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lun 29 juin 2009

Aventures, petites et minuscules

Le portier du Russian Tea Room est très à mon goût, avec un sourire qui lui fait plisser les yeux ; alors dès que je suis dans le quartier je passe devant pour lui dire bonjour, l'air de rien - ça fait au moins 3 ou 4 fois et je ne suis pas fichue de le draguer franchement, ma couardise me désespère.

Le musicien qui est parfois sur le quai de mon métro m'a laissé essayer ses steel drums - trop bien !

Discussion vive avec une petite bande de jeunes gens éduqués à qui j'ai fait pousser des cris d'indignation (enfin, je pense qu'ils n'ont sollicité mon opinion que pour pouvoir s'indigner, puis condescendre) sur le sujet de la b*rqa - j'ai émis un avis favorable à cette commission en France qui se demande si l'on doit (ou pas ? je ne suis les infos qu'à travers les blogs...) légiférer son port et on m'a jeté des Liberté individuelle et des Etat paternaliste au visage. Je les ai trouvés un peu gonflés mais bien trop passionnés pour qu'on puisse discuter intelligemment de la question, alors au bout de deux-trois échanges de sourds, l'alcool et mon esprit d'escalier aidant, j'ai laissé tomber.

Parfois cependant, il y a des situations où je fais davantage couleur locale : les touristes viennent souvent me demander leur chemin (c'est très drôle quand ce sont des français : "ekskiouz mi, douillou noh ouèriz peine stècheun ?".

Hier soir, je rentrais décalquée d'une nouvelle expérimentation stop-motion (que je vous montre très bientôt), mais arrivée au pied de mon immeuble, j'avise des gamins qui jouaient aux dominos (ça arrive souvent mais je ne prends jamais le temps de). Remonter en vitesse poser mes affaires et changer la batterie (également bien fatiguée du stop motion), puis redescendre prendre la scène en photo, je voulais le faire depuis un moment, je trouve ça tellement chou, des ados qui jouent aux dominos (peut-être qu'ils n'ont juste pas le fric pour jouer à autre chose, mais je n'en sais rien en réalité).

Ce que je n'avais pas prévu, c'est le défilement des gosses qui voulaient que je leur tire le portrait. Tout seuls, avec les cousines, avec le petit frère, avec les copains... Ce fut un sacré moment.

Une de mes élèves m'a envoyé le lien d'un reportage télé où nous apparaissons, attablées à un café (l'air de glander alors que pas du tout), le temps d'une seconde ; je suis stupidement fière d'avoir laissé une trace vidéo dans New York ! (du moins, durant la semaine où le reportage reste en ligne)

J'ai finalement craqué et me suis acheté un trépied (alors que j'en ai un à Paris, que je ne voulais pas emmener pour ne pas me surcharger... bien joué, espèce de nouille), 37 dollars chez B&H, qui dit mieux ? (B&H, c'est comme une Fnac technique mais en vingt fois mieux : d'abord il y a tellement de vendeurs que vous ne poireautez jamais pour avoir un renseignement, ensuite il s'y tient des espèces de cours/conférences de photo gratuits, et enfin, il y a des jarres de bonbons partout dans le magasin ! )%%

Au début il y avait un truc qui me gênait dans les magasins, c'était les vendeurs qui te demandent systématiquement "how are you ?" (si ça fait plus de deux fois que tu viens "how are you today ?") ; je ne savais pas s'ils attendaient vraiment une réponse ou si c'était simplement rhétorique. J'ai fini par en prendre mon parti et par répondre pour de bon avant de leur retourner la question, tant pis si ce n'est pas l'usage.

mer 24 juin 2009

Le MBQ à New York (# 10)

Je ne suis pas très bavarde en ce moment, alors pour compenser, j'espère que vous, vous le serez avec ce nouveau Milky-Branlou-Questionnaire ! Youpi !

Si vous préférez répondre chez vous, soyez mignons, laissez un petit commentaire pour qu'on puisse aller lire vos réponses...

