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ven. 09 décembre 2016

Ouf !

Le bonheur du jour est lié à mon billet précédent : la décision de voter la première tranche de travaux pour reconstruire l'incinérateur d'Ivry a été reportée à fin janvier.

Je respire un tout petit peu mieux, malgré le pic de pollution.

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image trouvée je sais plus où, pardon à qui de droit pour le pas-crédit

(Du coup, vous pouvez encore aller signer la pétition, amis retardataires !)

Si le sujet vous intéresse, voici un article assez complet sur la question.

mer. 07 décembre 2016

Où je vous réclame un truc

Ok les copains, je vais ENCORE vous solliciter. Et en plus, ça urge.

Voilà l'histoire :

Vous savez, les deux jolis panaches de fumée blanche qu'on voit quand on traverse la Seine dans le sud de Paris ? Ce sont ceux des cheminées de l'incinérateur d'Ivry-sur-Seine.

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C'est très joli mais c'est plein de saloperies. La fumée, hein, pas ma super copine gracieuse du premier plan.

Les incinérateurs ont une durée de vie d'environ un demi-siècle, et celui-ci arrive en bout de course.

Le Syctom (qui s'occupe de la moitié des déchets de l'Ile-de-France) a prévu de le reconstruire - évidemment, avec nos sous - en plus grand, plus gros, plus cher. C'est un projet catastrophique pour tout un tas de raisons :

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Et c'est d'autant plus catastrophique et désespérant qu'il y a des alternatives, sacrément élaborées en plus. Elles sont détaillées dans un truc qui s'appelle le plan B'OM (Baisse des Ordures Ménagères), et dont le seul défaut à mon sens est cette apostrophe ridicule dont on se demande ce qu'elle fiche là.

Je ne sais pas à qui profite le crime dans cette histoire, je n'ai pas eu le temps d'enquêter personnellement (traductrice le jour, wonderwoman la nuit, tu sais c'est pas si facile). Mais il faut faire pression là tout de suite maintenant, parce que vendredi, dans deux jours, il y aura le vote de la première tranche des travaux (pour la bagatelle de 500 000 euros).

Je pense que je me sentirais concernée même si je n'habitais pas la région : des projets absurdes de ce genre, il y en a déjà eu (genre au Danemark, mais les politiques là-bas ne sont pas les mêmes que chez nous : le mec a RECONNU son erreur... Allez voir le reportage d'Arte, il ne dure que quelques minutes), et il y en aura encore (près de chez vous ?).

Là normalement si j'ai bien ménagé mes effets, vous allez me dire : "Ohlàlà ohmandieu mandieu mais c'est affreux et débile mais qu'est-ce qu'on peut faire pour empêcher ça ?!?"

Si j'ai bien ménagé mes effets.

Dans le cas contraire, j'ai une faveur à vous demander : pouvez-vous s'il vous plaît vous dire : "Ohlàlà ohmandieu mandieu mais c'est affreux et débile mais qu'est-ce qu'on peut faire pour empêcher ça ?!?"

(merci)

Voilà ce que vous pouvez faire :

Vous pouvez aller signer la pétition qui sera remise aux gens qui votent après-demain. Vous pouvez aussi les bombarder personnellement avec des mails et des tweets (on vous mâche le travail au bas de la pétition). Enfin, il serait utile à mon sens de partager cette pétition (ou mon plaidoyer vibrant, selon ce qui vous paraîtra le plus efficace. Il y a aussi la version fun avec gifs rigolos si vous sentez que c'est davantage votre cœur de cible).

Ce blog fêtera ses 14 ans la semaine prochaine. Ça me ferait un joyeux anniversaire si vous étiez plein plein plein à signer et à partager la pétition. D'accord ? (Rho l'autre eh, comme elle essaie de vous prendre par les sentiments)

mar. 06 décembre 2016

Bonheur-du-jour à retardement

On vient de s'enfiler les deux premières saisons de Unbreakable Kimmy Schmidt sur Netflix et c'était tellement sympathique, drôle et malin que je me réjouis d'avance de voir la troisième, quelque part courant 2017.

C'est le genre d’œuvre qui me fait dire "Tu connais pas ? Quelle chance tu as d'avoir ce petit bijou qui t'attend !" (Cela dit, je me sens aussi vachement chanceuse de relire Terry Pratchett.)

ven. 02 décembre 2016

Mon beau (?) sapin (hum)

Le Chou réclamait un sapin de Noël tous les ans avant même la naissance de la Chouquette.

Les premières années, je me suis contentée d'opposer une inertie telle qu'il n'y a pas eu de sapin (mais à l'époque, je me cassais pour faire des chouettes calendriers de l'avent). Ensuite, j'ai bien voulu faire un romarin de Noël. Et puis l'année dernière, j'ai cédé, et on a acheté un sapin.

Sauf que ! Ailleurs je ne sais pas, mais à Paris, le moindre petit sapinou pelé coûte une blinde. Et ça m'a arraché la gueule de payer aussi cher pour un truc purement décoratif (non) dont la durée de vie ne dépasse pas 3 semaines. C'est bien simple, poser les yeux sur lui me mettait le moral à zéro au lieu de réchauffer mon esprit de fête.

Bref, cette année on fait un ficus de Noël, je suis ravie et (j'espère que) le Chou n'est pas trop frustré (Hiboute a l'air contente). Cette plante qui me paraissait un peu austère, un peu tristounette jusque là semble révéler sa personnalité tout à coup, comme les gens qui s'épanouissent en commençant à se travestir.

On a gardé les boules et les guirlandes que le Chou avait achetées l'année dernière, à mon grand dam (nos avis esthétiques divergent parfois douloureusement) (en gros, il est allé les acheter en 1987). Depuis, j'ai eu le temps de digérer les paillettes, et j'éprouve finalement une tendresse amusée pour ces décorations trrrès légèrement kitsch. D'autant qu'on y a ajouté la suspension papillons réalisée par la prunelle de nos yeux au centre de loisirs (autant dire l'Académie du Bon Goût).

