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L'Avent pour après

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ven. 22 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #22 : rien























(C'est reposant, un peu de rien, non ?)






(Bon, OK, ça va, j'avoue : j'ai pas fini mes cadeaux de Noël et on prend le train demain matin. Mais RIEN, malgré tout, ça fait du bien quand même une fois de temps en temps.)

jeu. 21 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #21 : sur le travail (réflexion livrée en kit, débrouillez-vous)

Sapristi, c'est le calendrier de l'Avent du lapin d'Alice : je suis en retard, en retard.

Si j'avais eu le temps, aujourd'hui, je vous aurais parlé de partage du travail, de revenu universel, de la taxe Tobin, de la "valeur travail" vue par Baptiste Mylondo et de toutes ces sortes de choses.

Au lieu de quoi, je dois filer chez le notaire pour acheter un appartement.

Mais attention, hein, c'est pas pour moi, c'est pour une copine.

(True story.)

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mer. 20 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #20 : Vivons heureux en attendant l'apocalypse (zombie ou pas)

Ce billet est en forme de joker, je n'ai pas réussi à me ménager de temps aujourd'hui.

Je vous conseille simplement une chaîne Youtube, qui poste des vidéos parfaites à regarder en cas d'insomnie ou de crise d'angoisse quant à l'avenir. Elle s'appelle Primitive Technology, et outre que le travail du gars est aussi épatant qu'hypnotique, si le monde de demain devait connaître quelques soubresauts (hum) avant de se pacifier durablement, y a ptêt des petits DIY à mémoriser pour la route.

Bon visionnage !

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mar. 19 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #19 : La fée électricité

Les centrales nucléaires me terrorisent un peu – entre les « bêtes » accidents et les actes terroristes, y a de quoi, non ? Je fais comme tout le monde, je signe des pétitions, je dégivre mon congélateur, je me fais avoir comme une bleue par le greenwashing en changeant de fournisseur d'électricité (c'est la poilade de l'année pour le Chou : comment moi je me suis retrouvée cliente chez... Total ! – qui venait de racheter Lampiris), bref, je fais ce que je peux, c'est-à-dire pas grand-chose.

Mais pourquoi changer de fournisseur d'électricité me demanderez-vous ? Eh bien parce qu'EDF n'a pas l'air hyper pressé de passer aux énergies renouvelables. Je conçois que cette transition demande un peu de temps (et pas mal d'argent, car les centrales nucléaires ne se remballent pas en deux secondes comme des tentes Quechua), mais enfin plus vite on se sera débarrassés de cette épée de Damoclès de merde, mieux ce sera.

Donc, je voulais un fournisseur vert. J'avais beau savoir qu'il n'y avait qu'Enercoop pour vendre réellement de l'électricité produite proprement, j'estimais qu'on n'avait pas le budget pour le surcoût (1) que ça engendre, et donc j'ai choisi une autre offre, et donc je me suis plantée en beauté. Shit happens ! Mais bon, comme je vous disais il y a quelques jours, cette révision de la ventilation de notre budget qui était la condition nécessaire pour manger le plus bio possible, je l'ai faite. Donc pour l'électricité, en fait, ce serait possible aussi. Et ça viendra sûrement un jour ou l'autre. C'est seulement que ça ne m'inspire pas la même urgence, j'imagine (mon estomac est mon organe le plus impliqué politiquement)(et puis c'est pas grave, je vais ENCORE changer de fournisseur pour réparer ma bêtise, voilà tout).

Bref, en attendant, et pour aider un peu plus à cette fameuse transition énergétique – ce qui ne fait pas de moi une écolo de la frange extrême : 71 % des français désirent accélérer le mouvement - je place quelques (modestes) économies chez Enerfip (une plateforme de financement participatif dédié : au lieu de recevoir un tote bag ou une carte postale en échange de ta contribution, tu récupères ta mise avec intérêts quelques années plus tard).

Côté rentabilité, je n'ai pas étudié le truc à fond : ça a l'air correct, mais de toute façon, vu les sommes en jeu, pour moi un placement rentable, ça revient à gagner 4,15 € plutôt que 3,90 €, donc bon, je ne me mets pas trop la pression. Côté sécurité, pareil, je n'ai pas lu toutes les petites lignes des contrats (je suis une vraie cancre avec les contrats quels qu'ils soient, j'ai un mal fou à les lire en entier... hum) ; en la matière, mon instinct de survie se contente de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier (j'ai participé à plein de projets, mais avec une micro-somme à chaque fois, au cas où l'un d'eux capoterait et disparaîtrait avec mon bel argent).

J'ai pas de conclusion mais il est 21h20 donc bonne soirée !

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(1) surcoût pas énorme si on se chauffe autrement qu'à l'électricité ou si on dispose d'un logis bien isolé, soit dit en passant.

lun. 18 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #18 : on a toujours besoin d'un (milliard de) (beaucoup) plus petit que soi

Depuis le savoureux Charme discret de l'intestin de Giulia Enders (que vraiment je vous conseille, c'est un best-seller qui ne l'a pas volé), on connaît un peu mieux le monde merveilleux des bactéries. Les scientifiques et le grand public s'y intéressent, et c'est cool ; parce que depuis Pasteur, on avait surtout passé notre temps à chercher à tout prix à les dézinguer (c'est bien les humains ça : d'abord faire la guerre, après on cause).