  1. Votre dernière frivolité ?
  2. Le premier jingle pub qui vous vient à l'esprit ?
  3. Combien de numéros de téléphone connaissez-vous par coeur ?
  4. Ce qui vous a fait renoncer à quelque chose que vous aimiez pourtant beaucoup ?
  5. Pourquoi, en l'honneur de qui vos parents ont-ils choisi le prénom que vous portez (si la réponse concernant votre deuxième prénom est plus intéressante, allez-y je vous en prie) ?
  6. Par quoi avez-vous été épargné ?
  7. Quel est le dernier site "wah mais il est génial" internet que vous avez découvert ?
  8. Si je vous dis New York, quel est le premier film / livre auquel vous pensez ?
  9. Une petite phrase d'un de vos profs qui vous est restée même après la fin de votre scolarité / de vos études ?

mar 16 juin 2009

A Time experience in Times Square

Hier, j'ai fait une première tentative (enfin, il y a eu une tentative zéro avant-hier mais elle ne s'appelle pas zéro pour rien) de photos en vue de réaliser un petit film en stop motion. J'ai pris le parti le plus simple quand on expérimente cette technique : pas de scénario, pas de pâte à modeler, simplement laisser filer le temps...

Mon cadrage n'est pas terrible, mais n'ayant pas repéré l'heure du crépuscule, j'avais peur de louper les changements de lumière, d'où le manque de soin (après visionnage, on s'aperçoit que j'avais largement le temps...)

Cliquez ici pour voir la vidéo

Et comme il n'y a pas de son, vous pouvez choisir ce que vous voulez comme musique pour écouter avec, c'est super non ? Très post-moderne comme concept je trouve.

Au delà du résultat vidéo (d'un intérêt limité), il y a l'expérience du temps, deux heures et demie découpées en tranches de dix secondes (fréquence à laquelle je déclenchais).

C'est assez curieux, on a parfois l'impression d'être sous l'effet de substances illicites ou alcoolisées, quand soudain on ne sait plus si ce sont cinq secondes ou cinq minutes qui viennent de passer. Physiquement, ça ressemble un peu à du travail d'usine, rester debout sans bouger, et répéter le mouvement d'appuyer sur le déclencheur toutes les dix secondes, l'oeil rivé à la trotteuse ; mais psychologiquement c'est très différent, on s'en fout d'avoir froid aux pieds, mal au dos, bêtement porté qu'on est par l'enthousiasme de voir le résultat de cet exercice abrutissant.

J'ai fini frigorifiée, ankylosée, morte de faim et envie de pipi, une vraie misère ! Mais faut croire que ça libère des endorphines à retardement, parce que deux heures plus tard, après m'être réchauffée-dégourdie-sustentée-soulagée, j'étais jouasse comme pas permis, riant de tout, débordante d'amour, heureuse.

Et au passage, mes remerciements époustouflés à mon vieux laptop qui n'a pas planté une seule fois durant toute l'opération ! Trop fort !

lun 15 juin 2009

Le New Jersey et un canard

IMG_1157.JPG
(ou une oie, qu'est-ce que j'en sais... Peut-être que Karmara saura me renseigner ?)

J'aime beaucoup cette photo. Et je n'arrive pas à rédiger la suite de ce post, alors ce sera tout.

mer 10 juin 2009

Drew Barrymore

Rencontré ce fringant jeune homme un peu loufoque, qui nous préparait des cocktails horriblement forts (mais c'est une autre histoire) ; il m'apprend que cela fait douze ans qu'il est sobre.

_ Oh là là, mais tu as l'air drôlement jeune pour avoir eu le temps d'être sobre pendant 12 ans déjà !...

_ J'ai trente ans.

_ ... Oui, c'est bien ce que je dis ! Mais depuis combien de temps tu étais alcoolique ? Trois, quatre ans ?

Je dis trois quatre ans en trouvant déjà que j'exagère, et pourtant, il m'assomme :

_ J'ai commencé à boire à neuf ans...

Et puis devant mon air effaré, il ajoute, avec un sourire très doux, qui me fait une peine immense :

_ Ma mère était alcoolique, so...

Comme si ça justifiait quoi que ce soit.

Il avait l'air d'aller très bien, et ce n'était sans doute pas de la comédie.

ven 05 juin 2009

En vrac (accumulations)

Il y a, à la pointe sud-est de Central Park, un énorme magasin de jouets fantastique ; d'ailleurs, je pense qu'il ne faut surtout pas y emmener des enfants...