Cette année, quand mon regard tombe sur ce "sapin", j'ai une bouffée d'amour pour notre petite famille. C'est donc un arbre de Noël plutôt réussi, finalement !

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mer. 30 novembre 2016

Je ne suis pas toujours écolo.

Je consomme beaucoup d'eau. C'est parce que les idées géniales me viennent sous la douche (bouillante). Au bout de deux ou trois idées géniales, il est temps de fermer le robinet. Ensuite malheureusement, dans les quelques minutes que je prends pour me sécher, m'oindre et m'habiller, les idées géniales se sont fait la malle. Quel dommage.

Peut-être qu'à côté du savon je devrais garder un feutre spécial hydrophobe pour écrire sur la porte vitrée ?

lun. 28 novembre 2016

Heureuse élue

Bonheur du jour tout trouvé ce lundi.

Parce que Ktl, de Tu l'as lu(stucru) ? fêtait l'anniversaire de son blog, c'est moi qui ai reçu un cadeau (c'est pas logique, je sais, mais c'est cool).

Je l'ai trouvé dans ma boîtes aux lettres ce matin, tout beau tout pimpant, regardez-moi ça :

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Ça m'époustoufle, les gens qui cousent si bien ("Reeegardez-moi cette dentelle ! La finesse du point !"), et je suis très sensible au temps qu'on peut passer à fabriquer les cadeaux de ses propres mains. En plus, vous avez vu comme le tout est merveilleusement bien assorti à mon canapé ? (Très important, vu que j'y passe mes journées.)

Et puis attention, c'est du lourd : je compte pas moins de six (6) motifs différents pour un seul envoi. Du Ktl pur sucre.

Mille mercis, très chère. Je suis reconnaissante, fière et honorée de compter parmi tes lecteurs-trices !

jeu. 24 novembre 2016

Je crois que je me prépare à hiberner

Il y a des signes qui ne trompent pas :
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Tout sur ma mère mes pancakes.

sam. 19 novembre 2016

Inoxydable Schtroumpfette (lettre ouverte à une rédac'chef de magazine pour enfants)

Chère Florence Dutruc-Rosset (attendez, je vous présente aux autres : c'est la rédactrice en chef du magazine Les Belles Histoires !)

Comment allez-vous ?

Êtes-vous allée au cinéma récemment ?

Moi la dernière fois, c'était en mars (1), pour mon anniversaire. Ça remonte, hein ? Depuis que ma fille est née, en 2013, j'y vais très peu, encore moins qu'avant : peut-être deux fois par an, trois les années fastes.

Du coup, comme le cinéma est devenu une composante discrète et non plus continue de ma vie, il y a des choses qui me frappent quand j'y retourne. Des changements qui ne sont peut-être pas brutaux mais que du coup, d'une fois sur l'autre, je ne peux pas ne pas remarquer. Par exemple, lors de cette fameuse sortie au cinéma de mars dernier, voilà ce qu'il s'est passé : nous étions allés voir Avé, Cesar !, le film des frères Coen, avec George Clooney, Scarlett Johansson, Ralph Fiennes, et toute une belle brochette d'acteurs. Eh bien, allez savoir pourquoi (peut-être parce que c'était le 8 mars ?), c'est la première fois que pendant le film (pas inoubliable mais sympathique au demeurant) j'ai pensé « Tiens, il passe pas le test de Bechdel, celui-là ».

Vous connaissez, ou pas, le test de Bechdel ? Écoutez, si ça ne vous dit rien, le plus simple c'est d'aller voir la page Wikipédia, c'est très bien expliqué. Je cite :

Le test de Bechdel, ou test de Bechdel-Wallace, est un test qui vise à démontrer par l'absurde à quel point certains films, livres et autres œuvres scénarisées sont centrés sur le genre masculin des personnages.

Une œuvre réussit le test si les trois affirmations suivantes sont vraies :

l’œuvre a deux femmes identifiables (elles portent un nom)elles parlent ensembleelles parlent d'autre chose que d'un personnage masculin.

BechdelRule.png

(La planche de bédé à l'origine du test, par Alison Bechdel, sortie en 1985. Cliquez pour voir en plus grand)

(...)

Le test est une grille de lecture factuelle et ne juge pas de la qualité artistique. Son but est de montrer la grande quantité de films et autres œuvres qui ne réussissent pas à valider ces trois affirmations.

Autrement dit, le problème n'est pas qu'il n'y ait pas de femmes dans certains films. Le problème est qu'il n'y a pas de femmes dans TROP de films. Alors que les femmes constituent à peu près la moitié de la population mondiale (2), sauf erreur de ma part (il est vrai que je ne suis pas biologiste). Bref, j'en reviens à cette fameuse séance de cinéma. J'ai pensé « Tiens, il ne passe pas le test de Bechdel », et tout de suite après, je me suis « Ouh là ! Tu te durcis, dis donc. »

Eh oui. Il y a cet éléphant qui faisande depuis un bon moment dans la pièce, et je m'excuse de remarquer que ça schlingue en faisant porter le chapeau à mon odorat soi-disant trop développé : c'est moi qui me durcis. Bouh, la vilaine féministe rabat-joie !

Mais pourquoi je me durcis ? Ou si vous voulez bien plutôt, pourquoi ma conscience féministe s'aiguise-t-elle au fil des années ?

Peut-être parce que j'élève une fille. Et que le contraste entre le monde que je souhaiterais pour elle et celui dans lequel je la fais vivre est un peu trop saisissant.

Quand on a la responsabilité d'enfants, on voit les choses différemment. Vous en conviendrez, j'imagine ? Avec votre métier de rédactrice en chef du mensuel Les Belles Histoires destiné aux 4-7 ans, vous en connaissez sûrement un rayon question responsabilité morale.

