2014

J'ai pas blogué hier, la faute à la comtesse

Quand vient le soir, et qu'Hiboute est enfin couchée, ces temps-ci, on a envie de se blottir l'un contre l'autre sur le canapé, et qu'on nous raconte une histoire (à deux ans, à trente ans, c'est pareil, on aime les histoires). Seulement, sans être tout à fait comme l'enfant de deux ans qui réclame trente fois de suite Petite Beauté, on a quand même un peu de mal à aller vers la nouveauté : paresse ? Manque de motivation ? L'idéal alors, c'est de se trouver une série qu'on aime : on est tranquilles pour des semaines.

On vient de trouver Downton Abbey, (c'est cette note-là qui m'avait donné envie d'essayer) et je suis ravie ! C'est bien fichu, fin la plupart du temps, avec un casting aux petits oignons... à part deux têtes qui me perturbent un peu :

Le comte, joué par Hugh Bonneville (au milieu), qui ressemble à un mélange de Bill Murray et Victor Garber (mais si, vous savez, le papa de Sidney Bristow ?)

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La gouvernante (à droite), qui m'évoque une Anne Alvaro vieillissante (rappelez-vous, Le goût des autres... non, pas le mari d'Heure Bleue, le film)

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mar. 18 novembre 2014

Le trente-quatrième kilomètre

J'en suis à l'avant-dernier chapitre. Il me reste 28 pages à traduire. Moins d'un dixième du livre. Tu veux voir mon joli tableau de suivi ? Regarde mon joli tableau :

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Ché biau, hein ?

Eh ben j'en bave un petit peu. J'ahane. J'ai l'impression d'être un marathonien en plein dans le fameux mur - Oooh je t'entends ricaner d'ici Le Goût, mais toi non plus t'as jamais fait de course à pied, hein, alors camembert.

Ces dernières pages ne sont pas plus difficiles que les 250 qui les ont précédées. Mais elles ont un goût étrange, que je découvre pour la première fois. Alors que la fin se profile, je piaffe comme un cheval qui sent l'écurie, j'ai hâte de goûter au sentiment d'avoir terminé. Le suspense est assez mou, mais tout de même, j'ai envie de savoir comment ça se finit (bien, évidemment, mais bien comment ?).

Mais d'un autre côté... Le Chou m'a dit qu'on avait le cœur gros quand on terminait une traduction. Post-liberum animal triste ? Et puis, tant que ce livre n'est pas terminé, ça veut dire que je vais gagner des sous. Mais après ? Combien de temps avant la prochaine traduction ? Et y en aura-t-il seulement une prochaine?

Je pose ces questions de manière purement théorique, car pour le moment je n'éprouve pas encore cette angoisse. J'espère que je n'en aurai pas trop le temps...

mar. 11 novembre 2014

C'est mardi c'est Milky

Je prends sur le précieux temps de sieste pour honorer notre rendez-vous.

Hiboute est en plein dans le début du langage, elle ne parle toujours pas beaucoup (nous venons de recenser une dizaine de mots qu'elle utilise régulièrement) mais elle adore qu'on lui nomme les choses, c'est merveilleux de voir son intelligence s'épanouir de jour en jour. Hier, dans l'imagier des formes, elle me montre le nuage. Je dis donc "Nuage." Elle me regarde alors, frappée : "Oh !". Et elle se précipite vers la salle de bains où se trouve, sur le bord de la baignoire, un joujou que nous aimons beaucoup toutes deux : un nuage (qu'on remplit d'eau pour faire pleuvoir dans le bain).

Et en ce moment c'est comme ça tous les jours, les associations, les liens, la reconnaissance, je suis complètement fascinée et extrêmement attendrie de la regarder vivre.

mar. 04 novembre 2014

Luxes

Hier, j'ai travaillé au café. J'en ai un pas loin de chez moi, service onctueux, musique pas forte, avec un coin tranquille où je peux m'installer pour plusieurs heures.

Parfois le matin, avant le réveil de la maisonnée - autant dire à l'aube - je vole une petite heure de travail. Cette heure-là est incomparable, exquise.

Je peux travailler en pouilleuse : pyjama, peignoir en polaire, grosses chaussettes de laine moelleuse. Plus de problème de décence, plus de T-shirt enfilé à l'envers, plus d'auréoles de transpiration, plus de chaussures qui font mal aux pieds.

Je peux aller au cinéma en semaine quand il n'y a personne, et travailler le samedi soir si ça me chante. Et j'en profite largement. (un peu trop même, en octobre : étourdie par cette liberté toute neuve, j'ai dépensé un peu trop d'argent et de temps... bah, faut bien s'ajuster)

Je travaille assise à mon bureau, affalée dans le canapé, calée dans le lit avec mes oreillers. Je fais des pauses quand ça me chante, je n'ai pas besoin d'attendre la récré pour aller faire pipi.

