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ven. 05 février 2016

Travailler avec les bonnes personnes, bis (36/365)

Le problème quand on traduit des romans érotiques, c'est que ça fait mal au féminisme, tellement les rapports hommes-femmes sont clichés. Et les femmes, bien que dépeintes comme fortes et pleines de ressources, sont toujours moins riches que les hommes - faut pas déconner quand même, baiser un mec qui gagne moins que moi, ça va pas la tête ?

Bon bref. C'est donc un peu compliqué de participer à la diffusion de ces niaiseries, surtout quand mon job précédent consistait à faire exactement le contraire, mais bon, faut bien faire bouillir la marmite.

Sauf que la dernière fois, l'autrice que je traduis est montée en puissance : sous couvert d'érotisme, elle a ni plus ni moins décrit une scène de viol conjugal - pas exprès, hein. J'imagine qu'elle a voulu jouer avec le fantasme du viol, sauf qu'elle s'y est prise comme une patate et que là, BEURK.

Donc je me retrouve à traduire ça et je me prends le chou : je réfléchis à ce qui est déontologiquement possible, je commence par écrire un long mail indigné à l'éditrice, indigné que dis-je, enflammé, quand le Tigre me refroidit : On s'en fout de tes états d'âme, modifie le texte et signale-le en commentaire. Garde tes arguments pour après, au cas où.

Bon. Je fais comme il me dit (le Tigre, je suis son poulain, c'est mon agent).

Et en récupérant le texte corrigé par l'éditrice aujourd'hui, je vois sa réponse (en jaune) :

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Quand je vous disais que je la sentais bien, cette éditrice ! (bon ok c'était le minimum syndical, mais quand même)

jeu. 04 février 2016

Gros-Câlin (35/365)

Matin. Canapé, café, biberon, couverture. Pelotonnées.

- Je voudrais que tu ailles me chercher un livre.

- Mmmh. Je vais y aller, mais on est tellement bien... J'ai envie de rester là sans bouger. Pas toi ?

- Si...

mer. 03 février 2016

Quand ton inconscient est en fait un Bisounours (34/365)

Ce matin, je me souvenais de mon rêve, ce qui m'arrive très rarement ces dernières années. Rien que ça déjà, c'est chouette.

C'était un rêve très long avec des tas d'histoires enchevêtrées, mais il y avait notamment un épisode assez mignon que je m'en vais vous conter :

J'observe deux très jeunes gens en couple, ils sont très beaux, et ça ressemble à la scène des tourtereaux de Pulp Fiction juste avant leur braquage : ils sont sur le point de commettre quelque chose de grave. Mais eux, au lieu de sortir un flingue, ils sortent une grosse liasse de billets, et le garçon entre dans un bâtiment avec pendant que la fille l'attend dehors. Quand il ressort, il a un sourire matois et un sac brun en papier dans la main.

Comme c'est un rêve, je voyage dans le temps tranquille, et soudain je les vois, vingt ans plus tard, toujours au même endroit, toujours amoureux. Ils ont une petite échoppe où ils vendent de magnifiques légumes. Bio, variétés anciennes et tout le toutim. Parce que le sac en papier brun, échangé contre une liasse de billets vingt ans plus tôt, contenait... des semences.

Ouuuh, les bonnes bouilles des Bonnie et Clyde de la permaculture !

mar. 02 février 2016

Travailler avec les bonnes personnes (33/365)

Le mail de l'éditrice en charge du suivi pour la traduction que j'ai bouclée en décembre, et qui me félicite pour sa qualité. Ça me fait plaisir ! Mais moins que le fait qu'elle semble plus pro que celle de l'année dernière : vu le démarrage, j'ai toutes les raisons de croire que ça va bien se passer avec elle. Et ça c'est une très bonne nouvelle !

lun. 01 février 2016

Âmes délicates s'abstenir (32/365)

Quand je mouche Adèle et qu'elle est non seulement d'accord, mais pleinement coopérative, si bien que le démorvage est une vraie réussite, je dois l'avouer, j'éprouve comme un mini-orgasme.

