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L'Avent pour après

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jeu. 14 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #14 : manger mieux

En voilà un sujet qui me tient à cœur, mais comme j'ai l'impression d'en parler tout le temps, ce billet ne sera pas forcément très complet. Le monde d'après aura nécessairement connu une réforme profonde de l'agriculture, car le modèle actuel est en bout de course (il vous faut vraiment des références ?).

J'ai trouvé ce débat intéressant, plutôt constructif et pas trop crêpage de chignon (imaginez: vous avez un paysan converti à l'agriculture biologique d'un côté de la table, et de l'autre, la présidente du FNSEA ; c'était quand même pas gagné). Bon cette émission a été enregistrée avant que l'Europe resigne pour 5 ans de glyphosate...
Mais ce n'est qu'une bataille de perdue. Parce que de tous côtés, les mentalités évoluent : la part de marché du bio augmente tous les ans, tout comme la part de terres cultivées de cette manière. Le mouvement Terre de Liens fait son petit bonhomme de chemin ; les projets de supermarchés coopératifs se multiplient ; on commence à en avoir marre d'être pris pour des jambons quand il faut payer la pollution des ressources aquatiques à la place de l'agriculture intensive ; les associations luttant pour interdire l'élevage en batterie poursuivent leur travail de sape, et finiront par gagner, j'en suis convaincue.

Il faudrait que tout ça aille juste un peu plus vite. Je sais bien que consommer bio a un certain coût (ou du moins, c'est une ventilation différente du budget) et que tout le monde ne peut pas se le permettre (1) (C'est d'ailleurs pour ça que le Réseau Cocagne fait un super travail, allez voir.) En ce qui me concerne, moi la bobo parisienne privilégiée qui fait ses courses à la Biocoop, je considère ce surcoût comme une sorte d'investissement, de loto écologique ; sauf que le jour où mes numéros sortiront, on aura tous gagné, héhé !

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(1) ou pense ne pas pouvoir se le permettre, pour certains ; tandis que pour d'autres, ce n'est tout simplement pas une priorité, ce que je peux concevoir aussi, bien entendu.

mer. 13 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #13 : bye-bye JiCéDecaux

Aha ! J'ai réussi à faire court ce soir ! En pompant comme une porcasse, certes, mais enfin je vais pas réinventer l'eau tiède tous les jours non plus hein.

Pour une ville plus vivable (vu que la moitié de la population mondiale y vit, et que je la pratique moi-même au quotidien, j'ai forcément davantage d'idées pour celle-ci que pour la campagne), après l'augmentation des framboisiers, je verrais bien la diminution - mais alors, drastique - de la publicité.

Pourquoi ? Tout est dans le manifeste de l'association RAP (Résistance à l'agression publicitaire) : Omniprésente et manipulatrice, dogmatique et dangereuse, liberticide, inégalitaire, inutile et coûteuse... Je cite : La publicité ne s’adresse qu’aux consommateurs au détriment des citoyens éveillés et responsables. A la publicité nous préférons la culture, le paysage et les arts (qui embelliront nos villes et nous divertiront sans arrière-pensée commerciale), la philosophie, la poésie, l’humour et la littérature, les associations, la politique locale et les initiatives sociales, l’expression libre, individuelle et gratuite.

Une de leurs dernières actions en date : porter plainte contre l'immense bâche installée à Bastille pour... profanation de sépulture (eh ouais, le saviez-vous ? Y a des morts sous la colonne de Juillet...)

Pour le moment, à part Grenoble et Sao Paulo, peu de villes se sont mises à décrocher les panneaux publicitaires. Une chercheuse en socio-économie a élaboré une intéressante proposition pour Montréal ; en voici deux-trois extraits (parce qu'il est déjà 21h47 et que mon oreiller m'appelle) :

Ce qui est certain, c’est que les publicités qui accaparent les panneaux d’affichage extérieurs montréalais invitent rarement à acheter des produits faits localement ou à fréquenter une entreprise indépendante. Retirer ces annonces permettrait, d’une certaine manière, de mettre tous les commerces sur un même pied d’égalité : celui de la proximité et de l’accessibilité.

En Suisse, Genève a été le siège d’une étonnante expérience lors de la transition de la gestion des espaces publicitaires entre deux entreprises. Pendant une semaine, les panneaux vides se sont fait prendre d’assaut par des artistes de tout genre. L’initiative a tellement plu que certains résident·e·s se sont mobilisés pour que la Ville soit libérée à l’année.

Plutôt que d’encourager à acheter et consommer, pourquoi ne pas plutôt sensibiliser à l’existence de services d’aide et d’accompagnement dans les quartiers ? Alors que le taux record de l’endettement des ménages revient continuellement dans l’actualité, ne serait-il pas plus pertinent de renseigner sur la présence d’une association coopérative d’économie familiale (ACEF) à proximité, plutôt que sur celle d’un nouveau type de crédit bancaire ?

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Aujourd'hui c'est l'anniversaire de ce blog. Il a 15 ans ! Bigre.

mar. 12 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #12 : Miss France

Ce calendrier atteint le point Miss France : je souhaite la paix dans le monde. Est-ce qu'on peut souhaiter ça sans ricaner en pensant à un maillot de bain barré d'une écharpe tricolore ? Non, je ne crois pas. Bah, ricanons tout en la souhaitant quand même !

