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sam. 18 juillet 2015

Au moins une note de blog en juillet

Quand les spams commencent à envahir les commentaires de mes billets, je sais que ça fait trop longtemps que je n'ai pas posté. Alors mon blog-jardin public négligé plein d'herbes folles et de bouteilles de bière vides abandonnées par des malotrus, t'as vu, j'ai rangé, j'ai mis toutes les cochonneries à la poubelle, et je te rajoute une petite bouture marcotte de chèvrefeuille, ça va mieux comme ça ?

Je traduis. Des trucs pas très bons, mais j'aime bien quand même. Mon cerveau a frétillé de joie quand il s'est aperçu que je réactivais ces circuits-là, qui n'avaient pas servi depuis quelques mois.

En conséquence de quoi j'ai besoin de me nourrir avec de la bonne plume. En vacances je vais emmener Le Royaume, de Carrère (et j'ai l'impression d'emmener une maxi-boîte géante de chocolats avec moi), et aussi La Nuit aveuglante, de André de Richaud (un type de la Comédie française nous en avait lu un extrait, ça m'avait émerveillée). Et on s'arrête là, je vous rappelle que je pars en vacances avec une mirlipouette de deux ans et quart et que... Attendez, j'ai dit vacances ?

Je couds un petit peu, des bidules. Je sens que je fais exprès de ne pas m'appliquer par crainte de perdre mon temps (ce rapport au temps devenu pathologique depuis la naissance de Hiboute). Il faut que ça aille vite, il faut des résultats rapides. Et comme je n'ai pas la garantie qu'en y passant plus d'heures le produit serait mieux fini, je bâcle. Là j'ai recousu sur un débardeur que je n'aimais plus un bout d'un autre T-shirt qui n'allait plus non plus, j'ai arrangé la taille, et voilà :

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Portez-vous bien !

lun. 15 juin 2015

Machin à coudre

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Depuis que j'ai reçu ma machine à coudre Ikéou (qui ressemble à un jouet, parfait quand on est un peu impressionnable comme moi), je l'ai sortie moins souvent que j'aurais voulu.

Et en parlant de volonté, justement, j'ai parfois l'impression que la mienne n'est qu'une vague illusion, et qu'en réalité, mon cerveau-girouette et mon cœur prompt à la toquade sont absolument, complètement téléguidés, non par une force supérieure (ce serait trop beau, je ferais des trucs COHÉRENTS), mais par le fil ténu de bouquets hasardeux d'événements minuscules qui constituent le gros du quotidien.

Ce n'est peut-être pas très clair, alors je vais vous donner un exemple. Il s'agit de trouver le point commun entre :

  • une vieille serviette de toilette héritée de mes beaux-parents (le classique des jeunes ménages, non, les rebuts parentaux de linge de maison ?), 20 ans d'âge (facile), qui hésite entre le beigeasse et le saumon dégueulé
  • le post de Blisscocotte sur le recyclage de vieilles nippes
  • un reste de tissu fleuri trouvé chez ma grand-mère (celui-là même qui m'avait servi à rapiécer les fesses du jean que je portais la première fois que j'ai rencontré le Chou, il m'en parle encore)
  • ma mère évoquant les marionnettes-gants de toilette que ma grand-mère (la même) avait cousus pour ma sœur et moi quand on était petites
  • un reste de teinture bleue, périmée depuis 2011, que je ne m'étais pas résolue à jeter

Le point commun, c'est que vous faites macérer tout ça quelques semaines dans un coin du cerveau-girouette susmentionné, et que vous obtenez une Milky décidant tout à coup d'utiliser la fameuse machine à coudre pour faire plaisir à Hiboute en lui fabriquant un gant de toilette lapinou.

J'ai teint la serviette, et j'ai appris que dégueulis de saumon + bleu jean, ça donne une espèce de gris supportable.

J'ai dégoté dans mon tiroir à vieilles nippes une autre serviette de toilette fatiguée, mais blanche.

J'ai fait quelques croquis préparatoires :
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Puis un dessin technique :
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Et pour finir, j'ai empoigné ma machine à coudre pour un corps-à-corps de deux ou trois heures au bout duquel je suis sortie avec ça :
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Comme un blog c'est fait pour se mettre en valeur, je ne mets pas de gros plan sur les finitions...

Hiboute était très contente.

Et il me reste 95% d'une serviette gris-bizarre, qui est partie rejoindre le tiroir à vieilles nippes.

sam. 30 mai 2015

Qui a gagné L'Orage et la Loutre ?

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C'est Teclo, félicitations ! Envoie-moi vite un mail avec ton adresse, que je te le poste.

Merci à tous pour votre participation, votre enthousiasme m'a fait très plaisir !

sam. 23 mai 2015

L'Orage et la Loutre - un roman à gagner !

Je suis incomplet même dans mon désespoir. Si je reste seul, mes pensées tombent vite dans un gouffre sans fond ni échos, intolérable. Si je vis la vie quotidienne, présente, minutieuse, j’entends crier un remords. Le remords de gâcher quelque chose, l’humiliation d’être étroit, bas, animal, le remords de détruire stupidement de la beauté. Mais quelle beauté ?

Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé des Éditions de l'Ogre, mmh ? Alors je reprends pour les deux du fond : mon aimé n'est pas que le papa de Hiboute. Il a d'autres enfants, six pour être exact, six ogres de papier, nés deux par deux en janvier, mars et mai de cette année.

Le rejeton dont je voudrais vous parler aujourd'hui, c'est le petit dernier, l'Ogre n°6, mon chouchou (oui c'est mal, hein, d'avoir des préférés) : L'Orage et la Loutre, de Lucien Ganiayre.