En tous cas, je sais que moi, à huit ans j'aurais fait une crise d'épilepsie là-dedans, suffoquée par l'envie de tout posséder :

  • Les peluches de tous les animaux de la création (des rhinocéros à taille réelle, des loutres, des panthères, des tortues, des orang-outans...)
  • Le petit train au circuit de 3 mètres de diamètre
  • Le rayon entier de Playmobil
  • Les costumes de cow-boy, d'astronaute et de princesse
  • Les chevaux et les éléphants à bascule
  • La boîte surdimensionnée du Petit Chimiste
  • Les instruments de musique miniature
  • Le kit à cup cakes
  • Les maisons de poupée victoriennes

Et puis, bien sûr, enfin, le piano géant - oui, oui, le même que celui de Tom Hanks dans Big !

(Rayon bouquins plutôt décevant, en revanche...)
APNmai2009_102bis.jpg

Et les rollers Barbie, ils ne vous font pas craquer les rollers Barbie ? A 30$ la paire, je suis à deux doigts de m'en offrir une...

Quand je marche dans la rue, j'ai souvent le réflexe avorté de saisir mon enregistreur pour capter... les senteurs de la ville. Les brochettes et les cacahouètes grillées des marchands de rue, le caoutchouc chaud du métro, les étals de poisson séché de Chinatown, l'herbe mouillée (au parfum curieusement provençal) de Bryant Park, l'iode et le graillon de Coney Island, le crottin des chevaux qui tractent des calèches à touristes au bord de Central Park, le mélange entêtant d'essence, de goudron fondu et de javel à certains carrefours de Midtown...Mais le capteur d'odeurs n'existe pas encore et y a pas marqué Patrick Süskind ici, donc on fera sans.

L'autre jour, alors que je me promenais le long de l'Hudson, j'ai croisé cette sculpture :

couple1

Pour un sujet très imaginaire, j'ai trouvé la tendresse incroyablement palpable entre les deux personnages.

couple2

Mercredi, Museum of Modern Art. Contrairement à la Tate Modern de Londres, ce musée-là n'est pas gratuit, loin de là : 20$ l'entrée, et ce n'est pas qu'une suggestion de donation comme au Met... (ok, je suis de mauvaise foi, il y a le vendredi soir où l'entrée est gratuite à partir de 17h)

Un tarif pareil, ça dessert l'art : vous voulez en avoir pour votre argent alors vous essayez d'en voir le plus possible, mais comme vous êtes humains, au bout de deux ou trois heures vous n'en pouvez plus, alors soit vous parcourez les salles jusqu'à la cafétéria, à toute vitesse en jetant un oeil par-ci par-là, soit vous vous gavez avec obstination jusqu'à ce que mort s'ensuive, en finissant par détester tous ces connards d'artistes qui ont produit autant de choses inégalement intéressantes...

20 dollars, jes les payerais avec plus d'enthousiasme si c'était pour un ticket valable trois semaines, par exemple. Là, j'ai eu l'impression de consommer de l'art, avec la même stupidité qu'un participant à un concours de mangeurs de hot-dogs...

mer 03 juin 2009

Tuut-blip-briiin-pouet (pour résumer)

Je viens de terminer mon deuxième montage sonore. Il s'appelle Marcher sur le bord d'un soir pluvieux dans Battery Park et prendre le ferry pour Staten Island. (J'ai essayé de faire plus concis, j'ai pas pu)(et rendons à César ce qui appartient à César : j'ai piqué à Gilda son "bord du soir" et j'espère qu'elle cautionnera ce vol car je les aime beaucoup - le bord, et Gilda)

J'ai essayé de faire quelque chose de plus narratif ; du coup c'est un poil plus fictionnel aussi - même si tous les sons utilisés proviennent de cet endroit-là de New York, et ont tous été capturés le même jour.

J'en ai bavé des ronds de chapeaux, et même des carrés de chapeaux, avec mon ordi qui fait rame comme un galérien... Par exemple, là, je vous écris, et les mots apparaissent 5 à 10 bonnes secondes après sur mon écran.
Eh ben pour les sons c'est pareil sauf que c'est pire : comment voulez-vous éprouver le rythme d'un passage quand il y a des coupures tout le temps, et que la stéréo se désynchronise... Un peu comme quand un gamin qui a quatre mois de CP à son actif lit une histoire à voix haute : la dramaturgie en prend un sacré coup.

