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jeu. 18 mai 2017

Déjà jeudi, tirage au sort

Et c'est Léonie qui remporte le gros lot livre de yoga ! Tu m'envoies un mail avec tes coordonnées ?

(Et comme ça fait un peu court pour une note, je continue dans la thématique têtards en vous laissant sur ce commentaire trouvé sur le FB de La Hulotte, parce que c'est le genre qui permet de se rappeler que les humains sont parfois des créatures adorables) :

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mar. 16 mai 2017

J'étais partie ce matin au bois

Dimanche, j'avais prévu d'emmener Hiboute à la Cité des Sciences, et puis, je sais pas, le béton tout gris du 19e, d'un coup, ça m'a blasée, étouffée, j'avais soif de vert, d'arbres et de chant d'oiseaux, alors j'ai changé mon fusil d'épaule et nous sommes parties à l'aventure au bois de Vincennes.

Quand on habitait à côté, je n'y allais presque jamais, et je n'avais jamais dépassé le lac Daumesnil...

Là, j'ai décidé de commencer l'excursion à partir du château de Vincennes. La première demi-heure, ça puait le plan foireux : encore plein de routes et de bagnoles partout, Hiboute qui ne voulait pas marcher, la pluie qui commence à nous tomber sur la tronche...

Et puis on s'est enfoncées un peu plus dans le bois, on a trouvé des troncs d'arbres à escalader, on a ramassé des feuilles, des cailloux, des bouts de bois. Il y avait régulièrement des averses, mais sous les arbres, on était à l'abri. Je l'ai prévenue que les orties, ça piquait ; elle s'y est quand même piquée, pour la première fois de sa vie, et j'ai eu le sentiment qu'elle venait de vivre une sorte de rite initiatique.

Je lui ai fait découvrir la chélidoine, et on a dessiné des soleils et des bonshommes sur le dos de sa main avec la sève. Dans un petit cours d'eau, nous avons trouvé des têtards ! Je n'avais pas pêché de têtard depuis mes 10 ans, je pense. Difficile de dire qui de nous deux était la plus heureuse avec ces grumeaux noirs qui frétillaient dans le creux de notre main. Bien sûr, elle a glissé et les bottes se sont remplies d'eau. Les risques du métier.

Puis nous avons rejoint les rives plus civilisées du lac, cueilli des graminées pour faire des pinceaux, contemplé de près les canards et les énormes cygnes venus à notre rencontre (ils sont manifestement habitués à être gavés par les promeneurs... J'ai repensé à ce que m'avait dit l'ornithologue à propos du sel contenu dans le pain, qui finit par tuer les oiseaux, et j'ai sagement laissé ma demi-baguette dans mon sac).

Enfin nous avons repris le métro, à Porte Dorée cette fois, et nous sommes rentrées. Comme dirait Heure Bleue, c'était bien...

jeu. 11 mai 2017

Qui veut gagner des asanas ?

Je suis traductrice depuis bientôt 3 ans, j'en suis à 7 titres parus (de mémoire), et 3 à paraître. Malgré l'immense plaisir que je prends à faire ce travail, il est à peu près certain que ces ouvrages n'accèderont pas à la postérité, entre les romans porno ultra-clichés et les récits légers pour adolescents. Je ne m'en plains pas, au contraire : même avec des livres de cet acabit, j'apprends déjà énormément ; et puis, je préfère débuter ma carrière sans trop de pression et fourbir tranquillement mes dictionnaires et mon clavier avant de me voir confier, un jour peut-être, des œuvres plus exigeantes.

Il y a toutefois un livre dont je suis un peu plus contente que des autres (il faut bien avoir un chouchou), non parce qu'il est merveilleusement traduit - le texte d'origine était coton, dans son genre, j'ai fait ce que j'ai pu - mais parce qu'il peut être utile, tout simplement ; vous avez deviné ? C'est un livre de yoga.

Écrit par une américaine à l'enthousiasme très américain qui vous embarquera peut-être si vous êtes bon public, et vous énervera si vous être du genre Tigre-Chou.

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Non cette image n'a rien à voir, cherchez pas.