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C'est l'histoire de Jean, instituteur dans les années 1930, "un paysan, mais qui connaît le nom des fleurs", comme dit son ami Marescot. Un jour de canicule, Jean se baigne dans une source, juste avant qu'un orage n'éclate. Quand il ressort, il n'y a plus d'odeurs, plus de bruits, l'air est glacé, la lumière jaune, le ciel, immobile. Comment vivre, comment survivre dans ce monde pétrifié, et dans cette solitude épouvantable ?

Je voudrais vous raconter toute l'histoire, mais je vous gâcherais le plaisir (même si ce livre se relit comme du petit lait, j'ai testé pour vous). Et en plus, je raconte mal ("Et alors, à un moment, y a une loutre..."). Mais je pense que je reparlerai de ce livre, son écriture incroyablement sensuelle, son récit rare.

J'aime beaucoup la sérendipité avec lequel il est re-né : publié une première fois dans les années 70 au Seuil, à titre posthume, il est passé complètement inaperçu alors, au point que l'année dernière, Google à qui rien n'échappe n'en trouvait aucune occurrence sur le net. C'est parce que son mari, petit-fils de l'auteur, souhaitait en faire réimprimer une dizaine d'exemplaires pour la famille, qu'une amie du Chou lui a demandé quelques conseils techniques (mise en page, imprimeur...). Comme mon cher et tendre cherchait déjà des textes à l'époque, pour l'Ogre qui n'était encore qu'un embryon, il a jeté un œil au roman, au cas où, et vlan : il s'est pris un chef-d’œuvre en pleine poire.

C'est joli, comme histoire, non ?

Je dis chef-d’œuvre et je le crois vraiment, pour moi ce texte est un classique en puissance. Il n'a cependant pas les ingrédients requis pour les success-story littéraires d'aujourd'hui : son auteur n'est ni une jolie blonde ni un apollon de 25 à 35 ans pourvu d'un avenir et d'un compte Twitter, non, son auteur, bin il est mort, et on n'a pas tellement d'autres textes de lui à se mettre sous la dent. Il n'y a que ce roman-là à savourer... et je l'aime tellement que j'ai demandé au Tigre-Chou de m'en céder un exemplaire pour l'offrir à l'un d'entre vous.

Le concours, le concours !

Ça vous dit ? On va faire simple : laissez-moi un commentaire ci-dessous, et je vous inscris au tirage au sort. Ensuite, de deux choses l'une : soit vous augmentez vos chances de gagner en vous gardant le concours pour vous (c'est de bonne guerre), soit vous êtes un cœur valeureux et vous invitez les copaings amateurs de bonne littérature à venir jouer aussi (mais avec un peu de chance, ils vous le prêteront s'ils gagnent, allez). Vous avez une semaine pour participer, jusqu'au samedi 30 mai (vers l'heure de la sieste d'Hiboute). Je donnerai le nom du gagnant avant la fin du weekend !

La citation du début n'est pas extraite du livre, mais d'une lettre de Ganiayre qu'on trouve sur le site de l'Ogre. Elle me parle beaucoup...

mer. 20 mai 2015

Comment je suis en train de passer du côté Namaste de la force, part srwi

Avec mon petit yoga de débutante, je sens que j'ai mis le doigt sur quelque chose. Je me sens plus déliée qu'il y a six mois, mais j'ai le sentiment que ça pourrait m'apporter dix fois plus ; pour la première fois de ma vie, j'ai envie de pratiquer un sport, et si j'étais capable d'avoir des journées un peu plus remplies et que j'étais un poil plus riche, je ne cracherais pas sur une deuxième séance hebdomadaire. Je ne me dis pas "tu seras contente quand tu en auras fait", j'ai juste envie d'en faire - le truc de dingue !

J'avais une connaissance qui m'avait dit, il y a un ou deux ans, qu'elle faisait du yoga tous les matins. Ça m'avait paru relever de la science-fiction pour moi, hors de ma portée. Le truc qui ne m'arriverait jamais, j'avais pas l'autodiscipline. Et en fait, je découvre qu'il peut s'agir d'autre chose que de discipline.


Cette troisième partie reste à écrire : ma pratique du yoga est devant moi. J'ai envie d'essayer d'autres styles, de progresser suffisamment pour pouvoir faire des séances variées à la maison (prendre des postures tête en bas ET regarder la vidéo sur Youtube en même temps, j'ai pas compris comment c'était possible).

Ce n'est pas exactement une révélation, ni une nouvelle drogue douce : je suis passée par une phase d'enthousiasme démesuré où j'y pensais beaucoup, je me disais que le yoga était la réponse à tout et à tout le monde : t'es malade ? Fais du yoga. T'es au chômage ? Fais du yoga. Ta femme est partie ? Fais du yoga. Ton pays est en guerre ? Oui bon.

Finalement, je demeure tout à fait capable de passer deux semaines sans pratiquer à cause d'une grève de la crèche, d'un boulot urgent ou d'un jour férié. Donc je me suis calmée.

Mais quand même, j'ai l'impression de tenir un truc, là. Une espèce de bouleversement tout en douceur... On verra bien comment ça tourne, je ferai le point dans quelques mois. (Mais ouiiii, je reviendrai bloguer avant, rho)

lun. 11 mai 2015

Comment je suis en train de passer du côté Namaste de la force, part tou

Je m'imaginais donc mener ma vie d'adulte active (enfin, tout est relatif), et, une fois que j'en aurais fini avec le travail, les enfants (oh oui je vous entends, les vénérables du fond, là, persifler "on n'a jamais fini avec les enfants...") et tous ces trucs qui prennent du temps, me mettre au yoga pour vivre mon troisième âge du mieux que je pourrais.

Seulement, vous vous en doutez, ça ne s'est pas tout à fait passé comme prévu.

Ce qu'il s'est passé, c'est qu'à trente ans, je me suis subitement aperçue que j'avais DÉJÀ vieilli.