Mais pourquoi je vous raconte tout ça ? C'est terrible ça, c'est tout moi : je bavarde, je bavarde, je suis pire que ma mère et ma grand-mère réunies. Et pourtant, si je vous écris, c'est pour une raison précise. Attendez, vous allez comprendre.

Je reprends la page Wikipédia du test de Bechdel, rubrique « Historique » :

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Est-ce que vous commencez à voir où je veux en venir ?

Le principe de la Schtroumpfette est décrit dans un article fascinant que je vous conseille chaudement (voici le lien vers la version originale : Hers; The Smurfette Principle. Si vous ne lisez pas l'anglais – ou que comme moi, vous avez souvent la flemme – pas de panique : je me suis fendue d'une traduction, rien que pour vous. La voici : Le principe de la Schtroumpfette).

Katha Pollitt y évoque son enfance des années 1950, où les héros de dessins animés étaient tous masculins : Bugs Bunny, Daffy Duck, Porky Pig, etc. Puis elle passe aux programmes pour enfants diffusés à l'époque de la rédaction de son article (nous sommes en 1991) : Garfield, Winnie l'Ourson, les tortues Ninja, les marionnettes de Sesame Street. Elle constate qu'ils sont régis par ce qu'elle appelle le principe de la Schtroumpfette : un groupe de mecs sera mis en valeur par un personnage féminin unique et stéréotypé : petite sœur à robe rose et ruban dans les cheveux, mère, assistante… Katha Pollitt analyse la chose ainsi :

Le message est clair. Les garçons sont la norme, les filles la variation. Les garçons sont au centre, les filles à la périphérie. Les garçons sont des individus à part entière, les filles sont des archétypes. Les garçons définissent le groupe, son histoire et son code de valeurs. Les filles n'existent que par rapport aux garçons.

Et je peux vous dire que ça ne s'arrange pas une fois que tout ce petit monde a grandi :

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J'aurais pu vous faire la même avec une photo de la primaire de la droite, remarquez.

Katha Pollitt se tourne ensuite vers la littérature enfantine, où le constat est moins accablant, mais où par défaut, si le genre de l'enfant n'a pas d'importance, alors pouf, ce sera un garçon.

Je continue de la citer, parce que je ne le dirai pas mieux :

Le sexisme dans la culture enfantine déforme autant les filles que les garçons. Les fillettes apprennent à faire le grand écart mental, filtrant leurs rêves et leurs ambitions au travers de personnages masculins tout en admirant les toilettes des princesses. Les plus privilégiées, les plus audacieuses peuvent rêver de devenir des femmes exceptionnelles dans un monde d'hommes : des Schtroumpfettes. Quant aux autres, on leur apprend à accepter le lot commun, qui consiste à traverser la vie assise dans un wagon de voyageurs tracté par une locomotive mâle. Étant rarement confrontés à des histoires où les personnages masculins ne jouent que des rôles mineurs, les garçons quant à eux retiennent une leçon plus simple : les filles comptent pour des prunes.

Bon bon bon me direz-vous, mais qu'avez-vous à me reprocher au juste ? Votre fille est abonnée aux Belles Histoires ? On est terriblement sexistes, nous aussi, aux Belles Histoires ?

Alors oui, figurez-vous que ma fille est abonnée aux Belles Histoires. Ça fait un an, alors on commence à bien vous connaître. Terriblement sexistes ? Tout de suite, comme vous y allez… Non, je n'irai peut-être pas jusque là. Mais on dirait que vous n'avez pas remarqué l'éléphant pourri qui trône dans vos bureaux.

J'ai procédé à un inventaire des douze derniers numéros de votre magazine. J'avais l'impression qu'il y avait comme un déséquilibre depuis quelques temps, mais je voulais en avoir le cœur net, alors j'ai tout épluché.

Il y a 4 histoires par numéro : la Grande histoire, la Petite histoire, et un épisode de chacun des deux héros récurrents : "Zouk, la petite sorcière qui a du caractère", et "Polo, le petit aventurier rêveur".

Au sujet de ces deux derniers, bravo pour la parité, rien à redire, 1 partout la balle au centre. Bon, je vous avoue que depuis un an que je les fréquente, si j'ai eu le temps d'apprendre que le papa de Zouk est patron d'une usine, j'ignore toujours en revanche ce que fait la maman de Zouk dans la vie, à part porter des robes de cocktail même quand elle glande peinard devant la cheminée. Mais enfin, la petite Zouk est une chic fille, et je suis contente qu'elle soit là.

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Elle me fait froid, cette pauvre Salsepareille. Elle n'a pas un petit châle à se mettre sur les épaules ? Un twin-set peut-être ? Elle va finir par attraper la mort si elle ne se couvre pas !

Pour les deux autres histoires, voilà ce que ça donne :

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Je l'ai converti en joli diagramme parce que j'avais envie de me servir de mes crayons de couleur aquarellables :

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Comment ça, fabriquer des infographies c'est un métier ?

Pour le comptage, j'ai essayé de ne prendre en compte que les personnages principaux, puis tous les personnages, pour voir si ça variait beaucoup. En gros, on obtient les mêmes chiffres. Parfois pire, parfois mieux, mais globalement ça revient au même, je n'ai pas besoin de vous assommer avec des tonnes de graphiques maison : il y a toujours une nette surreprésentation de quéquettes.

Et c'est là, chère Florence, que Katha Pollitt m'achève. Elle pose cette question : Comment se fait-il que 25 ans de progrès sociaux en matière de féminisme aient si peu marqué la culture enfantine ?

Sauf que, je le redis, son article date de 1991. Elle a donc posé cette question, elle a donc exposé ce problème IL Y A 25 ANS. Je pourrais la reprendre presque mot pour mot en demandant aujourd'hui, en 2016 : Comment se fait-il que 50 ans de progrès sociaux en matière de féminisme aient si peu marqué la culture enfantine ?