Je tends à le rapprocher, par sa nature, du poil incarné ou du point noir que tu extrais avec succès, par exemple. Et si je considère le succès des vidéos Youtube sur le sujet (tapez simplement "extraire point noir" ou " percer furoncle", et observez le nombre de vidéos trouvées, ainsi que le nombre de vues, et les commentaires sous certaines : J'aurais payé pour le percer moi-même, celui-là), il est évident que je suis loin d'être la seule à éprouver cette satisfaction. Mais comment l'expliquer ?

J'ai l'impression que c'est aussi la même catégorie que la satisfaction qu'on peut éprouver à avoir sorti les poubelles, ou à avoir fait un bon caca. Le bonheur de l'excrétion au sens large ? Un truc de stade anal ? (je sais pas, j'y connais rien en psychanalyse). Je pose la question.

Dimanche en différé (31/365)

En retard pour les bonheurs du dimanche :

  • Un rôti fabuleux chez mes beaux-parents à midi (bien bien cliché, le coup du rôti le dimanche midi chez les beaux-parents, hein !). Je me verrais bien végétarienne 90 % du temps, et ne mangeant de la viande que quand elle est de cette qualité. Tuer un animal et que le résultat soit moins savoureux que ça, ça vaut moyennement le coup.
  • Un bon petit film très sympathique (tellement sympathique que j'ai réussi à ne pas m'endormir devant, à 22h passées c'est un exploit) : Scott Pilgrim. Il s'agit d'une adaptation d'une série de comics, je me demande si elle me plairait autant.
  • Le soulagement (physique et psychologique) du bobo qui est en train de guérir.

sam. 30 janvier 2016

Une quiche et ça repart, ou presque (30/365)

Quand ça ne va pas fort, la bouffe peut facilement devenir LE rayon de soleil de la journée. Hier j'avais confectionné une quiche vaguement lorraine qu'on n'a finalement pas mangée (invitation au bistrot de dernière minute), alors aujourd'hui, cette quiche était triplement délicieuse, d'abord parce qu'elle était déjà là, toute prête, ensuite parce que j'avais pris la peine de préparer moi-même la pâte brisée en la relevant avec des herbes, et de cuire tout doucement les oignons avec la coppa jusqu'à ce qu'ils soient quasiment confits ; et enfin, parce que c'était la première quiche que je remangeais depuis une éternité (je n'en avais pas cuisiné depuis un moment, après une légère overdose à une époque).

Et heureusement qu'elle était là, ma quiche, parce que la journée fut difficile (une de ces journées où tu attends avec impatience de pouvoir aller te coucher, qu'on en finisse).

Un des problèmes est qu'on n'arrive pas à s'ajuster à l'absence de sieste de Hiboute, ni à lui créer le climat propice pour qu'elle parvienne à s'endormir, et pourtant certaines fois elle en aurait encore besoin (devinez qui s'est écroulée sur le canapé à 18h30...) (et devinez maintenant qui va passer une soirée pas du tout en amoureux).

C'est une petite fille qui me fait beaucoup penser à son père, une petite fille qui n'aime pas dormir, qui trouve ça ennuyeux, qui met des plombes à trouver le sommeil. Elle se relève 20 fois, elle chante, elle parle dans son lit, et j'avais préféré arrêter de m'épuiser à attendre qu'elle la fasse, sa putain de sieste, parce que finalement, nerveusement c'était encore plus fatigant d'attendre en vain qu'elle s'endorme.

Mais je suis en train de me demander si j'ai vraiment opté pour la meilleure stratégie, là (je vous rappelle que la petite chose présentement échouie à mes côtés va péter le feu à 22h).

