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lun. 01 août 2016

Bulletin positif ?!

Ce matin, lors de ma première demi-heure sur internet, j'ai vu :

Je pense qu'il faut que je quitte internet maintenant pour rester sur cette merveilleuse impression d'un monde qui tourne à peu près rond avant de retomber sur de nouvelles horreurs !

edit : raté...

ven. 29 juillet 2016

(Ab)surdité

Ce blog n'est pas à l'image de ma vie ; je me fais du souci pour ma grand-mère, bien sûr, mais toute ma vie ne tourne pas autour de cette fichue clinique.

Et puis on a aussi des moments de rigolade, les bons jours. La semaine dernière par exemple, ma grand-mère est subitement devenue quasi-sourde. Déjà qu'avec trachéo + respirateur tu peux pas parler, je vous laisse imaginer comme la communication est facile.

Bref, avec ma sœur on écrivait directement sur l'ardoise ce qu'on voulait lui dire plutôt que de se fatiguer à hurler en espérant qu'elle saurait lire sur nos lèvres. Mon grand-père, lui s'obstinait à lui parler.

- Je t'aime, lui dit-il donc un soir (notre ours mal léché est devenu mignon tout plein depuis que sa femme est à l'hôpital).

Froncement de sourcils de ma grand-mère : elle n'a pas entendu.

- Je t'aime, répète-t-il un peu plus fort.

Toujours la grimace d'incompréhension en face.

- JE T'AIME, JEUH T'AI-MEUH ! s'escrime mon grand-père, pendant que je brandis l'ardoise "il t'aime !"

Elle hoche enfin la tête, elle a pigé.

- On le saura, lâche-t-il alors, mi agacé, mi désabusé.

On se marre bien parfois quand même.

dim. 17 juillet 2016

Pour vous donner des nouvelles.

Je viens faire une sorte de point.

Ma grand-mère toujours en réa ; ça ne va pas tellement moins bien mais ça ne va pas franchement mieux. Depuis près d'un mois, c'est un peu les montagnes russes : je suis sûre qu'elle va calancher / ah ben non finalement / hé peut-être bien qu'elle pourra rentrer bientôt chez elle / ouh là là pas du tout en fait / ah mais si ça va mieux quand même / mmmh j'ai parlé un peu vite, j'y vois pas beau là / etc.

Quand on parle d'acharnement thérapeutique en théorie, les choses sont simples, claires : personne n'en veut.

Mais ça commence quand, en pratique, l'acharnement thérapeutique ? Ma grand-mère est entrée à l'hôpital parce que son cœur n'arrivait plus à faire le boulot ; bon. J'imagine que choisir de refuser le pontage équivalait d'un peu trop près, un peu trop clairement, à choisir de se suicider.
Pourtant, j'aurais compris ce choix, puisqu'elle répétait depuis longtemps 1. Qu'elle avait envie de mourir 2. Qu'elle voulait mourir chez elle.

Mais voilà, comme je l'ai déjà dit il y a quelques jours, il y a toujours son mari, et je comprends qu'elle ait pu rechigner à le priver de sa présence. L'opération s'est plutôt bien passée et son cœur remarche bien depuis. Le problème s'est déplacé vers le système respiratoire : elle s'essouffle trop (comme disent les médecins avec un sens de l'euphémisme bien à eux pour ne pas te dire qu'elle frise l'asphyxie, alors que tu le vois bien, toi, qu'elle est mal mal mal) sans la machine qui lui ouvre les bronches et la fournit en oxygène.

En gros, on attend qu'elle se rétablisse suffisamment pour la ramener chez elle. Mais je ne sais pas si ça va arriver. J'ai l'impression qu'à partir d'un certain âge, le corps, la vie, c'est comme un jeu de Jenga. Poursuivre devient de plus en plus périlleux, l'équilibre est de plus en plus précaire, et si on arrive à rattraper la mayonnaise d'un côté, c'est de l'autre que ça part en couille.

