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mar. 26 février 2019

Comment élever un fils féministe

Pendant #Metoo (oui ça commence à remonter un peu, mais rappelez-vous, je viens de Bourgogne, comme les escargots, et comme les escargots, je suis leeente), et tandis que nous nous demandions comment on pouvait bien se sortir d'un tel système, une réponse (parmi d'autres) revenait : l'éducation. Et puis je suis tombée sur un article de Claire Cain Miller, How to raise a feminist son, paru le 1er juin 2017 dans le New York Times. Il m'a paru intéressant, dans la mesure où il donne des pistes pour faire un peu avancer le schmilblik, peut-être. Alors je l'ai traduit, avec l'aimable autorisation de son autrice, pour vous en proposer la lecture, que voici, 1000 ans après (en même temps l'actualité me confirme que ce sujet n'a pas pris trop de rides).

Comment élever un fils féministe

Nous encourageons nos filles à lutter contre les stéréotypes et à poursuivre leurs rêves, mais nous n'en faisons pas autant avec les garçons.

Nous disons désormais plus facilement à nos filles qu'elles peuvent être tout ce qu'elles voudront : astronautes et mères, androgynes ou filles jusqu'au bout des ongles. Mais nous ne tenons pas le même discours à nos fils.

Si nous proposons aux filles une plus grande palette de rôles à tenir, le monde des garçons demeure en revanche très confiné, d'après les sociologues. On les décourage de cultiver des intérêts considérés comme féminins. On leur répète qu'ils doivent être des durs, coûte que coûte, ou bien on leur demande de refréner leur soi-disant énergie de garçon.

Si nous voulons créer une société équitable où tout le monde peut s'épanouir, il nous faut également donner plus de choix aux petits garçons. Comme le dit Gloria Steinem, "Je me réjouis que nous commencions à donner à nos filles la même éducation qu'à nos garçons. Mais rien ne fonctionnera tant que nous n'éduquerons pas nos fils comme nos filles."(1)

Et c'est parce que les rôles des femmes ne peuvent pas se diversifier si ceux des hommes ne bougent pas d'un pouce. Mais il ne s'agit pas que des femmes. Les hommes prennent du retard à l'école et au travail parce que nous n'éduquons pas les garçons à réussir dans le nouveau modèle économique. Des compétences comme la coopération, l'empathie et la méticulosité – souvent considérées comme féminines – sont de plus en plus valorisées tant à l'école que dans le monde du travail d'aujourd'hui, et les métiers requérant ces aptitudes sont ceux qui enregistrent la croissance la plus rapide. (2)

Dans son nouveau livre (3), l'autrice d'origine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie propose un mode d'emploi pour élever les filles de manière féministe. Mais comment s'y prendre pour prodiguer une éducation féministe aux garçons ?

J'ai posé la question à des scientifiques spécialisés en neurosciences, à des économistes, à des psychologues et à d'autres experts pour répondre à cette question, à partir des données et des recherches les plus récentes dont nous disposons à propos du genre. J'ai défini le féminisme simplement, comme le fait de croire à l'égalité entre femmes et hommes. Les conseils de mes interlocuteurs s'appliquent largement, à quiconque désire élever des enfants gentils, ayant confiance en eux et se sentant libres de partir à la conquête de leurs rêves.

Laissez-le pleurer

Les études montrent que de la naissance à la fin de la petite enfance, les garçons ne pleurent ni plus ni moins que les filles. Tony Porter, co-fondateur de l'organisme d'éducation militant A Call to Men ("Un appel aux hommes") nous apprend que c'est à partir de l'âge de cinq ans environ que les garçons reçoivent le message selon lequel la colère est acceptable, mais qu'ils ne sont pas censés manifester d'autres émotions, notamment celles qui trahissent leur vulnérabilité.

"Nos filles sont autorisées à être humaines, tandis qu'on apprend à nos fils à se comporter comme des robots", observe-t-il. "Apprenez-lui qu'il dispose de toute une gamme d'émotions à sa disposition, pour qu'il puisse dire "Je ne suis pas en colère ; j'ai peur ; je suis vexé ; ou encore, j'ai besoin d'aide.""

Donnez-lui des modèles à suivre

Les recherches montrent que les garçons sont particulièrement sensibles au fait de passer du temps avec des modèles à suivre, encore plus que les filles. Il est de plus en plus net que les garçons élevés dans des foyers sans figure paternelle s'en tirent beaucoup moins bien en matière de comportement, de scolarité et d'apprentissages. Selon les économistes David Autor et Melanie Wasserman, c'est notamment parce qu'ils ne voient pas d'hommes assumer leurs responsabilités."Entourez votre fils d'hommes bons", conseille M. Porter.

Offrez-leur également des modèles féminins forts. Parlez de ce qu'ont accompli des femmes de votre entourage, ainsi que des femmes célèbres dans le monde du sport, de la politique ou des médias. Les fils de mères célibataires ont généralement beaucoup de respect pour leurs réussites, nous dit Tim King, le fondateur d'Urban Prep Academies, un réseau d'éducation à destination des garçons afro-américains issus de familles à faibles revenus. Il les encourage à considérer les autres femmes de la même manière.

Laissez-le être lui-même

Alors même que les frontières entre rôles féminins et masculins s'estompent chez les adultes, les chercheurs constatent que les produits destinés aux enfants sont beaucoup plus genrés qu'ils ne l'étaient il y a 50 ans : princesses roses et camions bleus, le phénomène ne s'observe pas seulement au rayon des jouets, mais aussi pour la vaisselle ou les brosses à dents. Il n'est guère étonnant que les intérêts des enfants finissent par s'y conformer.

Toutefois, les neuroscientifiques affirment que les enfants ne naissent pas avec de telles préférences. Jusqu'au milieu du XXe siècle, le rose était la couleur des garçons, et le bleu était pour les filles. Lors des études menées, les enfants en bas âge n'ont pas montré de préférences marquées pour les jouets. D'après les chercheuses Lise Eliot et Cordelia Fine, la différence apparaît au moment où l'enfant prend conscience de son genre, autour de 2 ou 3 ans, âge auquel les attentes de la société peuvent primer sur les centres d'intérêt innés. Pourtant, des études longitudinales suggèrent que la ségrégation par les jouets a des effets à long terme sur les disparités entre hommes et femmes à l'école, ainsi que sur leurs compétences spatiales et sociales, selon Campbell Leaper, président du département de psychologie de l'université de Californie à Santa Cruz.

Pour développer tout leur potentiel, les enfants ont besoin de pouvoir se consacrer à leurs centres d'intérêt, qu'ils soient traditionnels ou non. Laissez-les donc faire. L'idée est de ne pas partir du principe que tous les enfants ont envie de faire les mêmes choses, mais de s'assurer qu'ils ne sont pas limités.

Proposez des jeux ouverts, comme des Kapla ou de la pâte à modeler, et incitez les garçons à essayer des activités telles que les cours d'art ou les déguisements, même s'ils ne les recherchent pas, suggèrent les chercheurs en sciences sociales. Dénoncez les stéréotypes. ("C'est dommage que cette boîte de jeu ne montre que des filles, parce que je sais que les garçons aussi aiment jouer avec les maisons de poupée.") Cela pourrait en outre améliorer le statut des femmes. Les chercheurs affirment que si les parents incitent leurs filles à jouer au foot ou à devenir médecins, mais pas leurs fils à faire de la danse ou à devenir infirmiers, c'est parce que "féminin" équivaut à "de statut inférieur".

Apprenez-lui à s'occuper de lui

"Certaines mères éduquent leurs filles, tandis qu'elles aiment leurs fils", a dit Jawanza Kunjufu, un auteur et conférencier spécialiste de l'éducation des garçons noirs. Elles obligent leurs filles à faire leurs devoirs, à prendre en charge des tâches domestiques et à aller à l'église – mais n'agissent pas de même pour leurs fils (4). Cette différence s'observe statistiquement : entre 10 et 17 ans, les jeunes Américaines passent deux heures hebdomadaires de plus que les garçons à effectuer des corvées, et les garçons sont de 15 % plus susceptibles d'être payés pour ces mêmes corvées, selon une étude de l'université du Michigan. "Apprenons à nos fils à faire la cuisine, le ménage et à s'occuper d'eux-mêmes ; à être aussi compétents dans la sphère domestique que ce que nous attendons de nos filles au travail", a proposé Anne-Marie Slaughter, directrice du groupe de réflexion New America (5).