Si vous avez des idées ou des conseils pour ce cas-là, d'enfant-qui-ne-fait-pas-la-sieste-mais-il-en-aurait-bien-besoin-pourtant (et ses parents aussi), je vous écoute...

ven. 29 janvier 2016

Rame, rame, rameurs, ramez (29/365)

La journée d'hier, bien que tout à fait bof (trucs qui piétinent, temps perdu, sentiment de surplace), connut tout de même quelques satisfactions ; mais j'ai ces jours-ci un bobo assez anodin qui réussit pourtant à me prendre les trois quarts de mon énergie (les garçons : imaginez un genre de rhume), et le soir venu, je n'en avais plus assez pour bloguer.

Aujourd'hui ça ne va pas mieux, mais je suis habituée maintenant.

La bonheur du jour est très ambivalent (il en faut aussi, pour relever la soupe) : j'ai enfin complété mon dossier pour l'affiliation à ma nouvelle caisse de cotisation, et j'étais donc heureuse de le mettre enfin dans la boîte à lettres. Mais en même temps, je sais que je l'ai rempli tout de travers, que les chiffres ne correspondent pas, que j'ai fourni des papiers en trop - en sachant très bien que ça n'allait pas compenser ceux qui me manquent - qu'il y a des TVA qui se baladent à droite à gauche sans qu'on sache pourquoi, bref c'est un torche-cul qui va faire s'arracher les cheveux du malheureux qui aura pour mission de le traiter. Et le vague soulagement que j'ai éprouvé à la Poste tout à l'heure ne pèse pas lourd face au sentiment d'avoir mis volontairement le doigt dans un engrenage qui vraisemblablement va me broyer d'ici réception et traitement de mon dossier.

Voilà. Et puis il y a la photo que j'ai prise ce matin et qui est exactement à l'image de la journée, pleine de promesses non tenues :

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mer. 27 janvier 2016

La trouvaille (27/365)

On est partis pour déjeuner, mais à 14h le bistrot à côté de la maison n'avait plus rien à nous mettre sous la dent, alors on est revenus avec des étagères pour la cave.

Eh oui.

Complément d'explication : on a commencé à remonter la rue pour trouver un croque-madame quelque part, et puis on est tombés nez-à-nez avec cette étagère, presque exactement comme celle que j'avais prévu d'acheter pour ranger plus commodément nos affaires à la cave. En bois brut, un peu branlante mais robuste tout de même, gratuite et à 200 mètres de la maison : que demande le peuple ?

On a un peu hésité à aller déjeuner tout de même, en pariant qu'elle serait encore là au retour, mais je n'ai pas voulu trop pousser ma chance, et finalement le Tigre n'avait pas tant de temps que ça pour déjeuner.

J'apprécie d'avoir économisé quelques euros, je savoure la satisfaction du recyclage et de la décroissance, mais surtout, j'adore quand un item de ma to do se raye quasiment de lui-même. ("quasiment", parce que le machin a tout de même été une galère à transporter jusque dans la cave, mais bon). J'ai alors le sentiment que l'univers se penche sur mon cas en grommelant Tsss... trois mois qu'elle parle d'aller acheter ces foutues étagères, même pas fichue de faire avancer le schmilblick. Bon on va lui filer un coup de main parce que là elle ne va pas s'en sortir, cette grande couasse.

mar. 26 janvier 2016

Fertiles lectures (26/365)

Donc, En France, de Florence Aubenas, c'est très bien : il s'agit d'un recueil de ses chroniques pour Le Monde.

Littérairement, elle est vraiment très très forte pour esquisser le portrait des gens en une phrase et demie, ça me fascine complètement.
Humainement, elle est infiniment précieuse, car elle vous parle de gens que vous ne connaissez pas, et avec qui vous devez bien vivre pourtant. Je n'ai pas trouvé de lecture comparable à ses chroniques de Hénin-Beaumont au lendemain de l'élection d'un maire FN ; elle y décrit les gens, leur donne la parole, sans complaisance mais sans mépris, et pour la première fois j'ai le sentiment, non pas de comprendre un truc, mais, disons, que je pourrais comprendre un truc, sur le monde, sur mes semblables.

