Le portier du Russian Tea Room est très à mon goût, avec un sourire qui lui
fait plisser les yeux ; alors dès que je suis dans le quartier je passe
devant pour lui dire bonjour, l'air de rien - ça fait au moins 3 ou 4 fois et
je ne suis pas fichue de le draguer franchement, ma couardise me
désespère.
Le musicien qui est parfois sur le quai de mon métro m'a laissé essayer ses
steel drums - trop bien !
Discussion vive avec une petite bande de jeunes gens éduqués à qui j'ai fait
pousser des cris d'indignation (enfin, je pense qu'ils n'ont sollicité mon
opinion que pour pouvoir s'indigner, puis condescendre) sur le sujet de la
b*rqa - j'ai émis un avis favorable à cette commission en France qui se demande
si l'on doit (ou pas ? je ne suis les infos qu'à travers les blogs...)
légiférer son port et on m'a jeté des Liberté individuelle et des Etat
paternaliste au visage. Je les ai trouvés un peu gonflés mais bien trop
passionnés pour qu'on puisse discuter intelligemment de la question, alors au
bout de deux-trois échanges de sourds, l'alcool et mon esprit d'escalier
aidant, j'ai laissé tomber.
Parfois cependant, il y a des situations où je fais davantage couleur
locale : les touristes viennent souvent me demander leur chemin (c'est
très drôle quand ce sont des français : "ekskiouz mi, douillou noh ouèriz
peine stècheun ?".
Hier soir, je rentrais décalquée d'une nouvelle expérimentation stop-motion
(que je vous montre très bientôt), mais arrivée au pied de mon immeuble,
j'avise des gamins qui jouaient aux dominos (ça arrive souvent mais je ne
prends jamais le temps de). Remonter en vitesse poser mes affaires et changer
la batterie (également bien fatiguée du stop motion), puis redescendre prendre
la scène en photo, je voulais le faire depuis un moment, je trouve ça tellement
chou, des ados qui jouent aux dominos (peut-être qu'ils n'ont juste pas le fric
pour jouer à autre chose, mais je n'en sais rien en réalité).
Ce que je n'avais pas prévu, c'est le défilement des gosses qui voulaient
que je leur tire le portrait. Tout seuls, avec les cousines, avec le petit
frère, avec les copains... Ce fut un sacré moment.
Une de mes élèves m'a envoyé le lien d'un reportage télé où nous
apparaissons, attablées à un café (l'air de glander alors que pas du tout), le
temps d'une seconde ; je suis stupidement fière d'avoir laissé une trace
vidéo dans New York ! (du moins, durant la semaine où le reportage reste
en ligne)
J'ai finalement craqué et me suis acheté un trépied (alors que j'en ai un à Paris, que je ne voulais pas emmener pour ne pas me surcharger... bien joué, espèce de nouille), 37 dollars chez B&H, qui dit mieux ? (B&H, c'est comme une Fnac technique mais en vingt fois mieux : d'abord il y a tellement de vendeurs que vous ne poireautez jamais pour avoir un renseignement, ensuite il s'y tient des espèces de cours/conférences de photo gratuits, et enfin, il y a des jarres de bonbons partout dans le magasin ! )%%
Au début il y avait un truc qui me gênait dans les magasins, c'était les vendeurs qui te demandent systématiquement "how are you ?" (si ça fait plus de deux fois que tu viens "how are you today ?") ; je ne savais pas s'ils attendaient vraiment une réponse ou si c'était simplement rhétorique. J'ai fini par en prendre mon parti et par répondre pour de bon avant de leur retourner la question, tant pis si ce n'est pas l'usage.