Je ne vous parle pas des cheveux blancs - que le Chou trouve charmants, le brave homme - ni des rides (j'ai certes déjà des rides, mais j'ai surtout ENCORE des boutons, c'est plutôt ça qui me blase). Je parle de ma condition physique globale, que je n'avais jamais tellement éprouvée : à part mon manque d'énergie chronique, j'étais en bonne santé, j'étais jeune, et comme je n'avais pas de goût pour le sport, toutes les conditions étaient réunies pour que j'oublie tout bonnement l'existence de mon enveloppe corporelle.

Mais là, l'été dernier, paf, ça m'a sauté à la tronche. On était dehors, il y avait de l'espace et j'étais d'humeur guillerette : j'ai voulu faire la roue.
Woh putain la roue... Apparemment, vu de l'extérieur, elles ne ressemblaient pas à grand-chose, mes roues, mais surtout, ça me tirait dans la jambe, comme si mon muscle s'était raccourci de dix centimètres. Je n'ai jamais été Nadia Comaneci mais quand même, des roues, j'en faisais sans difficulté particulière à quinze ans, nom d'un quadriceps.

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Alors, tout à coup, je me suis sentie rouillée. Pas que à cause de la roue, mais je crois que ça a été le déclencheur. Tout à coup m'est apparue la diminution de mes capacités physiques sur une décennie, une seule, et pas la plus difficile a priori. La gifle. Je me suis dit que si j'attendais d'avoir cinquante ou soixante ans pour me préoccuper de ma condition organique, le plus simple serait alors de me fiche à la poubelle direct, catégorie déchets ultimes. Je me suis dit qu'il ne faudrait peut-être pas attendre de se transformer en bûche fossilisée avant de faire quelque chose.

Alors, fin septembre (un peu en retard pour les bonnes résolutions de rentrée), j'ai passé le quartier au peigne fin (en 2015 ça veut dire que j'ai googlé "yoga 14e", ok) pour trouver un cours pas trop loin de la maison : le plus important pour moi, pour contrecarrer au mieux la flemme prévisible que j'allais avoir d'y aller.

La prof m'a plu, le style aussi : Hatha yoga, en français ça veut dire sport de feignasse. C'est à dire que sur une heure de cours, on fait vraiment des efforts musculaires pendant peut-être sept ou huit minutes (mais attention hein, des vrais efforts, attestés par des courbatures le lendemain). Le reste du temps, on se relaxe, on respire comme il faut, on travaille la souplesse et l'équilibre - la souplesse, c'est pour ça que je suis là, et l'équilibre, c'est rigolo.

Pas vraiment le coup de foudre, mais c'était suffisant pour que je reste assidue (et puis zut, j'avais payé pour un trimestre quand même). Pour être honnête, j'avais remarqué, l'air de rien, que la nuit qui suivait le jour du yoga était la seule de la semaine où je dormais d'une traite, sans réveils ni insomnie. Et puis, au bout d'un mois, ma carcasse est redevenue un peu guillerette ; j'ai retrouvé des sensations que j'avais oubliées depuis des années. C'était chouette !

Mais ce post n'en finit pas. Donc la fin au prochain numéro.

mar. 28 avril 2015

Comment je suis en train de passer du côté Namaste de la force, part ouane

J'ai commencé à suivre un cours de yoga hebdomadaire en octobre dernier, soit il y a un peu plus de six mois.

Outre la quête souvent désespérante d'une activité physique qui ne m'emmerderait pas (rappelez-vous ma tentative de Pilates), je me suis mise au yoga avec environ vingt ou trente ans d'avance sur ce que j'avais imaginé. Non, attendez, je ne raconte pas dans l'ordre...

C'est-à-dire que je voyais ma grand-mère vieillir de façon vraiment cruelle, ses possibilités de mouvements s'amoindrissant d'année en année tandis que ses douleurs diverses allaient croissant. Aujourd'hui, à 88 ans, elle ne marche plus (complètement voûtée sur son déambulateur à roulettes) que pour aller de son lit aux toilettes et des toilettes à son fauteuil. Ma grand-mère est-elle en train de mourir ? Non.

Elle ne meurt de rien, c'est juste de la vieillerie, c'est juste l'impotence qui gagne du terrain, on peut parier sans risque qu'elle mourra dans son lit du coup. Dans un lit, tout du moins. Tout fout le camp, tout se barre en sucette petit à petit. Elle ne boit plus qu'à la paille parce qu'elle ne peut plus lever les bras. Ses bobos, ses bleus ne guérissent plus, le sang stagne dans ses pieds éléphantesques, d'un aubergine spectaculaire. Je m'étonne de la force de vie domestique qui l'anime encore, la faisant asticoter mon grand-père pour qu'il change l'ampoule de la hotte, alors qu'elle n'a pas fichu les pieds à la cuisine depuis 2013 - ma grand-mère, c'est une maîtresse de maison avant tout. Avant même d'être un corps. Il me semble parfois que les herbes folles qui envahissent son jardin la font plus souffrir que son dos et pourtant, si vous voyiez les radios de sa colonne vertébrale...

Et c'est pas une vie d'avoir toute sa tête et presque plus son corps : ma grand-mère, elle est malheureuse comme tout, elle en a ras-le-bol, elle aimerait bien que ça se finisse cette histoire. Parce qu'elle souffre et parce qu'elle est empêchée dans tous ses mouvements.

Et ça fait au moins dix ans que ça se dégrade. Et ça fait au moins dix ans que je me dis que je ne veux pas vieillir comme ça.

J'ai à mon actif (si je puis dire) quatre grands-parents qui ont tous dépassé les 80 balais ; autrement dit, d'un point de vue génétique, on ne sera pas super chaud pour m'acheter ma maison en viager, a priori. Et quand je constate que ma grand-mère ne s'est jamais beaucoup préoccupée de son corps (sauf pour le malmener à coups de régimes qui lui faisaient faire le yoyo), j'ai envie d'essayer une autre voie. De prendre ma carcasse en considération. Si on est partis pour faire encore 50 ans de route en commun elle et moi (ou même 40, ou même 30), il faut que je la bichonne. Que j'entretienne sa force et sa souplesse, par exemple avec le yoga.