BIEN SÛR qu'en milieu hospitalier, l'aseptie a été un énorme progrès, bien sûr que les antibiotiques ont sauvé et continuent de sauver des tas de gens, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.

Seulement comme d'habitude, on est allés trop loin (et à cause de quoi, je vous le demande ? Oh, tiens ça alors, encore à cause de cette foutue société de consommation) : Proucter et Gamble et les autres ont fait des ravages dans les ménages, à suggérer dans leurs pubs qu'il fallait virer 99.99% des microbes de notre plan de travail (qui n'en demandait pas tant). Et côté antibios, inutile je pense de revenir sur les conséquences catastrophiques de la surconsommation (humaine, mais animale également : dès que l'élevage devient concentrationnaire, oh tiens ça alors (bis), il faut traiter tout le cheptel à la moindre infection : mon papa vétérinaire, qui a vu les élevages de ses clients grossir au fil des décennies sans que la surface de l'exploitation ne change, a dû recourir beaucoup plus systématiquement aux antibios pour traiter les pathologies respiratoires qui ont pris de plus en plus d'importance avec le temps. Pourtant, ce n'était pas une échelle d'élevage industriel).

Bref, pour ne pas sombrer, le monde de demain sera moins maniaque : mollo sur la Javel. On s'aperçoit des nombreux bienfaits d'une vie en bonne intelligence avec les micro-organismes depuis quelques temps, et il semble que ce ne soit que le début (la greffe de caca, vous vous rendez compte ?)

Travaux pratiques : déjà, tu divises par deux. Ensuite, tu reposes douuuucement ce flacon de gel antibactérien pour les mains. Voilà. Tout va bien.

Validation des acquis : essaie-toi à la fermentation (pour ma part, j'élève depuis quelques semaines un levain, et j'ai du mal à expliquer pourquoi, mais je trouve ça profondément, incroyablement satisfaisant). Si ça marche, bravo ! Ta maison est propre, et pas aseptisée.

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dim. 17 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #17 : la vie éternelle (pour ta cafetière)

L'obsolescence programmée, c'est un truc qui me rend dingue. Ou alors l'obsolescence pas programmée, mais juste le pas cher qui finit par coûter cher parce que c'est de la merde qu'il faut remplacer tous les quatre matins. Parfois, la nuance entre les deux cas de figure est subtile.

Pour le cas des imprimantes, j'allais écrire "il faudrait que ce soit illégal", et puis en fait je découvre que ça l'est : l'obsolescence programmée est un délit depuis 2015. Seulement, c'est un délit souvent flou, donc avant de voir des condamnations tomber, il va falloir se débrouiller autrement :

En la dénonçant, et en la contournant, comme ce journaliste high-tech le raconte à propos d'un clavier sans fil, à la batterie soi-disant pas remplaçable (tout est dans le soi-disant... Face au fléau de l'obsolescence programmée, faut souvent être un peu filou et ne pas suivre les règles du jeu).

En repérant les entreprises qui affichent une certaine éthique dans ce domaine. Par exemple, en machine à laver, vous avez L'Increvable (pas encore commercialisée je crois, mais c'est pour bientôt il me semble). (Et il y en a d'autres mais là ça ne me revient pas, n'hésitez pas à les signaler en commentaires).

Et puis, bien sûr, en tentant de réparer ou de faire réparer ses objets.
J'ai justement un exemple, là, en la personne de mon mixeur plongeant qui a rendu l'âme, après une bonne douzaine d'années de bons et loyaux services. Douze ans, c'est assez honnête, on ne parle pas d'électroménager jetable, là. Mais bon, j'en prenais soin, et je ne voyais pas pourquoi il n'aurait pas duré douze années de plus (la meuf trop exigeante).

J'ai donc décidé de tenter l'opération de la dernière chance, à savoir le Repair Café. Bon, mon affaire a traîné pendant quelques mois car je n'arrivais pas à trouver le bon créneau (ensuite, j'ai appris qu'en fait, ils se réunissaient très souvent pas loin de chez moi, toutes les semaines, donc j'aurais pu m'en occuper plus tôt ; mais bon, je le saurai pour la prochaine fois).

Un bénévole de l'équipe (la soixantaine, bidouilleur, qui m'a fait penser au Goût ; je t'y verrais bien, d'ailleurs, mon cher) a entrepris de démonter le bouzin pour trouver l'origine de la panne. Premier défi : ces objets ne sont pas conçus pour se faire ouvrir le ventre si facilement. Après avoir tâtonné un bon moment, quand on a fini par réussir, cette victoire était déjà grandement satisfaisante. Ensuite, il a fallu trouver comment retirer le circuit électronique, qu'en usine on avait manifestement fait coulisser à partir de l'autre extrémité, et qui se trouvait à présent coincé en sandwich entre deux rebords de plastique.

