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ven. 21 avril 2017

Une dernière petite louche de démocratie pour la route ?

Bon, pour cette fois c'est trop tard, mais quand tu vois le merdier, tu te dis qu'il faudrait changer les règles du jeu, à défaut de pouvoir changer les participants.

Cette bédé en trois pages (attention les littéraires, y a un peu des maths qui font peur au milieu) défend le principe du "jugement majoritaire" de façon très convaincante.

Et si vous avez envie de vous y essayer, il y a même une élection "parallèle"-test d'organisée ici (je conseille, ça défoule, même s'il manque la mention "à jeter aux crocodiles séance tenante" pour certains candidats).

J'aimerais bien vivre assez longtemps pour voir survenir ce changement de mode de scrutin !

jeu. 20 avril 2017

J'hésite moins

Il y a souvent cette expression qui revient dans les journaux, l'échiquier politique. C'est joli, et puis ça traduit bien le côté "coups" et "manœuvres" de l'exercice. Mais dans ma tête, en fait d'échiquier, je me représentais plutôt une bête ligne, voire carrément un segment, la droite, la gauche, le centre, terminé. Je ne dis pas que cette représentation était définitive ni exhaustive au regard ce qui se passe sous mon crâne, mais inconsciemment, c'est simplement le résultat du pouvoir des mots : on me parle de droite et de gauche, j'ai du mal à penser à autre chose qu'à un machin horizontal unidimensionnel. Même si je SAIS que c'est plus compliqué que ça, en vrai.

Et puis hier, je suis tombée sur ce questionnaire, qui permet de trouver son alter ego politique. Au départ, je l'ai fait pour m'aider à décider pour qui voter dimanche (oui, je fais partie des graaaands indécis pour ce premier tour), et si le résultat ne m'a pas considérablement surprise, en revanche j'ai vraiment apprécié cette représentation bidimensionnelle des positions politiques de chaque candidat. Ça ressemble déjà un peu plus à ce fameux échiquier, et puis ça me paraît plutôt efficacement synthétisé (j'avoue, je suis une vilaine citoyenne, je n'ai pas épluché moi-même tous les programmes). Je cite CrowdPac : "Notre système de notation positionne les candidats de manière objective sur deux axes idéologiques :

  • de progressiste à conservateur sur les questions de société ;
  • d’interventionniste à libéral sur les questions économiques."

Au final, ça donne ça :

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Si jamais ça peut aider d'autres indécis à faire leur choix...

jeu. 06 avril 2017

Popi m'a cramer

Alors si vous vous demandiez, la réponse est non : la rédactrice en chef des Belles Histoires n'a jamais répondu à mon courrier.

Mais il semblerait que Bayard Presse ait gardé une dent contre moi, car il a envoyé un agent pour se venger, oui oui, en la personne d'un vieux Popi d'avril 2014.

Le Popi en question s'est sournoisement glissé dans la housse de couette de Hiboute afin de pouvoir infiltrer ma machine à laver, façon cheval de Troie. Le combat fut rude : sachez que le Popi supporte très mal d'être passé à 60°C, cf. document A.

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doc. A : J'ai eu un peu de mal à identifier le corps.

Mais ça fait partie de sa technique kamikaze : sous cette forme, il a pu occasionner un balourd (1) de compétition qui a tellement déséquilibré le tambour de notre lave-linge que le caoutchouc a littéralement fondu d'un côté, et s'est déchiré de l'autre. Oui ! Ce con de Popi a réussi à dézinguer notre machine à laver ! Salaud !

J'ignore combien c'est embêtant. La machine fonctionne toujours, mais est-ce que les bouts de caoutchouc qui manquent étaient très importants, ou pas trop ? Je n'en sais rien. Et surtout, est-ce que le tambour est revenu bien gentiment sur son axe, ou pas ? Je n'en suis pas sûre, et d'après ce que je lis, c'est quand même un peu la merde.

Bref, décidément Bayard Presse, c'est le Mal incarné.