Même si, bon, franchement : un monde sans violence ? Je ne suis même pas sûre que ce soit possible ; désolée, je n'ai pas philosophé assez longtemps sur la nature humaine pour avoir un avis tranché sur la question (1). En revanche, un monde avec moins de violence, ça oui, c'est non seulement possible, mais c'est même exactement ce qui se passe. Et c'est évidemment souhaitable.

Le problème, c'est que c'est pas si facile de faire baisser consciemment, chacun de son côté, le niveau de violence. Moi qui vous parle, je suis dans la théorie absolument, totalement et irrémédiablement non-violente. Et puis dans la pratique, pas plus tard que la semaine dernière, je me suis pris le chou avec un ado - qui faisait n'importe nawak, certes, mais j'ai tenu environ 7 secondes avant de perdre minablement tout mon sang-froid... Hum.

Et pourtant, je l'ai lu le bouquin de Marshall Rosenberg (enfin, « le ». Il en a écrit une palanquée, en fait) sur la communication non-violente. Et j'ai essayé d'appliquer un peu les principes. Les quelques fois où ça a marché, c'est vrai que c'était cool. Mais j'ai compté davantage d'échecs que de succès. Il est possible que ce soit parce que je fais pas intimement la distinction entre violence et colère... Apprendre à communiquer de cette manière, c'est vraiment du boulot, ce n'est pas instinctif. D'ailleurs ce n'est pas pour rien qu'il existe aussi des formations.

Et il y a d'autres courants de promotion de la non-violence, parfois mis en œuvre avec semble-t-il un certain succès dans les écoles : les messages clairs, par exemple.

Il faudrait sans doute aussi réussir à diminuer les violences éducatives, bien sûr. Et pourquoi pas se servir plus largement de la méditation, qui permet de développer l'empathie (et d'autres trucs cools).

Et puis, faire en sorte que la notion de bienveillance reste à la mode sans être galvaudée. Pas seulement parce que c'est plus agréable, mais aussi parce que ça permet d'avancer : les administratrices du groupe FB Gestion Budgétaire, Entraide et Minimalisme (dont je vous ai déjà parlé) considèrent la bienveillance comme un outil à part entière, transversal, qui permet de décupler l'efficacité des discours. Et ça marche.


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(1) Cela dit, cette expérience – très émouvante, ma foi - avec des bébés de trois mois (dans la 2e moitié de la vidéo) semble prouver que l'altruisme est quand même plutôt un truc inné.

lun. 11 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #11 : Zéro Déchet Power

Quand j'étais petite, être écolo c'était recycler ses déchets. Aujourd'hui, le contexte s'est tendu, et on sait que le recyclage est à peine une solution, tant, notamment, il donne bonne conscience aux consommateurs alors que le coût environnemental (et économique) de l'opération « production d'un objet à usage unique → tri & recyclage en objet souvent non-recyclable » est encore beaucoup trop élevé par rapport aux ressources dont on dispose. D'autant qu'il y a aussi beaucoup de déchets non-recyclables, ou non recyclés – je ne vais pas vous mettre de lien vers des vidéos de tortues marines qui ne peuvent plus plonger, étant devenues des bouées vivantes à cause de l'ingestion de plastique, ni d'autres tortures raffinées du même acabit – on les a tous vues passer. Sinon, il suffit de demander au poissonnier ce qu'il trouve dans les entrailles de sa marchandise.

Bref, à force de seriner depuis 10 ans que « le meilleur déchet, c'est celui qu'on ne produit pas », il est bien normal que les initiatives Zéro Déchet (ZD pour les intimes) aient fini par voir le jour et prendre de plus en plus d'ampleur.

J'ai du mal à mesurer si c'est déjà grand public, ou pas encore. Les néophytes trouveront toutes les informations de base dans les liens ci-après ; et je n'apprendrai sans doute rien aux autres aujourd'hui. (Mais le sujet avait inévitablement sa place dans ce calendrier de l'Avent).

Naturellement, « Zéro » n'est qu'un idéal vers lequel tendre, il n'est pas à prendre au pied de la lettre. L'aspect économique est souvent mis en avant par les promoteurs du ZD ; je ne l'ai pas mesuré personnellement (je ne suis pas non plus à fond dans la démarche, je ne fais que les trucs les plus faciles) mais de ce côté-là, le gain me paraît assez évident (et séduisant pour les petits budgets ou les gros radins). Ce que j'aime dans cette démarche, c'est qu'elle est très flexible : on peut n'y piocher que 2 ou 3 idées si on est pas très chaud (voire, vivre avec ces 3 idées depuis toujours sans que ça ait à voir avec le ZD, parce qu'on préfère les serviettes en tissu à l'essuie-tout, par exemple) ou s'immerger complètement dedans, comme Béa Johnson ou la Famille Presque Zéro Déchet, parce qu'on découvre une façon de vivre qui nous correspond mieux.

Allez, des liens des liens des liens :

  • La page Wikipédia, assez complète.
  • Le site de la Famille (presque) Zéro Déchet.
  • Quelques recettes de produits ménagers (en plus d'être ZD, ce type de produits permet de limiter la pollution de l'eau – et donc le coût de traitement des eaux usées)
  • Quinze idées pour s'y mettre, ambiance Zéro prise de tête.
  • Un article examinant les freins à cette démarche – quand on est un peu tenté mais surtout pas mal réticent.
  • Et enfin une vidéo de 2 minutes, rigolote mais puissante (enfin j'ai trouvé, mais évidemment, je suis déjà acquise à la cause - je me demande toujours ce qui pourrait toucher des gens qui n'en ont rien à carrer).