Ça, c'est ce que je me disais à vingt ans. Je pensais que ce serait pas nécessaire de m'y coller avant la retraite, et ça tombait bien, je n'avais pas hâte de m'occuper de ce dossier. J'avais essayé une fois ou deux, le yoga, et franchement, par rapport aux coups de foudre et aux épiphanies dont j'avais entendu parler, je me sentais complètement à côté de la plaque ; c'était aussi chiant que n'importe quel sport.

(la suite au prochain numéro)

mar. 21 avril 2015

Petites nouvelles

J'avais renoncé à l'expo Bonnard à cause de la foule, et puis, de façon tout à fait improbable, j'ai eu la chance de pouvoir m'y rendre dans des conditions privilégiées (= pas trop de monde). Joie ! Avant d'apprendre que Joann Sfar avait pondu un catalogue bis de l'expo, j'avais été amusée de constater que l'une des figures féminines du peintre avait vraiment une tête de nana dessinée par Sfar.

Et du coup, entre cette petite coïncidence et le fait que Hiboute a l'âge de sa fille à l'époque, j'ai eu envie de relire ses Carnets de la collection Côtelette. J'y prends beaucoup de plaisir, presque autant que la première fois qui avait été un vrai choc artistique.


Côté boulot, si je ne sais pas ce qu'est le contraire d'une chaise ou le contraire d'une fleur, en revanche, je suis désormais en mesure de vous affirmer que le contraire EXACT du mommy porn, ce sont des articles de droit international humanitaire. Voilà ce que je traduis en ce moment : des phrases imbitables de 10 lignes de long bourrées de résolutions de Conseil de sécurité de l'ONU, de faits internationalement illicites, de parties à un conflit et de jargon juridique qui me fait écarquiller les yeux de perplexité à tout bout de champ.

Inexplicablement, j'arrive quand même à m'en dépatouiller à peu près, puisqu'on m'a commandé la traduction d'autres articles. Mais je te raconte pas les nœuds au cerveau ; la première nuit qui a suivi ce nouveau boulot, tellement j'étais vidée, j'ai dormi d'une traite, sans bouger d'un millimètre, me réveillant le lendemain matin dans la position exacte où je m'étais endormie.

mer. 15 avril 2015

Pâtisserie

Début mars, on a invité des gens pour l'anniversaire de Hiboute. On était tout juste vingt et en fait, j'ai réalisé que n'avais jamais reçu autant de monde à la fois ; en second venait la grande réception que j'avais organisée pour mes 25 ans, où nous étions pas moins de dix... Certes, l’exiguïté des appartements parisiens joue peut-être un rôle là-dedans, mais bon. Ourse dans ma tanière je suis.

J'avais envie de lui faire un beau gâteau décoré de pâte à sucre (googlez un peu "cake design barbapapa" pour voir), mais le temps que ça prenait m'a un peu découragée, alors je me suis contentée de sucre glace et de gommettes qui font quand même leur petit effet :

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Sucre glace : dessinez et découpez un pochoir dans du carton ou du papier épais, tamisez le sucre, retirez délicatement le pochoir, faites Oooh.

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Guirlande : piquez à votre progéniture des gommettes en forme de carré ou de losange, et repliez-les sur un bout de ficelle pour faire une guirlande. Attachez les extrémités de la guirlande à deux spaghettis, plantez ces derniers dans le gâteau, faites Aaah.

Et comme je ne suis pas tellement du genre à célébrer, je me suis également aperçue que ça faisait plusieurs années que je n'avais pas soufflé de bougies. Eh ben ça m'a manqué, tout à coup. Alors j'ai décidé de me confectionner un joli gâteau, pour ne pas planter les bougies sur n'importe quoi.

La veille du jour J, Hiboute a fait une sieste de trois heures (ce qui ne lui arrive hélas presque plus jamais), que j'ai intégralement employées à la confection dudit gâteau... Mais je suppose que ça en valait la peine, car j'ai ensuite nourri tout l'immeuble pendant une semaine avec. Oui, c'est un GROS gâteau - même s'il a l'air un peu tassé, vu du dessus.

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Et si vous n'avez rien de moins mesquin à faire, vous pouvez deviner l'âge que j'ai.

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Oooh ! Aaah !... Eh oui, c'est sur le rainbow cake, qui dormait dans mes signets depuis un moment, que mon choix s'est porté.
La recette est ici ; je ne me voyais pas non plus investir dans des colorants en gel (je déteste les trucs qui servent une fois tous les jamais dans ma cuisine), alors j'ai utilisé les bons vieux colorants Vouhiné vendus dans n'importe quel petit supermarché, et obtenu un arc-en-ciel plus tendre que dans la recette d'origine, mais très joli (et tout plein également de E124 et compagnie) quand même.
Et, comme d'hab, j'ai mis deux ou trois fois moins de sucre que préconisé - question de goût, pour mon palais c'était bien assez.

mer. 18 mars 2015

Ce qui me meut

J'ai envie de vous parler de tout plein de choses, mais ces temps-ci j'en parle plus sur Facebouk, ou dans les commentaires d'autres blogs ; parce qu'ici on ne dialogue plus beaucoup, et que j'ai envie d'échanger (bien sûr, c'est un cercle vicieux, moins je nourris ce blog et moins il me nourrit...).

Mais le fait est que tout mon temps de parole disponible est absorbé ailleurs, et que ça me chagrine un peu, alors voyons s'il n'y a pas moyen de vous livrer une sorte de digest, une pelote de liens (et puis, pour mémoire, pour moi, aussi).

En ce moment, entre autres je m'intéresse...