Une fillette de l'entourage de Katha Pollitt a bien sa théorie là-dessus : c'est parce que les divertissements pour enfants sont majoritairement créés par des hommes.

Et c'est vrai que dans l'industrie du cinéma par exemple, on remarque (notamment sur ce site) que plus il y a de femmes à l'écriture, à la réalisation et la production, plus un film a de chances de passer le Bechdel. (Allez-y, allez sur le site pour faire joujou avec les variables)

Alors du coup, en me référant à ce qui se passe dans le cinéma, ma première hypothèse, c'était que le vivier d'auteurs jeunesse était très masculin. Mais sur 24 textes, et en partant du principe que personne n'avait pris de pseudo type "George Sand", je compte 10 autrices (3) pour 13 textes et 11 auteurs pour 12 textes (un des textes ayant été écrit à quatre mains). Autant dire que la parité est tout à fait respectée.

Bon, deuxième hypothèse : qui travaille de façon permanente dans ce magazine ? Combien d'hommes, combien de femmes ? Est-ce que ça peut jouer ? J'ai chaussé mes lunettes et j'ai entrepris d'étudier l'ours des Belles Histoires. Qu'est-ce que j'ai trouvé ? Une organisation très courante dans l'édition : que des femmes en bas, que des hommes en haut.

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A priori, c'est quand même vous, Florence, la rédac' chef, qui décidez de ce qui se publie dans votre journal. Vous recevez peut-être des directives du grand manitou, mais je doute qu'il vous demande expressément de faire en sorte que les deux tiers des histoires ne comportent aucun personnage féminin. C'est une hypothèse qui me paraît trop coûteuse, absurde.

Mon idée, c'est que ce n'est la faute de personne – sinon du formatage culturel de ces cinquante (deux mille ?) dernières années. Mon idée, c'est que ni vous, ni vos auteurs, ni votre directeur de publication n'avez conscience de ce déséquilibre. En ce qui me concerne, il a fallu cette série de trois, quatre, puis cinq histoires masculino-centrées pour m'apercevoir que quelque chose clochait. Le féminisme est une maladie insidieuse qui s'installe progressivement.

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Depuis juillet, pas une héroïne à l'horizon dans la Grande histoire.

Et vous remarquerez que je ne discute absolument pas le fond des histoires, que je ne pose pas des questions du type « peut-on parler d'autre chose que de princesses et de cowboys ? Les filles sont-elles vouées à jouer à la poupée tandis que les garçons sont condamnés aux vaisseaux spatiaux ? ». J'aurais bien parfois quelques remarques à ce sujet, mais on n'en est même pas là (ce sera peut-être l'objet d'une autre discussion plus tard). Je voudrais juste qu'environ un personnage principal sur deux soit féminin. Ça ne me paraît pas irrecevable comme requête. Que le naufragé soit une femme, le tigre une tigresse, le garçonnet une fillette ; essayez, vous verrez, ça ne donne pas des histoires à dormir debout. Les textes continuent de tenir la route. C'est ce qui est nous est arrivé pour le dernier numéro : comme le prince avait un carré court et une petite frange, ma fille a décrété que c'était une princesse. Je lui ai donc lu l'histoire de Léopoldine, la princesse qui terrasse les monstres avec son épée en bois et fera preuve de courage pour aider son ami le petit berger à vaincre le loup ; eh bien c'était une histoire tout à fait chouette et intéressante.

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Victor Victoria, un peu, non ?

Peut-être que vous êtes consciente du problème. Peut-être que vous allez me faire la même réponse que celle que la productrice exécutive de Sesame Street avait faite à Katha Pollitt : « On y travaille ». Cette dernière remarque alors ironiquement : "c'est vrai que cette émission n'est diffusée que depuis un quart de siècle ; ces choses-là prennent du temps". Mais l'ennui, ajoute-t-elle, et je me joins à sa voix, c'est que nos enfants n'ont PAS le temps. Ma fille (de trois ans) si drôle, si aventureuse, si intrépide et si futée, c'est maintenant qu'elle construit ses idées sur le genre. Je fais ce que je peux pour contrebalancer les messages que ses divertissements lui envoient, tout comme son père .... Mais je vois bien qu'on a du pain sur la planche. Et ça nous aiderait vachement si les lapines voulaient bien retirer leurs rubans dans les cheveux, et si la moitié des monstres étaient poilus, bleus – et femmes.

Bien sûr, on avance. Doucement mais on avance. Katha Pollitt trouve que La Petite Sirène de 1989, qu'elle fait voir à sa fille, ça reste mieux que sa Cendrillon de 1950. Et on a sans doute progressé encore un peu avec La Reine des Neiges en 2013, même si pas tant que ça, comme le fait remarquer cette vidéo très instructive (et qui ne dure que 2 minutes 30, ne vous en privez pas) : Les Brutes - Le principe de la Schtroumpfette

Alors voilà, je vous le demande : est-ce que ça vous frappe ? Est-ce que ça vous indigne ? Est-ce que ça vous donne envie de faire quelque chose pour changer cet état de fait ?

Comme disait Simone de Beauvoir :

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À trente-deux ans, c'est vrai aussi.

(L'image est extraite de l'ouvrage de Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu, Le Féminisme, aux éditions Le Lombard. Thomas Mathieu, vous le connaissez peut-être ? C'est lui qui est à l'origine du très important Projet Crocodiles)

Si vous ne savez pas par quoi commencer, je vous propose de lire et de faire lire à votre équipe cet article d'Audrey Alwett, assez complet sur la question : Guide à l'usage des auteurs qui écrivent des livres sexistes mais qui font pas exprès. Audrey Alwett explique que c’est "après avoir retoqué ou fait corriger plusieurs manuscrits à des auteurs qu’à la demande de ces derniers (elle a) écrit ce petit guide".