Bref, j'arrête de râler, au moins sur l'audioblog il est fluide. Si vous voulez aller l'écouter, c'est par ici que ça se passe... (et si je peux me permettre de vous conseiller de l'écouter au casque, les yeux fermés, on entend mieux les ptites subtilités... - mieux aussi les quelques bruits parasites dont je n'ai pas su me débarrasser, mais on ne peut pas tout avoir !)

ven 29 mai 2009

Communiqué Gretchen Radio entre autres choses

Mon premier montage sonore est en ligne, il s'appelle Soho ou les capotes Obama et je n'en suis pas entièrement satisfaite, mais je pense qu'il était temps que je me jette à l'eau - depuis le temps que j'hésitais au bord du bassin...

J'ai commencé à donner des cours de français, mais je suis une piètre commerciale : ma première élève est tellement choupette, et je crois pas si fortunée, que je casse déjà mes prix... D'un autre côté je n'ai guère l'impression de travailler quand je raconte ma langue (même si mon compte en banque n'en à rien cirer de mes impressions).

Je fais mes courses en fonction principalement de l'attraction éprouvée face au packaging des aliments - pas hyper rationnel, je vous l'accorde, mais j'évite tout de même tout ce qui est du style "arôme poulet rôti et fromage grillé" ainsi que toutes les merdouilles boostées au corn syrup (chais pas pourquoi, je le sens pas ce truc).
Je ne me suis pas encore laissée tenter par les produits Paul Newman (oui oui ! il est mort, c'est vrai, mais il est tellement génial qu'il continue à vendre de la limonade et des chips avec sa belle gueule dessus !) Observation n°663 : les tomates de supermarché sont aussi dégueu qu'en France.

Tous mes "amis" sont partis, mon coeur a déménagé, c'est le revers de la médaille avec les rencontres d'auberge de jeunesse. Je ne m'inquiète pas quant au potentiel de la ville pour renouveler le cheptel, et puis en attendant, je fais mes photos et mes prises de son un peu plus sérieusement que quand on déambule entre touristes...

mer 27 mai 2009

Des lois si dures, du pain si mou

Lundi ici, c'était Memorial Day. Memorial Day, c'est le jour pour les soldats morts, de toutes les guerres réunies, comme ça on n'en parle plus (quand j'ai expliqué à Timothy que nous avions un jour férié par guerre mondiale PLUS la Toussaint, il s'est écrié "Vous êtes tellement socialistes !" - il me traite de socialiste environ quatre fois par jour).

Pour Memorial Day, la tradition est d'aller faire un barbecue dans un parc apparemment.
Emplettes : de quoi faire des burgers, des hot-dogs et des brochettes ; des cookies et de la pastèque ; des gobelets (vous allez voir) et enfin de la bière, beaucoup de bière. J'ai négocié pour qu'on achète un peu moins de bière-pas-chère-pas-bonne et qu'on rajoute une bouteille de ce cidre bio plus cher, y en a moins mais on aura des chances de l'apprécier...

Nous nous sommes rendus à Prospect Park, dans Brooklyn, (beaucoup) plus loin et (un peu) plus sauvage que le célèbre Central Park. Nous avons mis les steaks et les saucisses à griller, puis les portobellos (de gros champignons à insérer dans les burgers) et enfin les petits pains (je me suis régalée).
Nous avons sorti les gobelets, et versé la bière dedans : "Si tu es pris avec une canette de bière à la main, c'est 100$ d'amende la première fois, et de bonnes chances de passer la nuit au poste la seconde" m'explique-t-on.
La canette a le droit d'être en vue, posée dans l'herbe, et tu as le droit de boire de la bière dans ton gobelet, et le lien a le droit d'être évident entre les contenants que tu ne dois pas transporter et le contenu de ton gobelet politiquement correct, et tout ça avant de venir ici je le savais plus ou moins, mais ça fait un peu bizarre quand même de flirter soi-même avec ces interdictions/autorisations qu'il est difficile de ne pas trouver hypocrites...

Mais chacun ses limites culturelles : ainsi ce Hollandais rencontré il y a dix jours, qui me disait ne pas se faire à l'idée qu'il devait se cacher pour fumer de l'herbe ici... Depuis quelques années, une nouvelle loi a été votée à ce sujet, m'ont expliqué mes camarades new-yorkais : un adolescent pris à fumer ici se voit retirer tout espoir d'obtenir une bourse scolaire...

lun 25 mai 2009

Je remercie l'Apple Store de la 5th pour m'avoir permis une connexion journalière tandis que mon laptop implosait...