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dim. 10 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #10 : Faire pour être

Ce qui est très excitant et qui fait déjà partie du monde d'aujourd'hui (mais j'en parle quand même parce que ça ne peut que se développer à l'avenir), c'est que les conditions sont optimales pour (contribuer et) profiter de l'intelligence collective : conjuguez Internet, les technologies numériques, l'open source et les imprimantes 3D par exemple. Qu'est-ce qu'on obtient ?

Des gens comme Nicolas Huchet (dont j'ai découvert le projet par le biais du documentaire de mon cousin), par exemple. Son histoire est racontée ici, mais je vous la résume rapidos : amputé de l'avant-bras, ne pouvant se payer une prothèse de main du commerce (ça se chiffre en dizaines de milliers d'euros), il a décidé de se la fabriquer lui-même dans un fablab. Et puis il est allé plus loin : «Pour fabriquer des prothèses bioniques à moindre prix, il cherche désormais à développer un réseau de « handilabs », sur le modèle des fab labs, qui travailleraient en partenariat avec des centres de rééducation fonctionnelle, au plus près des patients. (...) l’innovation est aussi sociale. En participant à la fabrication de sa prothèse, la personne handicapée passe du statut de victime à celui d’acteur du soin. »

Il y a un aspect qui me touche plus particulièrement là-dedans, c'est celui de réparation psychique : « Agir sur son handicap redonne du souffle, de l’énergie », dit Nicolas Huchet. Je crois que c'est aussi agir tout court, indépendamment d'un quelconque handicap, qui donne de l'allant, et même un peu plus que ça (1) ; mais je ne peux qu'imaginer combien c'est encore plus important dans ces circonstances : comme le dit une autre personne dans l'article, cette démarche (utiliser le numérique et l'impression 3D) contribue "à restaurer l’estime de soi, souvent abîmée par le handicap".

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(1) Il y a un article paru dans le magazine Kairos de juillet-août 2017 qui le dit très bien (et cerise sur le gâteau, qui est magnifiquement illustré par Élisabeth Corblin), mais il n'est pas encore en ligne sur leur site, alors je me permets d'en citer un extrait en attendant de pouvoir vous mettre le lien :
Au lieu d’attraper l’objet manufacturé que le chasseur (c'est-à-dire le marketing, ndlr) te tend, tu aurais pu bricoler, fabriquer toi-même un objet adéquat à ton désir. Cela s’appelle une œuvre. Une œuvre dans laquelle tu te réalises. Tu as certes besoin de quelques objets manufacturés pour survivre, mais tu as aussi et surtout besoin de fabriquer tes propres objets pour vivre une vie bonne. Des objets singuliers. Pourquoi ? Parce que si tu vois devant toi l’objet que tu as fabriqué, tu pourras aisément en déduire qu’il a fallu un sujet pour le faire. Et ce sujet, c’est toi. C’est cela le bonheur. Tu te prouves à toi-même que tu vis. Tu n’as pas disparu dans des objets que tu consommes à la chaîne, qui t’enchaînent et qui merdifient le monde.

sam. 09 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #9 : Terre, tu retourneras à la terre

(J'essaie encore une fois de faire court, d'abord parce que plus j'échoue plus j'ai de chances d'y arriver, ensuite parce qu'on a été en vadrouille toute la journée et que là j'ai surtout envie d'aller lire des bédés dans le lit avec mon amoureux). edit : caramba, encore raté !

Le monde d'après serait un monde où on marcherait moins sur la tête, notamment dans la gestion des déchets (depuis l'année dernière, vous savez que je suis la pasionaria des poubelles), et plus précisément des biodéchets : les peaux de banane, restes de nouilles et autres carcasses de poulet. Parce que pour le moment, tout ça part à l'incinérateur, et faire brûler des trognons de chou dont le taux d'humidité avoisine les 80 %, c'est tellement... Les mots me manquent. Faire brûler de l'eau, quoi. Et après ça se prétend source d'énergie propre... Si on se chauffait à l'absurdité, oui je dis pas, mais là... Bref.

Globalement, on va plutôt dans le bon sens. (Il faudrait juste qu'on presse un peu le pas...). La loi de transition énergétique votée en 2015 prévoit la généralisation du tri des biodéchets en 2025 ; et il existe depuis le Grenelle une obligation de tri et de valorisation (par la méthanisation par exemple) des déchets alimentaires dans les établissements de restauration.

Mais il y a déjà plein de communes qui pratiquent la collecte des biodéchets en France (et dans le monde, Parme ou San Francisco notamment). Parfois en couplant avec une redevance incitative (plus ta poubelle est légère, moins tu raques), comme à Besançon.

La demande citoyenne est forte, et il faut juste que ça se sorte les doigts du cul chez les décisionnaires : à défaut (1) de collecte des biodéchets, à Paris les composteurs collectifs se sont multipliés, mais ils affichent complet et il y a carrément des listes d'attente pour avoir le droit d'y déposer sa salade flétrie. En ce qui me concerne, j'ai commencé le lombricompost il y a 5 ans pour montrer le principe à ma classe de CE2, et aujourd'hui c'est clairement en attendant le bac bio que je continue. En tous les cas, j'ai désormais un mal fou à jeter des cosses de petits pois à la poubelle normale, ça me fait trop mal au cœur (oui, il m'est déjà arrivé de rapporter des épluchures de carotte de chez ma belle-mère - je la salue pour son flegme, d'ailleurs).