Il me semble aussi qu'on peut toujours opérer les vieux, voire les très vieux, mais qu'ils ne se remettent jamais complètement après, qu'ils ne retrouvent jamais le "niveau" d'avant. Toute la question étant de savoir à partir de quel âge ça commence. Et puis même sans récupérer totalement, la vie peut bien entendu continuer à valoir le coup d'être vécue...

Mais voilà, en ce qui concerne ma grand-mère, elle partait d'un niveau déjà tellement faible (j'ai souvent parlé d'elle ici) qu'il ne lui reste vraiment pas beaucoup de marge de manœuvre.

Et puis le monde qui continue de faire n'importe quoi pendant ce temps, le boulot qui déborde, le manque de sommeil, le manque de temps pour tout - pardon Le Goût de ne pas t'avoir rappelé, c'est vraiment trop chaud en ce moment.

Prenez soin de vous, les copains.

sam. 02 juillet 2016

Contre-ordre

Finalement elle a été ré-ré-intubée ce matin.

Quand je vous disais qu'on n'avait pas le cul sorti des ronces...

Sortie de crise (à peu près)

Les affaires reprennent pour ma grand-mère, extubée avant-hier.

Je lui avais demandé il y a trois jours si elle avait encore envie de mourir ou si elle préférait rentrer chez elle (je n'avais pas précisé "d'abord"...). La réponse était : rentrer chez elle.

Dix jours qu'elle est en réa, et elle a hâte de se tirer. Faut dire que c'est effectivement un peu carcéral comme ambiance, dès qu'on n'est plus au bord de l'abime. Vous êtes à poil (trop de capteurs partout pour enfiler une chemise de nuit), on ne vous laisse que le minimum d'affaires, vous êtes enchaîné à vos perfs et à vos sondes en tout genre (quand vous n'êtes pas carrément attaché parce que vous avez une fâcheuse tendance à retirer votre masque à oxygène) et vous passez vos journées à ne rien faire, sauf mater vaguement la télé.

Les membres du personnel soignant, même les plus gentils, sont parfois un peu maltraitants, faute d'effectifs suffisants pour bien s'occuper de tout le monde.

Et puis, bordel de merde, Neuilly, c'est toujours aussi loin.

jeu. 30 juin 2016

Le karma Sélecta (181/366)

Je m'achète une bouteille d'eau au distributeur dans le hall de la clinique. Je m'attends vaguement à ce qu'elle ne tombe pas, et à ce que j'en sois pour mes frais.

Et puis finalement, non seulement MA bouteille est tombée, mais elle a entraîné une cannette de Perrier dans sa chute !

Satisfaction d'avoir en quelque sorte eu ma revanche sur la machine, puisque sa voisine des boissons chaudes m'avait refilé un thé au lait sans thé l'autre jour.

mar. 28 juin 2016

Auteuil Neuilly Passy, c'est pas du gâteau

Je vais à Neuilly tous les jours depuis une semaine.

Le trajet dure une plombe.

Chaque fois qu'on s'arrête à la station Boissière, je pense métro Boissière, j'accélère.

Dans la rue en sortant du métro, il y a des rhododendrons et des hortensias immenses, mais moins beaux qu'en Bretagne.

Une fois, samedi je crois, j'ai vu Richard Anconina.

La densité de chocolatiers au mètre carré est invraisemblable.

À l'école au bout de la rue, on a repéré des cas de scarlatine chez les CE2 A et les CE1 B.

Il faut traverser pour rejoindre l'entrée secondaire de la clinique. On monte trois marches, on arrive aux machines à café, puis il faut traverser le hall, appuyer sur le bouton pour activer les portes du service de réanimation, sur la sonnette ensuite pour signaler sa présence. On attend dans le vestiaire des familles, qu'on vous apporte une casaque bleue et la clé de votre casier.

On se lave les mains comme dans Urgences et on n'a pas le droit d'être plus de deux dans la chambre.

Ma grand-mère est là, avec tous ses tuyaux.

C'est pas la grande forme.

Je m'aperçois que j'attendais une issue - fatale ou favorable - pour vous raconter. Mais raconter quoi ? Une histoire ?