  • à la parentalité en général, et à la bienveillance éducative en particulier, à l'interdiction des châtiments corporels ou plutôt à leur place dans notre société et à ce que les débats que ça engendre disent de nous. Sur le sujet, mon propre témoignage n'est pas très intéressant (ma fille est trop petite, mes parents ne m'ont jamais tapée, et ma position sur la fessée n'a évolué que de "résolument contre" vers "farouchement contre"), en revanche j'ai lu avidement ce billet, avant d'atterrir ici, en faisant un détour par là. Et pour élargir la question de la parentalité, après je suis tombée de ma chaise en lisant ceci puis cela. Faut que je pense à remercier mes parents d'avoir été aussi normaux, aussi aimants, inconditionnellement aimants.
  • aux légumes goûtus, à l'écologie, aux expériences, aux gens qui font différemment de ce qui s'est "toujours" fait, à une utopie : cet article, dans le genre, me fait complètement fantasmer.
  • Aux enfants, à leur développement, à l'importance et au bonheur du jeu, et à la résonance entre ces deux articles ici (coup de foudre) et (coup de foudre bis). Et plus généralement, aux idées de Maria Montessori (merveilleusement développées et mises en œuvre par Eve Hermann avec ses filles, par exemple), qui sont souvent du bon sens, mais pas assez partagé par tous à mon goût. Et quand je pense qu'à l'IUFM on ne m'en a jamais parlé qu'en passant, je trouve ça absurde et révoltant.

Et sinon j'ai fait un peu de pâtisserie aussi, mais on se garde ça pour un autre post, d'accord ?

sam. 07 mars 2015

Ma fille folie

Le Tigre-Chou espère / prévoit que la moitié environ des titres de sa maison me plairont. À raison de huit parutions par an, ça me ferait un bon roman à chaque saison... Et pour le printemps, effectivement, il y a celui-ci :

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Ce roman des éditions de l'Ogre qui est sorti cette semaine m'a beaucoup beaucoup plu.

On est dans un petit village italien, et c'est l'histoire de la simplette de ce village, Maddalenina, qui à 50 ans décide d'avoir un enfant, et lui choisit trois pères (qui ne sont pas au courant) - quatre, si on compte le cierge. Personne ne parle à Maddalenina, sauf pour lui dire Va t'en ; et Maria Carta ne lui parle pas non plus, mais elle ne la repousse pas pour autant et, de fait, ce mutisme constitue quasiment de la sympathie - Maddalenina tout du moins le prend ainsi.

C'est une histoire invraisemblable car le ventre de Maddalenina s'arrondit effectivement, et elle irradie comme seules les femmes enceintes savent faire. En le lisant, je ne savais absolument pas comment ça finirait, et, chose beaucoup plus rare, ça ne finit pas en queue de poisson.

On n'en voit pas passer beaucoup des romans comme ça il me semble, ce n'est pas un de ces "feel good books" confit de niaiseries censées nous mettre du baume au coeur (et pourtant cette benoîte qu'on a toujours rejetée et qui reste pleine d'amour envers et contre tout est un personnage incroyablement positif), mais ça n'est pas démoralisant pour autant. Je ne sais pas, c'est mordant mais pas désespéré ; l'héroïne trouve une sève, invente une chair à toute l'aridité de sa vie, c'est vraiment poignant. La traduction est remarquable, et je m'arrête là parce que j'ai une Hiboute sur les genoux qui veut voir les Barbapapas (ce que c'est de bloguer le weekend...)

Bravo, mon Tigre. Je suis fière !

mar. 17 février 2015

Sy

Aujourd'hui j'aurais pu bloguer, mais j'ai préféré faire vrombir la machine à coudre que j'ai eue à Nowel.

Bah oui, comme j'ai arrêté la poterie (au profit du yoga, qui est certes bon pour mon poil mais c'est pas pareil), faut bien que je passe mes pulsions bricoleuses sur autre chose.

Je vous avais raconté que coudre, je connaissais les bases grâce à Mère-Grand. Mais la machine à coudre jusqu'à présent, dès que le fil s'emmêlait les pinceaux, je me retrouvais aussi démunie que Hiboute devant des chaussures à lacets (sauf que elle, elle ne se décourage pas illico).

J'ai eu envie de changer ça, et je me suis fait offrir le modèle Ikéou qui d'après mes recherches était réputé pour la clarté de son manuel et pour sa simplicité d'utilisation (certaines blogueuses ont souligné en faisant un peu la moue que c'était la machine idéale à offrir à un enfant pour l'initier, ce qui a achevé de me convaincre).

Et c'est vrai que c'est assez simple, même si j'étais rassurée d'avoir ma môman à côté de moi pendant que je la déballais. J'ai quand même un peu l'impression de faire du rodéo avec une bourrique déchaînée par moments, mais ça vient plus probablement de moi que de la bête.

Mon objectif ultime (pour dans deux, trois, quatre ans ?), c'est de savoir coudre des costumes déments pour les carnavals de Hiboute un jour.

Pour le moment, elle se contente de fringues approximatives pour sa poupée... (NON je mets pas de photo, j'ai ma fierté)

dim. 08 février 2015

Mou du genou (le blog, le dessert, moi, tout le monde - c'est dimanche)

Le Chou, peu au fait de ma relation "élastique de vieux slip confortable" avec ce blog, me demande : Tu l'as abandonné ?

Meuh non. Depuis 12 ans et quelques que ça dure cette histoire, je le délaisse et le réinvestis au gré de mon humeur et de mes envies, mais l'abandonner, ça jamais !

C'est juste qu'en ce moment, je sens bien mon énergie (pas très Duracell, dois-je le rappeler) tournée vers d'autres projets, d'autres nourritures.

Et en parlant de nourriture, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé bouffe ici, non ?