(1) Cette histoire m'aura donc fait découvrir le sens technique de ce mot, et je vous avoue que je me sens toujours mieux quand je peux mettre un mot précis sur mes malheurs.

lun. 03 avril 2017

Il s'est passé quoi en mars 2017 ?

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J'ai remarqué un détail sur l'affiche de Baby Boss (?) qui m'a fait penser que les concepteurs n'avaient sans doute pas eu d'enfant : qu'est-ce que c'est que ces graduations pas du tout vraisemblables sur le biberon ?

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J'ai vu pas mal de jonquilles qui avaient l'air d'avoir regardé un ouragan de face. Une nouvelle variété ?

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J'ai croisé un "ami très cher" en allant au théâtre.

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Un immeuble de mon quartier était en train d'enfiler un pull.

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J'ai emmené ma petite Poucette voir son papa Ogre au salon du Livre.

ven. 31 mars 2017

Un post que je pourrais écrire toutes les semaines

Cette semaine j'ai vu passer trois polémiques, je vous laisse trouver le point commun :

  1. un livre éducatif qui parle de leur corps aux enfants, mais (comme d'habitude aurais-je envie d'ajouter) avec des différences de traitement flagrantes entre le sexe des garçons et celui des filles. Pour vous donner un exemple, si l'on y précise que le zizi des garçons s'appelle "pénis", on ne juge pas utile de dire que celui des filles se nomme "vulve" (à la place, on donne une ribambelle de surnoms enfantins. Le sexe des filles, c'est pas sérieux voyons).
  2. Il y a aussi eu Solange Te Parle, qui après avoir mené il y a 2-3 ans une série d'entretiens avec des femmes sur le thème de la sexualité, a transformé ce travail radiophonique en livre, sans en avertir les premières concernées. Les commentaires sont souvent très passionnés, dans un camp comme dans l'autre : ceux qui ont toujours su que Solange était une salope, et d'ailleurs ils ne supportent pas sa voix, et ceux qui la défendent en accusant les plaignantes d'être des connasses en mal de reconnaissance qui n'ont rien de mieux à faire.
  3. Enfin, l'affiche du festival de Cannes fait polémique car la photo de Claudia Cardinale qui a servi pour sa conception a été retouchée façon Barbie, avec la même subtilité qu'une pub l'Ouréal (je vous laisse vous rendre compte avec ce gif).

Bon vous avez deviné, le point commun, c'est le féminisme. Ou peut-être pour être plus précise, la définition du féminisme. Car pour ces trois exemples, systématiquement les "accusés" se défendent en clamant qu'ils sont féministes : à chaque fois on dirait que c'est l'emplacement de la frontière qui se joue. Une vraie guerre de tranchées, tout aussi absurde et bordélique. Je regrette que ce qui pourrait être un débat hyper constructif (mais, j'avoue, sans doute bien bordélique quand même) tourne au mieux au dialogue de sourds, au pire au pugilat. Il y a des gens sensés, modérés, qui expriment très bien les problématiques en jeu, mais sont-ils entendus, au milieu de tout ce bruit ? Je voudrais moins de passion et plus de dialogue.

jeu. 30 mars 2017

Comment aimer son prochain

Encore un mot sur le désert, ou plutôt sur les voyages de groupe, ou plutôt sur les randonneurs.

J'appréhendais un peu le côté "groupe", justement (je rappelle que je passe mes journées complètement seule, que je n'ai aucun collègue et que je m'en porte à merveille). Avec l'âge, j'ai appris à mimer ce qu'il faut pour avoir l'air sociable et être de relativement bonne compagnie, mais bon. Je me demandais à qui j'allais avoir affaire.

Et il se trouve que nous sommes tombés sur un groupe constitué de gens tous plus drôles et adorables les uns que les autres. J'ai énormément rigolé avec ces personnes, et je me suis sentie plongée dans un bon bain de gentillesse toute la semaine. Nous étions les bleus de la bande : j'avais bien campé deux ou trois fois dans ma vie, mais le Tigre n'avait jamais planté la moindre sardine jusque là ; à chaque fois, ils étaient plusieurs à venir voir si nous avions besoin d'aide, et globalement, chacun prenait soin des autres à sa manière.