Mais justement comme ce sont des chroniques, ben parfois, c'est trop court. Cette bande de copines qui portent le voile depuis quelques temps par exemple, il leur faudrait cinquante ou cent pages, pas trois. Parce que j'ai le sentiment de toujours entendre les experts sur cette question, et jamais les premières concernées (je parle de ce qui me parvient "passivement" comme infos ; si on cherche, si on bosse, ces voix-là on doit pouvoir les trouver bien sûr. Mais qui a le temps, qui prend le temps de chercher ? Alors qu'on a largement de quoi faire avec le seul flux d'informations qui nous atteint sans qu'on ait levé le petit doigt ?)

Bon, bref, j'en viens à nos moutons. Ce que je ne vous ai pas raconté la semaine dernière, c'est qu'à la bibliothèque, en même temps que Florence, il y avait Mona qui était arrivée pour moi :



Et ce matin, la double joie de m'être levée assez tôt pour lire avant le réveil de Hiboute, et d'avoir du mal à me concentrer sur ma lecture tellement elle est prometteuse. Vous voyez, quand votre propre enthousiasme vous empêche d'être pleinement à ce que vous faites ?

(un bonheur du jour de trois lignes sur une note qui en compte le quintuple, je vous filoute un peu là. Enfin pas complètement, la lecture de Florence Aubenas c'est un gros kif aussi, même s'il ne date pas d'aujourd'hui...)

lun. 25 janvier 2016

Nature et culture (25/365)

Je préfère évoquer les bonheurs de la matinée car je pressens que l'après-midi sera moins satisfaisante (et puis je procrastine d'une manière créative comme ça).

Le premier est absurde, ce matin j'ai trouvé sur la terrasse un bourdon mal en point, que j'ai ramené à l'intérieur pour qu'il se réchauffe. Après l'avoir observé un petit moment, décliner mon offre de miel puis se dégourdir les pattes, je l'ai laissé à ses affaires et me suis occupée des miennes. Une heure après, j'ai entendu bourdonner. J'ai encore attendu un peu et puis je l'ai remis dehors - il ne passera peut-être pas la journée mais bon.

La rencontre avec un animal sauvage (fût-ce un bourdon cachectique) me fait toujours beaucoup d'effet. Nous menons des existences si éloignées de la nature que le simple fait de marcher dans l'herbe - de marcher dans l'herbe, bordel - nous remue profondément.

Je m'en suis encore aperçue hier en emmenant Hiboute au parc ; est-ce parce que les parisiens ont intégré que la plupart des pelouses sont interdites en hiver, en tout cas celle de Montsouris était déserte alors que les allées grouillaient de monde. J'ai proposé à ma fille de couper par cette belle étendue verte qui s'offrait à nous, et j'ai vu à son sourire qu'elle éprouvait quelque chose de particulier. Elle semblait éclairée de l'intérieur, et comme un miroir qu'elle me tendait, j'ai senti moi aussi ce truc dans mes tripes, un truc doux et poignant ; ce manque de nature, cette connexion qu'on venait restaurer un tout petit peu.

Le deuxième bon moment de la journée a été celui de l'artisan qui passe un coup de balai dans son atelier et graisse ses outils avant de se mettre au travail : j'ai préparé mon tableau de suivi pour une nouvelle traduction qui commence. J'ai créé un nouveau dossier, ouvert un fichier à partir de ma matrice. Je compte le nombre de chapitres, le nombre de pages dans chaque chapitre, c'est bête et méchant mais ça me rassure, je choisis les couleurs, je fais mes calculs, mes estimations.