Apprenez-lui à s'occuper des autres

Les chiffres montrent que les femmes prennent toujours en charge la majorité des soins – aux enfants et aux personnages âgées – ainsi que du travail domestique, même lorsque les deux parents travaillent à temps plein. Et ce sont les métiers de service à la personne qui connaissent la plus forte croissance ; apprenez donc aux garçons à s'occuper des autres (6).

Mme Slaughter suggère de parler de la manière dont les hommes équilibrent leur travail et leur vie familiale, et du fait qu'on n'attend pas seulement des filles mais aussi des fils qu'ils prennent soin des membres de leur famille quand ceux-ci seront vieux. Faites appel aux garçons pour vous aider à préparer de la soupe pour un ami malade, ou pour rendre visite à un parent hospitalisé. Confiez-leur la responsabilité d'un animal de compagnie ou de leurs plus jeunes frères et sœurs. Encouragez-les à faire du baby-sitting ou de l'aide aux devoirs. Il existe un programme d'enseignement qui fait venir des bébés en classe de cycle élémentaire, une méthode qui a pour effets de développer l'empathie et de faire diminuer l'agressivité.

Partagez le travail

Lorsque c'est possible, résistez au partage genré des tâches domestiques et de l'éducation des enfants. Les actes sont plus parlants que les discours, souligne Dan Clawson, un sociologue de l'université du Massachusetts à Amherst : "Si la mère s'occupe de la cuisine et du ménage tandis que le père tond la pelouse et s'affaire souvent à l'extérieur, les enfants retiendront la leçon".

Faites également bouillir la marmite à deux. Une étude a montré que les hommes élevés par des mères qui ont travaillé pendant au moins un an alors qu'ils étaient adolescents sont plus susceptibles d'épouser des femmes qui ont un emploi. Une autre étude a découvert que les hommes dont la mère a travaillé (peu importe combien de temps) avant leurs 14 ans passaient davantage de temps à s'occuper des enfants et de la maison une fois adultes. "Les hommes élevés par des mères ayant un emploi sont significativement plus égalitaires dans leur comportement", commente Kathleen McGinn, professeuse à la Harvard Business School.

Encouragez les amitiés avec des filles

Une recherche menée à l'université d'État d'Arizona a mis en lumière le fait qu'à la fin de l'école maternelle, les enfants commençaient à se regrouper en fonction de leur sexe, et que cela cristallisait les stéréotypes de genre (7). Mais les enfants qui sont encouragés à jouer avec des amis du sexe opposé apprennent mieux à communiquer et à régler les conflits.

"Plus il est évident que le genre est utilisé pour catégoriser des groupes ou des activités, plus les biais et les stéréotypes de genre sont susceptibles d'être renforcés", explique Richard Fabes, le directeur de la Sanford School de l'université, qui étudie les questions de genre et d'éducation.

Visez la mixité pour les sports d'équipe ou les fêtes d'anniversaire, de sorte que les enfants n'en viennent pas à considérer qu'il est acceptable d'exclure un groupe de personnes en raison de son sexe, suggère Christia Brown, une psychologue du développement à l'université du Kentucky. Tâchez également de ne pas établir de différenciation par le langage : une étude a montré que lorsque les enseignants de maternelle disaient "les filles et les garçons" plutôt que "les enfants", les élèves adhéraient à davantage de clichés sur les rôles des femmes et des hommes, et passaient moins de temps à jouer ensemble.

Les garçons liés d'amitié avec des filles sont également moins susceptibles de considérer les femmes comme des conquêtes sexuelles, ajoute M. Porter.

Enseignez-leur "Non, c'est non"

Il existe d'autres manières d'enseigner le respect et le consentement : apprenez aux enfants à demander la permission de toucher le corps de quelqu'un, dès la maternelle. Apprenez-leur également le pouvoir du mot non ; arrêtez de les chatouiller ou de chahuter avec eux lorsqu'ils l'utilisent.

Montrez l'exemple en matière de résolution de conflits à la maison. Un lien a été établi entre l'exposition des enfants au divorce ou à la maltraitance et des difficultés à résoudre les conflits dans les relations de couple une fois parvenu à l’âge adulte, explique W. Bradford Wilcox, sociologue et directeur du National Marriage Project à l'Université de Virginie.

Élevez-vous contre l'intolérance

Dites quelque chose lorsque vous êtes témoin de moqueries ou de harcèlement, et entraînez-vous à jouer ce genre de scènes avec les garçons, pour qu'ils soient en mesure d'intervenir quand ils y assistent, recommande Mme Brown.

Exprimez-vous également quand ce sont eux les malappris. "On ne les changera pas" et autres "C'est typique des garçons" n'excusent pas de mal se comporter. Attendez davantage d'eux. "Soyez attentifs à recadrer les conduites dégradantes, intolérantes, irrespectueuses ou blessantes", conseille M. King.

N'utilisez jamais le mot "fille" comme une insulte

Ne dites pas – et ne laissez pas votre fils dire – que quelqu'un lance ou court comme une fille, et évitez les "femmelettes" et autres équivalents insultants. Même chose pour les blagues sexistes.

Prudence également avec un langage plus subtil. Les recherches d'Emily Kane, sociologue au Bates College, montrent que si les parents appliquent les rôles traditionnels hommes-femmes pour leurs fils, c'est principalement parce qu'ils craignent de les voir subir des moqueries. "Nous avons tous un rôle à jouer en évitant les jugements ainsi que les suppositions anodines que l'on fait tous les jours au sujet des goûts ou des talents qu'auront les enfants selon leur genre", note-t-elle. Les garçons dont on se moque pourraient répondre "Non, tout le monde peut jouer avec des perles", ou bien "Je ne suis pas une fille, mais toi, tu penses qu'elles sont moins bien que les garçons ?" propose Lise Eliot, une neuroscientifique de Rosalind Franklin University.

Lisez beaucoup, y compris sur les filles et les femmes

Vous avez sans doute entendu dire que les garçons excellaient en sciences et en mathématiques, tandis que les filles étaient douées pour les langues et la lecture. Les stéréotypes peuvent avoir un effet Pygmalion. Les mères parlent davantage avec leurs filles qu'avec leurs fils, selon une méta-analyse de M. Leaper. Combattez ce stéréotype en parlant aux garçons, en leur faisant la lecture et en les incitant à lire.

Lisez toutes sortes d'histoires, au sujet de toutes sortes de gens, en vous efforçant de sortir du schéma classique où les garçons sauvent le monde, et où les filles ont besoin d'être secourues. Lorsqu'un livre ou un article correspond à ce schéma, parlez-en : pourquoi la mère de La Famille Berenstain porte-t-elle toujours une robe de chambre et quitte rarement la maison ? Pourquoi une photo de presse ne montre-t-elle que des hommes blancs ?

"Il faut commencer vers 3 ans, quand les enfants sont vraiment conscients des stéréotypes et les remarquent", dit Mme Brown. "Si vous ne les aidez pas à les identifier comme des stéréotypes, ils partiront du principe que c'est comme ça".

Faites l'éloge de la boyhood (soit "l'enfance des petits garçons")

Élever un garçon selon ces principes ne se résume pas à lui dire ce qu'il ne faut pas faire ou à gommer les différences entre filles et garçons. Par exemple, Mme Eliot rappelle que tous les mammifères mâles jouent à chahuter (8).

Qu'ils jouent à la bagarre, qu'ils racontent des blagues, regardent le sport, grimpent aux arbres et fassent du feu. Apprenez aux garçons à faire preuve de force – la force de reconnaître leurs émotions. Apprenez-leur à subvenir aux besoins de leur famille – en prenant soin d'eux. Montrez-leur comment être un vrai dur – assez dur pour s'élever contre l'intolérance. Donnez-leur confiance en eux – pour leur permettre de se consacrer à leurs passions, quelles qu'elles soient.



(1) citation traduite par Mathilde Montier dans l'article intitulé Pourquoi j'ai décidé d'éduquer mes fils comme des filles, frangin de celui que vous lisez ici.

(2) Aux États-Unis en tous cas.