Je me suis demandé quel était le facteur commun qui rassemblait ces gens ; à quoi c'était dû, cette bonne humeur et cette gentillesse généralisées : était-ce la chance tout simplement ? Les vacances ? Le goût du désert ? L'amour de la randonnée ? L'essence du camping ?

mar. 28 mars 2017

Brèves

  • Plaisir d'un jour de soleil : étendre la machine dehors, récupérer du linge qui sent les vacances (voui voui, même avec le bon air du 14e ça fonctionne).
  • Ce weekend je suis passée voir le Chou au salon du Livre qui cette année était tout rabougri.
  • J'ai trouvé un billet de 50 balles dans la rue l'autre soir. Il y a quelques semaines, c'était un billet de 5 euros. Faudrait que je me renseigne sur la couleur de celui de 500 pour pas le louper, le moment venu.

jeu. 23 mars 2017

De la lecture et de l'écouture (politique, forcément politique)

Il y a quelques temps, Jaddo a recommandé un article du New York Times, un long article, en anglais (relativement facile), en disant que ça se lisait comme du petit lait. J'ai enfin pris le temps de le terminer ce matin (je m'accorde quelques jours de vacances entre la traduction que je viens de rendre et celle qui m'attend déjà - je suis bénie) et c'était effectivement une très bonne lecture : To Obama with Love, and Hate, and Desperation.

En deux mots, l'autrice raconte le courrier que recevait Obama tous les jours, et l'administration qui se chargeait de lire tout ce courrier et de lui en faire une sélection quotidienne (10 lettres, à sa demande). C'est d'une humanité ébouriffante, concentrée, pour le meilleur et pour le pire.

Lorsque je leur ai laissé libre cours, mes pensées, taquines, ont mis cette pratique en parallèle avec les sondages que commandait Sarko pour tâter le terrain au sujet de sa petite personne, de sa popularité et de l'intérêt qu'il aurait ou non pour celle-ci à épouser Bruni (j'y ai repensé parce que l'autre jour j'ai écouté Des citoyens qui changent le monde, qui dans sa deuxième moitié évoquait entre autres ce scandale mis au jour par Raymond Avrillier).

Donc on a, d'un côté de l'Atlantique, un président qui voulait écouter les voix d'individus, savoir ce qu'était leur vie ; et de l'autre, un mec qui sondait les gens sur sa life.

Dit comme ça, c'est caricatural bien sûr, et je veux bien admettre qu'il y a des nuances, mais enfin je pense que l'écume qui restera, c'est qu'on (oui le "on" de ma bulle de filtrage, bien sûr) aimait bien Obama, et que personne ne regrette Sarkozy. Et on n'avait pas peur des élections américaines, ça paraissait plié, et maintenant tout le monde hallucine. J'aimerais bien que la divergence se poursuive et que la trouille qu'on éprouve actuellement aboutisse à des présidentielles hallucinantes aussi mais dans l'autre sens : incroyable soulagement plutôt que stupeur accablée.

mer. 08 mars 2017

Dites 33

J'ai 33 ans aujourd'hui (l'âge du Christ, rajoute systématiquement une petite voix en moi, comme s'il fallait au minimum être mort et ressuscité arrivé à ce stade, sans quoi on avait raté sa vie - ça vaut bien la Rolex à 50 ans).

J'ai 33 ans et je ne sais toujours pas exactement ce qu'est un legging - c'est un caleçon ou un collant ? C'est indécent si je le porte tout seul ou je peux me passer de robe ?

J'ai 33 ans et je n'ai jamais eu de tickets resto (mais j'ai profité des chèques vacances lors de mon passage dans l'Héducation Nationale).

J'ai eu 12 emplois différents et mis les pieds dans 12 pays étrangers.

J'ai déjà dit "Servez-vous dans le frigo" à une jeune fille venue garder ma fille. Quinze ans plus tôt, je me servais moi-même dans le frigo des gens (en prenant soin de dissimuler une compulsion alimentaire) pendant que d'autres enfants dormaient une chambre plus loin.