Il n'y a pas d'histoire, pour le moment. Il n'y a que ce temps suspendu où on ne sait pas. Peut-être qu'elle sera morte à la fin de la semaine, peut-être qu'elle va repartir pour deux ans.

Ça fait longtemps qu'elle n'avait plus envie de vivre, mais je crois qu'elle est bien embêtée à l'idée de laisser mon grand-père tout seul. On dirait tout à coup qu'elle n'y avait pas pensé avant.

On n'a pas le cul sorti des ronces.

lun. 13 juin 2016

Récit paresseux d'un dimanche rempli juste comme il faut (164/366)

Des bas, des hauts, dans le quotidien, même si je suis globalement heureuse. Mais ce dimanche était particulièrement chouette et doux, et heureusement, vu que le monde va toujours aussi mal.

(J'ai pas trop le temps d'écrire, je ne vais pas trop me fouler... c'est une de ces notes de blog qu'on écrit surtout pour garder le souvenir.)

Le matin, j'avais collé la petite chérie devant les dessins animés et prévu de travailler pendant que le Tigre dormait. J'ai eu le temps de traduire une page, mais la fin de la session s'est transformée en bavardage téléphonique avec une amie, que comme les autres, je ne vois pas assez.

Puis une invitation à déjeuner impromptue nous a poussés dehors, sous la pluie. Pour la première fois depuis bien longtemps, Hiboute avançait sur sa trottinette, sans s'arrêter toutes les trois secondes ou réclamer qu'on la porte... Quand on a des jeunes enfants, le simple fait de marcher à une allure normale dans la rue est une victoire et un bonheur, en fait.

Le retour s'est passé avec tout autant de fluidité, nous devisions tranquillement et il ne pleuvait presque plus. Un vide-grenier se trouvait sur notre chemin, nous y avons dégoté quelques personnages Playmoubil pour la petite mignonne.

Après un samedi bruyant dans un quartier bondé de piétons et d'automobiles, j'ai savouré le semi-désert de notre voisinage.

Hiboute nous a ensuite presque laissés tranquilles, pendant ce "temps calme" qui est plus un vœu pieux qu'autre chose, et que j'ai mis à profit pour avancer sur un projet auquel j'ai du mal à consacrer autant de temps que je voudrais.

Et puis je me suis mise en cuisine pour préparer un risotto. Elle a voulu m'aider et, vous dire combien j'étais détendue ce dimanche, pour une fois J'AI ACCEPTÉ (autant je suis plutôt cool pour tout le reste, elle se lave seule, s'habille comme elle veut, patouille à volonté, utilise des ciseaux qui coupent pour de vrai, grimpe partout même quand c'est un peu dangereux, tout ça... autant en cuisine, j'ai beaucoup de mal à lâcher prise. Je veux que les choses soient faites vite, bien, sans en coller partout, bref, je brime cette petite qui voudrait bien tout faire toute seule.)
Elle a donc coupé des champignons et remué le risotto avec moi pendant que son papa bouquinait et que Gainsbourg nous fredonnait quelques airs sympathiques.

Puis ils ont fait les andouilles et rigolé tous les deux comme des bossus pendant que je m'affairais encore en cuisine, le sourire qui faisait trois fois le tour de ma tête rien qu'à les entendre.

Après dix jours pénibles où elle s'endormait après 23 heures, nous avons pu commencer notre soirée aux alentours de 22 heures. Pour une fois, j'avais encore un peu de jus pour accepter de regarder quelque chose avec le Chou : Freaks and Geeks, très juste, drôle sans en faire des caisses, très bien pour nous deux (c'est rare), pas récent du tout, mais pas daté pour autant.

Ah oui, quel bon dimanche !

(zou, au boulot maintenant)

lun. 30 mai 2016

Petits et grands bonheurs en vrac (150/366)

  • le bonheur à tiroirs :

Me réveiller tôt, lancer le café, retourner au lit et bouquiner en attendant que l'arôme traverse l'appartement pour me chatouiller les narines. Aller me chercher une tasse et continuer de lire au lit, mes deux amours encore endormis, le chat alangui, et seulement le bruit de la pluie pour m'accompagner. Je pourrais développer sur trois pages ces 40 minutes fabuleuses, mais juste ça : lire le matin plutôt que le soir alors que le cerveau a sonné l'extinction des feux depuis un bon moment et qu'on se sent au bord du coma, ça change tout.