Même si tous les points qu'elle aborde ne sont pas pertinents en littérature jeunesse, ça ne peut pas faire de mal de prendre connaissance de tout ça. Et puis surtout, comme elle le dit : "Je sais aussi que ce n’est pas facile de déconstruire ce que la société nous a martelé depuis notre enfance, mais s’il vous plait, essayez à défaut de réussir."

J'espère que vous me répondrez.

(1) Au début de la rédaction de cette lettre, c'était vrai. Depuis, je suis allée voir Where to invade next, le dernier film de Michael Moore. Il y a une séquence en Islande où il découvre que… Rho, non, je vous laisse aller voir le film, plutôt.
(2) Je sais que ça sonne comme une lapalissade, mais je vous assure, en regardant les résultats de ce fameux test, on croirait pas.
(3) Je raconte ici pourquoi j'en suis venue à faire (parfois) ce choix lexical.

ven. 18 novembre 2016

Le principe de la Schtroumpfette, par Katha Pollitt (1991)

Le texte qui suit est une traduction (par bibi, pour apporter de l'eau à mon moulin) d'un article de l'essayiste américaine Katha Pollitt, paru dans le New York Times le 7 avril 1991, soit il y a un peu plus de 25 ans. Je crains que seule la mention de cassettes vidéo soit anachronique là-dedans, aujourd'hui ; les problème de sexisme dans les productions culturelles à destination des jeunes enfants demeurent quant à eux redoutablement actuels. Les références culturelles sont naturellement américano-centrées, aussi je me suis permis de rajouter quelques notes de bas de page.

Merci à Katha Pollitt de m'avoir autorisée à publier cette traduction ici.

À Noël dernier, j'ai fini par abdiquer : j'ai offert sa propre cassette de La Petite Sirène à Sophie, ma fille de trois ans. À présent, elle aussi peut tomber en pâmoison devant Ariel, l'ado mutine à queue gironde qui échange sa voix contre une paire de jolies jambes et une chance d'épouser le prince. ("Lorsqu'une femme sait tenir sa langue, elle est toujours bien plus charmante", chante la cynique sorcière marine, "c'est la reine du silence qui se fait aimer". Comme c'est la méchante, nous ne sommes pas censés remarquer que les faits lui donnent raison.)

En règle générale, lorsque les parents cèdent à leur progéniture un objet qui leur inspire de la répulsion, ils plaident l'impuissance face à la tyrannie enfantine. Sauf que La Petite Sirène, c'était mon idée. Certes, Ariel ressemble à Barbie, et son aventure se limite à une histoire d'amour qui se conclut par un mariage. Mais contrairement à Cendrillon ou à la Belle au Bois Dormant, par exemple, Ariel est dans l'action, elle est courageuse et résolue, elle est l'héroïne de sa propre vie. Elle sauve même le prince de la noyade. Et cela fait d'elle un poisson rare dans la culture enfantine.

Jetez un œil au rayon enfants de votre vidéo club. Neuf fois sur dix, vous trouverez des productions qui mettent en scène des garçons et sont généralement destinées à des garçons. En zappant l'autre jour à la télé – j'admets qu'il ne s'agit pas là d'une étude rigoureusement scientifique – je ne suis pas tombée une seule fois sur un dessin animé ou une série (la chaîne pour enfants Nickelodeon propose les deux) qui comportait un personnage féminin. N'étaient l'animation rudimentaire et une certaine forme de frénésie décérébrée, j'aurais tout aussi bien pu me croire de retour dans les années 1950, à l'époque où je picorais mes Frosties devant Daffy Duck, Bugs Bunny, Porky Pig et toute la brochette 100% mecs de la Warner Bros.

Les programmes d'aujourd'hui sont soit exclusivement masculins, comme Garfield, soit organisés selon ce que j'appelle le principe de la Schtroumpfette : un groupe masculin sera mis en valeur par un personnage féminin unique et stéréotypé. Dans les pires dessins animés – ceux qui se fondent à merveille au milieu des publicités pour les céréales – le personnage féminin est en général une petite sœur, un lapin habillé d'une robe rose avec un nœud dans les cheveux qui suit les ours intrépides et les blaireaux valeureux dans leurs aventures. Mais le principe de la Schtroumpfette régit également les émissions produites avec le plus grand soin. Ainsi le seul personnage féminin du casting de Winnie l'Ourson, Maman Gourou, est celui d'une mère. Piggy, des Muppet Babies, est une version miniature de Piggy la cochonne (1), la diva exubérante des Muppets. Chez les célébrissimes Tortues Ninja, April fait office d'assistante pour le quatuor de super-héros masculins. Le message est clair : les garçons sont la norme, les filles, la variation. Les garçons sont au centre, les filles à la périphérie. Les garçons sont des individus à part entière, les filles sont des types. Les garçons définissent le groupe, son histoire et son code de valeurs. Les filles n'existent que par rapport aux garçons.

Bon, évidemment, les chaînes privées… à quoi m'attendais-je ? La surprise, c'est qu'en dépit de leur supériorité intellectuelle, de leur charme et de leur attachement à des valeurs plus nobles, les chaînes publiques arnaquent elles aussi les petites filles. Mister Rogers (2) vit dans un quartier majoritairement peuplé d'hommes entre deux âges, comme lui. Shining Time Station présente un dessin animé où les personnages masculins sont incarnés par des locomotives, et les personnages féminins par des wagons de voyageurs. Et puis, il y a Sesame Street. C'est vrai, les humains y sont équitablement représentés entre hommes et femmes (ils sont également de diverses origines ethniques, ce qui constitue une autre rareté). En outre, les extraits vidéo de cette émission sont à peu près le seul endroit à la télévision où l'on voit régulièrement des filles s'amuser entre elles, en s'entraînant au Double Dutch ou lors de soirées pyjama. Mais les vraies stars de Sesame Street, ce sont les Muppets. Et les plus importantes d'entre elles – celles qui ont une vraie personnalité, qui chantent dans les intermèdes musicaux, celles que les enfants chérissent et auxquelles ils s'identifient – sont toutes masculines. Je connais une fillette qui, en s'apercevant que même Big Bird – son dernier espoir – était un garçon, en a conçu un tel chagrin et une telle indignation qu'elle n'a plus regardé jamais l'émission depuis.

