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lun. 13 juin 2016

Récit paresseux d'un dimanche rempli juste comme il faut (164/366)

Des bas, des hauts, dans le quotidien, même si je suis globalement heureuse. Mais ce dimanche était particulièrement chouette et doux, et heureusement, vu que le monde va toujours aussi mal.

(J'ai pas trop le temps d'écrire, je ne vais pas trop me fouler... c'est une de ces notes de blog qu'on écrit surtout pour garder le souvenir.)

Le matin, j'avais collé la petite chérie devant les dessins animés et prévu de travailler pendant que le Tigre dormait. J'ai eu le temps de traduire une page, mais la fin de la session s'est transformée en bavardage téléphonique avec une amie, que comme les autres, je ne vois pas assez.

Puis une invitation à déjeuner impromptue nous a poussés dehors, sous la pluie. Pour la première fois depuis bien longtemps, Hiboute avançait sur sa trottinette, sans s'arrêter toutes les trois secondes ou réclamer qu'on la porte... Quand on a des jeunes enfants, le simple fait de marcher à une allure normale dans la rue est une victoire et un bonheur, en fait.

Le retour s'est passé avec tout autant de fluidité, nous devisions tranquillement et il ne pleuvait presque plus. Un vide-grenier se trouvait sur notre chemin, nous y avons dégoté quelques personnages Playmoubil pour la petite mignonne.

Après un samedi bruyant dans un quartier bondé de piétons et d'automobiles, j'ai savouré le semi-désert de notre voisinage.

Hiboute nous a ensuite presque laissés tranquilles, pendant ce "temps calme" qui est plus un vœu pieux qu'autre chose, et que j'ai mis à profit pour avancer sur un projet auquel j'ai du mal à consacrer autant de temps que je voudrais.

Et puis je me suis mise en cuisine pour préparer un risotto. Elle a voulu m'aider et, vous dire combien j'étais détendue ce dimanche, pour une fois J'AI ACCEPTÉ (autant je suis plutôt cool pour tout le reste, elle se lave seule, s'habille comme elle veut, patouille à volonté, utilise des ciseaux qui coupent pour de vrai, grimpe partout même quand c'est un peu dangereux, tout ça... autant en cuisine, j'ai beaucoup de mal à lâcher prise. Je veux que les choses soient faites vite, bien, sans en coller partout, bref, je brime cette petite qui voudrait bien tout faire toute seule.)
Elle a donc coupé des champignons et remué le risotto avec moi pendant que son papa bouquinait et que Gainsbourg nous fredonnait quelques airs sympathiques.

Puis ils ont fait les andouilles et rigolé tous les deux comme des bossus pendant que je m'affairais encore en cuisine, le sourire qui faisait trois fois le tour de ma tête rien qu'à les entendre.

Après dix jours pénibles où elle s'endormait après 23 heures, nous avons pu commencer notre soirée aux alentours de 22 heures. Pour une fois, j'avais encore un peu de jus pour accepter de regarder quelque chose avec le Chou : Freaks and Geeks, très juste, drôle sans en faire des caisses, très bien pour nous deux (c'est rare), pas récent du tout, mais pas daté pour autant.

Ah oui, quel bon dimanche !

(zou, au boulot maintenant)

lun. 30 mai 2016

Petits et grands bonheurs en vrac (150/366)

  • le bonheur à tiroirs :

Me réveiller tôt, lancer le café, retourner au lit et bouquiner en attendant que l'arôme traverse l'appartement pour me chatouiller les narines. Aller me chercher une tasse et continuer de lire au lit, mes deux amours encore endormis, le chat alangui, et seulement le bruit de la pluie pour m'accompagner. Je pourrais développer sur trois pages ces 40 minutes fabuleuses, mais juste ça : lire le matin plutôt que le soir alors que le cerveau a sonné l'extinction des feux depuis un bon moment et qu'on se sent au bord du coma, ça change tout.

  • le bonheur minuscule et presque chaque jour renouvelé :

la radio du Franbrix. Il a eu une phase un peu pénible de musique d'ascenseur, mais ces temps-ci on est revenus à ce que j'aime, pour fredonner et me dandiner en choisissant mon emmental. Rien de bien dingue hein, ça doit être Chérie FM ou un truc dans le genre. Mais y a souvent des pépites qui me font plaisir.