Je ne sais toujours pas faire les pommes de terre sautées correctement, mais je maîtrise bien le houmous et j'ai déjà confectionné un rainbow cake.

Je n'ai pas déjà relu tout Proust parce que je n'ai pas fini de le lire une première fois, pour commencer.

J'ai déjà initié une conversation qui a atteint un point Godwin, je me suis déjà inscrite à un MOOC.

Je n'ai jamais fabriqué de gif animé. Je suis abonnée à Netflix mais je n'ai pas de compte Spotify.

J'ai testé la mooncup, je pratique le lombricompostage en amateur, j'ai une connaissance qui était au Bataclan.

Je n'ai jamais subi de shitstorm sur internet, je mange de tout (viande, gluten, sucre), je n'ai pas de smartphone.

Est-ce que tout ça fait de moi une jeune femme de son époque ? Et à défaut, de sa catégorie sociologique ? Sans doute.

ven. 03 mars 2017

Ma personne préférée

Hiboute a eu 4 ans hier.

Comme tous les jours en rentrant de l'école, elle a escaladé tous les rebords possibles du chemin.

Comme cela arrive une fois de temps en temps, elle s'est cassé la figure en dérapant sur l'un de ces rebords.

Comme cela n'arrive qu'extrêmement rarement, elle s'est fait mal, (belle bosse sur le front), assez pour pleurer.

Comme c'est systématiquement le cas, elle a réagi très... épidermiquement aux manifestations de compassion des passants (elle ne supporte pas qu'on prenne l'air désolé, qu'on s'exclame "Ooooh pauvre chouquette !", ça ne fait que redoubler ses pleurs, mais de rage, ou de gêne, je ne sais pas très bien).

Elle a un sourire ravi lorsqu'on lui chante "Joyeux anniversaire" au téléphone. Mais quand c'est en chair et en os pendant qu'on apporte le gâteau avec les bougies, comme pour ses 2 ans, comme pour ses 3 ans, elle hurle et se cache derrière le fauteuil (tu sens qu'elle regrette de ne pas avoir anticipé et que si elle y avait pensé plus tôt elle aurait carrément creusé un trou dessous).

Elle aime : les lasagnes, le curry de lentilles, les fraises Tagada, dessiner, colorier, découper, coller, dénombrer, escalader, danser, construire. Elle aime que je traduise les miaulements du chat, qu'on lui chante des chansons, qu'on lui lise des histoires. Elle aime bousculer l'ordre : commencer par le dessert, dormir tête-bêche, mettre son T-shirt par-dessus son pull.

Elle n'aime pas : la mousse au chocolat, les oeufs sous toutes leurs formes, manger de manière générale (elle préfère picorer), faire des bisous, recevoir des bisous (gros travail de rééducation au consentement des adultes de l'entourage !), les vacances (elle préfère quand sa maîtresse est là), la voiture (sauf celle de ses cousins avec les écrans vidéo, pas folle la guêpe).

Elle a pris en main la déco du salon :

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Parfois elle salue tout le monde dans la rue : "Bonjour petit monsieur ! Bonjour petite madame !". Question sociabilité elle tient plus de son père que de moi (heureusement). Elle est belle, vive, intelligente, gracieuse, inventive, sensible, aventureuse... Mais pour faire bonne mesure, elle dit aussi "caca boudin" à longueur de journée et se cure le nez avec beaucoup de décontraction, Dieu merci.

Bon anniversaire, ma petite chouquette chérie.

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mer. 01 mars 2017

Il s'est passé quoi en février 2017 ?

(ouais je sens que je tiens une nouvelle rubrique, là)

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Mon coeur a fait une pirouette en découvrant un livre de l'Ogre au rayon nouveautés de ma bibliothèque (et après, comme je suis une punk hors-la-loi hors-système horticultrice et ornithorynque, j'ai échangé sa place pas très en vue avec une autre nouveauté à hauteur d’œil).