Et puis, il y a un effet Kiss Cool sur le tri des biodéchets : une fois qu'il est en place, on observe une meilleure performance de tri global sur le reste des déchets (parce que pour le moment, je ne sais plus si c'est en France ou en région parisienne, mais 42 % des déchets recyclables partent aussi à l'incinérateur).

Un article sur le compost en pied d'immeuble.

Pour se lancer dans le lombricompost : VersLaTerre ou Plus2Vers

Et sinon, il y a aussi la solution des poules.

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Pèlerins se rendant au bac de compost pour honorer le dieu Humus.

(1) à défaut, parce que l'avantage avec ce type de collecte, c'est qu'on peut y mettre aussi ses déchets carnés et ses coquilles d'huîtres, alors que le compost ne tolèrera que le strictement végétal - et le lombricompost est encore plus restrictif. Mais bien entendu, c'est mieux que rien.

ven. 08 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #8 : l'ESS

Il y a des tas de sujets que j'ai envie d'aborder mais que je repousse à plus tard parce qu'il y a douze articles que j'aimerais lire avant. Et même quand je me dis "Allez, aujourd'hui je fais court", je finis par faire long. Aujourd'hui donc, je vais essayer de faire vraiment court.

OK si on excepte les 90 minutes que j'ai passées à quand même lire plein de trucs.

Bon, je vais faire très général et très particulier à la fois.

Le général : un peu dans la lignée de ce que je racontais hier - biodiversité économique tout ça - il me semble qu'il y a une certaine famille d'acteurs économiques bons pour la santé de tout le monde, et pas seulement du portefeuille de quelques actionnaires : ceux de l'économie sociale et solidaire (ESS).

Qu'est-ce que c'est, l'ESS ? La page gouvernementale y répond très bien, donc hop je copie-colle :

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La question de l'utilité sociale m'interpelle et me rappelle les travaux de trois chercheuses britanniques évoqués par Mona Chollet dans Chez Soi, qui comparent "la rémunération de certains métiers, sélectionnés aux deux extrémités de l’échelle des revenus, à la « valeur sociale » qu’engendre leur exercice" (le début de l'article du Monde Diplo est ici). C'est un changement de perspective qui m'avait beaucoup marquée ; j'avais trouvé ça rafraîchissant et stimulant. Bon, quand j'avais raconté l'idée à cette personne de mon entourage qui constitue ma référence sur ce qu'on pense à droite (notez la périphrase tortueuse pour préserver son anonymat), je n'avais eu pour toute réaction qu'un sourire narquois. J'aurais bien aimé en savoir un peu plus long sur ce qu'il en pensait (toujours le fameux know your enemy) (ah ben à me relire je pense que c'est la deuxième phrase que j'ai surlignée qui le faisait marrer).

Je suis en train de dériver sur les réflexions au sujet du travail en soi, qui auront lieu mais qui ne devaient pas intervenir dans le billet du jour, rha ! Tout ce que je voulais faire, une fois ce préambule de dix plombes torché, c'était citer deux-trois entreprises ESS-friendly (le volet "particulier" que j'avais annoncé en début de billet) :

ApiUp, parce qu'ils recyclent les palettes et que donc vous connaissez désormais ma déviance avec les planches de bois qui traînent dans la rue.

Carton Plein, parce que je pourrais avoir la même déviance avec le carton. J'ai vraiment le sentiment qu'on jette des ressources (donc du fric) par les fenêtres quand j'en vois traîner sur le trottoir. Dans les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett, le personnage auquel je m'identifie le plus, c'est Henri Roi, parce que c'est le boss absolu du recyclage, qui ne voit aucun déchet nulle part, que des ressources partout. (Ce qui est rigolo - et hors-sujet mais tant pis - c'est que le Chou quant à lui a surtout retenu de ce personnage qu'il était un mafieux de première. Marrant, non ?)

Et enfin 1336, une Scop qui a une bien belle histoire (cousine de David contre Goliath).

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jeu. 07 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #7 : s'affranchir des géants ?

(Chaque jour qui passe je me demande bien ce qui m'a pris de me lancer dans un défi blog pareil. Je ne parle que du quart de ce que j'aimerais aborder à chaque fois, c'est désordonné et j'y passe déjà trop de temps. C'est d'autant plus absurde que d'habitude sur internet, je passe surtout mon temps à m'efforcer de fermer ma gueule, et là c'est le contraire : je lutte avec moi-même pour recommencer à l'ouvrir jour après jour. Vivement les vacances, que je me déconnecte... Allez en attendant, je continue.)

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Alors. Quand je me demande comment on pourrait sauver le monde (c'est comme ça que je me retrouve à 18h15, à n'avoir aucune idée de ce qu'on va dîner) j'ai l'impression que si on remonte à la source de tous les maux, souvent, très souvent, on débouche sur le capitalisme - chuis un peu le Monsieur Jourdain du marxisme.

Pourrait-il être moins mortifère, pourrait-on inventer un autre système à la place ? Je n'en sais rien. Je me dis que pour commencer, on peut essayer de ne pas s'acharner à donner les pleins pouvoirs aux grands-méchants-géants (de l'agroalimentaire, du numérique entre autres). Symboliquement, et moralement, pour ne pas alimenter ce rapport de forces. Le « C'est toujours ça que les Allemands n'auront pas » devient « c'est toujours ça que Mondelez International n'aura pas ».