  • le bonheur un peu effrayant :

J'en reparlerai sans doute plus longuement... Je vais peut-être m'impliquer dans une asso qui me tient à cœur - et ça me donne de l'élan pour d'autres combats que je voudrais bien mener. Mais j'ai peur du temps qui va me manquer, de ce que je ne parviendrai peut-être pas à faire, du risque d'être déçue alors que je m'imaginais monts et merveilles... Bref, comme disait Josiane Balasko dans les Bronzés font du ski : J'y vais mais j'ai peur !

  • le bonheur de ravie-de-la-crèche-technologique

j'ai ENFIN regroupé mes trois adresses mail Yahou dans un seul compte, ce qui m'évite d'avoir à me déconnecter / reconnecter dix mille fois par jour environ. Je gagne au moins dix minutes de manipulations quotidiennes, je consulte ma boîte moins frénétiquement, et surtout ça me permet de ne plus voir à tout bout de champ la page d'accueil de Yahou qui est incroyablement fatigante de racolage et de vulgarité.

  • le bonheur "heureusement qu'il y a quand même 10% du temps où elle est relou, sinon on s'inquiéterait".

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Ma tigresse.

dim. 22 mai 2016

Bonnes nouvelles et gratitude (142/366)

Le même jour, on nous a proposé, au TIgre et à moi, chacun une nouvelle traduction.

Eh ben on s'est sentis un peu moins fatigués, ce soir-là...

Pour quelques mois, on n'a plus à s'angoisser de la suite : on a tous deux suffisamment de travail pour 2016.

Je me ménage ma petite place dans ce métier, peu à peu. Les projets se succèdent gentiment et à part quelques couacs mineurs, tout s'enchaîne bien. Je croise les doigts pour que ça continue.

J'ai une immense gratitude envers mon amoureux, sans qui je n'aurais même pas envisagé ce métier (et si je l'avais envisagé, je ne vois pas bien qui m'aurait donné ma chance au début). Il me soutient encore beaucoup (renvoyer un bout d'essai sans le lui avoir fait relire, hors de question), même si j'ai un peu moins peur de mon ombre qu'au début.

Mais vous aussi, je vous suis reconnaissante d'être là. Parce que sans lecteurs, je ne sais pas si j'aurais blogué durant toutes ces années. Et sans blog, sans toutes ces heures passées à écrire - même des conneries - ma langue serait beaucoup moins fluide, beaucoup moins déliée. Je bossais et je ne m'en rendais même pas compte ! Et merci spécialement au Goût, sur l'orthographe duquel (edit : bingo ! c'était "l'orthographe de qui") je me repose presque entièrement.

ven. 20 mai 2016

Saint-Malo (140/366)

Je prends enfin (à minuit passé, c'est pas raisonnable) le temps de raconter un peu les bonheurs de Saint-Malo.

Comme on s'y attendait, ce ne fut pas si simple, le bilan est mitigé.

MAIS :

  • la gentillesse incroyable des Malouins, qui, non contents de s'arrêter TOUS au passage piéton (truc de dingue), ont passé leur weekend à nous courir après, Hiboute et moi, pour nous rendre les jouets qu'elle avait semés sur son passage. Il y en a même deux qui m'ont coursée à vélo (et en plus, qui ont trouvé que je roulais vite. Adorables je vous dis) parce qu'ils avaient ramassé le doudou tombé.
  • la très bonne idée que m'a donnée un des éditeurs du salon : louer un vélo. Peu de bus, et nous étions à 1 km du centre ; rien donc pour une adulte, même avec des petites jambes, mais la plaie avec une petite de trois ans dans les pattes, qu'on ne veut plus porter et qui ne veut pas marcher (après le sommeil, je lance un nouveau SOS : vous réussissez à faire marcher vos gamins, vous ? Comment vous faites ?). Je ne roule pas souvent à vélo (trop de côtes, et trop de bagnoles autour), alors à chaque fois je redécouvre cette merveilleuse sensation de vitesse et de liberté. Hiboute a adoré aussi, c'était vraiment génial.
  • la plage envers et contre tout ; en doudoune la plupart du temps, en l'occurrence. Mais jouer dans le sable, patouiller dans l'eau, ramasser des cailloux... J'ai kiffé de voir Hiboute kiffer.