Bon, il y a toujours la bibliothèque. Certains des meilleurs livres pour enfants jamais écrits parlent de filles – Madeleine (3), Frances the badger (4). Il est même possible de trouver des histoires teintées d'humour et de féminisme, comme La Princesse dans un sac (elle sauve le prince des griffes du dragon, mais face à son ingratitude, décide finalement de ne pas l'épouser). Mais les livres qui parlent de filles constituent un sous-ensemble dans un domaine comportant un bien plus vaste sous-ensemble de livres qui parlent de garçons (12 livres de contes sur les 14 salués par la critique dans la sélection de Newsweek à Noël dernier, par exemple) et de livres dans lesquels le sexe de l'enfant n'a théoriquement pas d'importance – auquel cas, comme par hasard, il sera généralement masculin. Dans les livres du Dr Seuss, il est moins question d'individus spécifiques que de la liberté du langage et de l'imagination – mais, curieusement, seuls les garçons finissent par aller au-delà du Zèbre (5), ou par assister aux merveilles de Mulberry Street (6). Ranelot et Bufolet (7), Asticot (8), Lyle le crocodile (9), tous auraient pu être femelles. Mais ce n'est pas le cas.

Les petits sont-ils conscients du sexisme où baigne la culture enfantine ? Un peu, mon neveu. Les jeunes enfants sont comme des philosophes médiévaux : le texte – un livre, un film, une émission de télé – fera autorité, bien plus que ce qu'ils constatent de leurs propres yeux. "On joue à la mariée", dit ma petite nièce. Nous autres adultes levons les yeux au ciel, mais regardons les choses en face : cela demeure l'unique scénario dans lequel la fille joue le rôle principal. "Les femmes sont infirmières" s'est vu expliquer mon amie Anna, médecin, par sa fille Molly, alors âgée de quatre ans. Même ma Sophie chérie commence à remarquer le rôle de figurantes que jouent les filles dans certains de ses livres préférés. "Qui c'est ?" demande-t-elle à chaque fois que nous relisons Le Chat chapeauté. C'est Sally, la petite sœur timide du narrateur, un garçon plein de ressources. Elle voudrait que Sally compte, je pense, et comme Sally n'est guère qu'un nom surmonté d'un nœud dans les cheveux, il nous faut répéter ce nom encore et encore.

Le sexisme dans la culture enfantine déforme autant les filles que les garçons. Les fillettes apprennent à faire le grand écart mental, filtrant leurs rêves et leurs ambitions au travers de personnages masculins tout en admirant les toilettes des princesses. Les plus privilégiées, les plus audacieuses peuvent rêver de devenir des femmes exceptionnelles dans un monde d'hommes : des Schtroumpfettes. Quant aux autres, on leur apprend à accepter le lot commun, qui consiste à traverser la vie assise dans un wagon de voyageurs tracté par une locomotive mâle. Étant rarement confrontés à des histoires où les personnages masculins ne jouent que des rôles mineurs, les garçons quant à eux retiennent une leçon plus simple : les filles comptent pour des prunes.

Comment se fait-il que vingt-cinq ans de progrès sociaux en matière de féminisme aient si peu marqué la culture enfantine ? Désormais âgée de six ans et bien consciente que les femmes peuvent être médecins, Molly a une théorie : les divertissements pour enfants sont surtout conçus et produits par des hommes. Il se trouve que c'est vrai, et je suis persuadée que ça explique pas mal de choses. Il est vrai également qu'en tant que société, nous ne paraissons pas tellement nous soucier de ce qu'il se passe chez les enfants, du moment qu'ils sont à peu près sages. Céréales aux marshmallows, merdouilles en plastique, heures interminables passées devant la télé ; une société qui accepte tout cela n'en fera pas un fromage si, par-dessus tout ça, nous ajoutons quelques stéréotypes de genre. C'est plus facile de se concentrer sur les bons côtés. J'ai eu Cendrillon, Sophie a La Petite Sirène – c'est une forme de progrès, non ?

"On y travaille", m'a répondu Dulcy Singer, la productrice exécutive de Sesame Street, quand j'ai soulevé la question sensible de ces Muppets 100 % masculins. Après tout, l'émission n'est diffusée que depuis un quart de siècle ; ces choses-là prennent du temps. Le problème, c'est que nos enfants n'ont pas le temps. Ma fille si drôle, si aventureuse, si intrépide et si futée, c'est maintenant qu'elle construit ses idées sur le genre. Je fais ce que je peux pour contrebalancer les messages que ces divertissements lui envoient, tout comme son père – Sophie regarde très peu la télévision. Mais je vois bien qu'on a du pain sur la planche. Et ça nous aiderait vachement si les lapines voulaient bien retirer leurs rubans dans les cheveux, et si la moitié des monstres étaient poilus, bleus – et femmes.

(1) En français, on pousse le clonage un peu plus loin, car les deux personnages portent tous deux le même nom : "Piggy", contre "Piggy" et "Miss Piggy" en anglais.
(2) de l'émission Mister Rogers' Neighborhood.
(3) Série Madeline, de Ludwig Bemelmans.
(4) Série de Russell Hoban. Pas traduit, semblerait-il.
(5) On Beyond Zebra (1955), un livre qui raconte les lettres qu'on trouve après le Z, et les mots qu'on peut écrire avec.
(6) And to think that I saw it on Mulberry Street, 1937.
(7) Frog and Toad, d'Arnold Lobel, 1970.
(8) Lowly Worm, de Richard Scarry, 1977.
(9) Lyle, Lyle, crocodile (1965), de Bernard Waber, a priori pas traduit.

mer. 16 novembre 2016

Les adieux

J'étais émue bien sûr, et j'ai beaucoup de chagrin pour mon grand-père (pour vous situer, il a voulu écouter ça lors de la cérémonie. Ambiance garantie), mais je suis soulagée pour ma grand-mère, qui n'était plus vraiment elle-même depuis qu'elle ne pouvait plus ni jardiner, ni cuisiner ni coudre. Même cette voix pimpante et sucrée sur son répondeur téléphonique n'était plus la sienne depuis longtemps.