  • le bonheur minuscule et presque chaque jour renouvelé :

la radio du Franbrix. Il a eu une phase un peu pénible de musique d'ascenseur, mais ces temps-ci on est revenus à ce que j'aime, pour fredonner et me dandiner en choisissant mon emmental. Rien de bien dingue hein, ça doit être Chérie FM ou un truc dans le genre. Mais y a souvent des pépites qui me font plaisir.

  • le bonheur un peu effrayant :

J'en reparlerai sans doute plus longuement... Je vais peut-être m'impliquer dans une asso qui me tient à cœur - et ça me donne de l'élan pour d'autres combats que je voudrais bien mener. Mais j'ai peur du temps qui va me manquer, de ce que je ne parviendrai peut-être pas à faire, du risque d'être déçue alors que je m'imaginais monts et merveilles... Bref, comme disait Josiane Balasko dans les Bronzés font du ski : J'y vais mais j'ai peur !

  • le bonheur de ravie-de-la-crèche-technologique

j'ai ENFIN regroupé mes trois adresses mail Yahou dans un seul compte, ce qui m'évite d'avoir à me déconnecter / reconnecter dix mille fois par jour environ. Je gagne au moins dix minutes de manipulations quotidiennes, je consulte ma boîte moins frénétiquement, et surtout ça me permet de ne plus voir à tout bout de champ la page d'accueil de Yahou qui est incroyablement fatigante de racolage et de vulgarité.

  • le bonheur "heureusement qu'il y a quand même 10% du temps où elle est relou, sinon on s'inquiéterait".

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Ma tigresse.

dim. 22 mai 2016

Bonnes nouvelles et gratitude (142/366)

Le même jour, on nous a proposé, au TIgre et à moi, chacun une nouvelle traduction.

Eh ben on s'est sentis un peu moins fatigués, ce soir-là...

Pour quelques mois, on n'a plus à s'angoisser de la suite : on a tous deux suffisamment de travail pour 2016.

Je me ménage ma petite place dans ce métier, peu à peu. Les projets se succèdent gentiment et à part quelques couacs mineurs, tout s'enchaîne bien. Je croise les doigts pour que ça continue.

J'ai une immense gratitude envers mon amoureux, sans qui je n'aurais même pas envisagé ce métier (et si je l'avais envisagé, je ne vois pas bien qui m'aurait donné ma chance au début). Il me soutient encore beaucoup (renvoyer un bout d'essai sans le lui avoir fait relire, hors de question), même si j'ai un peu moins peur de mon ombre qu'au début.

Mais vous aussi, je vous suis reconnaissante d'être là. Parce que sans lecteurs, je ne sais pas si j'aurais blogué durant toutes ces années. Et sans blog, sans toutes ces heures passées à écrire - même des conneries - ma langue serait beaucoup moins fluide, beaucoup moins déliée. Je bossais et je ne m'en rendais même pas compte ! Et merci spécialement au Goût, sur l'orthographe duquel (edit : bingo ! c'était "l'orthographe de qui") je me repose presque entièrement.

ven. 20 mai 2016

Saint-Malo (140/366)

Je prends enfin (à minuit passé, c'est pas raisonnable) le temps de raconter un peu les bonheurs de Saint-Malo.

Comme on s'y attendait, ce ne fut pas si simple, le bilan est mitigé.