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Je ne vous fais pas souvent le coup de la soirée diapo, mais je n'avais pas envie de ne sélectionner qu'une ou deux images...

jeu. 12 mai 2016

Weekend dans l'Ain (132/366)

C'est la petite forme. Les congés maladie peuvent être envisagés dans mon boulot (faut réussir à négocier la date de rendu, quoi), mais pas pour ce contrat-là, le délai est trop serré.

Donc, je dois travailler vaille que vaille.

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Et je n'ai même pas pris le temps de vous décrire ce drôle de bonheur qu'a été la découverte d'A., la petite ville qu'habite désormais Couac.

Nous y avons passé trois jours la semaine dernière, la petite Chouquette et moi, trois jours pas exactement paisibles (deux enfants en bas âge dans les pattes, quoi), mais très joyeux.

C'est une drôle de ville, A. Pas hyper folichonne a priori. Mais quand on a pris les petites rues désertes pour aller à l'aire de jeux le premier soir, il s'est passé un truc. Je ne saurais pas dire exactement quoi, ça m'a pris le cœur en otage.

L'aire de jeux, c'est le même ensemble toboggan-pont-de-singe-machin-à-ressorts que dans tous les squares de France et de Navarre. Mais tout autour, il y avait une grande prairie, avec des arbres et des pâquerettes. Pas de bac à sable, les enfants jouaient avec les gravillons dans la poussière. Il faisait - enfin - doux, le temps qu'on peut décemment attendre d'un mois de mai.

On s'est assises sur un banc avec Couac, et en face de nous il y avait ce tilleul, qui depuis n'a pas quitté le fond de ma rétine. C'est comme si je m'étais retrouvée non pas devant un tilleul, mais devant la Quintessence du Tilleul. Il tilleulait tellement le tilleul que tout mon être en est saturé à présent, comme une table en bois qui a bu l'huile de lin. C'est fou. (et du coup depuis, je veux un tilleul, ce qui va être un poil compliqué.)

Mais le pire, c'est que le tilleul n'est qu'un détail dans l'histoire. De façon assez mystérieuse, quoique terriblement puissante, A. (ou juste son aire de jeux) a fait remonter en moi une sensation d'enfance absolue. Dans ce que l'enfance a de plus magique et de plus déprimant. L'émerveillement perpétuel et la conscience d'une liberté limitée. C'était mélancolique et excitant à la fois, comme une histoire sans lendemain.

Mes parents habitent toujours la maison de mon enfance, dans le bled de mon enfance. On peut donc raisonnablement supposer que c'est là-bas, à Biniou-City, que mon enfance me revient le plus facilement à l'esprit. Mais non, A. fonctionne beaucoup mieux. Couac m'a dit qu'elle éprouvait un peu la même chose.

Le Tigre a une théorie là-dessus, il pense que pas mal de petites villes de province sont restées dans leur jus des années 80-90, ce qui expliquerait ce surgissement troublant. C'est possible, mais ça n'explique pas tout. C'est peut-être une conjonction de la lumière et de l'air qui a joué.


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Sinon j'en ai une mignonne, de conjonction, qui a bien joué aussi, mais à faire la soupe de pâquerettes.
(vous pouvez cliquer sur l'image pour la voir en plus grand)

jeu. 28 avril 2016

Grosse journée aujourd'hui (118/366)

Je dois me faire livrer 5 plants de tomate + des graines d'oeillets d'Inde + de la ciboulette (allez le soleil alleeeeeez vas-y mais vas-y donc installe-toi, tu as le droit, c'est le PRINTEMPS, on a eu notre dose de giboulées MERCI), et aussi le nouveau roman que je dois commencer à traduire.

Dé-bor-dée !

mar. 26 avril 2016

Les vacances à l'avance (116/366)

L'anticipation d'un voyage qui sera peut-être plus idyllique que le voyage lui-même :

Le Tigre va représenter l'Ogre dans un festival à Saint-Malo pendant un weekend à rallonge.

Je me suis dit que tant qu'à passer quatre jours seule avec la petite chérie, autant les passer sur une plage malouine plutôt qu'à Paris, avec le bonus d'apercevoir son papa de temps en temps.

Oui j'aurais pu aussi en profiter pour descendre voir ma famille en Bourgogne, c'est sûr. Mais le problème de la Bourgogne, c'est que ça manque cruellement de bord de mer.

