lun. 25 janvier 2010
Ce weekend, nous avons dîné chez un ami d'enfance de ce garçon, là, qui est
cher à mon cœur.
J'étais impatiente de rencontrer cet ami qui, je l'avais remarqué sur des
photos, présente une ressemblance frappante avec le frère aîné de mon père, que
je n'ai pas connu car mort d'un cancer (un peu comme tout le monde), à 20 ans
(un peu moins comme tout le monde).
Ce frère, notamment, me manque. J'aurais voulu connaître sa voix, ses
attitudes, sa relation avec mon père. Se serait-il marié ? Avec qui ?
Aurais-je eu pour lui une profonde affection, ou bien une sympathie toute
relative ? Qu'est-ce qui aurait été différent dans nos rapports avec mes
grands-parents, si la famille n'avait pas explosé en vol ?
J'ai passé la soirée à scruter à la dérobée les traits de l'ami, faisant le
compte des points communs et des différences.
La bouche, tout aussi généreuse, les yeux tiens, comme les miens, l'air un peu
d'ailleurs, les pommettes, les lunettes, les mêmes cheveux très bruns, et
puis... le nez moins long, la carnation plus méditerranéenne, le menton pas
pareil.
Quant au timbre, quant aux gestes, qu'aurais-je bien pu reconnaître ? Je
les ai épiés et enregistrés, avidement, tout de même.
C'était une rencontre un peu troublante, un peu émouvante, juste un peu. Je
ne suis pas déçue ; il n'y avait rien de plus à espérer, que de rencontrer
quelqu'un d'autre. C'est bien toujours comme ça que je l'ai connu, ce garçon
qui n'a pas eu le temps d'être mon oncle ; en creux.
Mon neveu m'écrit une carte postale du ski : "Je sens que je vais
avoir mon flocon". La tournure m'émeut, sans que je sache bien
pourquoi.