Évidemment, à l'enterrement je n'ai pas raconté qu'elle ne me manquait pas parce qu'elle avait en quelque sorte déjà un peu disparu. J'ai raconté qu'elle ne me manquait pas parce qu'elle était avec moi depuis longtemps, parce que je pensais à elle très régulièrement. Parce que nous avons eu une relation qui a imprégné ma vie dans les choses les plus quotidiennes, les plus triviales : comment je range mes serviettes de toilette, comment je recouds un bouton, comment je découpe des ribambelles en papier pour ma fille (et j'ai hâte de lui apprendre les pompons), comment je fleuris ma terrasse (j'ai un faible pour les œillets d'Inde à cause d'elle, parce qu'elle m'avait montré comment récupérer les graines et que l'émerveillement est resté intact).

Je n'ai pas raconté que quand j'essaie une jupe longue, je l'entends, caustique, me dire que je ressemble à un abat-jour (on a bien rigolé en se remémorant ce genre de choses avec ma sœur et mes parents) : nous n'avons pas toujours été tendres l'une envers l'autre, mais au final nous nous aimions beaucoup.

Merci pour vos gentils mots qui m'ont fait chaud au cœur.

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ven. 11 novembre 2016

Interruption de service

Salut les aminches.

Ma grand-mère est morte. Je pars l'enterrer et je reviens, d'accord ?

Je vous embrasse.

mer. 09 novembre 2016

Euh.

Eh ben, je l'avais pas vue venir, celle-là (et je ne suis pas la seule, apparemment).

Je ne me sens pas capable de distinguer les réactions et les analyses intelligentes du lot de commentaires qui suit cette élection terrifiante (à supposer qu'il y en ait). On verra plus tard, quand on aura digéré un peu la nouvelle. J'ai plutôt envie qu'on me fasse rigoler, là tout de suite. Si vous avez quelque chose à m'offrir, je suis preneuse, et je vous l'échange contre une poignée de tweets qui m'ont arraché un sourire, tant bien que mal :

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lun. 07 novembre 2016

Allégorie de ce que vous voudrez

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ven. 04 novembre 2016

Assignée à résidence

La Chouquette n'est pas retournée à l'école pour cause de laryngite. Le problème, c'est qu'elle n'est pas du tout assez mal en point pour comater dans un coin et me laisser vaquer à mes occupations... Et à la fin des vacances, j'étais plutôt impatiente de retrouver mes journées de liberté.
Je suis contrainte de dessiner des robes à colorier à la chaîne pour qu'elle fasse autre chose qu'escalader une pyramide de chaises. MOI. L'anti-styliste absolue.

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Je passe régulièrement la main à Mimi la Souris pour tenir le coup (cette petite va retourner à l'école avec les yeux carrés lundi). Le seul point positif dans tout ça, c'est qu'on se nourrit de jambon-purée à tous les repas.

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please send help

mer. 02 novembre 2016

Tentative de début de bilan écologique

Il y a cette fille que j'aime bien, Laetitia, qui tient un blog + une chaîne YouTube dédiés à ses expériences, sa transition vers un mode de vie écolo / minimaliste. Dans cette vidéo, elle revient sur son parcours et ses prises de conscience successives sur ces sujets :

Mon parcours Ecolo, Bio, Zéro Déchet et Minimaliste

Évidemment, que des sujets qui m'intéressent, vous me connaissez.

Je me reconnais dans beaucoup de choses qu'elle évoque, notamment le temps que ça prend de modifier ses habitudes, d'intégrer de nouvelles informations, de nouveaux réflexes. Je n'ai plus des souvenirs aussi nets quant aux étapes de mon cheminement sur cette voie, mais même si j'étais déjà fortement sympathisante de la cause bio, je me rappelle très bien que cette vidéo de Claude Bourguignon (ça commence comme ça : "Nous ne faisons plus de culture en Europe, nous gérons de la pathologie végétale" - je voudrais vous la citer intégralement) vue il y a un ou deux ans a été comme une piqûre de rappel, une piqûre avec une énorme aiguille très pointue.

Cette vidéo a vraiment marqué un tournant pour moi : avant, j'achetais quelques trucs bio un peu mollement, moins par conviction que parce que souvent (mais pas toujours) ils avaient plus de goût. Mais après, j'ai vraiment commencé à systématiser le choix du bio ; ça s'est fait peu à peu, et aujourd'hui je ne fais plus que 20 ou 25 % de mes courses en supermarché classique, et le reste à la Biocoop. Bien sûr, ça coûte plus cher (je ne sais pas de combien, je ne suis pas une comptable hyper-précise), et je suis privilégiée (et j'en ai conscience, et je rends grâce tous les jours) puisque je peux me permettre ce surcoût.

Surcoût qu'on peut parfois compenser, prenez l'exemple de la cantine de Mouans-Sartoux : La cantine 100% bio, écolo, (presque) sans déchet, où des élèves responsables mangent équilibré en choisissant leurs portions - exemple fabuleux, POURQUOI ON NE FAIT PAS CA PARTOUT ? (rappelez-moi d'aller en parler aux délégués des parents d'élèves, tiens).