Ensuite... le début de la traduction va s'amorcer, un peu mollement, péniblement, je vais buter sur chaque phrase, noter des bouts d'expressions, me poser les mauvaises questions, me perdre dans des recherches périphériques. Mais là, tout de suite, mon dossier est rutilant et j'ai hâte de m'y mettre. D'ailleurs, allez hop, je m'y mets - peut-être un dernier bout de chocolat avant, et aussi un thé, et un dernier tour de vérification de mes mails, mais allez.
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dim. 24 janvier 2016

Toujours le même t'aime (24/365)

Quand elle n'est pas relou, Hiboute est un bonheur de tous les instants. Le spectacle de ma fille qui danse, qui escalade, qui se concentre sur sa peinture, qui se fait lire une histoire par son père... C'est du miel, c'est de l'or.

Le weekend, quand il n'y a pas crèche, c'est un peu dur de choisir un bonheur qui n'est pas lié directement à elle (surtout quand je foire mon cake à la vanille). Alors vous me pardonnerez de broder encore et toujours sur le même thème...

Mais bon si je dois en nommer un qui n'a pas lieu tous les jours, c'était ce soir en la couchant : j'étais allongée à côté d'elle, et elle m'a fait plein de petites caresses très délicates sur le visage et sur le pull, j'en aurais ronronné de bonheur, d'autant que cette petite mistouflette n'est guère câline d'habitude (voire carrément brutasse porcasse).

sam. 23 janvier 2016

Joker (23/365)

Hiboute ne fait plus la sieste, et on n'a pas fini de faire notre deuil. On aurait dû être prêts, pourtant, car elle a de qui tenir : moi j'ai arrêté à 18 mois (même si je me suis rattrapée après), et, comme son père, elle déteste dormir et ne s'abandonne qu'à regret au sommeil.

Mais nous, on trouvait ça drôlement bien pour couper la journée, le coup de la sieste. On a essayé de remplacer ce moment-là par le fameux "temps calme" ou "repos", concept qui échappe totalement à notre petite chérie, en dépit de son intelligence par ailleurs foudroyante. Ou alors, elle est d'accord, et on peut profiter de 90 secondes de tranquillité à peu près.

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Bref, en fonction de notre énergie et des activités prévues le weekend, on vit plus ou moins bien ce nouveau rythme, et pour moi aujourd'hui, c'était vraiment dur. J'avais mis des pois chiches à tremper la veiller et prévu de faire des falafels ce soir, mais le courage me manquait, et devant ma petite mine finalement, le Chou est parti avec Hiboute chercher des pizzas à emporter. Elles seront peut-être moins bonnes que les miennes, ou carrément mauvaises, mais qu'importe : je suis bien soulagée...

ven. 22 janvier 2016

Dans la salle de bains (22/365)

Des fois le bonheur c'est très simple.

C'est mon amour qui rentre un peu plus tôt que prévu sans prévenir.

Hiboute est dans le bain avec un mètre de mousse, moi douillettement installée dans le panier à linge (sale, mais confort), alors lui s'assoit sur le petit banc, on est tous les trois de bonne humeur et on discute tranquillement.

jeu. 21 janvier 2016

Rondement mené (21/365)

Cette semaine, je faisais ma rentrée après quinze jours de vacances.

Lundi, dej avec mon éditrice. Perspectives de boulot pas dingues.

(ouaiiiiis j'aime bien balancer ça comme, l'air de rien, "dej avec mon éditrice"...)

Mardi, j'envoie un petit mail pour la remercier (je ne sais pas si c'était bon, je suis trop enrhumée, mais c'est elle qui a payé).

Mercredi, surprise, elle me propose un bout d'essai pour un nouveau roman.

Aujourd'hui j'ai péniblement tricoté une première version laborieuse dégueulasse, pleine de trous et de taches.

Demain, je reprends mon torchon, je défais les nœuds, je rabote et je mets de l'huile là où ça coince, je rebrode plus joliment ici et là, je repasse le tout bien propre, et je renvoie.

C'est ce que j'appelle une rentrée sur les chapeaux de roue.

mar. 19 janvier 2016

J'ai rendez-vous avec Florence (19/365)

La bibliothèque municipale est un bonheur à tiroirs, que je détaillerai peut-être un de ces quatre.