J'ai testé le Gâteau Magique. Je ne sais plus quel canard à la con je feuilletais en attendant le dentiste, toujours est-il que j'appris à l'occasion que c'était LE gâteau à la mode ces temps-ci ; bon, cette lecture date d'octobre (mais le magazine aussi, mon dentiste et ses associés sont chics et riches, les magazines sont récents dans leur salle d'attente) donc je suis peut-être déjà has been une fois de plus, las !

Mais bon j'ai testé quand même. Le principe est rigolo : c'est un gâteau qui se déphase à la cuisson, révélant à la fin trois couches bien distinctes de textures différentes : un flan tout en bas, une crème un peu pâtissière au milieu, et au-dessus, une génoise aérienne.

Bien entendu, "rigolo" n'est pas la première caractéristique recherchée en cuisine, mais que voulez-vous, aux fourneaux j'ai plus le profil du savant fou que celui de l'artisan perfectionniste.

Pour ce qui est du résultat espéré, j'ai parfaitement réussi le coup des trois couches, matez plutôt :

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Après dégustation, le verdict est plus mitigé. Ce n'est pas fondamentalement mauvais, mais il faut être amateur de flan pâtissier pour apprécier. Mézenfin, peut-être qu'à l'occasion je testerai avec autre chose que de la vanille, parfumé à un truc un peu plus pêchu ça doit commencer à pouvoir être plus intéressant.

Si quelqu'un est tenté, j'ajouterai la recette...

edit : il y a des amateurs ! Et moi entretemps, j'ai trouvé que le gâteau s'était bonifié, le lendemain matin au petit dej avec le café, c'était top.

La recette du gâteau magique, donc. Ici, à la vanille.

  • Faites chauffer 1/2 litre de lait avec une gousse de vanille fendue dont vous avez tendrement gratouillé les parois. Quand ça a gentiment bouillonné, mettez de côté et laissez infuser - longtemps, c'est mieux.
  • Séparez quatre œufs en deux équipes : les blancs, qui pour l'instant restent sur la touche, et les jaunes, à fouetter ardemment avec 130 grammes de sucre en poudre et un sachet de sucre vanillé. Quand c'est bien crémeux, ajoutez 125 grammes de beurre fondu, une pincée de sel, 110 grammes de farine et fouettez encore avec toute votre fougue.
  • Versez dans ce mélange le lait infusé à la vanille (dont vous aurez bien entendu ôté la gousse), petit à petit, toujours en fouettant (c'est un gâteau sportif qui demande un peu de hargne).
  • Montez les blancs en neige (à ce propos, si vous les montez au robot comme moi, je viens de découvrir en lisant le mode d'emploi - oui avec trois ans de retard - qu'il faut retirer le poussoir de la goulotte, faute de quoi vos blancs manqueront d'air et ne monteront pas bien) et incorporez-les à la préparation.
  • Versez le tout dans un moule rond de 24 cm de diamètre (s'il en fait 23 ou 25, vous êtes mort), beurré ou chemisé, lissez le dessus au couteau (ah tiens ça j'avais pas vu, j'ai pas fait) et enfournez 50 minutes à 150°C.
  • Ne démoulez surtout pas tout de suite ! Il lui faut le temps de se figer, 2h au réfrigérateur (ou sur un rebord de fenêtre, à cette saison ça marche aussi très bien et ça fait des vacances à votre frigo). Et après, pour que ce soit bon, il faut encore lui donner le temps de se remettre à température ambiante. Bref, c'est pas un gâteau de dernière minute.

jeu. 29 janvier 2015

(oui on avait dit mardi, j'y arrive pas)

Elle est amusante la mode chez les jeunes gens cet hiver : c'est à qui aura la capuche bordée de la fourrure la plus épaisse, la plus froufroutante, la plus luxueuse. On en est presque au stade du caractère sexuel secondaire, là... Les cailleras ont l'air de cocottes de la Belle Époque, et quand je passe devant le lycée technique voisin, je me sens, avec ma capuche bordée de rien du tout, curieusement déplumée.

mer. 21 janvier 2015

Comment ne pas bloguer

Je ne blogue pas parce que je bosse. Non, je ne bosse pas, enfin pas assez, je procrastine.

J'en suis à l'ultime relecture d'épreuves pour ma traduction, et sans aller jusqu'à dire que ce texte me sort par les yeux, juste je m'ennuie terriblement en repassant dessus pour la cinquième fois. Ca n'est pas si long, mais c'est un peu comme quand vous sortez d'une soirée loin de chez vous, il fait froid, vous êtes fatigué, vous avez un peu trop picolé, les métros ne passent plus très souvent, et vous avez teeeeellement la flemme rien qu'à l'idée de vous taper tout ce trajet, marcher, attendre le métro, monter les escaliers, attendre un autre métro (ou pire, un bus), marcher encore, vous brosser les dents pff, avant de pouvoir ENFIN être dans votre lit.

Bin là c'est pareil. Je sais par cœur tout ce qui va devoir se passer avant d'arriver à la fin de l'histoire, il s'enfuit, elle le rejoint dans le jet privé, ils baisent à l'hôtel, le mariage de la meilleure amie, il disparaît encore, blablabla...

Du coup, je fais traîner au lieu d'en finir une bonne fois pour toutes : dix pages, un café, dix pages, un tour sur Facebook, huit pages, allez je joue dix minutes et je m'y remets. Etc, etc.

Et donc, là, je m'y remets. Et je vous remets le lien vers ma vidéo préférée-au-monde : Procrastination (ça ne doit être que la huitième fois que je poste le lien sur mon blog...)

mar. 13 janvier 2015

La semaine d'après.

Comme à beaucoup, les mots me manquent suite à cette horrible semaine. De mon côté, je n'en peux plus de lire des articles sur ce sujet, mais dès que je lis un truc qui parle d'autre chose, ça me fait trop bizarre. Alors, ce mardi : rien.

mar. 06 janvier 2015

Un début d'année qui décoiffe

Aujourd'hui est un jour particulier à plus d'un titre.