Elle y parle de trucs qui m'ont touchée, qui ont eu un effet sur moi (bon je pense que quand je traduis, il y a des filtres qui se désactivent dans mon cerveau, et je deviens particulièrement perméable à ce que je lis/écris - même quand c'est des conneries !). En fait, depuis ce livre, je ne fais pas tellement plus de yoga qu'avant (même si cette lecture a teinté ma pratique) ; en revanche, il y a un truc qui a changé dans ma vie : je me suis mise à la méditation. C'était pas vraiment prévu, mais c'était sans doute le moment, je crois que je tournais autour depuis quelques années.

Et comme par hasard, dans la foulée j'ai lu d'autres livres évoquant le sujet : des romans comme Mange Prie Aime, d'Elizabeth Gilbert (pas du tout le truc gnangnan auquel je m'attendais, au contraire, c'était vif, drôle et nourrissant), et des ouvrages plus pratiques, comme ceux de Christophe André (dont le succès, selon moi, est dû notamment à sa justesse de ton, à son absence totale de jugement, et à, comment dire ? Son étoffe d'anti-gourou, peut-être.)

Mais je m'égare. Vous êtes toujours là ? Je n'avais pas du tout prévu de vous raconter tout ça, je voulais juste vous proposer un exemplaire de ce fameux livre-de-yoga-pas-très-bien-écrit-mais-sympa-quand-même. Ça vous dit ? Si la réponse est oui, dites-le moi dans les commentaires (je sais, le formulaire est relou), et si vous êtes plusieurs à avoir envie de faire des chiens tête en bas, ben on fera un tirage au sort ! On se donne jusqu'à, allez, jeudi prochain ?

ven. 05 mai 2017

Alea jacta est, et bon weekend !

Ce doit être le quatrième brouillon que je viens rédiger ici - dans ma tête, j'en suis à quinze ou vingt.

Depuis bientôt deux semaines, on a vu passer de tout. J'avais envie d'y aller de mon petit couplet, moi aussi, mais quelque chose me retenait (et me retient toujours un peu, peut-être que je renierai ce post sous peu).

L'approche de l'échéance me libère : tout ce qui devait être dit a été dit, et même un peu plus. Autant j'imaginais les indécis au premier tour provoquer des embouteillages devant les isoloirs, autant là, il me semble qu'il n'y a plus beaucoup de doute qui traîne.

J'ai passé quinze jours à essayer de comprendre les abstentionnistes, et à leur opposer mes propres arguments. Je précise que j'ai discuté avec des gens pas trop vindicatifs (sauf une fois), et que je suis moi-même restée très courtoise. Malgré tout, ni eux ni moi n'avons beaucoup progressé, je dois l'admettre. Mais on ne s'est pas insultés, et ça c'est déjà une victoire, non ?

Je suis passée par le déni (le soir du premier tour : wouhou, on est sauvés, et je ne vais pas avoir à voter Fillon !), la colère (quoi il y en a qui trouvent que c'est pareil ? Mais c'est dingue !), le marchandage (discussions interminables sur les réseaux sociaux), et je crois que j'en suis à l'acceptation : il faut de tout pour faire un monde, et ceux qui veulent faire la révolution y ont leur place autant que moi qui aimerais mieux que les choses changent sans violence (vu que je trouve qu'il y en a déjà assez comme ça). On est tous pareils, on est tous différents : on voudrait tous un monde meilleur, mais on n'en a pas tous exactement la même idée, et surtout on n'envisage pas tous les mêmes chemins d'action pour y parvenir. J'accepte de ne pas comprendre les gens qui ne font pas le même choix que moi, en espérant seulement que ceux de mon camp seront plus nombreux dimanche. (Si on perd, nul doute que cette belle acceptation sera quelque peu chahutée dans ma petite tête, je ne suis pas un moine bouddhiste non plus.)

Je retiens un texte qui vous parlera peut-être comme à moi ; dans tout ce que j'ai pu lire ces derniers jours, j'ai trouvé que son optimisme contrait (et contrastait) efficacement l'ambiance plombée / plombante : merci à Samantdi pour le lien !

mer. 03 mai 2017

Il s'est passé quoi en avril 2017 ?

(Je sors de la prostration où je n'arrive ni à écrire ni à pas écrire, en trichant avec des photos sans lien avec l'actualité.)

Je n'ai pas pris beaucoup de photos ce mois-ci.

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J'avais ramassé des morceaux d'argile dans le désert, en février dernier. J'ai montré à Hiboute comment rajouter de l'eau (surprise ! ça pétille comme un cachet d'Aspro), mélanger, patienter, et se retrouver avec une terre qu'on peut pétrir et modeler. Ouiiii la poterie me manque... (Je sais, moi je ne lui manque pas.)