MAIS :

  • la gentillesse incroyable des Malouins, qui, non contents de s'arrêter TOUS au passage piéton (truc de dingue), ont passé leur weekend à nous courir après, Hiboute et moi, pour nous rendre les jouets qu'elle avait semés sur son passage. Il y en a même deux qui m'ont coursée à vélo (et en plus, qui ont trouvé que je roulais vite. Adorables je vous dis) parce qu'ils avaient ramassé le doudou tombé.
  • la très bonne idée que m'a donnée un des éditeurs du salon : louer un vélo. Peu de bus, et nous étions à 1 km du centre ; rien donc pour une adulte, même avec des petites jambes, mais la plaie avec une petite de trois ans dans les pattes, qu'on ne veut plus porter et qui ne veut pas marcher (après le sommeil, je lance un nouveau SOS : vous réussissez à faire marcher vos gamins, vous ? Comment vous faites ?). Je ne roule pas souvent à vélo (trop de côtes, et trop de bagnoles autour), alors à chaque fois je redécouvre cette merveilleuse sensation de vitesse et de liberté. Hiboute a adoré aussi, c'était vraiment génial.
  • la plage envers et contre tout ; en doudoune la plupart du temps, en l'occurrence. Mais jouer dans le sable, patouiller dans l'eau, ramasser des cailloux... J'ai kiffé de voir Hiboute kiffer.


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Je ne vous fais pas souvent le coup de la soirée diapo, mais je n'avais pas envie de ne sélectionner qu'une ou deux images...

jeu. 12 mai 2016

Weekend dans l'Ain (132/366)

C'est la petite forme. Les congés maladie peuvent être envisagés dans mon boulot (faut réussir à négocier la date de rendu, quoi), mais pas pour ce contrat-là, le délai est trop serré.

Donc, je dois travailler vaille que vaille.

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Et je n'ai même pas pris le temps de vous décrire ce drôle de bonheur qu'a été la découverte d'A., la petite ville qu'habite désormais Couac.

Nous y avons passé trois jours la semaine dernière, la petite Chouquette et moi, trois jours pas exactement paisibles (deux enfants en bas âge dans les pattes, quoi), mais très joyeux.

C'est une drôle de ville, A. Pas hyper folichonne a priori. Mais quand on a pris les petites rues désertes pour aller à l'aire de jeux le premier soir, il s'est passé un truc. Je ne saurais pas dire exactement quoi, ça m'a pris le cœur en otage.

L'aire de jeux, c'est le même ensemble toboggan-pont-de-singe-machin-à-ressorts que dans tous les squares de France et de Navarre. Mais tout autour, il y avait une grande prairie, avec des arbres et des pâquerettes. Pas de bac à sable, les enfants jouaient avec les gravillons dans la poussière. Il faisait - enfin - doux, le temps qu'on peut décemment attendre d'un mois de mai.

On s'est assises sur un banc avec Couac, et en face de nous il y avait ce tilleul, qui depuis n'a pas quitté le fond de ma rétine. C'est comme si je m'étais retrouvée non pas devant un tilleul, mais devant la Quintessence du Tilleul. Il tilleulait tellement le tilleul que tout mon être en est saturé à présent, comme une table en bois qui a bu l'huile de lin. C'est fou. (et du coup depuis, je veux un tilleul, ce qui va être un poil compliqué.)

Mais le pire, c'est que le tilleul n'est qu'un détail dans l'histoire. De façon assez mystérieuse, quoique terriblement puissante, A. (ou juste son aire de jeux) a fait remonter en moi une sensation d'enfance absolue. Dans ce que l'enfance a de plus magique et de plus déprimant. L'émerveillement perpétuel et la conscience d'une liberté limitée. C'était mélancolique et excitant à la fois, comme une histoire sans lendemain.

Mes parents habitent toujours la maison de mon enfance, dans le bled de mon enfance. On peut donc raisonnablement supposer que c'est là-bas, à Biniou-City, que mon enfance me revient le plus facilement à l'esprit. Mais non, A. fonctionne beaucoup mieux. Couac m'a dit qu'elle éprouvait un peu la même chose.

Le Tigre a une théorie là-dessus, il pense que pas mal de petites villes de province sont restées dans leur jus des années 80-90, ce qui expliquerait ce surgissement troublant. C'est possible, mais ça n'explique pas tout. C'est peut-être une conjonction de la lumière et de l'air qui a joué.