En attendant, celui d'aujourd'hui, c'était le mail-surprise :

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J'adore réserver deux ou trois ouvrages très demandés (j'ai des goûts grand public), pour avoir ensuite le plaisir, au bout de quelques jours, quelques semaines, quelques mois, de recevoir ce mail qui m'annonce que ça y est, on me l'a mis de côté et qu'à présent il est pour moi, juste pour moi, rien que pour moi. Demain j'irai le chercher, non pas le cœur battant tout de même... Mais avec plaisir, assurément.

dim. 17 janvier 2016

L'expédition (18/365)

Le rhume s'est transformé en truc un peu plus costaud ce weekend, qui ne m'a pas empêchée de vivre des tas de moments éligibles aux bonheurs du jour, seulement, à partir du samedi soir j'étais beaucoup trop loquifiée pour faire quoi que ce soit. Lire Petit Ours Brun à Hiboute a été un exploit, alors écrire quelques lignes ici, laisse tomber... Je ne sais pas si c'est une réaction aux vaccins, ou d'être restée dans le froid trop longtemps le vendredi soir, ou les deux ensemble, toujours est-il que je n'avais pas été aussi bonne à rien depuis un moment. Bon du coup je vous raconte le samedi, que j'avais commencé à rédiger avant d'être complètement KO :

Le weekend en général, quand on commence à se préparer pour sortir en fin de matinée, on arrive à se retrouver dehors en début d'après-midi. Hiboute ne refuse pas toujours frontalement de s'habiller, en général c'est plutôt Attends ! Deuzgonde !

De mon côté, n'ayant jamais tellement aimé bousculer quiconque, à commencer par moi, je n'insiste pas ou mollement et en attendant de revenir à la charge, je range un truc, je prends ma douche, je lance une machine, je mange un petit truc, et du coup ça inspire Hiboute qui veut bien une banane, bon juste une demi parce que la dernière c'est moi qui l'ai mangée finalement, je lui rappelle. Vingt minutes plus tard, je finis par m'agacer parce que même si je n'aime pas qu'on se bouscule, une heure et demie pour aller acheter une baguette, même les escargots de Bourgogne commencent à trépigner un peu.

Le weekend, quoi.

Bon an mal an, on finit par avoir tous nos manteaux et nos chaussures, le Tigre descend le tricycle, je descends Hiboute, Hiboute descend sa valisette. On part.

On chemine tranquillement quand soudain, Hiboute pile et s'écrie : J'ai faim moi !

On n'a pas le temps de répliquer qu'elle descend du tricycle, ouvre la valisette posée derrière, et en sort triomphalement... la fameuse demi-banane d'il y a une heure, dégustée aux trois quarts seulement (il reste donc environ une bouchée, c'est Byzance).

C'était tellement attendrissant et inattendu qu'on a éclaté de rire son père et moi. D'être tous les trois ensemble et de vivre ce genre de petits moments comiques et charmants, c'est un truc que j'adore ; et là, le bonheur, je vous jure que je ne le reconnais pas au bruit qu'il fait en partant. Non, c'est un bonheur d'une espèce sonnante et trébuchante, impossible à louper, qui m'emplit les oreilles et me gonfle le cœur.

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Ensuite le Chou m'a dit que ça lui avait rappelé une scène, Chaplin, Keaton ? Il ne sait plus et moi non plus. Une scène où le héros se promène avec une valise, censée contenir tout ce qu'il possède. Peut-être même qu'elle a l'air lourde. Et finalement quand il l'ouvre, la valise est vide, ou presque, il y a juste une pomme dedans. Ça vous dit quelque chose ?

sam. 16 janvier 2016

Des fois c'est compliqué (15/365)

Le bonheur, après m'être copieusement gelé les miches à Ménilmontant pour une soirée Ogre en librairie (très bien au demeurant la soirée, très chouette la librairie, mais enfin, FERMEZ-moi cette bon dieu de porte bordel, il fait - 12°C dehors là), le bonheur, le bonheur de rentrer dans ma tanière douillette, toute bien calfeutrée, le bonheur de retirer les pompes, la robe et le collant jolis pour enfiler un caleçon confortable et un pull moelleux, le bonheur, après être restée debout pendant deux heures, de prendre mes aises dans mon cher canapé... Rhaa trop de volupté, n'en jetez plus !