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Nous sommes allés à Versailles en famille, voir les grandes eaux, un peu à l'arrache. Tellement à l'arrache qu'on n'a rien vu du tout, mais c'était bien et beau quand même.

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On a fêté Pâques en famille et cette palette de couleurs m'a ravie.

ven. 21 avril 2017

Une dernière petite louche de démocratie pour la route ?

Bon, pour cette fois c'est trop tard, mais quand tu vois le merdier, tu te dis qu'il faudrait changer les règles du jeu, à défaut de pouvoir changer les participants.

Cette bédé en trois pages (attention les littéraires, y a un peu des maths qui font peur au milieu) défend le principe du "jugement majoritaire" de façon très convaincante.

Et si vous avez envie de vous y essayer, il y a même une élection "parallèle"-test d'organisée ici (je conseille, ça défoule, même s'il manque la mention "à jeter aux crocodiles séance tenante" pour certains candidats).

J'aimerais bien vivre assez longtemps pour voir survenir ce changement de mode de scrutin !

jeu. 20 avril 2017

J'hésite moins

Il y a souvent cette expression qui revient dans les journaux, l'échiquier politique. C'est joli, et puis ça traduit bien le côté "coups" et "manœuvres" de l'exercice. Mais dans ma tête, en fait d'échiquier, je me représentais plutôt une bête ligne, voire carrément un segment, la droite, la gauche, le centre, terminé. Je ne dis pas que cette représentation était définitive ni exhaustive au regard ce qui se passe sous mon crâne, mais inconsciemment, c'est simplement le résultat du pouvoir des mots : on me parle de droite et de gauche, j'ai du mal à penser à autre chose qu'à un machin horizontal unidimensionnel. Même si je SAIS que c'est plus compliqué que ça, en vrai.

Et puis hier, je suis tombée sur ce questionnaire, qui permet de trouver son alter ego politique. Au départ, je l'ai fait pour m'aider à décider pour qui voter dimanche (oui, je fais partie des graaaands indécis pour ce premier tour), et si le résultat ne m'a pas considérablement surprise, en revanche j'ai vraiment apprécié cette représentation bidimensionnelle des positions politiques de chaque candidat. Ça ressemble déjà un peu plus à ce fameux échiquier, et puis ça me paraît plutôt efficacement synthétisé (j'avoue, je suis une vilaine citoyenne, je n'ai pas épluché moi-même tous les programmes). Je cite CrowdPac : "Notre système de notation positionne les candidats de manière objective sur deux axes idéologiques :

  • de progressiste à conservateur sur les questions de société ;
  • d’interventionniste à libéral sur les questions économiques."

Au final, ça donne ça :

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Si jamais ça peut aider d'autres indécis à faire leur choix...

mar. 18 avril 2017

Application du bicarbonate comme déodorant (trop sexy le titre)

A la demande générale, je vous raconte l'application, même si Le Goût a déjà bien défriché la question dans les commentaires. Alors oui, il y a la question de la granulométrie : le bicarbonate de soude, la plupart du temps (en tous cas dans les grandes surfaces), il ressemble à du sel fin. Ça adhère un peu moins que celui qui est fin comme de la maïzena, mais ça fonctionne déjà plutôt bien. Concrètement, pour le moment j'utilise comme contenant un pot à épices muni d'un couvercle à trous ; j'en saupoudre l'équivalent d'une grosse pincée dans le creux de ma paume et je frotte l'aisselle opposée avec (oui, j'en fais tomber un peu par terre au passage, mais bon rien de dramatique, surtout à côté des projections de litière du chat sur le sol de la salle de bains...) (non, son bac à litière n'a pas de petite porte, c'est un chat claustrophobe).

Jusqu'à peu, je n'avais à ma disposition que la version sel fin, mais le dernier paquet acheté (cette référence-ci) a la consistance du sucre glace. Et du coup, je projette de récupérer chez feue ma grand-mère l'une de ses nombreuses boîtes de poudre de riz munie d'une houppette pour la recycler en applicateur de déodorant, ce sera plus pratique. Et j'aime évidemment l'idée de donner une seconde vie à cet objet qui a pour moi une connotation un peu désuète. Je précise "pour moi" parce que je crois savoir que les personnes qui se maquillent continuent de manier la houppette pour déposer de la poudre libre sur leur zone T. Tout ça pour vous dire que si vous n'avez pas de grand-mère à poudre de riz sous la main, n'importe quel Sephora ou assimilé devrait faire l'affaire pour vous équiper. Googlez simplement "houppette".