(3) Publié en français sous le titre Chère Ijeawele ou Un manifeste pour une éducation féministe, traduit par Marguerite Capelle, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Hors-série littéraire », 2017.

(4) Dommage qu'on ne sache pas ce que font les pères pendant ce temps, hein.

(5) Et chez nous, comme l'évoquait très justement Titiou Lecoq dans son dernier livre, à quoi aurait ressemblé le monde si les cours d'éducation ménagère avaient été mixtes au lieu d'être réservés aux filles ?

(6) Si ça leur permet de trouver plus facilement du travail, tant mieux, mais évidemment vous pouvez aussi tenter une éducation féministe juste pour que le gars devienne un type bien, qui se souciera de vous plutôt que de vous coller en EHPAD.

(7) Coucou l'homosocialité ! Sur ce concept, je vous conseille la lecture de cet article très intéressant : Pourquoi les mecs préfèrent les mecs.

(8) Là, je vous avoue que je n'aurais pas été contre un tout petit peu de références scientifiques.

lun. 25 juin 2018

Pomodoro dégénéré

Quelles sont les nouvelles ?

Après un printemps trèèèèès calme niveau boulot, je suis de nouveau submergée pour jusque novembre. Je savais qu'il fallait en profiter et j'en ai bien profité.

Je n'ai pas beaucoup envie de bloguer, au grand dam du Chou. Pour me soigner de Twitter, j'ai ouvert un compte Instagram (si ça ressemble à une blague, ce n'est pas totalement fortuit).

Je suis retombée dans une vieille addiction, les jeux vidéo (enfin plutôt les jeux flash ?). Un équivalent de Candy Crush, mais en mieux fichu. Et en certainement plus addictif. Tous les 3 ou 4 ans, je tombe sur un nouveau jeu et deviens toxico jusqu'à l'os pendant 6-8 mois, et puis j'arrête tout, je reste sagement à l'écart des sites de jeux ; et un jour de faiblesse, ça repart pour un tour. J'ai l'habitude.

Là ce qui est nouveau, c'est que contre toute attente, j'ai réussi à tirer parti de cette addiction, en la croisant avec un outil de travail assez connu des indépendants, appelé "pomodoro" : la méthode pomodoro, c'est se servir d'un minuteur pour alterner des phases de travail avec des temps de pause. Quelque chose comme 25 min - 5 min, et au bout de 4 cycles, une vraie pause. Je n'y arrivais pas trop, j'oubliais de remettre le minuteur, ou alors je me disais attends encore 3 min j'ai pas fini et tout se décalait (tu vois Chaplin avec ses boulons à l'usine ?), bref ça ne marchait pas et ça m'épuisait.

Là, avec le jeu, quand je n'ai plus de vies, je dois attendre 15 minutes pour en récupérer une. Du coup, je joue 3 min, puis je travaille 12 min en attendant de pouvoir jouer de nouveau, et ainsi de suite. (On notera que le système ne fonctionne que tant que je perds : si je gagne la partie, la pause de 3 min peut voir sa durée multipliée par 2, 3, 4...). Je précise qu'il m'arrive aussi de faire des pauses sans écran, hein ! Aller voir du côté du frigo s'il n'y a pas un truc à grignoter, arracher 2-3 mauvaises herbes sur la terrasse, faire un chien tête en bas, plier du linge...

Je ne me berce pas d'illusions : je sais que je perds malgré tout beaucoup de temps dans la journée à cause du jeu. Mais ce système me permet de sauver les meubles. Avant je faisais des pauses sur Twitter et 1. c'était littéralement sans fin, pour arrêter il fallait que ça vienne de moi (or j'ai très peu d'autodiscipline) 2. Ça m'exposait trop violemment au monde et je baignais dans une ambiance terriblement cafardeuse d'impuissance et de désolation (je n'arrive pas à garder QUE des gens qui me font rigoler sur mon fil Twitter). Mon jeu à la con n'est pas particulièrement positif, il est neutre et c'est déjà pas mal, en fait. Tant pis pour le monde. Un jour j'arrêterai de jouer, un jour je re-sortirai de ma bulle, mais pas tout de suite.

ven. 11 mai 2018

Salade ultra-fraîche

Oui, ça fait un bail. Cette année, contrairement aux deux dernières, j'ai peu de travail. Résultat, j'ai tendance à délaisser l'ordinateur pour aller m'agiter plus loin.

J'arrive un peu après la bataille du beau temps, mais en avance par rapport à cet été disons, pour partager ici une géniale recette de salade fraîche-fraîche-fraîche. Géniale parce que délicieuse et rapide à préparer (si t'as un robot, ou un esclave à la rigueur).

  • Il te faut un chou-rave, un fenouil, une pomme Granny Smith.
  • Retire ce qui ne se mange pas, coupe le reste en morceaux. Prends un moment pour t'émouvoir de toutes ces subtiles nuances de blanc crème et de vert tendre, avant de passer sauvagement le tout au robot, option râpe à gros trous.
  • Ajoute le jus et le zeste d'un citron, une petite échalote finement émincée et 10 à 20 feuilles de menthe ciselée. 2-3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, sel, poivre, tu touilles bien, tu laisses au frigo de préférence et ensuite : tu te régales.

Pour les gens hostiles à toute forme de chou : promis, ça ne sent pas le chou, la preuve, mon Chou à moi en mange sans (trop) râler. Le fenouil et la pomme ne sont pas trop prononcés non plus, en fait : c'est le citron qui prédomine. Enfin, chez moi en tous cas : j'ai la main un peu lourde sur les zestes, mais j'ai récupéré le zesteur de ma grand-mère (je ne pouvais pas rêver mieux comme héritage), et c'est tellement joli et rigolo que j'ai du mal à m'arrêter. Bref, mettez peut-être un peu moins de citron.

Cette recette provient d'une de mes traductions, je m'excuse donc de ne pas en citer la source, confidentialité du blog oblige... Allez, bon appétit !

mer. 21 février 2018

Passe culturelle

Ces temps-ci, ma vie culturelle est plutôt chouette. Pas comme ces moments de morne plaine où t'aurais bien envie, mais où rien ne te tente, où rien ne semble valoir le coup.

Là c'est tout le contraire, c'est la profusion. Y a des moments comme ça dans la vie ! Je vous raconte ?

  • Un concert : On s'est rendus à celui de Camille, fin janvier à la salle Pleyel. J'avais très envie de la voir en concert depuis toujours (j'étais une fan de la première heure, et j'aime encore beaucoup), et puis ça ne s'était pas trouvé, ça tombait mal, y avait plus de place... Bref, au bout d'un moment j'en ai eu marre, je me suis abonnée à sa page FB pour être un peu plus proactive, et l'année dernière, quand j'ai vu qu'elle passait à Paris, j'ai foncé.

On est arrivés là-bas, le Chou en traînant des pieds, pas très en forme, et moi impatiente mais un peu circonspecte (je craignais d'avoir raté le moment de quelques années, car j'ai le sentiment de la voir partir dans une direction de plus en plus expérimentale, bref, je me demandais si je n'allais pas m'ennuyer - d'autant que je ne suis pas très bon public).

Eh bien mes amis, nous avons kiffé grave. Le Chou est sorti de là regonflé à bloc, et moi sur un petit nuage. Cette meuf assure TELLEMENT ! C'est vraiment une artiste unique. J'étais transportée même lors des chansons que je n'aime pas particulièrement - la scénographie, l'énergie des musiciens et des chanteuses, les jeux vocaux, on en prend plein les yeux et les oreilles à chaque minute. Et les chansons que j'aime, ah là là... Là, j'ai vraiment l'impression qu'on parle directement à mon âme.


  • Deux séries : Je ne regarde quasiment plus de films, ni au ciné ni à la maison ; ça reviendra peut-être, mais je suis à un moment de ma vie où les séries me conviennent mieux. Génération Netflix oblige. (Génération J'ai-la-trentaine-une hypothyroïdie-un-taf-une-famille-et-une-maison-à-faire-tourner-alors-les-chefs-d'oeuvre-de-2h40-très-peu-pour-moi-merci, aussi). Seulement là aussi, je suis difficile : la Chouquette sombrant vers 21h20, et moi aux alentours de 21h52 généralement, faut être motivé. Et comme jsuis pas venue ici pour souffrir, je passe direct mon tour pour tous les petits bijoux géniaux mais durs. Par exemple, je n'ai entendu QUE du bien de la Servante écarlate, mais c'est pas pour moi. Je ne supporte plus tellement d'être plombée par la fiction, en fait. Ça changera peut-être, ou bien ça ne fera que s'accentuer et à 70 ans je ne regarderai plus que l’Âne Trotro (priez pour moi).