Récupéré mon ordinateur aujourd'hui ; le pauvre biquet a dû subir un lavage de cerveau et nous mettons un peu de temps à nous réhabituer l'un à l'autre...

Après 15 jours d'auberge de jeunesse où je me suis fait plein de petits copains et de petites copines, j'ai emménagé dans le quartier dominicain de Harlem. Ma colocation ressemble à une série française qui a bien respecté tous les quotas : un noir, un homosexuel, une japonaise et une handicapée de la vie.

Observation n° 287 : il y a beaucoup plus de fauteuils roulants ici qu'à Paris.
Est-ce parce que les gens connaissent davantage de maladies et/ou d'accidents conduisant à ce type d'infirmité ? Ou bien parce que Paris n'est tellement pas pratique pour les personnes en fauteuil que celles-ci le désertent pour aller habiter ailleurs ?

jeu 14 mai 2009

Pas sortie de l'auberge

Mon premier son new-yorkais est en ligne.

Pour l'écouter, c'est sur Gretchen Radio, bien sûr !

J'ai trouvé un appart mais je n'ai pas envie de quitter cette auberge, notre petite communauté va me manquer...

dim 10 mai 2009

Je JURE que j'essaie de ne pas être chauvine

J'ignore s'il s'agit d'un simple concours de circonstances ou bien si les Américains sont obsédés par le problème de la pédophilie, mais j'ai été amenée plusieurs fois, ces derniers jours, à en discuter avec des autochtones et d'autres étrangers.

Il est manifeste que les Zétazunis ne gèrent pas le problème de la même manière que la France ; ça a commencé par une discussion avec une new-yorkaise voisine de cesaer's salad dans un café.
Sandra est éditrice et soutient une association qui rassemble des fonds pour lutter contre les bourreaux d'enfants, plus ou moins en marge du travail de la police : La police a besoin de preuves, de mandats, et d'autres choses de ce genre pour arrêter les trafiquants, et pendant ce temps des vies d'enfants sont en danger, m'explique Sandra.

Il m'aurait été difficile de lui expliquer mon malaise à voir des gens dont ce n'est pas le métier s'occuper de rendre justice (tout du moins en partie) sans passer pour une child molester moi-même...

Soyons clairs, ce n'est pas l'idée d'un trafiquant d'humains se prenant une raclée qui me dérange, mais celle d'individus se sentant tout à fait dans leur bon droit (ou bien au-dessus des lois ? Ou bien investis d'un quelconque rôle de super-héros ?) pour tabasser quelqu'un - sans compter d'éventuelles erreurs sur la personne... (1)

Par ailleurs, j'ai eu plusieurs fois l'occasion de voir dans les parcs, à l'entrée des aires de jeux, des panneaux interdisant l'accès aux adultes non-accompagnés d'enfants (là où nous-mêmes n'interdisons que les chiens).

Je peux concevoir que des parents puissent se sentir plus en sécurité ainsi, mais quand on sait que la plupart des gamins abusés l'est par un membre ou un proche de la famille, je crains que l'utilité de cette mesure ne soit largement surestimée. En outre, je me demande si ce n'est pas un peu pervers, paradoxalement, de considérer qu'un individu assis sur un banc, regardant des gamins jouer alors que lui-même n'a pas eu l'idée de se reproduire ou de se procurer une petite nièce ou un petit cousin pour l'occasion, puisse constituer un danger pour la société.
Laissez infuser ce genre d'interdiction dans l'esprit des gens, et le simple spectateur d'un bac à sable devient dangereusement suspect...

Je rencontre beaucoup de photographes et les expériences dans ce domaine varient du tout au tout : une copine se voit demander fermement par un père d'effacer les photos de ses enfants (prises dans un parc d'attraction), alors que le même jour, un copain est assailli de demandes de parents pour tirer le portrait des gamins lors d'un festival de rue ; différence de quartier ?

Enfin tout ça pour dire, je ne suis pas sûre que le soin manifeste des américains dans ce domaine les protège mieux que d'autres pays. Faudrait voir les stats, mais j'imagine bien une conclusion du style "pas moins de pédophiles, largement plus de psychose"...