Ça c'est le bonheur facile à raconter, et le plus intense. Y en a eu un autre ce soir, plus compliqué, et qui a davantage ressemblé à un repêchage du destin, j'essaie de vous raconter vite mais je vais pas y arriver, allez vous faire un thé, vous n'allez pas lire tout ça d'un coup (et en plus je vous mets pas d'image, duraille) :

Dans le métro à l'aller, à une station on reste arrêtés longtemps. Je suis au milieu d'une rame assise dans un coin, et dans celle de devant, il y a une femme en train de se faire agresser, verbalement, par un type resté sur le quai. Ça ne dure pas très longtemps, le moment où on l'entend, peut-être 30 ou 40 secondes, mais c'est assez longtemps, et il y a assez de silence pour que toutes les têtes commencent à se pencher et à se tourner vers la source du seul bruit qui s'élève, cette voix d'homme, pas du tout vociférante, non, plutôt perverse, très tranquille, impunité maximum, et le mec sait qu'il réussit très très bien à emmerder sa victime.

T'es une cochonne, toi, une petite cochonne. Pourquoi tu rougis, petite cochonne ?

Un truc dans le genre.

On n'entend pas de réponse. Je ne vois pas la femme, ni les gens autour d'elle. Que font-ils bordel, que s'est-il passé avant, tout ça j'en sais rien, je sais très bien en revanche la rage et la honte et la peur et l'impuissance de cette femme.

Et je passe le reste du trajet à peu près dans cet état-là, ce mélange d'émotions, je m'aperçois que je ne sais même pas si les crocodiles risquent quoi que ce soit en cas de "simples" insultes, et pendant plusieurs stations je vois tellement rouge et je ne trouve même pas comment j'aurais réagi si j'avais été à la place de cette femme, que je suis encore plus en colère.

On arrive au terminus. Je me rappelle qu'il faut interpeler des témoins de la scène, individuellement, pour éviter l'effet du témoin. Je me rappelle avoir vu passer plusieurs fois sur internet des gens qui filmaient leur agresseur, et quand ça ne marchait pas immédiatement, ça avait une utilité après, si on porte plainte (je me dis que pour oser dégainer il ne vaut mieux pas avoir le dernier Iphoune, ou alors pas avoir peur de se le faire piquer). Je me dis qu'il faut que je lise plus.

Je monte les escaliers en repensant à mon extraordinaire et sanguine copine Pumpkin, qui a poursuivi le mec qui lui avait piqué son téléphone, et qui l'a tapé, mais comme elle ne sait pas taper, elle s'est cassé un doigt (mais elle a récupéré son téléphone).

Je suis sur le quai du métro pour mon changement, et je regarde les mecs autour de moi. Est-ce que je saurais taper assez fort, assez vite, dans les couilles, sur la pomme d'Adam ? Avec toutes ces écharpes et ces doudounes, c'est compliqué quand même. Mais à cet instant en revanche, j'ai largement assez d'adrénaline pour tenter le coup, si jamais l'occasion se présentait.

Les fois où je me suis retrouvée dans des situations limites qui n'étaient pas paralysantes (le mec qui en veut à ton larfeuille paralyse beaucoup moins que celui qui en veut à ta vertu, c'est bête hein), j'ai, sans réfléchir, crié très fort. Mais alors, genre, très très très très très TRÈS fort. Au point de stopper le métro, fort. Ça, ça marche pas mal du tout (tu te sens un peu con d'avoir hurlé comme une malade, mais ça marche). Mais encore une fois, c'est une autre paire de manches de réussir à crier quand on s'intéresse à tes fesses plutôt qu'à ton smartphone. Fureur et lassitude de devoir me glisser perpétuellement dans la peau d'une proie potentielle.