Bref, nous avons cassé la tirelire pour un hôtel qui donnait sur la plage, et il me reste à étudier le programme du festival qui, paraît-il, propose des animations pour les petits.

Peut-être qu'il va pleuvoir tout le weekend. Peut-être qu'Hiboute sera une purge de bout en bout. Peut-être qu'il y aura une armée de méduses sur la plage. Peut-être que le Tigre sera trop crevé le soir pour faire quoi que ce soit. Peut-être qu'on va faire une overdose de crêpes.

Mais pour le moment dans ma tête, nous faisons des pâtés de sable dans la joie et la bonne humeur, nous prenons le petit déjeuner face à la mer, nous passons régulièrement dire coucou au Chou entre une glace et un spectacle, et même, comme je suis incroyablement optimiste, Hiboute fait une sieste de temps à autre. Pour le moment, donc, je biche !

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(coucher de soleil au Sénégal. Ben quoi, c'est le même océan...)

ven. 15 avril 2016

Quand on parle de l'Ogre... (105/366)

Bon c'est un bonheur-du-jour un peu en retard, mais ça m'a fait tellement plaisir de voir le travail acharné de mon aimé remarqué à la téloche à une heure de grande écoute ! (coucou Vincent B., tes employés ont un talent fou décidément)

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Ouais paye ta capture d'écran, je sais. Il bouge tout le temps Augustin Trapenard, aussi.

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Si vous voulez regarder ce "Point Trapenard" (ça dure 1 minute 30, pub comprise) à la gloire d'Angela Carter et des éditions de l'Ogre, c'est par ici !

mer. 13 avril 2016

La petite maison (103/366)

La note "flashback" de Liliplume me rappelle un bon moment du weekend dernier :

Je sors Hiboute du bain et nous nous installons sur le lit parental pour crémer ses abattis sujets à l'eczéma. Attiré par nos gazouillis, le Chou nous rejoint et on est sur un bateau, il ne faut pas descendre car il y a des crocodiles par terre.

On est des loups ! enchaîne la mignonne. Nous lançons donc des Aouuu un petit moment, puis Papa Loup se roule en boule et déclare Moi je suis un tatou. Toi aussi ? propose-t-il à notre chouquette. Mais non, rétorque-t-elle avec patience, je suis une personne !

Et puis on fait la petite maison (pour faire la petite maison : assis face à face, enlacez-vous en laissant juste assez de place pour que la petite chérie de votre choix vienne se blottir au milieu. Tenez la position aussi longtemps que vous le désirez. Soupirez d'aise).

On est bien, tous les trois, sur notre lit-refuge-bateau. Je cite Annie Ernaux qui cite Alexandre Dumas : "Il n'y a de bonheur réel que celui dont on se rend compte quand on en jouit"...

mar. 12 avril 2016

La religion (102/366)

Hier soir, D m'accompagnait à la crèche pour récupérer Hiboute. D est l'oncle d'Amérique, pas souvent là, et Hiboute était si contente de le voir qu'elle se mit à faire n'importe nawak.

Allez viens Chouquette, on va prendre l'apéro ! lui dis-je alors pour l'inciter à venir mettre son manteau.

Ah, j'entends souvent ça, remarqua malicieusement la dame de la crèche.

C'est vrai que toutes les occasions sont bonnes... Et j'adore ça. J'adorais déjà ça petite, quand des copains débarquaient à l'improviste à la maison et qu'on sortait les verres et des petits machins à grignoter. J'aime que ça puisse être aussi basique qu'un sachet de cacahouètes, comme j'aime concocter des petites tartinades maison. J'aime que les enfants fassent leur vie en venant réclamer un bout de concombre trempé dans le houmous de temps en temps. J'aime qu'on discute à deux, à cinq, à huit, j'aime me poser pour boire un verre de cidre ou un thé glacé, au chaud dans le canapé ou dehors au soleil, en attendant que le gratin ait fini de cuire ou avant de décider qu'on n'a rien à bouffer à la maison et de commander des assiettes de frites pour tout le monde. J'aime que ce soit immédiatement la fête, que ça dure vingt minutes ou que ça traîne jusqu'à 22h.

J'aime que ce soit presque tous les soirs.