Tout ça pour dire que j'aime les séries drôles et futées, et en voilà deux que je vous conseille chaudement : The Good Place (format sitcom, rigolo, plein d'esprit, inventif) et Dirk Gently (prenant, drôle mais pas que, fin, généreux). Il y a quelques mois, j'avais aussi beaucoup aimé Unbreakable Kimmy Schmidt, mais dès la deuxième ou troisième saison le niveau avait un peu baissé.

  • Une expo : en ce moment au centre Pompidou il y a Sheila Hicks et j'ai eu un gros gros coup de cœur pour son travail. Il y a des sculptures monumentales et des tableaux miniatures, de la couleur, du contraste, c'est subtil, sensible, sensuel. Ça m'a tellement plu que je vais y retourner, je pense (et si vous n'êtes pas sûrs, comme c'est une expo installée au rez-de-chaussée, vous pouvez commencer par la reluquer derrière la vitre pour vous faire une idée).
  • Des livres : en pagaille et rapidement.

Un manga : Last Man, de Bastien Vivès, Balak et Michaël Sanlaville. On le lit tous les trois à la maison - enfin je profite que la Chouquette ne sait pas encore lire pour édulcorer un peu voire beaucoup (ainsi, "Prends-moi ! Prends-moi !" devient "Fais-moi des bisous ! Fais-moi des bisous !" et "bordel de putain de merde" se transforme en "bon sang de bonsoir" ou "nom d'un petit bonhomme").

Une bédé : Juliette, de Camille Jourdy. Une autre de ses BD avait été adaptée au cinéma et c'est vrai qu'elle a style très cinématographique. Ambiance "film français catégorie mélo provincial" mais sympa quand même. J'adore sa minutie, son sens du détail qui fait mouche, son réalisme et sa fantaisie. La mélancolie c'est pas trop ma came mais elle fait ça tellement bien que je suis conquise malgré moi.

Un roman jeunesse : Les Willoughby, de Lois Lowry. Évidemment avec cette autrice-là le bonheur est à peu près garanti sur facture, et je l'ai vérifié encore une fois en me régalant de ce petit roman vif et acidulé.

Un livre de photos : Dans ma chambre, de James Mollison. Le photographe et sa femme ont fait un tour du monde pour réaliser le portrait d'une cinquantaine d'enfants et du lieu où ils dorment, assorti à chaque fois d'un petit texte racontant leur quotidien. C'est un bel échantillon de l'incroyable diversité de nos existences. Attention, des fois ça fait mal au ventre... (mais du coup ça peut aussi remettre les idées en place à un préado qui manifesterait un peu trop d'ingratitude, par exemple.)

Les reste de mes lectures du moment n'est pas très distrayant, donc je m'arrête là. Et vous, qu'est-ce qui vous meut en ce moment ?

ven. 19 janvier 2018

Voeux à 12000 watts

Tous les ans c'est la même histoire. Vers la fin décembre, je commence à penser à la confection d'une carte de voeux. Début janvier, je m'impatiente, ça ne vient pas, puis je m'exaspère : à quoi bon, de toute façon ? Qu'est-ce que ça change, que je le fasse ou pas ? A quoi ça sert, la création ? Pourquoi ? Quel est le sens de notre existence, hein ? Et la laine, faut l'essorer à combien ?

Bref. Et puis tous les ans, au bout de longs jours stériles, envers et contre tout, y a une petite idée qui vient quand même pointer le bout de son nez. Cette semaine, galvanisée par une série de bonne nouvelles (l'interdiction de la pêche électrique en Europe, l'abandon de NDDL, l'annulation d'un débat entre Zemmour et Onfray faute de public intéressé (bref, de quoi redonner foi en l'être humain)), j'ai eu envie que ça continue comme ça ; je vous souhaite, je nous souhaite un flot de bonnes nouvelles, d'humour, d'amour et d'intelligence pour illuminer nos journées, nos semaines, notre vie en 2018.

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Je vous embrasse !

PS pour Couac : oui, j'ai TOUT piqué à ton lardon pour le design de l'ampoule ! J'espère qu'il ne m'en tiendra pas rigueur (sinon, dis à son avocat de contacter le mien).

PPS pour tout le monde : en parlant de lumière, je sais que j'ai (lâchement) abandonné mon Calendrier de l'Avent à deux fenêtres de la fin. C'est moche. Mais j'ai toujours ces deux derniers billets sous le coude, et je les sortirai un jour ou l'autre.

ven. 22 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #22 : rien























(C'est reposant, un peu de rien, non ?)






(Bon, OK, ça va, j'avoue : j'ai pas fini mes cadeaux de Noël et on prend le train demain matin. Mais RIEN, malgré tout, ça fait du bien quand même une fois de temps en temps.)

jeu. 21 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #21 : sur le travail (réflexion livrée en kit, débrouillez-vous)

Sapristi, c'est le calendrier de l'Avent du lapin d'Alice : je suis en retard, en retard.

Si j'avais eu le temps, aujourd'hui, je vous aurais parlé de partage du travail, de revenu universel, de la taxe Tobin, de la "valeur travail" vue par Baptiste Mylondo et de toutes ces sortes de choses.

Au lieu de quoi, je dois filer chez le notaire pour acheter un appartement.

Mais attention, hein, c'est pas pour moi, c'est pour une copine.

(True story.)

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mer. 20 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #20 : Vivons heureux en attendant l'apocalypse (zombie ou pas)

Ce billet est en forme de joker, je n'ai pas réussi à me ménager de temps aujourd'hui.

Je vous conseille simplement une chaîne Youtube, qui poste des vidéos parfaites à regarder en cas d'insomnie ou de crise d'angoisse quant à l'avenir. Elle s'appelle Primitive Technology, et outre que le travail du gars est aussi épatant qu'hypnotique, si le monde de demain devait connaître quelques soubresauts (hum) avant de se pacifier durablement, y a ptêt des petits DIY à mémoriser pour la route.

Bon visionnage !

avent20.JPG

mar. 19 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #19 : La fée électricité

Les centrales nucléaires me terrorisent un peu – entre les « bêtes » accidents et les actes terroristes, y a de quoi, non ? Je fais comme tout le monde, je signe des pétitions, je dégivre mon congélateur, je me fais avoir comme une bleue par le greenwashing en changeant de fournisseur d'électricité (c'est la poilade de l'année pour le Chou : comment moi je me suis retrouvée cliente chez... Total ! – qui venait de racheter Lampiris), bref, je fais ce que je peux, c'est-à-dire pas grand-chose.

Mais pourquoi changer de fournisseur d'électricité me demanderez-vous ? Eh bien parce qu'EDF n'a pas l'air hyper pressé de passer aux énergies renouvelables. Je conçois que cette transition demande un peu de temps (et pas mal d'argent, car les centrales nucléaires ne se remballent pas en deux secondes comme des tentes Quechua), mais enfin plus vite on se sera débarrassés de cette épée de Damoclès de merde, mieux ce sera.

Donc, je voulais un fournisseur vert. J'avais beau savoir qu'il n'y avait qu'Enercoop pour vendre réellement de l'électricité produite proprement, j'estimais qu'on n'avait pas le budget pour le surcoût (1) que ça engendre, et donc j'ai choisi une autre offre, et donc je me suis plantée en beauté. Shit happens ! Mais bon, comme je vous disais il y a quelques jours, cette révision de la ventilation de notre budget qui était la condition nécessaire pour manger le plus bio possible, je l'ai faite. Donc pour l'électricité, en fait, ce serait possible aussi. Et ça viendra sûrement un jour ou l'autre. C'est seulement que ça ne m'inspire pas la même urgence, j'imagine (mon estomac est mon organe le plus impliqué politiquement)(et puis c'est pas grave, je vais ENCORE changer de fournisseur pour réparer ma bêtise, voilà tout).