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On a réussi à commander une lampe dont on NE PEUT PAS changer l'ampoule, enfin la LED (on est forts hein ?). Le site indiquait comme température de couleur un "blanc chaleureux". C'était sans doute assez chaleureux pour une morgue, effectivement, mais dans notre salon c'était vraiment pas possible. L'astuce, donc, si vous êtes aussi doués que nous, c'est un morceau de ce bon vieux chatterton, tout simplement.

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J'ai eu la nausée...

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J'ai rigolé en imaginant le mec concevoir son prospectus : "Allez, je le tente avec des chatons, paraît que ça fait vendre".

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Je suis partie marcher une semaine dans le désert marocain avec mon amoureux. Quinze ans que j'en rêvais... C'était fabuleux.

jeu. 16 février 2017

Ma pierre à l'édifice (ou comment j'ai mis un orteil dans le monde des "contributeurs")

Tout ça risque d'être approximatif, mais je tente quand même d'ébaucher quelque chose.

Voilà : les attentats de 2015, ce que je constate de l'effet qu'ils ont eu sur moi, c'est qu'ils m'ont donné une certaine impulsion à agir. Agir pourquoi ? En toute modestie, pour un monde meilleur. Rien que ça ! Je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas : un sondage (ouais désolée j'ai pas la référence sous le coude... donc "un" sondage) avait montré que beaucoup de jeunes (je suis encore un peu jeune, laissez-moi tranquille) s'étaient engagés dans des activités associatives suite à ces attentats.

Je me demande combien ils sont, combien on est à avoir eu cette réaction.

Bon. Sauver le monde, ok, mais comment ?

Une grosse année plus tard – c'est terrible parce que je ne peux pas raconter précisément mon cheminement, j'ai sabré des paragraphes entiers de ce texte pour ramasser mon propos, et les jalons que je choisis ont malgré tout quelque chose de très arbitraire, mais bon – je suis tombée sur une vidéo qui s'appelait « Changer le monde en 3 minutes », ou un truc racoleur du genre. J'ai quand même cliqué pour écouter le type, qui donnait des exemples de manières de procéder.

Entres autres, il citait le fait de modifier un article Wikipédia. Ça m'a marquée. Est-ce que je l'avais déjà fait avant cette vidéo ? Ou bien m'y suis-je collée après ? En tous cas, je me souviens que c'est à peu près à ce moment-là que je l'ai fait (donc, qu'il y ait eu causalité ou non, peu importe, ce que je retiens c'est la synchronicité, la sérendipité). C'était une bêtise, un erreur d'orthographe ou de typo, j'ai oublié, mais enfin voilà : j'avais modifié mon premier article Wikipédia. Je ne le fais pas de façon régulière, mais ça m'est arrivé plusieurs fois depuis.

Et puis cette semaine, j'ai découvert l'existence de cette femme, Emily Temple-Wood, qui est devenue une grande contributrice Wikipédia et a notamment lancé un projet de mise en lumière des femmes scientifiques (90% des rédacteurs de Wikipédia sont des hommes, et du coup, devinez quoi ? Eh bien ils parlent surtout d'autres hommes). J'ai trouvé son exemple très positif et stimulant.

Et puis quoi après ça ? Ce matin, je tombe sur une annonce me proposant de m'inscrire à un MOOC afin d'apprendre à rédiger des articles pour l'encyclopédie en ligne. (Ça vous tente ? C'est ici).

Comme un enchainement logique qui aurait démarré il y a deux ans... je me suis inscrite. On verra bien où ça me mène. Rien qu'en rédigeant le brouillon de cette note, je me suis aperçue qu'une autrice importante n'avait pas sa fiche Wikipédia. Il est bien possible que je me charge de sa rédaction dans les semaines qui viennent...