Vive l'apéro ! (et je termine sur ce cri du cœur parce qu'il est l'heure d'aller préparer le fameux gratin)

ven. 08 avril 2016

"Arrivée d'une nouvelle perturbation sur la Bretagne" (98/366)

Le bonheur du jour est une séquence de télévision jouissive, bien qu'amère : voir Vincent Bolloré s'en prendre plein la tronche sur sa propre chaîne de télé pendant 6 minutes (oui, il faut se payer DEUX pubs avant).

Non seulement l'équipe du Zapping est une virtuose du montage, mais en plus, elle est sacrément culottée - et ce courage me fait du bien.

Là un article du Monde qui en parle aussi, avec la vidéo dedans et un peu plus de détails que moi.

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mar. 05 avril 2016

Moi, maniaque ? (95/366)

Petit bonheur de névropathe :

En décorant le gâteau d'anniversaire de ma belle (fêtée très en retard, ce qui nous aura permis de profiter d'une météo clémente), arriver du premier coup à un nombre exact de séries jaune-orange-magenta-violet-indigo-bleu-vert-brun pour un cercle arc-en-ciel parfait.

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ven. 01 avril 2016

Fabriquer (un texte, un objet) (91/365)

Les jours où je ne participe pas aux Bonheurs du jour ne sont ni plus malheureux ni plus heureux que les autres, ils sont seulement un peu plus chargés.
Les amis, la famille, le boulot, le repos passent fatalement avant le blog. Mais fatalement, au bout de quelques jours, je me sens lasse de consommer de l'internet, et l'envie de produire, plutôt, devient de plus en plus pressante. C'est peut-être une des clés de l'équilibre (et donc du bonheur, allons-y carrément) : trouver le bon dosage dans l'alternance consommation / production.

D'ailleurs, je suis beaucoup plus heureuse d'avoir participé à la fabrication de patères pour notre entrée que si j'étais entrée dans un magasin pour en acheter tout bêtement. Ce sont des patères en bois que j'ai d'abord croquées au dos d'une enveloppe en demandant à mon papa s'il n'avait pas des branches de la bonne dimension dans son bûcher.

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Le modèle n'a rien de très original (j'avais vu l'idée dans un livre de DIY) mais je trouve le résultat très beau, tout simple. Le bois brut sent bon, il est solide et doux au toucher (avant de fixer les différentes pièces entre elles, on a beaucoup manipulé les palets avec Hiboute, comme des jeux très élémentaires, sans mode d'emploi). Mon père aussi était content de fabriquer un truc, je l'ai bien vu !

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Et il y a un petit supplément d'âme : le bois provient d'un arbre que j'ai vu toute ma vie dans le jardin de mes parents (et qu'ils ont fini par couper il y a quelques années, car il était devenu trop envahissant). Alors, même quand ils auront vendu cette maison et ce jardin, je garderai ce petit bout de mon enfance, bien à l'abri chez moi. C'est cool, non ?

mar. 22 mars 2016

Envers et contre tout (81/366)

Aujourd'hui est un jour où j'ai particulièrement envie d'écraser mon bonheur, mes bonheurs à la gueule des minables que ça défrise.

... Et le temps de terminer cette phrase, la colère retombe, et l'incompréhension, la lassitude remontent comme une bulle d'huile au-dessus.

Je repense à un joli texte que j'avais vu passer sur FB après le 13 novembre, (impossible de remettre la main dessus, bien sûr, on dirait que FB fait exprès de rendre les souvenirs encore plus confus et mal rangés que dans la vraie vie) si vous le retrouvez vous ça me ferait plaisir de le relire et de le partager.

C'était une "lettre à un terroriste", d'un musicien je crois. Il invitait le type qui comptait se faire exploser à s'assoir d'abord un moment à une table du bistrot où il donnait un petit concert. De prendre le temps, peinard, de se commander un petit verre de vin, de le déguster, et d'écouter deux-trois chansons, tout ça. D'essayer de parler à une fille, pour voir.

Vous voyez le genre.

Bref.

J'étais heureuse ce matin tôt, bien avant l'heure du lever, d'entendre les oiseaux chanter dehors, au chaud dans mon lit.

Heureuse de sentir la peau du Tigre sous ma main, chaude et souple.

Heureuse de boire un café chaud juste comme il faut, peinarde dans la maison endormie.

Heureuse de voir la petite chérie sortir de sa chambre au radar et venir se jeter dans mes bras, comme un naufragé vient s'écrouler sur la plage après la tempête.