Certes, c'est la Sainte-Frangipane. Bien évidemment, le Goût souffle ses bougies (bon anniversaire, beau brun !). Et puis, c'est la saison, je vous présente mes vœux :

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Mais enfin et surtout, aujourd'hui c'est une naissance, une naissance qui m'importe beaucoup - j'ai suivi la gestation de près il faut dire. Je souhaite, avec émotion, enthousiasme et fierté, la bienvenue à cette nouvelle maison d'édition, l'Ogre, tenue par des types très bien, bourrés de charme, d'intelligence et d'audace, et qui vont tout fracasser sur leur passage.

Aujourd'hui, ce sont leurs deux premiers livres qui sortent - en fait, trois pour le prix de deux : Aventures dans l'irréalité immédiate est suivi de l'inédit et très chouette Cœurs cicatrisés que j'ai particulièrement aimé.

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Si vous avez envie de faire connaissance avec l'Ogre, c'est par ici. Et si vous voulez suivre ses pérégrinations, la page Facebook est là. Enjoy !

mer. 31 décembre 2015

Bilan 2014 d'après archives photo

J'ai commencé en 2011, j'ai continué en 2012 et 2013, je persévère pour 2014. Ce que j'aime bien avec ce post-là, c'est que ce n'est pas juste un habillage comme un autre pour écrire, c'est vraiment un moment où je fais le point (oh, un petit point pas sérieux, léger, genre mousse, mais un point quand même) en mots et en images. Allons-y !

En janvier, je me remets de mes émotions : je viens de quitter l'Éduc Nat, pour un bout de temps au moins, peut-être pour toujours. Chuis crevée, je me retape doucement. On va à l'Île aux Moines, je découvre. Peut-être un peu trop de terre et pas assez de mer à mon goût, mais sympa quand même. Et puis, ce genre d'ambiance, quand on passe le reste de l'année à Paris... :

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En février, nous programmons notre déménagement vers le 14e arrondissement. Daumesnil et ses lions vont me manquer, alors que c'était pas gagné au départ d'aimer ce quartier... J'en profite pleinement tant qu'il est temps, en fait je profite de tout, vraiment je revis depuis que je me suis échappée de l’École !

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En mars, Hiboute souffle sa première bougie, et c'était déjà il y a presque un an, aargh, ça va si vite ! (bon et en même temps tant mieux hein... Parce que la petite enfance c'est charmant, mais c'est usant). Elle aime empiler des trucs et nous sommes des parents indignes juste ce qu'il faut :

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En avril, pas une photo sans Hiboute (non parce qu'il faut que vous sachiez quand même que 95% de mes giga octets, c'est elle). J'avais la petite main potelée de ma chérie qui tient déjà drôlement bien son crayon, ou la petite chérie qui prend l'apéro avec nous au café, bon finalement je vous mets celle-ci, la seule qui ait un vague intérêt dans sa composition et qui ne soit pas uniquement un support à gagater.

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En mai, nous déménageons. ll y a fort à faire et surtout je commence à désespérer de jamais réussir à remettre les pieds dans le monde du travail. C'est un mois fatigant... Mais par la grâce de bâtiments voisins aux vitres réfléchissantes, le soir nous avons deux couchers de soleil pour le prix d'un, c'est peut-être un détail pour vous et pour moi aussi en fait, mais un chouette petit détail poétique qui m'aide à aimer notre nouvel environnement.

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En juin, nous assistons à un mariage où tout le monde prend plein plein de photos car tout est fait pour nous en mettre plein la vue (et c'est très réussi).

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En juin aussi, il y a à Paris une soirée surnaturelle où des éclairs sans tonnerre zèbrent le ciel pendant plus de deux heures avant que l'orage ne se décide. On est tellement bluffés, le Chou et moi, qu'on est persuadés que tout le monde en parlera le lendemain matin, et que ça fera au moins l'objet d'un article dans le Parisien. Eh ben que dalle. Mais nous, on n'en a pas perdu une miette... et comme ça a duré vraiment longtemps, j'ai eu le temps de tâtonner pour trouver les bons paramètres de prise de vue et faire quelques centaines d'essais avant de réussir à attraper cet éclair-là :

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En juillet, second mariage de notre saison, et je suis obligée de conduire une voiture. Nous rendons une petite visite à Saint-Émilion à l'improviste : je n'ai pas consulté la carte à l'avance et je tourne du premier coup au bon endroit ! J'ai tellement le feu sacré que je trouve une place en ville, où je me gare magnifiquement bien, si bien que j'en conserve ce témoignage. Ma mère était un peu déçue que je n'aie pas pensé à photographier la robe de la mariée en revanche.

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En août, pas de Cévennes cette année - pas du tout assez childproof pour qu'on passe de bonnes vacances. Nous n'allons donc pas plus loin que Biniou-City et c'est très bien comme ça. Le retour est un peu raide (voir ci-dessous), heureusement j'obtiens ma première traduction.

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En septembre, il fait encore très beau et y a pas crèche tout de suite, alors on se la joue Mimi Cracra : on patouille, on clapote et on baque à sable de longues heures durant sur la terrasse ensoleillée. C'est quand même dur et je me découvre une absence totale de vocation pour la profession de mère au foyer.

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En octobre, je découvre Nice le temps d'un mini weekend avec ma frangine. La mer est divinement tiède, en OCTOBRE les mecs !! Je me sens remboursée du printemps pourri. Et sinon c'est moi là qui saute sur le gros airbag, voui voui.

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En novembre, je bosse tout plein avec bonheur, et on fête nos cinq ans d'amour avec le Tigre, sans originalité (fleurs, resto) mais avec toujours autant de bonheur, simplement à se voir, à être ensemble. Aussi bien pour aller prendre un café au coin de la rue que pour passer des vacances loin, ou moins loin... Rubrique Estomac : je vous conseille le restaurant La Pascade, c'est très bon, pas exorbitant et le personnel est gentil et plein d'attentions. Choisissez la pascade originelle, à l'huile de truffe, la plus simple, la meilleure.