Une dernière précision sur le bicarbonate : la marque que je vous ai indiquée ("La Droguerie écologique") commercialise les deux versions, sucre glace et sel fin, en les dénommant respectivement "bicarbonate technique" et "bicarbonate alimentaire". Mis à part la granulométrie donc, il s'agit exactement du même produit. Je ne nie pas que pour certains usages il soit primordial d'utiliser l'un ou l'autre (plus ou moins abrasif, plus ou moins soluble), mais pour d'autres, les deux fonctionnent indifféremment. Autrement dit, technique ne signifie pas "non alimentaire", et "alimentaire" n'implique pas que vous ne puissiez pas déboucher votre lavabo avec. Si j'ai préféré la version technique au départ, c'est tout bêtement parce que l'emballage n'était constitué que de papier, alors que l'alimentaire est conditionné dans un tube muni d'un couvercle en plastique.

Ah oui encore un truc : ma môman passait du sucre en poudre classique au mixeur pour en faire du sucre glace, quand j'étais petite. Si vous n'avez que du bicarbonate "sel fin" et que vous voulez essayer le "sucre glace", ça vaut peut-être le coup d'essayer cette solution mécanique...

mer. 12 avril 2017

D'une pierre deux ou trois coups

Qu'est-ce que la démarche de minimalisme / simplification a à voir avec l'écologie ?

J'observe chez moi une tendance au minimalisme dans plusieurs domaines, mais le premier qui me vient en tête, c'est la salle de bains, catégorie produits d'hygiène et autre cosmétiques.

Je ne tends pas à la simplification par conviction écologique, ni par rejet de la consommation à tout crin. C'est plutôt une sorte de deuxième effet kiss cool. Si j'élague, c'est plus... par flemme (chassez le naturel...).

Pourquoi une salle de bains minimaliste ? Parce que la liste des perturbateurs endocriniens et autres substances toxiques est tellement longue qu'il me paraît amplement plus facile de me rappeler quels produits je peux acheter sans me gourer (on dirait parfois qu'ils se comptent sur les doigts de la main), plutôt que de garder à l'esprit tous ceux qu'il vaut mieux éviter ; j'ai parfois l'impression en déambulant dans les magasins d'avoir un casque de réalité virtuelle sur la tête, qui me montre des rayonnages quasiment vides une fois éliminé tout ce je préfère ne pas acheter.

Par exemple, le déodorant. J'en ai un qui est dépourvu de toute cochonnerie. Enfin, je crois... J'entendais souvent dire que le bicarbonate de soude (encore lui, toujours lui) fonctionnait très bien aussi, alors j'ai procédé à mes petits essais : très prosaïquement, déodorant sur l'aisselle droite, bicarbonate sur la gauche, et le soir, analyse soigneuse des résultats :

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Ce fut sans appel : même si mon Sanex a une bonne odeur de propre à l'application (que j'aime beaucoup, c'est vrai, mais qui dure moins de 5 minutes je pense), dix heures plus tard, c'est l'aisselle au bicarbonate qui refoule le moins.

Et il se trouve que d'un point de vue écologique, ça m'arrange, puisque je trouve du bicarbonate vendu en sachet de papier kraft tellement basique (haha, basique, bicarbonate, vous l'avez ?) que je vais pouvoir le lombricomposter sur ma terrasse, tandis que le stick Sanex est conditionné dans un boîtier en plastique dont je ne suis même pas sûre qu'il soit recyclable.

Et des exemples de ce style, j'en ai des tas. Vous aussi, je parie, non ?

jeu. 06 avril 2017

Popi m'a cramer

Alors si vous vous demandiez, la réponse est non : la rédactrice en chef des Belles Histoires n'a jamais répondu à mon courrier.

Mais il semblerait que Bayard Presse ait gardé une dent contre moi, car il a envoyé un agent pour se venger, oui oui, en la personne d'un vieux Popi d'avril 2014.