Heureuse des traits d'humour et de bonté sur Internet pour contrer la noirceur du monde.

Heureuse de travailler - un travail qui n'a pas beaucoup de sens, c'est vrai, mais qui ne fait de mal à personne, et qui m'intéresse, et qui m'instruit. Heureuse d'apprendre.

Heureuse de marcher dans ma ville, inquiète mais en paix, quoi qu'on en dise.

Heureuse d'écouter ma prof de yoga, son accent à couper au couteau qui mélange les tu et les vous et multiplie les anglicismes charmants.

Heureuse de profiter du soleil printanier.

Heureuse de voir des gens créer de belles choses, de les voir se casser la nénette et partager leur travail.

Heureuse de connaître ce sentiment de plénitude, de bien-être particulier induit par la création.

Heureuse de parler avec mes amis qui s'inquiètent les uns pour les autres.

Heureuse de réfléchir aux manières d'accommoder les beaux légumes du Campanier.

Heureuse d'observer ma fille qui grandit. D'être là pour l'accompagner dans ce truc difficile et fou et absurde et cool et triste qu'est la vie.

Heureuse de retrouver mon amour.

Heureuse de la quiétude du soir.

Ce n'est qu'une bulle.

Mais pour le moment, elle existe.

mer. 16 mars 2016

Décider (un peu) avec son argent (75/366)

Coup de fil de mon nouveau banquier du Crédit Coopératif pour m'annoncer que ça y est, il a bien reçu mes sous.

Satisfaction de penser que mon argent, mon bel argent, devrait être utilisé d'une manière plus morale qu'il ne l'était à la Souciété Générale. (enfin NORMALEMENT)

Tous les jours apportent de quoi désespérer du monde. Il y a largement de quoi se sentir impuissant. Mais bon, en quittant une banque de salopards, j'ai un tout petit peu la sensation de reprendre le contrôle, et de faire de la politique, bien plus que quand je vote, en fait.

Et j'ai cette sensation aussi chaque fois que j'achète d'une certaine manière : d'occasion plutôt que neuf, local plutôt que d'importation, bio plutôt que poison, en vrac plutôt que suremballé, à un commerçant indépendant plutôt que chez Monouprix ou Amazoun. (Et régulièrement, cette histoire de choix, d'achat politique, ça me fait penser à la scène du plaidoyer pour la bière française dans Marius et Jeannette. J'ai cherché la vidéo sur internet mais pas longtemps, ou alors elle n'y est pas. Vous voyez ou il faut que je vous raconte ?)

Ci-dessous : les docs qui m'ont décidée à sauter le pas du changement de banque, trouvés sur le site du film Demain.
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mar. 15 mars 2016

La renaissance (74/366)

Dans le pot en plastique miteux, au pied des trois bouts de bois moribonds qui ont traversé l'hiver avec deux pauvres litres de terre caillouteuse pour toute compagnie, trouver deux minuscules feuilles de framboisier, toutes fraîches, d'un vert tellement vigoureux qu'il semble s'époumoner "C'est le printemps ! C'est le printemps ! Réveillez-vous bande de moules !"

Ce que j'aime cette époque de l'année, putain.

dim. 13 mars 2016

La bonne fatigue (71 & 72/366)

J'essaie de poster avant le réveil de ma chérie (edit : ah ben finalement c'est le réveil de mon chéri qui m'a mis des bâtons dans les roues. C'est rare !).

Hier, comme l'intégralité des Parisiens frustrés d'avoir passé le vendredi à regarder le soleil par la fenêtre, nous sommes sortis pour en profiter EN DIRECT.

Énorme balade de touristes : nous sommes allés voir Notre-Dame ("non, c'est la Dame de mon cousin" a décidé Hiboute, qui nous sort à tour de bras des mots d'enfant ces temps-ci), puis avons déjeuné au Panis - d'une qualité et d'un prix incroyablement honnêtes étant donné le flot de touristes à ses portes avant de repartir vers le boulevard Saint-Germain par les petites rues.

Nous avons fait une pause au square, même si Hiboute n'avait pas eu l'air de s'ennuyer jusque là. Puis nous n'avons réussi à l'en déloger qu'en lui proposant un tour à la librairie (l'idée était au départ de lui faire choisir son cadeau d'anniversaire, mais les trois livres miteux à quatre soixante de chez Boulinier ne constituent peut-être pas tout à fait un cadeau acceptable).