Bref, en attendant, et pour aider un peu plus à cette fameuse transition énergétique – ce qui ne fait pas de moi une écolo de la frange extrême : 71 % des français désirent accélérer le mouvement - je place quelques (modestes) économies chez Enerfip (une plateforme de financement participatif dédié : au lieu de recevoir un tote bag ou une carte postale en échange de ta contribution, tu récupères ta mise avec intérêts quelques années plus tard).

Côté rentabilité, je n'ai pas étudié le truc à fond : ça a l'air correct, mais de toute façon, vu les sommes en jeu, pour moi un placement rentable, ça revient à gagner 4,15 € plutôt que 3,90 €, donc bon, je ne me mets pas trop la pression. Côté sécurité, pareil, je n'ai pas lu toutes les petites lignes des contrats (je suis une vraie cancre avec les contrats quels qu'ils soient, j'ai un mal fou à les lire en entier... hum) ; en la matière, mon instinct de survie se contente de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier (j'ai participé à plein de projets, mais avec une micro-somme à chaque fois, au cas où l'un d'eux capoterait et disparaîtrait avec mon bel argent).

J'ai pas de conclusion mais il est 21h20 donc bonne soirée !

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(1) surcoût pas énorme si on se chauffe autrement qu'à l'électricité ou si on dispose d'un logis bien isolé, soit dit en passant.

lun. 18 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #18 : on a toujours besoin d'un (milliard de) (beaucoup) plus petit que soi

Depuis le savoureux Charme discret de l'intestin de Giulia Enders (que vraiment je vous conseille, c'est un best-seller qui ne l'a pas volé), on connaît un peu mieux le monde merveilleux des bactéries. Les scientifiques et le grand public s'y intéressent, et c'est cool ; parce que depuis Pasteur, on avait surtout passé notre temps à chercher à tout prix à les dézinguer (c'est bien les humains ça : d'abord faire la guerre, après on cause).

BIEN SÛR qu'en milieu hospitalier, l'aseptie a été un énorme progrès, bien sûr que les antibiotiques ont sauvé et continuent de sauver des tas de gens, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.

Seulement comme d'habitude, on est allés trop loin (et à cause de quoi, je vous le demande ? Oh, tiens ça alors, encore à cause de cette foutue société de consommation) : Proucter et Gamble et les autres ont fait des ravages dans les ménages, à suggérer dans leurs pubs qu'il fallait virer 99.99% des microbes de notre plan de travail (qui n'en demandait pas tant). Et côté antibios, inutile je pense de revenir sur les conséquences catastrophiques de la surconsommation (humaine, mais animale également : dès que l'élevage devient concentrationnaire, oh tiens ça alors (bis), il faut traiter tout le cheptel à la moindre infection : mon papa vétérinaire, qui a vu les élevages de ses clients grossir au fil des décennies sans que la surface de l'exploitation ne change, a dû recourir beaucoup plus systématiquement aux antibios pour traiter les pathologies respiratoires qui ont pris de plus en plus d'importance avec le temps. Pourtant, ce n'était pas une échelle d'élevage industriel).

Bref, pour ne pas sombrer, le monde de demain sera moins maniaque : mollo sur la Javel. On s'aperçoit des nombreux bienfaits d'une vie en bonne intelligence avec les micro-organismes depuis quelques temps, et il semble que ce ne soit que le début (la greffe de caca, vous vous rendez compte ?)

Travaux pratiques : déjà, tu divises par deux. Ensuite, tu reposes douuuucement ce flacon de gel antibactérien pour les mains. Voilà. Tout va bien.

Validation des acquis : essaie-toi à la fermentation (pour ma part, j'élève depuis quelques semaines un levain, et j'ai du mal à expliquer pourquoi, mais je trouve ça profondément, incroyablement satisfaisant). Si ça marche, bravo ! Ta maison est propre, et pas aseptisée.

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dim. 17 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #17 : la vie éternelle (pour ta cafetière)

L'obsolescence programmée, c'est un truc qui me rend dingue. Ou alors l'obsolescence pas programmée, mais juste le pas cher qui finit par coûter cher parce que c'est de la merde qu'il faut remplacer tous les quatre matins. Parfois, la nuance entre les deux cas de figure est subtile.

Pour le cas des imprimantes, j'allais écrire "il faudrait que ce soit illégal", et puis en fait je découvre que ça l'est : l'obsolescence programmée est un délit depuis 2015. Seulement, c'est un délit souvent flou, donc avant de voir des condamnations tomber, il va falloir se débrouiller autrement :

En la dénonçant, et en la contournant, comme ce journaliste high-tech le raconte à propos d'un clavier sans fil, à la batterie soi-disant pas remplaçable (tout est dans le soi-disant... Face au fléau de l'obsolescence programmée, faut souvent être un peu filou et ne pas suivre les règles du jeu).

En repérant les entreprises qui affichent une certaine éthique dans ce domaine. Par exemple, en machine à laver, vous avez L'Increvable (pas encore commercialisée je crois, mais c'est pour bientôt il me semble). (Et il y en a d'autres mais là ça ne me revient pas, n'hésitez pas à les signaler en commentaires).

Et puis, bien sûr, en tentant de réparer ou de faire réparer ses objets.
J'ai justement un exemple, là, en la personne de mon mixeur plongeant qui a rendu l'âme, après une bonne douzaine d'années de bons et loyaux services. Douze ans, c'est assez honnête, on ne parle pas d'électroménager jetable, là. Mais bon, j'en prenais soin, et je ne voyais pas pourquoi il n'aurait pas duré douze années de plus (la meuf trop exigeante).

J'ai donc décidé de tenter l'opération de la dernière chance, à savoir le Repair Café. Bon, mon affaire a traîné pendant quelques mois car je n'arrivais pas à trouver le bon créneau (ensuite, j'ai appris qu'en fait, ils se réunissaient très souvent pas loin de chez moi, toutes les semaines, donc j'aurais pu m'en occuper plus tôt ; mais bon, je le saurai pour la prochaine fois).

Un bénévole de l'équipe (la soixantaine, bidouilleur, qui m'a fait penser au Goût ; je t'y verrais bien, d'ailleurs, mon cher) a entrepris de démonter le bouzin pour trouver l'origine de la panne. Premier défi : ces objets ne sont pas conçus pour se faire ouvrir le ventre si facilement. Après avoir tâtonné un bon moment, quand on a fini par réussir, cette victoire était déjà grandement satisfaisante. Ensuite, il a fallu trouver comment retirer le circuit électronique, qu'en usine on avait manifestement fait coulisser à partir de l'autre extrémité, et qui se trouvait à présent coincé en sandwich entre deux rebords de plastique.

Froidement, nous avons décidé de découper les bouts de plastoc à la fraiseuse - ils ne servaient à rien, en fin de compte (ou si peu). J'aime bien l'esprit "Foutu pour foutu, on tente". L'hypothèse du médecin des mixeurs était bonne : c'est le condensateur qui était mort.

A partir de là, je vais avoir plus de mal à raconter car j'ai toujours été une quiche en électricité, et il a été question de voltmètre, de ohms, de transfo et de résistances (vieux souvenirs de physique au lycée). J'ai en revanche retrouvé avec une certaine émotion le fer à souder de mes cours de techno au collège. Et puis à la dernière minute, on a eu un problème à la noix qui a nécessité l'hospitalisation du circuit imprimé : je dois revenir en janvier pour savoir si au final, l'engin va remarcher (mais le pronostic est bon).

En conclusion, donc, choisir de réparer plutôt que de racheter, c'est y passer plus de temps (pas toujours mais là oui, par exemple). Mais en fait, ce temps supplémentaire, je ne le trouve pas perdu : j'ai passé un moment avec des gens super gentils, qui étaient là parce qu'ils en avaient envie (je ne dis pas que les vendeurs de chez Darty sont nécessairement malheureux ou aigris, mais enfin, je crois que généralement ils sont quand même surtout là parce qu'il faut bien payer le loyer, et pas spécialement par passion de la vente d'aspirateurs), la tâche était difficile juste ce qu'il faut pour être gratifiante (et même : si on n'était arrivés à rien, j'aurais eu la satisfaction d'avoir tenté le tout pour le tout), j'ai appris des trucs en électronique, on a bien rigolé, l'ambiance était cool ; et non seulement j'étais super reconnaissante (alors qu'en payant à la caisse chez Darty, j'avoue que je ne déborde pas particulièrement de gratitude), mais en plus, tous ces bons sentiments si doux pour le cœur ont continué de m'accompagner dans les heures qui ont suivi : je voyais le bien partout, en quelque sorte.