Bon j'ai commencé ce billet en voulant détailler point par point mon propre parcours (ah, ma phase "lessive au savon d'Alep et à l'huile essentielle de géranium", demandez au Goût, il ne demande qu'à rigoler de ce cuisant échec) et puis c'est en train de partir dans tous les sens. Je raconterai la suite une autre fois - ou pas ! Là, faut que j'aille chercher ma poupette au centre de loisirs.

mar. 01 novembre 2016

L'automne trop beau pour être vrai

Oui je sais, un coup je râle, un coup je trouve ça sublime... (ou alors c'est peut-être "un coup je suis à Paris, un coup je suis à la campagne"; cette campagne à laquelle je ne finis pas de dire au revoir)

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ven. 28 octobre 2016

Ma recette fétiche

Le bon plan comfort food que je dédicace à Samantdi : le curry de lentilles au lait de coco (j'ai vu que tu avais prévu un dhal !)

Non seulement c'est un plat extrêmement sympathique et réconfortant (et qui rassemble à peu près tout le monde de 2016 autour de la table : végétalien ET sans gluten ET même ma fille aime ça), mais là où il est sublime, c'est qu'il prend incroyablement peu de temps à préparer, avec assez peu d'ingrédients (tous dormant potentiellement dans vos placards). On y va ?

  • Vous mettez de l'huile au fond de votre faitout. Je sais pas, 5 cuillerées à soupe ? Vous faites chauffer à feu moyen, et là vous ajoutez vos épices (plein) : garam masala, coriandre, gingembre, un soupçon de cannelle, anis moulu, poivre, cumin, curcuma, piment si vous aimez... Lâchez-vous. L'idée, à mesure que l'huile chauffe, c'est d'avoir une sorte de jus d'épices. (vous pouvez aussi simplement vider le quart de votre flacon de curry déjà tout mélangé)
  • Quand votre jus d'épices est bien beau et bien frétillant, ajoutez des oignons émincés. Deux ou trois ou quatre selon vos goûts et le nombre d'oignons disponibles chez vous. Vous pouvez ajouter de l'ail aussi, si ça vous chante, mais sans c'est quand même déjà très bon.
  • Vous laissez revenir un peu vos oignons, et vous ajoutez des lentilles corail. Euh... l'équivalent d'un bocal à confiture, approximativement. Vous touillez un peu pour que tout le monde fasse connaissance dans la marmite.
  • Vous ajoutez sans trop attendre une boîte de tomates concassées en conserve, puis vous rajoutez le même volume d'eau (comme ça en plus, hop, elle est rincée et elle peut partir à la poubelle direct). Ensuite, vous rajoutez du lait de coco : un peu ou beaucoup selon vos goûts. Moi je mets une demi-boîte. Si vous en avez, vous pouvez aussi ajouter du concentré de tomate, ça ne fait pas de mal.
  • Bon. Vous touillez encore bien tout ça, puis vous couvrez. Le secret avec les lentilles corail, c'est de les cuire douuuuucement, sinon elles durcissent (enfin chez moi c'est comme ça que ça se passe). Donc vous baissez le feu, et vous allez prendre l'apéro. Selon vos plaques de cuisson, il faut compter entre 45 min et 1h15 pour un résultat bien fondant. Parfois, j'ôte le couvercle vers la fin et je remets à feu vif pendant quelques minutes parce que c'est trop liquide. Mais même liquide c'est bon, alors ne vous souciez pas trop de la consistance.
  • Là si vous goûtez, c'est assez moyen. Mais alors vous rajoutez du sel, et là, magie ! Ça devient divin. Vous pouvez le manger tout seul ou avec du riz ou avec des amis ou les deux. Si vous êtes très raffiné, ajoutez un peu de coriandre ciselée au moment de servir, ce sera encore plus fabuleux (si vous aimez la coriandre).


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Je n'ai jamais photographié cette petite merveille, donc à la place je vous propose une illustration très halloweenesque : la citrouille de rigueur + ma mignonne qui joue avec des allumettes. Bouh !

jeu. 27 octobre 2016

Trottoirs

Un jour que je marchais à proximité d'un homme qui poussait un landau,
j'ai soudain eu la conviction qu'il n'y avait pas de bébé dedans.

J'ai déjà suivi des gens dans la rue, quand j'étais jeune, par ennui ou par jeu (à moins que ce ne soit la même chose).

Parfois je croise des personnes que j'avais vues une demi-heure plus tôt à un autre endroit de la ville. Je me demande si elles sont nombreuses, toutes celles qui sont là aussi et que je n'ai pas reconnues.

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mer. 26 octobre 2016

Matière à réflexion

Un billet du mois dernier que j'ai trouvé très intéressant sur le réflexe plus ou moins systématique qu'on a de s'en prendre aux victimes :

Le victim-blaming (ou pourquoi j’ai grondé mon chat après lui avoir marché sur la queue)

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image tirée de l'article en question, par Marine S.

mar. 25 octobre 2016

Vous êtes plutôt bouderie d'automne, ou dépression saisonnière ?

Je ne me risque plus à faire étendre des machines sur la terrasse, ça devient trop compliqué... on entre dans la saison où le linge va mettre des plombes à sécher, ne plus sentir bon l'air frais, et où le tankarville va nous encombrer à l'intérieur. J'aime pas.

Et j'aime pas ce sentiment de glisser vers la nuit, le froid. Recommencer à mettre des chaussettes, claquer des dents en se mettant au lit, ça me blase.

J'essaie de me dire "Non mais, les bougies ?" mais franchement, pour qui ça compense VRAIMENT, les bougies ?

Les arbres jolis, l'air qui sent le feu de cheminée, le potimarron, les poches du manteau qui évitent de trimballer un sac, certes. Le problème, c'est que ça dure trop longtemps (3 mois de froid, ça me suffirait) et que j'ai l'impression de quitter un état normal, naturel, qui n'est d'actualité finalement que 4 ou 5 mois, 6 les bonnes années. Est-ce la ville qui me déconnecte trop des saisons ? Est-ce parce que mon harmonie thermobiologique se situe au sud de la Loire ?

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