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Sinon j'en ai une mignonne, de conjonction, qui a bien joué aussi, mais à faire la soupe de pâquerettes.
(vous pouvez cliquer sur l'image pour la voir en plus grand)

jeu. 28 avril 2016

Grosse journée aujourd'hui (118/366)

Je dois me faire livrer 5 plants de tomate + des graines d'oeillets d'Inde + de la ciboulette (allez le soleil alleeeeeez vas-y mais vas-y donc installe-toi, tu as le droit, c'est le PRINTEMPS, on a eu notre dose de giboulées MERCI), et aussi le nouveau roman que je dois commencer à traduire.

Dé-bor-dée !

mar. 26 avril 2016

Les vacances à l'avance (116/366)

L'anticipation d'un voyage qui sera peut-être plus idyllique que le voyage lui-même :

Le Tigre va représenter l'Ogre dans un festival à Saint-Malo pendant un weekend à rallonge.

Je me suis dit que tant qu'à passer quatre jours seule avec la petite chérie, autant les passer sur une plage malouine plutôt qu'à Paris, avec le bonus d'apercevoir son papa de temps en temps.

Oui j'aurais pu aussi en profiter pour descendre voir ma famille en Bourgogne, c'est sûr. Mais le problème de la Bourgogne, c'est que ça manque cruellement de bord de mer.

Bref, nous avons cassé la tirelire pour un hôtel qui donnait sur la plage, et il me reste à étudier le programme du festival qui, paraît-il, propose des animations pour les petits.

Peut-être qu'il va pleuvoir tout le weekend. Peut-être qu'Hiboute sera une purge de bout en bout. Peut-être qu'il y aura une armée de méduses sur la plage. Peut-être que le Tigre sera trop crevé le soir pour faire quoi que ce soit. Peut-être qu'on va faire une overdose de crêpes.

Mais pour le moment dans ma tête, nous faisons des pâtés de sable dans la joie et la bonne humeur, nous prenons le petit déjeuner face à la mer, nous passons régulièrement dire coucou au Chou entre une glace et un spectacle, et même, comme je suis incroyablement optimiste, Hiboute fait une sieste de temps à autre. Pour le moment, donc, je biche !

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(coucher de soleil au Sénégal. Ben quoi, c'est le même océan...)

ven. 15 avril 2016

Quand on parle de l'Ogre... (105/366)

Bon c'est un bonheur-du-jour un peu en retard, mais ça m'a fait tellement plaisir de voir le travail acharné de mon aimé remarqué à la téloche à une heure de grande écoute ! (coucou Vincent B., tes employés ont un talent fou décidément)

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Ouais paye ta capture d'écran, je sais. Il bouge tout le temps Augustin Trapenard, aussi.

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Si vous voulez regarder ce "Point Trapenard" (ça dure 1 minute 30, pub comprise) à la gloire d'Angela Carter et des éditions de l'Ogre, c'est par ici !

mer. 13 avril 2016

La petite maison (103/366)

La note "flashback" de Liliplume me rappelle un bon moment du weekend dernier :

Je sors Hiboute du bain et nous nous installons sur le lit parental pour crémer ses abattis sujets à l'eczéma. Attiré par nos gazouillis, le Chou nous rejoint et on est sur un bateau, il ne faut pas descendre car il y a des crocodiles par terre.

On est des loups ! enchaîne la mignonne. Nous lançons donc des Aouuu un petit moment, puis Papa Loup se roule en boule et déclare Moi je suis un tatou. Toi aussi ? propose-t-il à notre chouquette. Mais non, rétorque-t-elle avec patience, je suis une personne !

Et puis on fait la petite maison (pour faire la petite maison : assis face à face, enlacez-vous en laissant juste assez de place pour que la petite chérie de votre choix vienne se blottir au milieu. Tenez la position aussi longtemps que vous le désirez. Soupirez d'aise).

On est bien, tous les trois, sur notre lit-refuge-bateau. Je cite Annie Ernaux qui cite Alexandre Dumas : "Il n'y a de bonheur réel que celui dont on se rend compte quand on en jouit"...

mar. 12 avril 2016

La religion (102/366)

Hier soir, D m'accompagnait à la crèche pour récupérer Hiboute. D est l'oncle d'Amérique, pas souvent là, et Hiboute était si contente de le voir qu'elle se mit à faire n'importe nawak.