Depuis deux ans et demi que je suis traductrice, j'ai aussi fini, il y a quelques semaines, par m'inscrire à un forum de traduction que jusque là je me contentais de consulter silencieusement. L'intérêt, au delà de l'usage professionnel que j'en ai, est double : d'une part, le fait d'appartenir à une communauté qui cherche à s'entraider et à diffuser le savoir (linguistique, dans ce cas précis) est bénéfique pour mon moral et me redonne foi en l'humain : non, il n'y a pas que des magouilleurs, des violeurs et des assassins en ce bas monde (et même si on le sait intellectuellement, il se trouve qu'émotionnellement et médiatiquement, c'est sur ceux-là qu'on se focalise). Il y a aussi des gens normaux, des gens bien, qui partagent leur savoir, qui aident leur prochain. Participer à ce genre d'initiative, ça aide à se le rappeler.

D'autre part, ce qui est super aussi, c'est d'avoir le sentiment, effectivement, de rendre le monde meilleur. A une échelle infinitésimale, certes. On n'a pas tous les moyens de donner aux associations, que ce soit des heures ou des euros. Alors AGIR tout de même, même un tout petit peu, ça fait un bien fou.

Il y a pleeeeein de choses que je ne prends pas le temps de raconter, ce sera pour une prochaine fois (à quelle fréquence je termine mes notes sur cette conclusion ?)

mer. 01 février 2017

Bon il s'est passé quoi de VRAIMENT important en janvier 2017 ?

Le résumé en images.

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Ma grand-mère aurait eu 90 ans.

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J'ai fait des Kango® maison (le biscuit c'était exactement ça, le chocolat pas du tout).

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Hiboute a dessiné un ticket de métro.

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J'ai été sauvagement attaquée par une grenade (mûre à point).

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On a appris qu'il allait falloir se calmer sur les avocats.

jeu. 26 janvier 2017

Protestation ad lib

Je manque de temps pour vous reparler de l'incinérateur d'Ivry (et en plus vous en avez sans doute ras-le-bol), donc je me contente d'une paresseuse mais efficace (enfin j'espère) capture d'écran pour vous enjoindre à aller signer de nouveau une pétition. Ça tombe de nouveau en plein pic de pollution cette affaire-là, décidément ce projet est maudit (niark niark). Je suis désolée si ça vous fatigue. Ça me fatigue aussi, mais je sens que je dois le faire...


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Vous avez jusqu'à demain !

Merci les aminches !

edit du soir: laissez tomber, c'est foutu. Et non seulement c'est foutu, mais en plus le ministère de l'environnement s'en bat la race. Je suis pas contente.

mar. 03 janvier 2017

Et puis tous mes voeux

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lun. 19 décembre 2016

L'homme n'est pas un loup pour l'homme (le trader, en revanche...)

Écouté ce type, Paul Jorion, parler l'autre jour à la radio, (le titre de l'émission m'avait en quelque sorte alléchée : "Fin du monde ou fin d'un monde ?"). J'ai été si frappée par son analyse que j'en ai transcrit un fragment pour le garder au chaud :

C'est le paradoxe de la finance. Notre espèce a su s'autodomestiquer. Il y a des choses qui ne marchent pas, il y a des guerres, de la violence, mais dans l'ensemble nous avons su nous domestiquer : on sait qu'il n'y a pas besoin d'avoir un policier à chaque coin de rue. Mais la finance continue à maintenir cette image de loup pour l'homme. La nature livrée à elle-même, c'est la manière dont la finance devrait fonctionner. Il est temps de domestiquer la finance aussi. Ya pas de raison que ça exerce une prédation totale sur le reste de l'économie. En 2006, avant la crise des subprimes, 46% du PIB américain ce sont des activités financières, ça n'a pas de sens, c'est une activité de prédation sur l'économie réelle.

Bon le mec parle comme un cerveau qui va trop vite pour sa langue, du coup il ne finit pas ses phrases, donc sa syntaxe plus ma transcription à la volée donnent un résultat un peu approximatif, mais l'idée y est.

mer. 14 décembre 2016

Que faire du fracas

J'écris ce billet dans la salle de bain, pendant que Hiboute prélève un à un tous les gants de toilette pour faire des petits lits à ses personnages sur le rebord de la baignoire.