(1) Accessoirement, la brochure qu'elle m'a remise est rédigée dans le plus pur style américain de la littérature de développement personnel : des infos à l'origine ou à la pertinence douteuse (genre, 300 000 enfants courent le risque chaque année d'être exploités sexuellement aux USA ; ça veut dire quoi exactement "courir le risque" ? comment ça se détermine ?), des phrases sentencieuses ou lyriques répétées 10 fois sur 3 paragraphes (les lecteurs sont-ils censés avoir la mémoire d'un poisson rouge, ou être si rétifs à la moindre information qu'il leur faut du matraquage publicitaire ?) et puis cent ans à tourner autour du pot (concrètement vous faites quoi les mecs ?) avant de finir par éluder le problème !

jeu 07 mai 2009

Aborder un pays

Je ne suis pas très douée pour goûter l'exotisme du gigantesque ; je trouve en revanche mille sources de fascination et d'étonnement dans le minuscule, l'insignifiant.

Comme d'habitude, la visite de supermarchés de quartier me ravit : du jus de fruits en boîte de conserve ! Des gousses d'ail déjà épluchées, vendues par paquets de 50 ! Un journal local qui propose avec gourmandise la vidéo d'un meurtre, "au moment exact où le père adolescent est tué par balle" ! Des lambeaux de peau de porc qui apparemment se dégustent comme des chips.

Un peu plus loin, un panneau publicitaire qui propose le divorce pour 399 $, "signature de l'épouse non requise".

Dans un magazine, à la page des jeux pour enfants, sous un de ces labyrinthes où l'on doit retrouver le chemin du personnage, une note à l'attention des parents : "Développez la coordination oeil-main de votre enfant en lui faisant suivre chaque nouille jusqu'au bon bol. Partagez des faits à propos de la culture chinoise avec lui ; par exemple, en Chine, les nouilles sont un symbole de longévité. Les nouilles, de même que les feux d'artifice, les parapluies et les dominos, ont été inventées en Chine. Lorsque vous serez chez vous, fabriquez un abécédaire avec des nouilles."

Une vision quasi professionnelle de l'éducation parentale, n'est-ce pas ?

lun 04 mai 2009

New York, Old Self

On est encore à 5000 mètres dans les airs qu'on sait déjà que c'est l'Amérique en dessous : des terrains de base-ball à la pelle !

Je me sens plutôt en phase avec le décalage horaire : avoir une irrépressible envie de dormir à 18h ? faire des pirouettes à 4h du matin ? j'ai tellement l'habitude de ça en temps normal que ça ne me perturbe pas tellement...

J'ai pris mon premier breakfast in America : pancakes, sirop d'érable, oeufs over-easy (cuits au plat mais des deux côtés), hash browns (les "paillassons" aux pommes de terre de ma grand-mère, en fait) et bacon croustillant. C'est mon cholestérol qui va être content ! J'ai la papille extrêmement curieuse de tous ces plats typiques, c'est une chance de rester assez longtemps pour pouvoir étaler leur dégustation sur plusieurs semaines, sinon je prendrais un kilo par jour...

C'est assez fou et complètement normal d'être ici. Pas trop de pur tourisme pour le moment, je joue à l'agent immobilier pour me trouver un appart.

mar 28 avril 2009

Keyornew

New York et moi, pendant les trois prochains mois, allons apprendre à nous connaître. En chair et en os.
Rien de bien solide ne m'arrime à Paris, alors pourquoi ne pas aller humer l'air là-bas ?

Je poursuis depuis des années un espoir, celui de trouver une cohérence, une direction (ou un sens ? je confonds toujours) à ma vie. Peut-être que le déclic, la lumière auront lieu là-bas ? Mais je me méfie des fausses révélations aussi ; j'en ai connu un paquet, de ces enthousiasmes intenses et soudains, qui se sont consumés comme autant de feux de paille.

Il faudra que je ne sois pas déçue si rien n'arrive. J'ai appris qu'une expérience n'est jamais complètement négative ; au pire, on peut en faire un billet pour son blog...

J'ai l'impression de jouer au Petit Chimiste : si on plonge une vingt-cinquenaire paumée (brave, mais paumée) dans un bain new-yorkais, que se passe-t-il : elle change de couleur ? Elle fait des bulles ? Elle explose ?

Mon âme d'ethnologue s'intéresse également : c'est quel genre de bestiau, un new-yorkais ?

Allez, je vais voir si c'est fultibeau et je vous raconte.


En bonus pour la route, une petite photo parisienne d'Elodie au lever du soleil d'avril :

Elo-animale

ven 24 avril 2009

Oui, je fais toujours des photos

Rendez-vous à 6h20 sur la passerelle Simone de Beauvoir ce matin pour faire des photos d'aube avec une complice et un nouveau boîtier. Je crois qu'il y aura quelques bonnes choses.