Finalement, pour garder foi en l'humain, je me demande si ce n'est pas un peu comme pour ne pas craquer quand on a arrêté de fumer : ce qui aide, c'est de fréquenter les gens qui vont dans le sens qui nous intéresse : c'est-à-dire, respectivement, qui sont sympas, ou qui ne fument pas. (oui bon c'est un peu cavalier comme comparaison, mais j'ai plus trop le temps de ciseler, là).

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sam. 16 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #16 : moins de vroum

Billet rédigé dans la même pièce que Hiboute qui babillait et pas relu... No comment.

La domination masculine m'évoque la domination de la voiture sur le citadin, qu'il soit piéton ou cycliste.

L'intersection de ces domaines, d'ailleurs, me fait penser à deux statistiques : 1. En France, quand une rue met une personnalité à l’honneur, c’est un homme dans 94% des cas. 2. A Paris en 2012, trois quarts des accidents recensés ont été provoqués par des hommes. Ces deux faits peuvent paraître éloignés, mais pour moi, ils sont simplement deux des innombrables facettes du système dans lequel nous baignons.

Brrrref j'étais pas venue pour parler féminisme au départ, scusez la digression.

Je reviens à mon point de départ : on a, dans les villes françaises, une organisation qui favorise la voiture au détriment des autres modes de transport, quand bien même ceux-ci sont majoritaires (je ne retrouve plus les chiffres, mais en très gros c'est toujours un peu la règle des 80/20 : 80% de la surface des rues est allouée à la voiture alors qu'elle ne représente que 20 % des déplacements - un truc dans le genre). Sur Twitter, je vois les copains cyclistes se faire empiéter leurs voies par les voitures ; en tant que piétonne, je veux récupérer l'espace qui me revient (et instaurer une loi qui rend les piétons systématiquement prioritaires sur les voitures en cas de pluie ou de grand froid)(rho ça va on peu plus être un tyran 2 minutes)(mais quand même, attendre que le feu piéton passe au vert quand il drache ce que ça me gonfle), bref, il y a un partage de l'espace à revoir.

Bon évidemment, limiter les voitures nécessite d'avoir d'autres moyens pour se déplacer avec fluidité ; et là clairement, nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne (hein les toulousains ?). Ma copine de Nîmes qui a fait le choix de ne pas avoir de voiture a besoin de bien plus de volonté que moi qui suis peinarde avec mes milliers de bus de métros de rer de trams de vélos d'autolib... Cela dit, Paris reste en retard sur d'autres points : toujours une seule ligne de métro accessible en fauteuil roulant par exemple.

En attendant, les villes croumies de bagnoles me font l'effet de lieux démodés, en retard sur leur époque, très XXe siècle (Marseille m'a frappée à ce propos, quand je l'ai découverte cet automne). Je sais bien qu'il y a ce fameux confort de l'automobile, mais aujourd'hui, c'est difficile de ne pas le mettre en regard avec le confort respiratoire des poumons fragiles et autres asthmatiques.

Puisque les journées sans voiture ou de circulation alternée brillent par leur insuccès, je suppose que ce sont d'autres dispositifs qui aideront à faire évoluer les faits. L'exemple de Barcelone et le principe des "superblocs" est très intéressant, à cet égard.

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Donc, d'après l'autrice, ceci est le plan d'une ville.

ven. 15 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #15 : de la musique et des canards

Huhu je suis en train de cramer tous les sujets « faciles » de ma liste parce que je ne prends pas le temps de me documenter / rédiger les autres... Elle va être sport, la dernière semaine.

Bon allez un petit sujet facile donc encore aujourd'hui, qui est une sorte d'addenda à celui d'hier, sur la fin des pesticides dans l'agriculture. Comment qu'on fait quand on doit se débrouiller sans intrants de synthèse ?

Eh bien, par exemple, pour désherber dans les rizières, si on n'en pas des centaines d'hectares, on peut utiliser des canards.

Ou bien, on envisagera de soigner les plantes avec de la musique. Les résultats ont l'air au rendez-vous, toutefois la théorie n'est pas prouvée scientifiquement ; donc je participe peut-être à une vaste campagne de désinformation, mais c'est tellement séduisant que je n'ai pas pu m'en empêcher. Ce qu'on va faire, c'est que je reviendrai corriger ce post en cas de charlatanisme avéré, ok ?

Bref, ces solutions sont anecdotiques, mais j'y vois une sorte de métaphore du monde que j'aime voir émerger : malin et inventif, poétique, sur mesure.

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jeu. 14 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #14 : manger mieux

En voilà un sujet qui me tient à cœur, mais comme j'ai l'impression d'en parler tout le temps, ce billet ne sera pas forcément très complet. Le monde d'après aura nécessairement connu une réforme profonde de l'agriculture, car le modèle actuel est en bout de course (il vous faut vraiment des références ?).

J'ai trouvé ce débat intéressant, plutôt constructif et pas trop crêpage de chignon (imaginez: vous avez un paysan converti à l'agriculture biologique d'un côté de la table, et de l'autre, la présidente du FNSEA ; c'était quand même pas gagné). Bon cette émission a été enregistrée avant que l'Europe resigne pour 5 ans de glyphosate...
Mais ce n'est qu'une bataille de perdue. Parce que de tous côtés, les mentalités évoluent : la part de marché du bio augmente tous les ans, tout comme la part de terres cultivées de cette manière. Le mouvement Terre de Liens fait son petit bonhomme de chemin ; les projets de supermarchés coopératifs se multiplient ; on commence à en avoir marre d'être pris pour des jambons quand il faut payer la pollution des ressources aquatiques à la place de l'agriculture intensive ; les associations luttant pour interdire l'élevage en batterie poursuivent leur travail de sape, et finiront par gagner, j'en suis convaincue.

Il faudrait que tout ça aille juste un peu plus vite. Je sais bien que consommer bio a un certain coût (ou du moins, c'est une ventilation différente du budget) et que tout le monde ne peut pas se le permettre (1) (C'est d'ailleurs pour ça que le Réseau Cocagne fait un super travail, allez voir.) En ce qui me concerne, moi la bobo parisienne privilégiée qui fait ses courses à la Biocoop, je considère ce surcoût comme une sorte d'investissement, de loto écologique ; sauf que le jour où mes numéros sortiront, on aura tous gagné, héhé !

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(1) ou pense ne pas pouvoir se le permettre, pour certains ; tandis que pour d'autres, ce n'est tout simplement pas une priorité, ce que je peux concevoir aussi, bien entendu.

mer. 13 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #13 : bye-bye JiCéDecaux

Aha ! J'ai réussi à faire court ce soir ! En pompant comme une porcasse, certes, mais enfin je vais pas réinventer l'eau tiède tous les jours non plus hein.

Pour une ville plus vivable (vu que la moitié de la population mondiale y vit, et que je la pratique moi-même au quotidien, j'ai forcément davantage d'idées pour celle-ci que pour la campagne), après l'augmentation des framboisiers, je verrais bien la diminution - mais alors, drastique - de la publicité.

Pourquoi ? Tout est dans le manifeste de l'association RAP (Résistance à l'agression publicitaire) : Omniprésente et manipulatrice, dogmatique et dangereuse, liberticide, inégalitaire, inutile et coûteuse... Je cite : La publicité ne s’adresse qu’aux consommateurs au détriment des citoyens éveillés et responsables. A la publicité nous préférons la culture, le paysage et les arts (qui embelliront nos villes et nous divertiront sans arrière-pensée commerciale), la philosophie, la poésie, l’humour et la littérature, les associations, la politique locale et les initiatives sociales, l’expression libre, individuelle et gratuite.

Une de leurs dernières actions en date : porter plainte contre l'immense bâche installée à Bastille pour... profanation de sépulture (eh ouais, le saviez-vous ? Y a des morts sous la colonne de Juillet...)