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Dehors, sur le boulevard Saint-Michel, les CRS prenaient place. On s'est retrouvés comme des cons sans bus pour rentrer chez nous. Remontant jusqu'au Luxembourg en espérant qu'ils n'avaient été déviés que jusque là, puis en envisageant de traverser le jardin pour aller en récupérer un autre rue Vavin, nous avons fini (enfin le Tigre a fini) par avoir une illumination glorieuse et tardive : le RER qui nous poserait à côté de la maison ! (Je me suis sentie très nouille de ne pas y avoir pensé)

Mais c'était trop dommage de rentrer avant d'avoir fait un tour au bord du bassin pour montrer les bateaux à Hiboute, alors, nous avons fait un crochet par le jardin. Comme 600 000 autres citadins assoiffés de soleil et fatigués de bitume, certes.

Puis nous sommes rentrés à la maison. J'ai été d'humeur merveilleuse tout du long, sauf quand il a fallu sortir du Luxembourg et que pour une quelconque raison (liée de près ou de loin à la manif, j'imagine), seule une grille était ouverte (avec un type planté là pour empêcher qu'on débloque l'autre, mais ne faisant rien pour réguler les flux), obligeant les gens à s'entasser devant puisqu'on ne passait qu'au compte-goutte (au point qu'à un moment on a cru à un contrôle d'identité en masse). Ça n'a pas duré plus de cinq minutes, mais j'ai perdu mon flegme à toute allure. BREF.

Nous sommes rentrés complètement claqués, crevés, rétamés de notre sortie au grand air. J'étais au lit à 21h50 (je n'arrive jamais à me coucher aussi tôt quand c'est juste une résolution) et à 22h je dormais.

Le bonheur du dimanche, donc, c'est de se réveiller fraîche et dispose à 7h15, et de profiter d'une petite matinée paisible de lecture arrosée de café. Bonheur de la famille, bonheur de la solitude... J'ai tout eu cette fois-ci !

jeu. 10 mars 2016

De la chouette musique (69/366)

Comment prendre un tube plus ou moins OK et le transfigurer en truc ultra-réjouissant et virtuose ?

Je sais pas, mais la bande du Postmodern Jukebox, elle, elle a tout compris.

Je vous mets deux de mes préférées, et vous défie de vous trouver encore morose après ça :

Un Give it away délicieusement 60s.

Et un irrésistible Call me maybe, plus du tout con-con.

Le second bonheur associé, c'est que je commence tout juste à fouiller dans cette malle pleine de trésors, et que je salive d'avance à l'idée de tout ce que je n'ai pas encore trouvé.

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mer. 09 mars 2016

La source inépuisable de bonheurs, envers et contre tout (68/366)

Les choses intéressantes dans ma vie en ce moment ne sont pas des bonheurs du jour. Ce sont des questions diverses, des préoccupations, des idées, petites ou puissantes, des colères, des envies...

Certaines, je pourrais les évoquer ici. Mais je voudrais le faire longuement et je n'ai pas le temps.

Alors, un petit truc amusant aujourd'hui : Hiboute a réclamé à ce que je la porte dans le dos comme elle a vu faire les Sénégalaises avec leurs bébés. J'avais l'impression que le séjour ne l'avait pas vraiment marquée (elle avait un peu délaissé ses pourquoi permanents pour des chouineries continuelles... une casanière en puissance ?), mais en fait, si, quand même un peu.

Mais le vrai bonheur du jour, de la semaine, du mois ? qui durera ce qu'il durera, c'est qu'elle s'endort beaucoup plus vite qu'avant le voyage. Fini le cirque de deux heures, on s'en sort en une quinzaine de minutes désormais (sachant que là-bas, ça lui prenait 45 secondes...). Et ça, je savoure.

mar. 08 mars 2016

Un ciné en amoureux (67/365)

On ne l'avait pas fait depuis deux ans, pour mes trente ans ; on était allés voir Grand Budapest Hotel. Ce soir, c'était Ave César, qui m'a bien plu (moins que GBH, mais je m'en doutais : je suis plus Wes Anderson que Joel et Ethan Coen).

Les bandes annonces étaient toutes plus ennuyeuses que les autres, à part peut-être celle de Rosalie Blum - qui m'a surtout donné envie de relire la bédé, pour l'instant.

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