Le Popi en question s'est sournoisement glissé dans la housse de couette de Hiboute afin de pouvoir infiltrer ma machine à laver, façon cheval de Troie. Le combat fut rude : sachez que le Popi supporte très mal d'être passé à 60°C, cf. document A.

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doc. A : J'ai eu un peu de mal à identifier le corps.

Mais ça fait partie de sa technique kamikaze : sous cette forme, il a pu occasionner un balourd (1) de compétition qui a tellement déséquilibré le tambour de notre lave-linge que le caoutchouc a littéralement fondu d'un côté, et s'est déchiré de l'autre. Oui ! Ce con de Popi a réussi à dézinguer notre machine à laver ! Salaud !

J'ignore combien c'est embêtant. La machine fonctionne toujours, mais est-ce que les bouts de caoutchouc qui manquent étaient très importants, ou pas trop ? Je n'en sais rien. Et surtout, est-ce que le tambour est revenu bien gentiment sur son axe, ou pas ? Je n'en suis pas sûre, et d'après ce que je lis, c'est quand même un peu la merde.

Bref, décidément Bayard Presse, c'est le Mal incarné.

(1) Cette histoire m'aura donc fait découvrir le sens technique de ce mot, et je vous avoue que je me sens toujours mieux quand je peux mettre un mot précis sur mes malheurs.

mer. 05 avril 2017

Passion poubelles

J'avais parlé il y a quelques temps de détailler un peu où j'en étais de mon cheminement écologique. Ce qui est bien c'est que c'est jamais fini, on peut toujours faire mieux ou différemment... On ne peut pas s'encroûter. Ce que je vous raconte n'est donc valable qu'à un instant t, dans quelques mois certaines choses auront peut-être encore évolué.

Ces derniers temps par exemple, parce qu'on m'avait offert ce livre-là (à la fois pas très réaliste parce qu'extrémiste, et en même temps fourmillant de pistes à explorer), et puis peut-être aussi que l'histoire de l'incinérateur à Ivry m'a pas mal travaillée, je suis devenue particulièrement sensible à la production des déchets, et à ce qu'on peut faire pour la limiter (je te vois venir, Le Goût : oui, l'homme le moins polluant du monde est un homme mort. Mais on peut envisager de faire mieux et de nettoyer davantage qu'on ne salope, peut-être).

Le classement de l'innocuité des déchets domestiques (on parlera du nucléaire un autre jour) est assez simple : ceux qu'on ne produit pas, exæquo avec les compostables > les papiers/cartons, recyclables > les plastiques recyclables > les plastiques non recyclables.

Je m'aperçois que je ne sais pas trop où placer les piles, car j'ignore de quelle manière elles sont traitées, et dans quelles proportions (je pense que ce n'est pas très complotiste d'envisager que le greenwashing pousse certaines enseignes à proposer des points recyclage bidon : je rappelle que quand je travaillais chez Exki, on faisait trier les déchets aux clients... pour ensuite tout mettre dans la même poubelle). C'est ça aussi que j'adore avec le traitement des déchets : on ne sait pas grand-chose, il y aurait des tas d'enquêtes à mener, de documentaires à faire ! (Enfin je ne sais pas si ça intéresse beaucoup de monde à part moi)

Bon j'ai déjà atteint mon quota de blabla pour aujourd'hui, donc ce n'est qu'au prochain épisode que je vous parlerai de mon déo et de ma crème de jour (je sais que vous trépignez d'impatience).

lun. 03 avril 2017

Il s'est passé quoi en mars 2017 ?

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J'ai remarqué un détail sur l'affiche de Baby Boss (?) qui m'a fait penser que les concepteurs n'avaient sans doute pas eu d'enfant : qu'est-ce que c'est que ces graduations pas du tout vraisemblables sur le biberon ?

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J'ai vu pas mal de jonquilles qui avaient l'air d'avoir regardé un ouragan de face. Une nouvelle variété ?

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J'ai croisé un "ami très cher" en allant au théâtre.

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Un immeuble de mon quartier était en train d'enfiler un pull.

