De Benjamin Millepied, je savais qu'il était chorégraphe, mignon, et le mec
de Natalie Portman (j'ignore si c'est encore d'actualité, parfois mes ragots
people datent un peu).
Je suis d'accord, ça ne suffit pas vraiment à assurer la qualité de son
pestacle, mais on n'arrivait pas à choisir et mes bons cadeaux pour le théâtre
du Châtelet expiraient en juillet, alors on a tenté le coup.
Trois pièces de sa compagnie étaient présentées, la première qu'il avait
lui-même chorégraphiée, la deuxième étant de Merce Cunningham, et la troisième,
j'ai oublié.
De Merce Cunningham, je savais juste qu'il était un chorégraphe célèbre. A
nouveau, je suis BIEN D'ACCORD avec vous, ça ne garantit en rien qu'on va
apprécier, mais bon...
Début un peu mou, pas inoubliable mais bon. Premier entracte. La pièce de
Cunningham commence, les danseurs sont presque dans le noir, se meuvent en
silence, à nouveau ça ne casse pas des briques mais ça va bien avec la légère
torpeur qui m'envahit peu à peu.
Quand soudain, arrive la musique la bande-son le
bruit. Les bruits pour être exacte : un glouglou plutôt inoffensif,
malheureusement couvert par une sorte de crissement horrible, entre la craie
qui dérape sur le tableau et le couteau qui découpe l'assiette, mais en
beaucoup plus fort. Bon, c'est horrible - et fort - mais on se doute bien que
ça ne va pas durer... Ah tiens si ça dure ? Ah mais oui, ça dure, ça dure,
c'est toujours aussi fort, de plus en plus pénible et ça ne s'arrête pas
!
Les premières instants, on est sous le choc, un peu assommés.
Au bout d'une minute, on se bouche les oreilles, on attend que ça se termine,
d'une seconde à l'autre vraisemblablement.
Au bout de deux minutes, on commence à s'agiter nerveusement sur nos sièges,
bon sang mais qu'est-ce qu'il fait chaud ici...
Trois minutes, j'hésite à compatir pour les danseurs qui n'ont guère l'air
incommodés (boules Quiès ?)
Quatre minutes, je me sens profondément insultée en tant que spectatrice. Il
est où le Millepied, que j'y pète la djeule ?
Cinq minutes, je veux bien demander pardon, avouer n'importe quoi, mais à
QUI ? Je demande au Tigre-Chou "Mais qu'est-ce qu'on leur a fait ?
Pourquoi ?" et nous partons dans un long fou-rire nerveux, relancé
régulièrement par de soudains flashes de néons qu'on nous balance à la gueule
(des fois qu'on se sente encore un peu trop confortable).
Je ne sais pas combien de temps ça a duré en tout. Au bout d'un moment, le
Tigre-Chou est sorti en déclarant qu'il ne voyait pas pourquoi il avait à
supporter ça une minute de plus (il était en phase avec les responsables, qui
une minute plus tard ont estimé qu'ils nous avaient assez torturés comme ça).
Le tiers de la salle a hué quand ça s'est terminé... Nous avons fui sans
attendre de voir ce que nous réservait la troisième pièce ; peut-être que
les courageux qui sont restés ont reçu des étrons en pleine figure ?
Le Chou a pris dix ans en vingt minutes, et mon lait a tourné, j'en suis
sûre.
Bref, vous faites comme vous le sentez, mais LA Dance Project, en un mot, je vous le déconseille.

