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En décembre, la vie est douce, je termine ma traduction et j'entame un autre boulot dont je vous parlerai à l'occasion. J'ai du temps pour moi, pour ma famille, je me sens bien et bien disposée à l'égard de tout et de tout le monde. C'est le temps de l'équilibre... Un mot qui va bien avec celui-là : fragile. Je sais que je mange mon pain blanc, que les dieux ne seront peut-être pas toujours aussi cléments avec moi. Je me vois au sommet du bonheur, j'ai du mal à imaginer comment je pourrais être plus heureuse que je ne le suis actuellement, alors je savoure autant que je peux. Il n'y a pas grand-chose d'autre à faire, si ?

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Je vous embrasse. Prenez soin de vous.

mer. 17 décembre 2014

Drôle de soirée

23h48.

Je reviens d'une soirée à la maison de la Poésie - oui monsieur, oui madame - où le Chou présentait avec son associé leur maison d'édition toute nouvelle - oui monsieur oui madame. J'avais essayé de me faire belle avant de partir ; j'ai fini par me contenter d'un collier et d'un pschit de parfum. J'ai peut-être abusé du vin biodynamique...

Il y a deux ou trois ans, un soir où le Chou était de sortie, j'avais regardé La vie au ranch sur Canal +. Ca m'avait collé un cafard pas possible, ça racontait la jeunesse que je n'avais pas eue et j'en étais nostalgique.

Cette jeunesse, de feu et d'artifices, qui ne ressemblait en rien à celle que j'ai vécue : grise, solitaire, absurde.

Ma trentaine a beau être cent fois plus belle, épanouie, prometteuse et pleine d'amour que ma vingtaine... Ce soir dans le bus, en voyant une bande de jeunots en goguette, j'ai eu l'espace d'un instant l'envie, l'envie féroce d'avoir à nouveau vingt ans.

Il y avait ce jeune homme, une sorte de Paul Dano français, il avait une bague de femme au majeur et des chaussures de randonnée, une sexualité peut-être pas très claire ; j'ai eu envie de parler toute la nuit avec lui au café, ou bien dans une chambre du Crous, avec de l'encens, un canapé-lit BZ et du thé aux fruits rouges.

J'ai peut-être abusé du vin biodynamique.

mar. 09 décembre 2014

Le romarin, la princesse et le chevalier

J'ai rendu ma traduction jeudi dernier, et j'ai l'impression que c'était il y a cent ans.

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Tous les ans, le Chou évoque l'idée de faire l'acquisition d'un sapin de Noël ; il n'est pas trop pressant, mais avec la Poupette qui grandit, je sens que ça va devenir compliqué de s'en passer encore très longtemps... Déjà que je suis pas sûre de vouloir lui faire gober l'histoire du Père Noël, pauvre Hiboute, quelle enfance désenchantée je lui donne.

Du coup cette année, à titre d'échauffement, j'ai fait un romarin de Noël, et j'ai accroché trois guirlandes dans la maison. Je n'aurais pas soupçonné que ça m'emmerderait aussi prodigieusement... Presque autant qu'acheter des fringues à cette malheureuse enfant qui n'est presque vêtue que des reliques de ses cousins, et des offrandes de ses grands-mères - faut dire, les Sergent Majour et compagnie, ça me déprime sévère : les rayons marron/caca d'oie/ bleu marine pour les garçons et rose/violet/mauve pour les filles, j'en vomirais. Chacun sa couleur et les vaches seront bien gardées, c'est ça ? Les dingos du gender peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

Sur le sujet, le documentaire Princesses, Pop Stars & Girl Power est très bien fichu - un peu décourageant, parce qu'on se demande en tant que femme, en tant que mère, ce qu'on va bien pouvoir faire pour éviter de s'enfermer ou d'enfermer nos filles dans un stéréotype féminin pourri... Mais ça mérite d'être vu quand même je pense.

Ce qui est intéressant notamment, c'est l'idée que le "genrage" rapporte du pognon ; au début du film, on raconte qu'il y a trente ans, les vélos pour enfants étaient rouges ; ainsi l'engin sur lequel l'aîné-e d'une fratrie avait appris à pédaler servait à tous les autres enfants qui suivaient. Aujourd'hui, il y a les vélos ROSES Hello Kittou, et les vélos BLEUS Spidermoun. Du coup les parents doivent acheter DEUX vélos pour leurs rejetons s'ils ont eu la mauvaise idée de ne pas tous partager le même sexe. Malin, non ? Et bien entendu ce principe commercial s'applique à tout, absolument tout. Vu par exemple : les biberons rose/bleu. Les BIBERONS bordel. Et bien entendu cette foutue gangrène s'est également installée dans les livres, lisez ce génial article (désespérant aussi, certes) d'une libraire qui résume bien la situation je trouve : De l'inconvénient d'être féministe en librairie jeunesse.

Mais bien entendu, le problème de la princesse et du chevalier est si diffus qu'on ne peut blâmer uniquement les marketeux, puisque les parents sont manifestement demandeurs. Il y a quelques temps de cela j'étais à une réunion de consommateurs, et nous autres mères débattions de l'emballage idéal pour un petit pot de bébé. Parmi les présentations qu'on nous avait soumises, il y avait un petit train dont chaque wagon transportait un des aliments constitutifs de la recette. Eh bien il s'est trouvé une mère pour estimer que ça faisait "trop garçon" et qu'elle ne serait point tentée d'acheter cette purée testiculée pour sa petite fille. Voui voui. What. The. Fuck.

Bon je voulais juste parler de mon romarin de Noël... Allez je fais un voeu, c'est la saison : réfléchissez bien aux cadeaux de Noël pour vos moutards !

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