Le Chou : Oui mais si ça se trouve, ta sauce tomate de la Biocoop, là, elle a été produite par un méchant aussi.
Moi : Oui, peut-être, mais par un petit méchant. Si j'ai le choix entre donner mon argent à un petit méchant ou à un grand méchant, je choisis le petit. Pour la biodiversité économique, quoi.

Parce que voilà : j'ai l'impression que quelque chose bascule depuis quelques temps : même si les Panama Papers et autres affaires du même style n'ont pas forcément eu beaucoup de retentissements sur la caisse, dans les esprits, un glissement a eu lieu : l'idée que l'austérité est la seule solution n'est plus audible (d'ailleurs, c'est tellement foireux comme concept quand on voit les résultats que ça mérite tout juste le nom de « solution »). On sait que le fric, il existe, en fait. Que ce n'est pas l'aide-soignante supplémentaire réclamée par un service hospitalier qui crée de la dette, mais bien plus Apple et McDo qui ne paient pas leurs impôts (du coup, quand on veut grailler chez nous, je suis ravie qu'on aille au kebab du coin plutôt que chez Ronald).

(Je fais de l'économie de comptoir, je sais ; mon but n'est pas de vous livrer une brillante analyse d'experte – à ce stade, vous aurez bien compris que de l'expertise, je n'en ai à revendre dans aucun domaine – mais de retranscrire une espèce d'air du temps dans lequel on flotte, moi et ma bulle de filtrage.)

Sur les géants du numérique, cet article raconte pas mal de choses intéressantes.

Je trouve utile de mesurer combien on est dépendant des Gafam, de voir d'où on part, et de se demander comment on pourrait s'en détacher un peu. C'est une démarche très personnelle, chacun a ses propres espaces d'autonomie et d'aliénation : moi par exemple, ça m'embêterait de renoncer à Facebook (sauf pour des cures régulières d'abstinence), mais je vis très bien sans smartphone. Une ou deux fois par an, je continue d'avoir recours à Amazoun pour trouver la bonne référence de sacs aspirateur ou l'attrape-araignée qui nous a changé la vie à la maison ; alors que pour les livres, je mets un point d'honneur à me débrouiller sans eux (et vu ma situation géographique, c'est vrai que ce n'est pas très compliqué).

Ensuite, concrètement, si on se sent l'âme d'un libriste, juste un peu, ou alors beaucoup voire passionnément, le site Dégooglisons internetnotamment propose plein d'alternatives. Personnellement, si je ne me sens pas de tenter Linux à la place de Microsouft (c'est toujours les copains geeks qui te disent que c'est hyyyper facile à utiliser... Je ne dis pas que je ne m'y mettrai jamais, mais ce n'est pas pour tout de suite), et si le changement de boîte mail est un projet que je n'envisage qu'à moyen terme, en revanche, utiliser Framadrop à la place de Wetransfer, ça ne me coûte rien, absolument aucun effort.

mer. 06 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #6 : les cours de consentement

Pour le monde d'après, je verrais bien la fin du patriarcat, pas vous ? - deuxième épisode

Ben oui, c'est en plusieurs épisodes : la culture du viol, comme le réchauffement climatique, sont des problèmes qui ne se résoudront pas grâce à une solution unique et miraculeuse : il faudra un faisceau de plein de petits (et grands) changements, de prises de consciences et de solutions partielles pour s'en sortir. (J'ai l'impression d'enfoncer des portes ouvertes en disant des trucs comme ça, mais je sais que tout le monde ne partage pas cette vision des choses, donc voilà à quoi je crois, moi.)

Bref et donc ce qui paraît une évidence à certains est loin de l'être pour tous, et pour sortir de la culture du viol, va falloir bosser, entre autres, la question du consentement.

A Nairobi, où 25 % des femmes ont été violées, l'association No Means No Worldwide donne des cours aux écoliers et aux écolières pour apprendre aux filles à se défendre, aux garçons à les respecter et à développer une "masculinité positive". Cette vidéo raconte qu'avant ce programme, beaucoup de garçons trouvaient légitime de violer une fille pour qui ils avaient fait des frais, ou qui était court vêtue, et qu'au bout de 6 séances leur attitude avait changé. Les statistiques de viol avaient drastiquement chuté. SIX séances ! ça peut changer vite si on éduque, bordel de bite.

Avant-hier sur Twitter, j'ai vu passer une conversation qui me donne à penser que ce genre de programme (12 heures, ça doit pouvoir se caser facilement quelque part entre l'âge de 10 et 20 ans, non ?) serait tout aussi nécessaire chez nous : Une fille racontait un exemple de drague "normale", respectueuse, en déplorant que 99% du temps ça ne se passait pas comme ça, et en disant "vous voyez que c'est possible, messieurs Ouin-on-pourra-plus-draguer". L'anecdote qu'elle racontait n'a pas débouché sur le début d'un conte de fées : elle a repoussé gentiment les avances du mec, qui a pris la chose avec le sourire. Fin.

Eh bien il s'est trouvé en commentaires quelques types pour s'offusquer de ce que la nana avait mis un râteau à un mec GENTIL, non mais LE PAUVRE, vous vous rendez compte ? Il est sympa et elle ne va même pas boire un café avec lui ? Scandaleux ! (Quoi elle n'était pas attirée par lui ? Mais on s'en tape ! Elle peut pas faire un effort, non ?)