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J'ai emmené ma petite Poucette voir son papa Ogre au salon du Livre.

ven. 31 mars 2017

Un post que je pourrais écrire toutes les semaines

Cette semaine j'ai vu passer trois polémiques, je vous laisse trouver le point commun :

  1. un livre éducatif qui parle de leur corps aux enfants, mais (comme d'habitude aurais-je envie d'ajouter) avec des différences de traitement flagrantes entre le sexe des garçons et celui des filles. Pour vous donner un exemple, si l'on y précise que le zizi des garçons s'appelle "pénis", on ne juge pas utile de dire que celui des filles se nomme "vulve" (à la place, on donne une ribambelle de surnoms enfantins. Le sexe des filles, c'est pas sérieux voyons).
  2. Il y a aussi eu Solange Te Parle, qui après avoir mené il y a 2-3 ans une série d'entretiens avec des femmes sur le thème de la sexualité, a transformé ce travail radiophonique en livre, sans en avertir les premières concernées. Les commentaires sont souvent très passionnés, dans un camp comme dans l'autre : ceux qui ont toujours su que Solange était une salope, et d'ailleurs ils ne supportent pas sa voix, et ceux qui la défendent en accusant les plaignantes d'être des connasses en mal de reconnaissance qui n'ont rien de mieux à faire.
  3. Enfin, l'affiche du festival de Cannes fait polémique car la photo de Claudia Cardinale qui a servi pour sa conception a été retouchée façon Barbie, avec la même subtilité qu'une pub l'Ouréal (je vous laisse vous rendre compte avec ce gif).

Bon vous avez deviné, le point commun, c'est le féminisme. Ou peut-être pour être plus précise, la définition du féminisme. Car pour ces trois exemples, systématiquement les "accusés" se défendent en clamant qu'ils sont féministes : à chaque fois on dirait que c'est l'emplacement de la frontière qui se joue. Une vraie guerre de tranchées, tout aussi absurde et bordélique. Je regrette que ce qui pourrait être un débat hyper constructif (mais, j'avoue, sans doute bien bordélique quand même) tourne au mieux au dialogue de sourds, au pire au pugilat. Il y a des gens sensés, modérés, qui expriment très bien les problématiques en jeu, mais sont-ils entendus, au milieu de tout ce bruit ? Je voudrais moins de passion et plus de dialogue.

jeu. 30 mars 2017

Comment aimer son prochain

Encore un mot sur le désert, ou plutôt sur les voyages de groupe, ou plutôt sur les randonneurs.

J'appréhendais un peu le côté "groupe", justement (je rappelle que je passe mes journées complètement seule, que je n'ai aucun collègue et que je m'en porte à merveille). Avec l'âge, j'ai appris à mimer ce qu'il faut pour avoir l'air sociable et être de relativement bonne compagnie, mais bon. Je me demandais à qui j'allais avoir affaire.

Et il se trouve que nous sommes tombés sur un groupe constitué de gens tous plus drôles et adorables les uns que les autres. J'ai énormément rigolé avec ces personnes, et je me suis sentie plongée dans un bon bain de gentillesse toute la semaine. Nous étions les bleus de la bande : j'avais bien campé deux ou trois fois dans ma vie, mais le Tigre n'avait jamais planté la moindre sardine jusque là ; à chaque fois, ils étaient plusieurs à venir voir si nous avions besoin d'aide, et globalement, chacun prenait soin des autres à sa manière.

Je me suis demandé quel était le facteur commun qui rassemblait ces gens ; à quoi c'était dû, cette bonne humeur et cette gentillesse généralisées : était-ce la chance tout simplement ? Les vacances ? Le goût du désert ? L'amour de la randonnée ? L'essence du camping ?

mer. 29 mars 2017

Grains de sable

Un mois qu'on est revenus du désert et je n'ai encore rien raconté !

Réparons cela.

Alors déjà : le désert, c'est pas QUE des dunes. Y a aussi de la caillasse et des plateaux argileux-spongieux qui font crounch-crounch sous les pieds (c'est une sensation absolument exquise). Mais il n'y a pas photo (et il n'y aura pas de photo parce que c'est imphotographiable), les dunes, c'est vraiment ce qu'il y a de plus beau. J'ai rarement éprouvé une telle émotion esthétique face à un paysage, une telle volupté visuelle. Je ne connais pas de courbes plus sensuelles que celles des dunes (même Laetitia Casta peut aller se rhabiller), de jeux d'ombres et de couleurs plus subtils que ceux de la lumière sur le sable : rien que selon la manière dont elle l'approche, en lui tombant droit dessus ou en arrivant de biais, elle le fait changer de couleur. Vous n'avez qu'à tourner la tête pour voir passer les dunes du bleu-gris au rouge flamboyant, c'est complètement fou.