Bon bref, j'arrive à la soirée un peu dans tous mes états. Je prends cinq minutes pour me calmer, et puis je passe à autre chose.

Vous vous demandez où il se planque, le petit bonheur, là, hein ? Un peu de patience, c'est pour bientôt.

Dans le métro du retour, je suis un peu plus sur mes gardes que d'habitude.

J'ouvre encore une parenthèse pour préciser un truc, que j'imagine tout le monde fait plus ou moins : chaque agression - pas nécessairement sexuelle - vécue, en tant que protagoniste ou simple témoin, depuis 13 ans à Paris, a modifié légèrement mes habitudes à chaque fois. Depuis 2005, si la rame est quasi-vide, je ne m'assieds plus sur les sièges groupés par 4. Je reste sur les strapontins. Depuis 2010, je rabats les pans de mon manteau sur mes cuisses et j'enfonce les poings dans mes poches. Depuis 2013, je m'arrange pour retirer de l'argent au maximum dans les distributeurs situés à l'intérieur des agences. Des choses comme ça.

Donc, je suis sur mes gardes. Les stations défilent, on se rapproche lentement de mon tranquille 14e et il y a pas mal de monde, du coup je me détends un peu.

Arrivent deux mecs, qui s'assoient à côté de moi, l'un en face de l'autre. Sur mes genoux, le sac en papier qui contient le plat à emporter que je me suis offert avant de rentrer. Dessus il y a encore le ticket de caisse agrafé, bien visible. Les deux types, à peu près mon âge, et qui manifestement passent une bonne soirée, commencent à plaisanter sur mon menu. Je réponds du tac au tac, on discute une minute ou deux, c'est léger et sympathique ; comme interaction sociale du métro, on fait rarement mieux. Je suis relax, ils pourraient être des amis, on pourrait bien s'entendre, ils m'ont tout l'air d'être des garçons drôles et gentils.

On se salue quand je sors à ma station, ils me font même sourire pour de vrai (oui parce que je souris très bien pour de faux), et je remercie le ciel de me les avoir envoyés, ces deux-là.

Il faut que j'explique davantage ou vous voyez bien pourquoi ? Non parce qu'il est 23h42 là, et j'avais dit que j'essaierais de faire court mais je savais que j'allais pas réussir.

jeu. 14 janvier 2016

Et si je suis toujours malade demain, ce sera bouillon de poireaux et ravioles du Dauphiné (14/365)

Journée encotonnée, j'ai fini par attraper le rhume du Chou et/ou de Hiboute. Je suis restée douillettement à la maison, et je me suis préparé un de mes plats favoris : des œufs à la coque (je ne sais pas pourquoi je n'en fais pas plus souvent, tellement ça me rend heureuse).

J'avais trouvé la veille un pain de campagne succulent, idéal pour les mouillettes. Il y avait un restant de salade ET un fond de vinaigrette, l'effort minimum quand on est maladou, c'est cool. Je me suis servi du coquetier en bois que j'ai récupéré chez mes grands-parents la dernière fois, un souvenir d'enfance.

C'était bien...

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mer. 13 janvier 2016

Génie (13/365)

Expo Bretécher cet aprème.

J'admire l'intelligence, la justesse et la drôlerie de toute son œuvre, mais l'une des choses que je préfère, c'est son inventivité langagière et patronymesque, notamment dans Agrippine. C'est frais, ça ne ressemble à rien d'autre, ça tombe impeccablement, je suis même un peu jalouse à vrai dire, mais en attendant, quel bonheur, les apocopes géniales (ça me faiche, ferme tague), les personnages pondus (Mirtil Galère, Modern Mesclun, Bergère Leprince), et puis les biomanes, et puis Laisse Bouygues...

Bretécher, c'est la plus forte.

Image piquée sur Amazoun, 22h57 j'ai pas le courage de mieux.

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