Donc vous voyez, c'est pas gagné-gagné encore, cette histoire : en 2017, il y a encore des gens pour penser que les femmes doivent autre chose que du respect aux hommes. Au minimum, aller boire un café, genre.

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mar. 05 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #5 : ceux qui inspirent

On discutait avec mon amie Couac, elle me disait que l'époque qu'on vivait lui paraissait aussi terrifiante que galvanisante (tu me corriges si j'ai déformé tes propos, hein ?). Et c'est vrai qu'à bien des égards, on se sent tout au bord du précipice (coucou la guerre nucléaire, le réchauffement climatique et l'effondrement de la biodiversité). Mais du coup, c'est aussi le moment ou jamais de tenter des trucs, de faire autrement.

Le Monde publie une très chouette série de portraits de gens comme ça, qui se lancent, qui estiment qu'on n'est pas obligé de tout accepter comme une fatalité. Au delà des idées que ça peut faire germer chez les lecteurs, je crois à l'effet d'entraînement ou d'émulation ou de bascule ou je ne sais quoi (un phénomène de psychologie sociale qui porte sûrement un nom, mais lequel ?) : lire des articles sur des gens qui essaient de faire différemment, plutôt que des horribles faits-divers ou bien des constats d'échecs rageants ou déprimants, non seulement c'est meilleur pour le moral, mais je pense que ça installe de bonnes machines dans la tête : ça inspire l'enthousiasme plutôt que le découragement.

Bien sûr, ça n'empêche qu'il faut connaître ses ennemis. Mais c'est important aussi de connaître ses alliés, et de se sentir entraîné par le peloton. Parfois à la lecture de certains articles, on devine qu'on ne serait pas forcément pile sur la même longueur d'ondes que les gens dont le portrait est brossé. Ce n'est pas plus mal. Ça permet de se rappeler que même si on ne sera jamais d'accord sur tout, on est quand même nombreux à vouloir aller dans le même sens.

La saison 1 de la série #CeuxQuiFont est ici. Vous y trouverez par exemple l'histoire de Malika Bellaribi Le Moal, une cantatrice qui anime des ateliers auprès de femmes des quartiers populaires.

La saison 2 est , tout aussi riche.

Et dans la même veine si vous êtes plutôt radio, il y a dans l'émission Les pieds sur Terre (sur France Culture) une super minisérie aussi (dont j'ai déjà cité certains épisodes ici), qui s'appelle Des citoyens qui changent le monde. Ma tendresse va notamment à l'épisode 1 où on récupère ce que Bolloré (entre autres) s'était approprié (ambiance nananananèreuh) et à l'épisode 5 qui me fait GRAVE fantasmer (une école dans la forêt !!).

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Notre fille, ce mélange fascinant de rigueur et fantaisie.

lun. 04 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #4 : des framboisiers en ville

Je vis en ville, alors que j'ai passé mon enfance à la campagne. S'il y a bien une chose dont je profitais alors sans avoir conscience de ma chance, c'est du jardin. Par exemple, on se gavait de framboises avec mes copines, parce que évidemment, il y avait des framboisiers chez tout le monde. Aujourd'hui, mon expérience des framboises en ville, c'est pas tout à fait la même chose.(Déjà y en a toute l'année, mais entre octobre et mai je fais comme si je ne voyais rien parce que sinon on ne s'en sort plus).

Le goût et l'aspect d'abord : mon dieu mon dieu qu'elles sont belles, grosses et bien charnues ! Mais sinon, il n'y a que moi qui ai fait l'expérience de cet arrière-goût de pétrole dégueu ? (Pas systématiquement hein, et pas en bio, je crois. Mais ça m'est arrivé suffisamment de fois pour me faire renoncer aux framboises suivantes.)

Le prix ensuite : quand je pense aux quantités qu'il y avait au jardin, qui nous permettaient non seulement d'en manger nature, mais de faire aussi des confitures et des sirops en veux-tu en voilà... Aujourd'hui, malgré une bourse raisonnablement garnie, j'ai tendance à considérer les fruits rouges comme des produits de luxe.

Le conditionnement enfin : les framboises sont si fragiles que la barquette en plastique qui les accompagne semble incontournable. D'un autre côté, il y a ce chiffre qui calme (ou qui affole, c'est selon) : à chaque seconde qui passe, 200 kg de déchets plastique sont rejetés dans les océans (c'est une estimation, mais enfin même si c'était 10 fois y aurait déjà largement de quoi ventiler non ?). Je suis loin de savoir me passer de plastique au quotidien, mais j'ai du mal à ne pas penser à ce chiffre quand je fais les courses. Résultat, souvent je ne prends pas la barquette (Mes chéris, ce soir on mange du melon !).

Pardon pour cette intro beaucoup trop longue (les introlongues, ma spécialité).

Pour toutes ces raisons, gustatives, économiques et écologiques, il me semble qu'un monde meilleur passe obligatoirement par plus de framboisiers en ville (et d'autres plantes pourvoyeuses de bonnes choses, tant qu'on y est, d'accord). Une ville plus vivable serait, entre autres, une ville plus mangeable. C'est la philosophie du mouvement Incroyables Comestibles, et ils ne sont pas tout seuls. Il y a aussi les guerilleros de la greffe, le réseau des Jardins Partagés, et à Paris, le travail de l'association Vergers Urbains. Pour ma part, j'hésite entre me rapprocher d'eux ou demander mon propre permis de végétaliser (ou hacker les bacs de végétation pas intéressante de la cour de mon immeuble... mais la copropriété n'est pas super hippie-friendly alors bon).