Allez viens Chouquette, on va prendre l'apéro ! lui dis-je alors pour l'inciter à venir mettre son manteau.

Ah, j'entends souvent ça, remarqua malicieusement la dame de la crèche.

C'est vrai que toutes les occasions sont bonnes... Et j'adore ça. J'adorais déjà ça petite, quand des copains débarquaient à l'improviste à la maison et qu'on sortait les verres et des petits machins à grignoter. J'aime que ça puisse être aussi basique qu'un sachet de cacahouètes, comme j'aime concocter des petites tartinades maison. J'aime que les enfants fassent leur vie en venant réclamer un bout de concombre trempé dans le houmous de temps en temps. J'aime qu'on discute à deux, à cinq, à huit, j'aime me poser pour boire un verre de cidre ou un thé glacé, au chaud dans le canapé ou dehors au soleil, en attendant que le gratin ait fini de cuire ou avant de décider qu'on n'a rien à bouffer à la maison et de commander des assiettes de frites pour tout le monde. J'aime que ce soit immédiatement la fête, que ça dure vingt minutes ou que ça traîne jusqu'à 22h.

J'aime que ce soit presque tous les soirs.

Vive l'apéro ! (et je termine sur ce cri du cœur parce qu'il est l'heure d'aller préparer le fameux gratin)

ven. 08 avril 2016

"Arrivée d'une nouvelle perturbation sur la Bretagne" (98/366)

Le bonheur du jour est une séquence de télévision jouissive, bien qu'amère : voir Vincent Bolloré s'en prendre plein la tronche sur sa propre chaîne de télé pendant 6 minutes (oui, il faut se payer DEUX pubs avant).

Non seulement l'équipe du Zapping est une virtuose du montage, mais en plus, elle est sacrément culottée - et ce courage me fait du bien.

Là un article du Monde qui en parle aussi, avec la vidéo dedans et un peu plus de détails que moi.

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mar. 05 avril 2016

Moi, maniaque ? (95/366)

Petit bonheur de névropathe :

En décorant le gâteau d'anniversaire de ma belle (fêtée très en retard, ce qui nous aura permis de profiter d'une météo clémente), arriver du premier coup à un nombre exact de séries jaune-orange-magenta-violet-indigo-bleu-vert-brun pour un cercle arc-en-ciel parfait.

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ven. 01 avril 2016

Fabriquer (un texte, un objet) (91/365)

Les jours où je ne participe pas aux Bonheurs du jour ne sont ni plus malheureux ni plus heureux que les autres, ils sont seulement un peu plus chargés.
Les amis, la famille, le boulot, le repos passent fatalement avant le blog. Mais fatalement, au bout de quelques jours, je me sens lasse de consommer de l'internet, et l'envie de produire, plutôt, devient de plus en plus pressante. C'est peut-être une des clés de l'équilibre (et donc du bonheur, allons-y carrément) : trouver le bon dosage dans l'alternance consommation / production.

D'ailleurs, je suis beaucoup plus heureuse d'avoir participé à la fabrication de patères pour notre entrée que si j'étais entrée dans un magasin pour en acheter tout bêtement. Ce sont des patères en bois que j'ai d'abord croquées au dos d'une enveloppe en demandant à mon papa s'il n'avait pas des branches de la bonne dimension dans son bûcher.

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Le modèle n'a rien de très original (j'avais vu l'idée dans un livre de DIY) mais je trouve le résultat très beau, tout simple. Le bois brut sent bon, il est solide et doux au toucher (avant de fixer les différentes pièces entre elles, on a beaucoup manipulé les palets avec Hiboute, comme des jeux très élémentaires, sans mode d'emploi). Mon père aussi était content de fabriquer un truc, je l'ai bien vu !

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Et il y a un petit supplément d'âme : le bois provient d'un arbre que j'ai vu toute ma vie dans le jardin de mes parents (et qu'ils ont fini par couper il y a quelques années, car il était devenu trop envahissant). Alors, même quand ils auront vendu cette maison et ce jardin, je garderai ce petit bout de mon enfance, bien à l'abri chez moi. C'est cool, non ?

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