Hier, A. me faisait remarquer (il me voyait sourire en entendant le début de la chronique de Meurice sur Macron) qu'il était surpris de voir combien j'étais au courant de ce qui se passe dans le monde, moi qu'il avait connue si "protégée" (ce sont ses termes).

De fait, c'est vrai qu'il y a dix ans, je ne me tenais pas au courant de grand-chose. Moitié parce que mes centres d'intérêt étaient ailleurs (soit j'étais au cinéma, soit je me morfondais sur mon célibat), moitié parce que je voulais effectivement me protéger.

C'est venu progressivement, et notamment par Twitter, je pense : c'est par là que, sans vraiment les chercher, j'apprends les nouvelles (et ensuite, que je me dirige ou non vers les articles qui développent). Je ne l'ai pas vraiment vu venir ; il y a l'usage conscient que je fais de ce réseau (le dosage minutieux de ma timeline, la fabrication de ma "bulle de filtrage" à moi), et le résultat pas toujours maîtrisé que j'obtiens (ah ben ça alors, les gens que je suis parlent d'actualité).

Je ne crois pas que ce soit bien ou pas bien. C'est comme ça, tout simplement : chacun son évolution. D'autres font le chemin inverse, de drogués de l'information ils passent à la cure de silence.

Seulement, que ce soit bien ou pas bien ou autre chose encore, il y a des jours où la fureur du monde me touche trop (et j'ai conscience de l'indécence de ce que j'écris : ouin, toutes ces horreurs m'empêchent de me consacrer sereinement à mes courses de Noël). Où le peu que je pouvais faire, je l'ai fait, et où l'empathie, le chagrin, l'incompréhension me submergent malgré tout. Parfois, fugacement, certaines pensées m'aident à prendre du recul, mais j'ai du mal à faire le tri. Peut-être parce qu'il y a ce module "chercher le sens de tout ça" qui est impossible à désactiver mais qui fait planter tout le système.

Je ne peux pas, je ne veux pas revenir en arrière, même si c'était plus confortable avant. Mais je vois bien que mon rapport à l'actualité doit encore évoluer, parce que je sens, comment dire ? Une absurde déperdition d'énergie vitale (est-ce que j'assume de dire ça, "absurde déperdition d'énergie vitale" ? Hum. Bof.). Bon, essayons de le dire autrement : je voudrais trouver le rapport idéal entre émotion, réflexion et action. Quelque chose comme ça.

Autre solution : que me pousse enfin ma cape de super-hérote et que j'aille m'occuper moi-même de sauver le monde, comme ça on n'en parle plus.

mer. 07 décembre 2016

Où je vous réclame un truc

Ok les copains, je vais ENCORE vous solliciter. Et en plus, ça urge.

Voilà l'histoire :

Vous savez, les deux jolis panaches de fumée blanche qu'on voit quand on traverse la Seine dans le sud de Paris ? Ce sont ceux des cheminées de l'incinérateur d'Ivry-sur-Seine.

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C'est très joli mais c'est plein de saloperies. La fumée, hein, pas ma super copine gracieuse du premier plan.

Les incinérateurs ont une durée de vie d'environ un demi-siècle, et celui-ci arrive en bout de course.

Le Syctom (qui s'occupe de la moitié des déchets de l'Ile-de-France) a prévu de le reconstruire - évidemment, avec nos sous - en plus grand, plus gros, plus cher. C'est un projet catastrophique pour tout un tas de raisons :

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Et c'est d'autant plus catastrophique et désespérant qu'il y a des alternatives, sacrément élaborées en plus. Elles sont détaillées dans un truc qui s'appelle le plan B'OM (Baisse des Ordures Ménagères), et dont le seul défaut à mon sens est cette apostrophe ridicule dont on se demande ce qu'elle fiche là.

Je ne sais pas à qui profite le crime dans cette histoire, je n'ai pas eu le temps d'enquêter personnellement (traductrice le jour, wonderwoman la nuit, tu sais c'est pas si facile). Mais il faut faire pression là tout de suite maintenant, parce que vendredi, dans deux jours, il y aura le vote de la première tranche des travaux (pour la bagatelle de 500 000 euros).