Pour le moment, à part Grenoble et Sao Paulo, peu de villes se sont mises à décrocher les panneaux publicitaires. Une chercheuse en socio-économie a élaboré une intéressante proposition pour Montréal ; en voici deux-trois extraits (parce qu'il est déjà 21h47 et que mon oreiller m'appelle) :

Ce qui est certain, c’est que les publicités qui accaparent les panneaux d’affichage extérieurs montréalais invitent rarement à acheter des produits faits localement ou à fréquenter une entreprise indépendante. Retirer ces annonces permettrait, d’une certaine manière, de mettre tous les commerces sur un même pied d’égalité : celui de la proximité et de l’accessibilité.

En Suisse, Genève a été le siège d’une étonnante expérience lors de la transition de la gestion des espaces publicitaires entre deux entreprises. Pendant une semaine, les panneaux vides se sont fait prendre d’assaut par des artistes de tout genre. L’initiative a tellement plu que certains résident·e·s se sont mobilisés pour que la Ville soit libérée à l’année.

Plutôt que d’encourager à acheter et consommer, pourquoi ne pas plutôt sensibiliser à l’existence de services d’aide et d’accompagnement dans les quartiers ? Alors que le taux record de l’endettement des ménages revient continuellement dans l’actualité, ne serait-il pas plus pertinent de renseigner sur la présence d’une association coopérative d’économie familiale (ACEF) à proximité, plutôt que sur celle d’un nouveau type de crédit bancaire ?

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Aujourd'hui c'est l'anniversaire de ce blog. Il a 15 ans ! Bigre.

mar. 12 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #12 : Miss France

Ce calendrier atteint le point Miss France : je souhaite la paix dans le monde. Est-ce qu'on peut souhaiter ça sans ricaner en pensant à un maillot de bain barré d'une écharpe tricolore ? Non, je ne crois pas. Bah, ricanons tout en la souhaitant quand même !

Même si, bon, franchement : un monde sans violence ? Je ne suis même pas sûre que ce soit possible ; désolée, je n'ai pas philosophé assez longtemps sur la nature humaine pour avoir un avis tranché sur la question (1). En revanche, un monde avec moins de violence, ça oui, c'est non seulement possible, mais c'est même exactement ce qui se passe. Et c'est évidemment souhaitable.

Le problème, c'est que c'est pas si facile de faire baisser consciemment, chacun de son côté, le niveau de violence. Moi qui vous parle, je suis dans la théorie absolument, totalement et irrémédiablement non-violente. Et puis dans la pratique, pas plus tard que la semaine dernière, je me suis pris le chou avec un ado - qui faisait n'importe nawak, certes, mais j'ai tenu environ 7 secondes avant de perdre minablement tout mon sang-froid... Hum.

Et pourtant, je l'ai lu le bouquin de Marshall Rosenberg (enfin, « le ». Il en a écrit une palanquée, en fait) sur la communication non-violente. Et j'ai essayé d'appliquer un peu les principes. Les quelques fois où ça a marché, c'est vrai que c'était cool. Mais j'ai compté davantage d'échecs que de succès. Il est possible que ce soit parce que je fais pas intimement la distinction entre violence et colère... Apprendre à communiquer de cette manière, c'est vraiment du boulot, ce n'est pas instinctif. D'ailleurs ce n'est pas pour rien qu'il existe aussi des formations.

Et il y a d'autres courants de promotion de la non-violence, parfois mis en œuvre avec semble-t-il un certain succès dans les écoles : les messages clairs, par exemple.

Il faudrait sans doute aussi réussir à diminuer les violences éducatives, bien sûr. Et pourquoi pas se servir plus largement de la méditation, qui permet de développer l'empathie (et d'autres trucs cools).

Et puis, faire en sorte que la notion de bienveillance reste à la mode sans être galvaudée. Pas seulement parce que c'est plus agréable, mais aussi parce que ça permet d'avancer : les administratrices du groupe FB Gestion Budgétaire, Entraide et Minimalisme (dont je vous ai déjà parlé) considèrent la bienveillance comme un outil à part entière, transversal, qui permet de décupler l'efficacité des discours. Et ça marche.


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(1) Cela dit, cette expérience – très émouvante, ma foi - avec des bébés de trois mois (dans la 2e moitié de la vidéo) semble prouver que l'altruisme est quand même plutôt un truc inné.

lun. 11 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #11 : Zéro Déchet Power

Quand j'étais petite, être écolo c'était recycler ses déchets. Aujourd'hui, le contexte s'est tendu, et on sait que le recyclage est à peine une solution, tant, notamment, il donne bonne conscience aux consommateurs alors que le coût environnemental (et économique) de l'opération « production d'un objet à usage unique → tri & recyclage en objet souvent non-recyclable » est encore beaucoup trop élevé par rapport aux ressources dont on dispose. D'autant qu'il y a aussi beaucoup de déchets non-recyclables, ou non recyclés – je ne vais pas vous mettre de lien vers des vidéos de tortues marines qui ne peuvent plus plonger, étant devenues des bouées vivantes à cause de l'ingestion de plastique, ni d'autres tortures raffinées du même acabit – on les a tous vues passer. Sinon, il suffit de demander au poissonnier ce qu'il trouve dans les entrailles de sa marchandise.

Bref, à force de seriner depuis 10 ans que « le meilleur déchet, c'est celui qu'on ne produit pas », il est bien normal que les initiatives Zéro Déchet (ZD pour les intimes) aient fini par voir le jour et prendre de plus en plus d'ampleur.

J'ai du mal à mesurer si c'est déjà grand public, ou pas encore. Les néophytes trouveront toutes les informations de base dans les liens ci-après ; et je n'apprendrai sans doute rien aux autres aujourd'hui. (Mais le sujet avait inévitablement sa place dans ce calendrier de l'Avent).

Naturellement, « Zéro » n'est qu'un idéal vers lequel tendre, il n'est pas à prendre au pied de la lettre. L'aspect économique est souvent mis en avant par les promoteurs du ZD ; je ne l'ai pas mesuré personnellement (je ne suis pas non plus à fond dans la démarche, je ne fais que les trucs les plus faciles) mais de ce côté-là, le gain me paraît assez évident (et séduisant pour les petits budgets ou les gros radins). Ce que j'aime dans cette démarche, c'est qu'elle est très flexible : on peut n'y piocher que 2 ou 3 idées si on est pas très chaud (voire, vivre avec ces 3 idées depuis toujours sans que ça ait à voir avec le ZD, parce qu'on préfère les serviettes en tissu à l'essuie-tout, par exemple) ou s'immerger complètement dedans, comme Béa Johnson ou la Famille Presque Zéro Déchet, parce qu'on découvre une façon de vivre qui nous correspond mieux.

Allez, des liens des liens des liens :

  • La page Wikipédia, assez complète.
  • Le site de la Famille (presque) Zéro Déchet.
  • Quelques recettes de produits ménagers (en plus d'être ZD, ce type de produits permet de limiter la pollution de l'eau – et donc le coût de traitement des eaux usées)
  • Quinze idées pour s'y mettre, ambiance Zéro prise de tête.
  • Un article examinant les freins à cette démarche – quand on est un peu tenté mais surtout pas mal réticent.
  • Et enfin une vidéo de 2 minutes, rigolote mais puissante (enfin j'ai trouvé, mais évidemment, je suis déjà acquise à la cause - je me demande toujours ce qui pourrait toucher des gens qui n'en ont rien à carrer).

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dim. 10 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #10 : Faire pour être

Ce qui est très excitant et qui fait déjà partie du monde d'aujourd'hui (mais j'en parle quand même parce que ça ne peut que se développer à l'avenir), c'est que les conditions sont optimales pour (contribuer et) profiter de l'intelligence collective : conjuguez Internet, les technologies numériques, l'open source et les imprimantes 3D par exemple. Qu'est-ce qu'on obtient ?