D'autres prennent la voie de l'agriculture en aquaponie et compagnie ; je connais trop peu le sujet, mais c'est une piste qui ne manque pas d'intérêt pour encourager la souveraineté alimentaire des villes.

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dim. 03 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #3 : en finir avec la pauvreté ?

Il y a une idée que je trouve très excitante, c'est celle que la pauvreté n'est pas une fatalité, et qu'on pourrait l'éradiquer – si on voulait bien. (Je ne sais pas si c'est compatible avec un système capitaliste mais justement, le capitalisme, hein... Je pressens que j'aurai l'occasion d'en reparler ce mois-ci.)

Il y a quelques années, si je connaissais vaguement l'association ATD Quart Monde de nom, j'ignorais en revanche totalement ce qu'elle fabriquait. Tu m'aurais dit les Restos du Coeur ou eux, pour moi c'était kif-kif, c'est dire si j'étais pointue. Et puis, un jour, Florence m'a proposé des spritz en échange d'un don pour ATD (une proposition toujours d'actualité cette année, voir par ici si ça vous intéresse. Ce serait cool de battre le record de l'année dernière !). Le cœur je sais pas, mais ce qui est sûr c'est que j'ai l'estomac sur la main, donc j'ai dit banco.

Résultat, ATD m'a d'office abonnée à son journal, qu'au début, j'avoue, je ne parcourais que superficiellement. Et puis un jour, le journal en question a évoqué plus précisément les missions et la philosophie de l'association. J'ai découvert que j'étais complètement à côté de la plaque : leur objectif consiste non pas à "bêtement" porter assistance aux démunis (ce qui est déjà tout à fait louable, bien entendu), mais à – carrément – abolir la misère et lutter contre l'exclusion qu'elle engendre, en associant les personnes concernées à cette lutte et en travaillant avec les institutions (le RMI, la CMU, le DALO entre autres, c'est notamment grâce à eux). J'aime bien cette approche, très complémentaire d'autres associations qui pareront plutôt au plus urgent, mais beaucoup moins connue (car moins identifiable ?), j'ai l'impression. Et pourtant, ça me paraît beaucoup plus motivant, d'une certaine manière, cette idée d'accomplir un travail avec pour horizon : ne plus avoir de raison d'être.

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sam. 02 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #2 : les dépliants anti-sexistes

Pour le monde d'après, je verrais bien la fin du patriarcat, pas vous ?

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Évidemment, parce qu'un monde sans inégalités de salaire ni violences conjugales, on ne cracherait pas dessus.

Mais aussi parce que ça permettrait aux gosses d'être un peu libres de faire et d'être ce qui leur plaît. Vous imaginez ? Les filles pas mignonnes ni sages ni gracieuses ni douces et les garçons pas costauds ni courageux ni aventureux ni sportifs, à qui ont ficherait enfin la paix ? Et les parents de ces enfants hors casting, comme ils pourraient être plus détendus ?

Bien sûr, certains vivent très bien que leur enfant ne soit pas conforme aux normes dictées par la société, mais ce n'est pas le cas de tous. Je me rappelle le récit de cette animatrice pour les anniversaires et autres réjouissances enfantines, qui avait face à elle un garçonnet désireux d'être maquillé en papillon, et la mère du môme qui n'en démordait pas : ce serait Spiderman, un squelette ou rien. Et je crois que je vous avais déjà raconté cette nana qui lors d'un panel de consommateurs avait trouvé que le graphisme de l'emballage de la purée -une locomotive - était un peu trop "garçon" pour sa fille... La purée a un sexe, et on ne le savait pas dis donc.

Bref, il y a quelques semaines, une blogueuse et twitteuse (@MamanRodarde) dont le fils aime le vernis à ongles cherchait une manière de l'aider à se "défendre" face, notamment, aux adultes qui lui soutenaient mordicus que le vernis, c'était pour les filles. Elle a eu l'idée de créer des petits dépliants anti-sexistes à dégainer pour argumenter, et tout un tas de profs, de bibliothécaires et de parents se sont enthousiasmés pour le concept. La blogueuse a invité les gens à mettre leur grain de sel ou à apporter un coup de pouce pour améliorer les dépliants. Et comme elle est généreuse, elle a partagé le résultat que vous pouvez voir ici :

Pour que les petits garçons puissent être et aimer ce qu’ils veulent, sans qu’on les emmerde (version 4)

Pour que les petites filles puissent être et aimer ce qu’elles veulent, sans qu’on les emmerde (parties 1 et 2)

Bénie soit-elle !

ven. 01 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #1

L'idée m'est venue tout à l'heure en coupant les légumes pour faire une soupe. (La cuisine, deuxième meilleur endroit de la maison pour avoir des idées, derrière la douche.)

Je précise que l'idée m'est venue tout à l'heure pour m'excuser du caractère foutraque que ce calendrier de l'Avent revêtira sûrement : je suis d'habitude plutôt du genre à y réfléchir à 12 fois avant d'écrire quelque chose - ce qui fait que souvent, je n'écris rien, vous avez compris le principe.

Mais voilà : ça faisait un moment que je cherchais une contrainte d'écriture pour ce blog en friche. Légère, la contrainte : 24 jours, ça me semblait faisable. On va voir si j'y arrive. Et donc, comme c'est la mode des calendriers de l'Avent on dirait, et que je suis une fille à la page ("à la page", cette expression qui te place tout de suite hors-jeu si tu l'emploies), pouf, le concept était tout trouvé.