Ensuite, quoi d'autre ? Le silence, grisant, aussi pur que la nuit (t'as toute la place pour voir des étoiles filantes).

On a vu des tas de bousiers, des fourmis cuivrées, un fennec, une gerboise (crevée d'accord, mais du coup on a pu la détailler plus à notre aise)...

Comme les paysages sublimes n'ont jamais empêché ces cons d'humains de tout saloper (paysage sublime ou trivial bas-côté d'une départementale, même combat), dans le désert, qu'est-ce qu'on trouve ? Des ordures.

Je n'ai pas pu m'empêcher d'en ramasser quelques-unes. Un compagnon de randonnée m'a dit qu'il avait ce réflexe aussi, mais qu'un certain fatalisme suspendait son geste : "Bah, qu'est-ce que ça changera, un bout de plastique de plus ou de moins ?". Et je pense que c'est la réaction que j'aurais eue il y a quelques années.

Mais il se trouve que depuis quelques temps, je me sens davantage reliée à mes semblables (ça devrait se calmer aux prochaines élections), et j'ai plus de foi en l'action collective, en l'accumulation des gouttes d'eau. Tout cela aboutit à un raisonnement différent : ces ordures étaient certes très voyantes, mais elles n'étaient pas si nombreuses. Et si chaque randonneur décidait d'en ramasser ne serait-ce qu'une ou deux, je parie qu'en quelques mois le changement serait déjà très visible.

(Je dis ça en passant. Je ne prends pas le temps d'approfondir ici la gestion marocaine des déchets, les bénéfices et les nuisances liés au tourisme dans la région saharienne, les politiques de tourisme responsable des tour-opérateurs et la réalité sur le terrain...)

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mar. 28 mars 2017

Brèves

  • Plaisir d'un jour de soleil : étendre la machine dehors, récupérer du linge qui sent les vacances (voui voui, même avec le bon air du 14e ça fonctionne).
  • Ce weekend je suis passée voir le Chou au salon du Livre qui cette année était tout rabougri.
  • J'ai trouvé un billet de 50 balles dans la rue l'autre soir. Il y a quelques semaines, c'était un billet de 5 euros. Faudrait que je me renseigne sur la couleur de celui de 500 pour pas le louper, le moment venu.

lun. 27 mars 2017

Avec quelle absence de jouet vous-êtes vous le plus amusé étant petit ? (vous ou vos enfants)

Hiboute passe énormément de temps à dessiner/colorier/découper/coller des trucs, ou à me déléguer tout ou partie de ces étapes pour jouer ensuite avec le produit fini. Je m'interroge vaguement sur l'intérêt de lui trouver ces poupées de papier toutes prêtes dans le commerce, avec leurs tenues et accessoires prédécoupés, mais je pense au fond qu'un tel achat finirait par prendre la poussière sur la table, en compagnie des cahiers de coloriage qu'on avait cru judicieux de lui offrir. Cette petite préfère le sur-mesure, manifestement ; et c'est vrai qu'on ne peut pas toujours prévoir de quoi elle se toquera. Ainsi l'autre soir, elle m'a demandé de lui dessiner... des épées, des tas de petites épées (qui furent dûment coloriées et découpées ensuite, bien entendu).

Naturellement, pendant ce temps on ne rentabilise pas la superbe maison de poupée offerte à Noël ; naturellement, ça n'empêche pas notre charmante enfant de réclamer parfois une tablette comme celle sur laquelle elle a vu jouer ses cousins aux dernières vacances ; naturellement, il y a tout de même 1000 merdouilles en plastique qui traînent dans la maison, apparues on ne sait trop comment au fil des mois.

MAIS j'adore qu'on, qu'elle passe autant de temps à ces jeux simples et sans prétention. C'est à la fois stimulant et reposant : on a besoin de trois fois rien, et tout est possible. Vive le low-tech, et vive l'infinie sagesse de Mme Musquin dans Le Père Noël est une ordure : "Alors qu'avec un bout de ficelle et un morceau de carton ils s'amusent comme des petits fous !"

ven. 24 mars 2017

Pérégrinations visuelles

(je me suis améliorée pour retrouver les sources)

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Le chat guerrier de Tetsuya Noguchi (qui s'est beaucoup promené sur Twitter).