Évidemment, je n'ai toujours pas de tickets restaurant, et je crois bien que je n'en aurai jamais.

Évidemment, je n'ai pas la sécurité de l'emploi, mais elle me coûtait beaucoup trop cher. Et peut-être que je savourerais moins ma chance si je la savais acquise pour toujours.

En bonus : un truc qui m'a fait rire sur Twitter cette semaine :
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via @TechnicallyRon

ven. 31 octobre 2014

Come back (du-du-dududu-duuu), Milky come back (dududu-duuu)

Bon, très clairement, bloguer tous les jours, j'y arrive plus. Enfin, j'y arrive plus : je ne me force pas. Mais j'ai plus envie. Et le fait d'écrire déjà une bonne partie de la journée n'y est sans doute pas étranger. C'est pas grave, vous savez quoi ? Je vais redevenir régulière, mais sur un autre rythme. On va dire que je vais écrire tous les... je sais pas, tous les mardis par exemple. Oui, je sais, là on est vendredi. Ce que vous êtes psychorigides, c'est incroyable.

Et parce que les chansons à prise rapide me manquent, je choisirai le titre qui m'inspire le plus dans la semaine en cours.

En attendant mardi prochain, je vous mets une photo halloweenesque, puisque c'est aujourd'hui paraît-il.

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jeu. 16 octobre 2014

Transition

Je voudrais vous raconter ma joie de faire ce nouveau boulot, mais je n'ai pas fini d'écluser ma peine d'avoir failli au précédent. Je voudrais faire les deux en même temps mais ce n'est pas possible, chacun son tour, on ne se bouscule pas.

Qu'elle me paraît loin, l'époque où je postais ici tous les jours ! C'était il y a quelques mois seulement pourtant. Il y a eu un passage où ce n'était plus du tout possible, parce les journées étaient trop courtes, ou trop longues, enfin c'est pareil... mais maintenant que Hiboute est tous les jours à la crèche, j'ai de nouveau le temps. Seulement, l'envie, je l'ai moins, parce que... eh bien parce que j'écris déjà toute la journée. Hé oui : je fais de la traduction.

C'est le seul point commun entre mon ancien boulot, instit, et le nouveau : j'ai pas eu de formation. Traductrice, manifestement c'est plus facile, puisque je m'en sors beaucoup mieux. Et puis, je doute moins de moi. Faut dire, ce boulot-là, je l'ai eu en faisant un bout d'essai ; pas en passant un concours qui n'avait qu'un lointain rapport avec le boulot en question.

Naturellement, c'est un métier qui a beaucoup moins de sens qu'instit. En même temps, remarque le Tigre, tu ne trouveras RIEN qui aura plus de sens que l'enseignement. On va dire que pour la transmission, je mise tout sur Hiboute. Au moins j'aurai foi en ce que je lui apprendrai... Parce que justement, en tant qu'instit, souvent j'avais des doutes sur le bien-fondé de telle ou telle notion. Et je ne suis pas la seule : filez vite voir ce joli documentaire (24 minutes) tant qu'il est visible (et s'il ne l'est plus, il y a cet article qui raconte presque tout).

Il parle presque de moi : il parle de jeunes instits (comme moi) envoyés dans une école parisienne située entre les maréchaux et le périphérique (comme moi) et qui galèrent même pour descendre les escaliers au moment d'aller en récré (comme moi). Comme moi, ils ont des élèves qui se battent, qui ne savent pas lire, qui sucent leur pouce, qui ont des histoires familiales louuuurdes. Mais contrairement à moi, eux sont restés, eux ne se sont pas découragés. Presque pas. Vers la fin, il y en a un qui dit ça, et je l'ai souvent pensé : « Ça m’affecte que personne dans ma classe ne sache ce qu’est un coquelicot. Ça m’affecte énormément. J’en viens à douter des priorités, à douter de ce dont je ne devrais pas douter : à quoi ça va leur servir de savoir ce qu’est un COD, s’ils ne savent pas ce qu’est un coquelicot ? »

Bon enfin c'est du passé pour moi. Je cauchemarde encore régulièrement à ce sujet, je n'ai pas vraiment cicatrisé et je ne sais pas combien de temps il faudra, mais c'est pas très grave. J'ai désormais un boulot que j'aime. Il faudra que je vous raconte : je traduis du mommy porn. C'est quoi le mommy porn ? C'est assez bien résumé ici par exemple. Ce n'est pas glorieux mais c'est rigolo, et je suis fière quand même, enfin non pas fière, mais à l'aise dans mes baskets, et heureuse. Insolemment heureuse.

Il faudra que je vous raconte, mais une autre fois.

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