Mon idée est la suivante : pendant cette période de l'Avent, j'ai envie de parler du monde d'après. D'après quoi ? Ben d'après maintenant... Le monde qui se dessine et/ou que j'ai envie de voir se dessiner, côté optimiste. Si je me fonde sur les pistes qui me sont venues à l'esprit pendant que j'éminçais l'oignon et que j'ajoutais le paprika, il sera question, en vrac : a) de Grandes Causes auxquelles personne ne pourra répliquer "Nan mais attends, tu te trompes de combat, là, et si tu t'intéressais aux vrais problèmes plutôt ?" b) de micro-bidules insignifiants qui empruntent des voies détournées vers ce fameux monde meilleur, et n'intéresseront au mieux que deux pelés et trois tondus parmi vous c) de gens qui font des trucs cool d) d'idées à lire, à écouter, à regarder e) euh c'est tout pour le moment.

Et ce sera illustré avec des dessins de ma fille - vu qu'elle en produit au kilomètre, je n'aurai pas besoin de me casser beaucoup le trognon pour cette partie-là. Et en plus, tu vois le symbole, les dessins d'enfant, le monde de demain, c'est hyper profond et pas du tout cucul la praloche, nan ?

Allez, zou, c'est parti.

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Bon alooors, pour ce 1er décembre, de quoi je vais vous parler ? Pique-nique-douille-c'est-toi-l'andouille.

Tiens, je pourrais commencer par les ZARBRES.

Si j'étais un personnage dans Astérix, je serais peut-être bien Idéfix (Le Goût et Heure Bleue vous diront que pas du tout, que je suis le portrait craché du fils de Soupalognon y Crouton, mais ça me casse mon intro alors ne les écoutez pas il ne me reste que 12 minutes pour écrire ce post). A cause de son amour des arbres, vous l'aurez compris. J'aime beaucoup les arbres. Et le bois a pour moi une telle noblesse (le temps qu'il faut ! et ça sent si bon !) que mon cœur se déchire un petit peu à chaque fois que je croise une planche abandonnée dans la rue. Je vous jure qu'elles m'appellent toutes systématiquement : Adopte-moi ! Emmène-moi avec toi ! Je sais bien que t'es pas menuisière et que je vais traîner dans ton entrée cent sept ans sans que tu saches quoi foutre de moi, mais c'est pas grave ! Prends-moi !

Je vous jure, j'ai pas une vie facile. (Non parce que des palettes et des bibliothèques abandonnées sur les trottoirs de Paris, y en a presque plus que des cacas de chiens).

Oh là là je dévie dangereusement. Ok j'avais prévenu que ce serait n'importe quoi, mais je voulais parler des arbres, pas du bois.

Il y a des tas d'associations et d'initiatives qui s'occupent de planter des arbres. Pourquoi ça me plaît ? Parce que c'est très transversal. Ce n'est pas intéressant que parce que ça fabrique de l'oxygène. C'est bon pour l'air, c'est bon pour l'eau, c'est bon pour les sols, c'est bon pour le climat, c'est bon pour la biodiversité, c'est bon pour les gens : parce que ça crée des emplois, parce que ça fait de l'ombre en ville quand on frit sous le cagnard, parce qu'une balade en forêt est 1000 fois meilleure pour le moral qu'une balade au centre commercial... Je m'arrête là, je n'ai pas besoin de pondre un bouquin sur le sujet, d'autres l'ont fait déjà (et de façon très très passionnée).

Allez je balance des noms maintenant.

Il y a le moteur de recherche Ecosia, qui plante des arbres grâce à ses revenus publicitaires. Je ne sais toujours pas trop si c'est du lard ou du cochon à certains égards parce que je manque de temps pour creuser le sujet, mais a priori ça a l'air bien. Et comme moteur de recherche au quotidien, après plusieurs mois d'utilisation, je le trouve concluant.

Il y a l'entreprise Reforestaction, qui me permet d'être cette copine relou qui offre des arbres plutôt que des fringues comme cadeau de naissance. Je crois qu'ils ciblent surtout les entreprises (vous voyez dans Friends, quand ils sont deg parce que le cadeau de Noël de la boîte c'est une donation faite en leur nom au National Ballet Bidule ? Bon c'est le même esprit. Feue ma grand-mère tirait la tronche quand je lui demandais des arbres à planter pour Noël... Mais ça me faisait vraiment super plaisir ! Je suis sûre qu'il peut y avoir des fois où ça fait plaisir aux deux parties).

Il y a Sauvons la Forêt, le site de pétitions spécialisées dans la défense des forêts, qui ont un nombre d'ennemis pas croyable.

Il y a l'association Duramen, qui travaille sur le patrimoine et la gestion forestière. Celle aussi des Planteurs Volontaires, qui s'occupe de reboiser la région Nord Pas-De-Calais, une des régions les plus démunies de France. Ils ont bien évidemment besoin de soutien financier, mais si on habite la région, on peut aussi par exemple leur signaler des terrains susceptibles de pouvoir accueillir des plants.

Je m'arrête là parce que je dois aller chercher ma poupette à l'école. Mais si vous connaissez d'autres initiatives intéressantes, n'hésitez pas à les ajouter dans les commentaires. Ça me requinquera quand j'aurai le moral dans les chaussettes.