Des gens comme Nicolas Huchet (dont j'ai découvert le projet par le biais du documentaire de mon cousin), par exemple. Son histoire est racontée ici, mais je vous la résume rapidos : amputé de l'avant-bras, ne pouvant se payer une prothèse de main du commerce (ça se chiffre en dizaines de milliers d'euros), il a décidé de se la fabriquer lui-même dans un fablab. Et puis il est allé plus loin : «Pour fabriquer des prothèses bioniques à moindre prix, il cherche désormais à développer un réseau de « handilabs », sur le modèle des fab labs, qui travailleraient en partenariat avec des centres de rééducation fonctionnelle, au plus près des patients. (...) l’innovation est aussi sociale. En participant à la fabrication de sa prothèse, la personne handicapée passe du statut de victime à celui d’acteur du soin. »

Il y a un aspect qui me touche plus particulièrement là-dedans, c'est celui de réparation psychique : « Agir sur son handicap redonne du souffle, de l’énergie », dit Nicolas Huchet. Je crois que c'est aussi agir tout court, indépendamment d'un quelconque handicap, qui donne de l'allant, et même un peu plus que ça (1) ; mais je ne peux qu'imaginer combien c'est encore plus important dans ces circonstances : comme le dit une autre personne dans l'article, cette démarche (utiliser le numérique et l'impression 3D) contribue "à restaurer l’estime de soi, souvent abîmée par le handicap".

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(1) Il y a un article paru dans le magazine Kairos de juillet-août 2017 qui le dit très bien (et cerise sur le gâteau, qui est magnifiquement illustré par Élisabeth Corblin), mais il n'est pas encore en ligne sur leur site, alors je me permets d'en citer un extrait en attendant de pouvoir vous mettre le lien :
Au lieu d’attraper l’objet manufacturé que le chasseur (c'est-à-dire le marketing, ndlr) te tend, tu aurais pu bricoler, fabriquer toi-même un objet adéquat à ton désir. Cela s’appelle une œuvre. Une œuvre dans laquelle tu te réalises. Tu as certes besoin de quelques objets manufacturés pour survivre, mais tu as aussi et surtout besoin de fabriquer tes propres objets pour vivre une vie bonne. Des objets singuliers. Pourquoi ? Parce que si tu vois devant toi l’objet que tu as fabriqué, tu pourras aisément en déduire qu’il a fallu un sujet pour le faire. Et ce sujet, c’est toi. C’est cela le bonheur. Tu te prouves à toi-même que tu vis. Tu n’as pas disparu dans des objets que tu consommes à la chaîne, qui t’enchaînent et qui merdifient le monde.

sam. 09 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #9 : Terre, tu retourneras à la terre

(J'essaie encore une fois de faire court, d'abord parce que plus j'échoue plus j'ai de chances d'y arriver, ensuite parce qu'on a été en vadrouille toute la journée et que là j'ai surtout envie d'aller lire des bédés dans le lit avec mon amoureux). edit : caramba, encore raté !

Le monde d'après serait un monde où on marcherait moins sur la tête, notamment dans la gestion des déchets (depuis l'année dernière, vous savez que je suis la pasionaria des poubelles), et plus précisément des biodéchets : les peaux de banane, restes de nouilles et autres carcasses de poulet. Parce que pour le moment, tout ça part à l'incinérateur, et faire brûler des trognons de chou dont le taux d'humidité avoisine les 80 %, c'est tellement... Les mots me manquent. Faire brûler de l'eau, quoi. Et après ça se prétend source d'énergie propre... Si on se chauffait à l'absurdité, oui je dis pas, mais là... Bref.

Globalement, on va plutôt dans le bon sens. (Il faudrait juste qu'on presse un peu le pas...). La loi de transition énergétique votée en 2015 prévoit la généralisation du tri des biodéchets en 2025 ; et il existe depuis le Grenelle une obligation de tri et de valorisation (par la méthanisation par exemple) des déchets alimentaires dans les établissements de restauration.

Mais il y a déjà plein de communes qui pratiquent la collecte des biodéchets en France (et dans le monde, Parme ou San Francisco notamment). Parfois en couplant avec une redevance incitative (plus ta poubelle est légère, moins tu raques), comme à Besançon.

La demande citoyenne est forte, et il faut juste que ça se sorte les doigts du cul chez les décisionnaires : à défaut (1) de collecte des biodéchets, à Paris les composteurs collectifs se sont multipliés, mais ils affichent complet et il y a carrément des listes d'attente pour avoir le droit d'y déposer sa salade flétrie. En ce qui me concerne, j'ai commencé le lombricompost il y a 5 ans pour montrer le principe à ma classe de CE2, et aujourd'hui c'est clairement en attendant le bac bio que je continue. En tous les cas, j'ai désormais un mal fou à jeter des cosses de petits pois à la poubelle normale, ça me fait trop mal au cœur (oui, il m'est déjà arrivé de rapporter des épluchures de carotte de chez ma belle-mère - je la salue pour son flegme, d'ailleurs).

Et puis, il y a un effet Kiss Cool sur le tri des biodéchets : une fois qu'il est en place, on observe une meilleure performance de tri global sur le reste des déchets (parce que pour le moment, je ne sais plus si c'est en France ou en région parisienne, mais 42 % des déchets recyclables partent aussi à l'incinérateur).

Un article sur le compost en pied d'immeuble.

Pour se lancer dans le lombricompost : VersLaTerre ou Plus2Vers

Et sinon, il y a aussi la solution des poules.

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Pèlerins se rendant au bac de compost pour honorer le dieu Humus.

(1) à défaut, parce que l'avantage avec ce type de collecte, c'est qu'on peut y mettre aussi ses déchets carnés et ses coquilles d'huîtres, alors que le compost ne tolèrera que le strictement végétal - et le lombricompost est encore plus restrictif. Mais bien entendu, c'est mieux que rien.

ven. 08 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #8 : l'ESS

Il y a des tas de sujets que j'ai envie d'aborder mais que je repousse à plus tard parce qu'il y a douze articles que j'aimerais lire avant. Et même quand je me dis "Allez, aujourd'hui je fais court", je finis par faire long. Aujourd'hui donc, je vais essayer de faire vraiment court.

OK si on excepte les 90 minutes que j'ai passées à quand même lire plein de trucs.

Bon, je vais faire très général et très particulier à la fois.

Le général : un peu dans la lignée de ce que je racontais hier - biodiversité économique tout ça - il me semble qu'il y a une certaine famille d'acteurs économiques bons pour la santé de tout le monde, et pas seulement du portefeuille de quelques actionnaires : ceux de l'économie sociale et solidaire (ESS).

Qu'est-ce que c'est, l'ESS ? La page gouvernementale y répond très bien, donc hop je copie-colle :

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La question de l'utilité sociale m'interpelle et me rappelle les travaux de trois chercheuses britanniques évoqués par Mona Chollet dans Chez Soi, qui comparent "la rémunération de certains métiers, sélectionnés aux deux extrémités de l’échelle des revenus, à la « valeur sociale » qu’engendre leur exercice" (le début de l'article du Monde Diplo est ici). C'est un changement de perspective qui m'avait beaucoup marquée ; j'avais trouvé ça rafraîchissant et stimulant. Bon, quand j'avais raconté l'idée à cette personne de mon entourage qui constitue ma référence sur ce qu'on pense à droite (notez la périphrase tortueuse pour préserver son anonymat), je n'avais eu pour toute réaction qu'un sourire narquois. J'aurais bien aimé en savoir un peu plus long sur ce qu'il en pensait (toujours le fameux know your enemy) (ah ben à me relire je pense que c'est la deuxième phrase que j'ai surlignée qui le faisait marrer).

Je suis en train de dériver sur les réflexions au sujet du travail en soi, qui auront lieu mais qui ne devaient pas intervenir dans le billet du jour, rha ! Tout ce que je voulais faire, une fois ce préambule de dix plombes torché, c'était citer deux-trois entreprises ESS-friendly (le volet "particulier" que j'avais annoncé en début de billet) :

ApiUp, parce qu'ils recyclent les palettes et que donc vous connaissez désormais ma déviance avec les planches de bois qui traînent dans la rue.

Carton Plein, parce que je pourrais avoir la même déviance avec le carton. J'ai vraiment le sentiment qu'on jette des ressources (donc du fric) par les fenêtres quand j'en vois traîner sur le trottoir. Dans les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett, le personnage auquel je m'identifie le plus, c'est Henri Roi, parce que c'est le boss absolu du recyclage, qui ne voit aucun déchet nulle part, que des ressources partout. (Ce qui est rigolo - et hors-sujet mais tant pis - c'est que le Chou quant à lui a surtout retenu de ce personnage qu'il était un mafieux de première. Marrant, non ?)

Et enfin 1336, une Scop qui a une bien belle histoire (cousine de David contre Goliath).

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