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Kirsten Sims (trouvée sur Wetransfer. J'aime les grands espaces).

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Jack Nicholson en peaux de banane, par peut-être un certain Gordon ?

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Ernst Kreidolf, Hundefest.

jeu. 23 mars 2017

De la lecture et de l'écouture (politique, forcément politique)

Il y a quelques temps, Jaddo a recommandé un article du New York Times, un long article, en anglais (relativement facile), en disant que ça se lisait comme du petit lait. J'ai enfin pris le temps de le terminer ce matin (je m'accorde quelques jours de vacances entre la traduction que je viens de rendre et celle qui m'attend déjà - je suis bénie) et c'était effectivement une très bonne lecture : To Obama with Love, and Hate, and Desperation.

En deux mots, l'autrice raconte le courrier que recevait Obama tous les jours, et l'administration qui se chargeait de lire tout ce courrier et de lui en faire une sélection quotidienne (10 lettres, à sa demande). C'est d'une humanité ébouriffante, concentrée, pour le meilleur et pour le pire.

Lorsque je leur ai laissé libre cours, mes pensées, taquines, ont mis cette pratique en parallèle avec les sondages que commandait Sarko pour tâter le terrain au sujet de sa petite personne, de sa popularité et de l'intérêt qu'il aurait ou non pour celle-ci à épouser Bruni (j'y ai repensé parce que l'autre jour j'ai écouté Des citoyens qui changent le monde, qui dans sa deuxième moitié évoquait entre autres ce scandale mis au jour par Raymond Avrillier).

Donc on a, d'un côté de l'Atlantique, un président qui voulait écouter les voix d'individus, savoir ce qu'était leur vie ; et de l'autre, un mec qui sondait les gens sur sa life.

Dit comme ça, c'est caricatural bien sûr, et je veux bien admettre qu'il y a des nuances, mais enfin je pense que l'écume qui restera, c'est qu'on (oui le "on" de ma bulle de filtrage, bien sûr) aimait bien Obama, et que personne ne regrette Sarkozy. Et on n'avait pas peur des élections américaines, ça paraissait plié, et maintenant tout le monde hallucine. J'aimerais bien que la divergence se poursuive et que la trouille qu'on éprouve actuellement aboutisse à des présidentielles hallucinantes aussi mais dans l'autre sens : incroyable soulagement plutôt que stupeur accablée.

mer. 08 mars 2017

Dites 33

J'ai 33 ans aujourd'hui (l'âge du Christ, rajoute systématiquement une petite voix en moi, comme s'il fallait au minimum être mort et ressuscité arrivé à ce stade, sans quoi on avait raté sa vie - ça vaut bien la Rolex à 50 ans).

J'ai 33 ans et je ne sais toujours pas exactement ce qu'est un legging - c'est un caleçon ou un collant ? C'est indécent si je le porte tout seul ou je peux me passer de robe ?

J'ai 33 ans et je n'ai jamais eu de tickets resto (mais j'ai profité des chèques vacances lors de mon passage dans l'Héducation Nationale).

J'ai eu 12 emplois différents et mis les pieds dans 12 pays étrangers.

J'ai déjà dit "Servez-vous dans le frigo" à une jeune fille venue garder ma fille. Quinze ans plus tôt, je me servais moi-même dans le frigo des gens (en prenant soin de dissimuler une compulsion alimentaire) pendant que d'autres enfants dormaient une chambre plus loin.

Je ne sais toujours pas faire les pommes de terre sautées correctement, mais je maîtrise bien le houmous et j'ai déjà confectionné un rainbow cake.

Je n'ai pas déjà relu tout Proust parce que je n'ai pas fini de le lire une première fois, pour commencer.

J'ai déjà initié une conversation qui a atteint un point Godwin, je me suis déjà inscrite à un MOOC.

Je n'ai jamais fabriqué de gif animé. Je suis abonnée à Netflix mais je n'ai pas de compte Spotify.

J'ai testé la mooncup, je pratique le lombricompostage en amateur, j'ai une connaissance qui était au Bataclan.

Je n'ai jamais subi de shitstorm sur internet, je mange de tout (viande, gluten, sucre), je n'ai pas de smartphone.

Est-ce que tout ça fait de moi une jeune femme de son époque ? Et à défaut, de sa catégorie sociologique ? Sans doute.

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