Je pense que je me sentirais concernée même si je n'habitais pas la région : des projets absurdes de ce genre, il y en a déjà eu (genre au Danemark, mais les politiques là-bas ne sont pas les mêmes que chez nous : le mec a RECONNU son erreur... Allez voir le reportage d'Arte, il ne dure que quelques minutes), et il y en aura encore (près de chez vous ?).

Là normalement si j'ai bien ménagé mes effets, vous allez me dire : "Ohlàlà ohmandieu mandieu mais c'est affreux et débile mais qu'est-ce qu'on peut faire pour empêcher ça ?!?"

Si j'ai bien ménagé mes effets.

Dans le cas contraire, j'ai une faveur à vous demander : pouvez-vous s'il vous plaît vous dire : "Ohlàlà ohmandieu mandieu mais c'est affreux et débile mais qu'est-ce qu'on peut faire pour empêcher ça ?!?"

(merci)

Voilà ce que vous pouvez faire :

Vous pouvez aller signer la pétition qui sera remise aux gens qui votent après-demain. Vous pouvez aussi les bombarder personnellement avec des mails et des tweets (on vous mâche le travail au bas de la pétition). Enfin, il serait utile à mon sens de partager cette pétition (ou mon plaidoyer vibrant, selon ce qui vous paraîtra le plus efficace. Il y a aussi la version fun avec gifs rigolos si vous sentez que c'est davantage votre cœur de cible).

Ce blog fêtera ses 14 ans la semaine prochaine. Ça me ferait un joyeux anniversaire si vous étiez plein plein plein à signer et à partager la pétition. D'accord ? (Rho l'autre eh, comme elle essaie de vous prendre par les sentiments)

mer. 30 novembre 2016

Je ne suis pas toujours écolo.

Je consomme beaucoup d'eau. C'est parce que les idées géniales me viennent sous la douche (bouillante). Au bout de deux ou trois idées géniales, il est temps de fermer le robinet. Ensuite malheureusement, dans les quelques minutes que je prends pour me sécher, m'oindre et m'habiller, les idées géniales se sont fait la malle. Quel dommage.

Peut-être qu'à côté du savon je devrais garder un feutre spécial hydrophobe pour écrire sur la porte vitrée ?

mer. 16 novembre 2016

Les adieux

J'étais émue bien sûr, et j'ai beaucoup de chagrin pour mon grand-père (pour vous situer, il a voulu écouter ça lors de la cérémonie. Ambiance garantie), mais je suis soulagée pour ma grand-mère, qui n'était plus vraiment elle-même depuis qu'elle ne pouvait plus ni jardiner, ni cuisiner ni coudre. Même cette voix pimpante et sucrée sur son répondeur téléphonique n'était plus la sienne depuis longtemps.

Évidemment, à l'enterrement je n'ai pas raconté qu'elle ne me manquait pas parce qu'elle avait en quelque sorte déjà un peu disparu. J'ai raconté qu'elle ne me manquait pas parce qu'elle était avec moi depuis longtemps, parce que je pensais à elle très régulièrement. Parce que nous avons eu une relation qui a imprégné ma vie dans les choses les plus quotidiennes, les plus triviales : comment je range mes serviettes de toilette, comment je recouds un bouton, comment je découpe des ribambelles en papier pour ma fille (et j'ai hâte de lui apprendre les pompons), comment je fleuris ma terrasse (j'ai un faible pour les œillets d'Inde à cause d'elle, parce qu'elle m'avait montré comment récupérer les graines et que l'émerveillement est resté intact).

Je n'ai pas raconté que quand j'essaie une jupe longue, je l'entends, caustique, me dire que je ressemble à un abat-jour (on a bien rigolé en se remémorant ce genre de choses avec ma sœur et mes parents) : nous n'avons pas toujours été tendres l'une envers l'autre, mais au final nous nous aimions beaucoup.

Merci pour vos gentils mots qui m'ont fait chaud au cœur.

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