Sociologiquement édifiant de prendre les transports en commun avant six heures : que des Noirs et des Arabes. Nous en avons déduit que l'adage selon lequel l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt était à nuancer : pas très tôt, juste tôt.

Sondage : ce diptyque, glauque ou pas glauque ? (chromie pas définitive et je sais que ça peut jouer beaucoup, mais bon, c'est un travail en cours)
dptque

lun 20 avril 2009

Questions pour un champion (du nonsense)

Je me balade dans Paris avec des grosses coupures planquées dans mon soutien-gorge.

Je cherche des musiques pour aller avec un documentaire vidéo à la réalisation duquel j'ai participé.

Je suis promue correctrice de copies de brevet blanc (oui, dans toutes les matières, chuis tellement balèze vous comprenez).

Je reviens sur les lieux du crime (il faut bien se faire payer ses gages).

Malgré tout, je n'ai même pas droit à l'ubiquité.

Qui suis-je ?
ouinonoui

mar 14 avril 2009

Chaque fibre (optique, haha) de son être

On entend souvent dire qu'une personne devient bilingue à partir du moment où elle rêve dans la langue qu'elle étudie.

Je me demande si le même critère peut s'appliquer au blogueur, qui le devient jusqu'à l'os lorsqu'au beau milieu d'un rêve incroyable (se retrouver avec Barack Obama comme voisin de table à la crêperie, par exemple), il se dit "ça va faire un super post pour demain"...

dim 12 avril 2009

Test : quelqu'un sait pourquoi cet affreux code barbare ne se transforme pas en mignon petit lecteur ?

<p>&lt;p style="text-align: center;"&gt; &lt;object type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=1167040&amp;amp;colorBackground=0xAE0000&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0x660000&amp;amp" height="55" width="220"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=291192&amp;amp;colorBackground=0xB22222&amp;amp;colorButtons=0x950000&amp;amp;textColor1=0xffffff&amp;amp;autoplay=0" /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;</p> J'ai essayé en wiki et en xhtml, et rien ne change... Je suis un peu désespérée, là. <br />

edit : Hourra ! Merci à Samantdi, ma sauveuse reine du bac à sable ! Comme on le constatera ci-dessous, je n'ai pas fini de galérer avec Jiwa et Arte Radio, mais déjà Refermer après usage n'est plus muet ! Et le coup du slash-slash-slash, j'aurais ja-mais trouvé toute seule... re-edit : Et j'ai même trouvé comment virer le démarrage automatique du lecteur toute seule !

Pour celui-là, si je mets /// html devant il disparaît carrément, encore plus fort que celui du dessus !...

<object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="http://audioblog.arteradio.com/flash/fr_sound_player_01.swf?soundToPlay=http://download.audioblogs.arteradio.com/3024747_jingle.mp3&mediaId=3024747&mediaTypeId=1&doLogging=true&soundId=3024747&baseURL=arteradio-audioblogs&blogName=Gretchen_Radio" /><param name="quality" value="high" /><param name="wmode" value="transparent" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="http://audioblog.arteradio.com/flash/fr_sound_player_01.swf?soundToPlay=http://download.audioblogs.arteradio.com/3024747_jingle.mp3&mediaId=3024747&mediaTypeId=1&doLogging=true&soundId=3024747&baseURL=arteradio-audioblogs&blogName=Gretchen_Radio" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" wmode="transparent" /></object>


sam 11 avril 2009

Où ma lubie prend forme

... Voilà, mon audioblog est créé. Je l'ai intitulé, dans un souci d'originalité inouïe, Gretchen Radio. Il fallait le faire.

Côté coulisses, mon enregistreur numérique, le logiciel de montage et moi faisons connaissance tous les trois. Je jure et je soupire beaucoup, et ça finit en rires nerveux quand je finis par réussir à pondre un truc qui tient debout.

Oyez, oyez, mes chéris, le tout premier son made in Gretchen Radio !

(mais oyez-le donc là-bas, parce qu'ici j'arrive pas à coller le moindre petit lecteur, qu'il vienne de Deezer, de Jiwa ou de la plateforme d'audioblogs d'Arte Radio... si quelqu'un sait pourquoi, ça m'intéresse)

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