Froidement, nous avons décidé de découper les bouts de plastoc à la fraiseuse - ils ne servaient à rien, en fin de compte (ou si peu). J'aime bien l'esprit "Foutu pour foutu, on tente". L'hypothèse du médecin des mixeurs était bonne : c'est le condensateur qui était mort.

A partir de là, je vais avoir plus de mal à raconter car j'ai toujours été une quiche en électricité, et il a été question de voltmètre, de ohms, de transfo et de résistances (vieux souvenirs de physique au lycée). J'ai en revanche retrouvé avec une certaine émotion le fer à souder de mes cours de techno au collège. Et puis à la dernière minute, on a eu un problème à la noix qui a nécessité l'hospitalisation du circuit imprimé : je dois revenir en janvier pour savoir si au final, l'engin va remarcher (mais le pronostic est bon).

En conclusion, donc, choisir de réparer plutôt que de racheter, c'est y passer plus de temps (pas toujours mais là oui, par exemple). Mais en fait, ce temps supplémentaire, je ne le trouve pas perdu : j'ai passé un moment avec des gens super gentils, qui étaient là parce qu'ils en avaient envie (je ne dis pas que les vendeurs de chez Darty sont nécessairement malheureux ou aigris, mais enfin, je crois que généralement ils sont quand même surtout là parce qu'il faut bien payer le loyer, et pas spécialement par passion de la vente d'aspirateurs), la tâche était difficile juste ce qu'il faut pour être gratifiante (et même : si on n'était arrivés à rien, j'aurais eu la satisfaction d'avoir tenté le tout pour le tout), j'ai appris des trucs en électronique, on a bien rigolé, l'ambiance était cool ; et non seulement j'étais super reconnaissante (alors qu'en payant à la caisse chez Darty, j'avoue que je ne déborde pas particulièrement de gratitude), mais en plus, tous ces bons sentiments si doux pour le cœur ont continué de m'accompagner dans les heures qui ont suivi : je voyais le bien partout, en quelque sorte.

Finalement, pour garder foi en l'humain, je me demande si ce n'est pas un peu comme pour ne pas craquer quand on a arrêté de fumer : ce qui aide, c'est de fréquenter les gens qui vont dans le sens qui nous intéresse : c'est-à-dire, respectivement, qui sont sympas, ou qui ne fument pas. (oui bon c'est un peu cavalier comme comparaison, mais j'ai plus trop le temps de ciseler, là).

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sam. 16 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #16 : moins de vroum

Billet rédigé dans la même pièce que Hiboute qui babillait et pas relu... No comment.

La domination masculine m'évoque la domination de la voiture sur le citadin, qu'il soit piéton ou cycliste.

L'intersection de ces domaines, d'ailleurs, me fait penser à deux statistiques : 1. En France, quand une rue met une personnalité à l’honneur, c’est un homme dans 94% des cas. 2. A Paris en 2012, trois quarts des accidents recensés ont été provoqués par des hommes. Ces deux faits peuvent paraître éloignés, mais pour moi, ils sont simplement deux des innombrables facettes du système dans lequel nous baignons.

Brrrref j'étais pas venue pour parler féminisme au départ, scusez la digression.

Je reviens à mon point de départ : on a, dans les villes françaises, une organisation qui favorise la voiture au détriment des autres modes de transport, quand bien même ceux-ci sont majoritaires (je ne retrouve plus les chiffres, mais en très gros c'est toujours un peu la règle des 80/20 : 80% de la surface des rues est allouée à la voiture alors qu'elle ne représente que 20 % des déplacements - un truc dans le genre). Sur Twitter, je vois les copains cyclistes se faire empiéter leurs voies par les voitures ; en tant que piétonne, je veux récupérer l'espace qui me revient (et instaurer une loi qui rend les piétons systématiquement prioritaires sur les voitures en cas de pluie ou de grand froid)(rho ça va on peu plus être un tyran 2 minutes)(mais quand même, attendre que le feu piéton passe au vert quand il drache ce que ça me gonfle), bref, il y a un partage de l'espace à revoir.

Bon évidemment, limiter les voitures nécessite d'avoir d'autres moyens pour se déplacer avec fluidité ; et là clairement, nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne (hein les toulousains ?). Ma copine de Nîmes qui a fait le choix de ne pas avoir de voiture a besoin de bien plus de volonté que moi qui suis peinarde avec mes milliers de bus de métros de rer de trams de vélos d'autolib... Cela dit, Paris reste en retard sur d'autres points : toujours une seule ligne de métro accessible en fauteuil roulant par exemple.

En attendant, les villes croumies de bagnoles me font l'effet de lieux démodés, en retard sur leur époque, très XXe siècle (Marseille m'a frappée à ce propos, quand je l'ai découverte cet automne). Je sais bien qu'il y a ce fameux confort de l'automobile, mais aujourd'hui, c'est difficile de ne pas le mettre en regard avec le confort respiratoire des poumons fragiles et autres asthmatiques.

Puisque les journées sans voiture ou de circulation alternée brillent par leur insuccès, je suppose que ce sont d'autres dispositifs qui aideront à faire évoluer les faits. L'exemple de Barcelone et le principe des "superblocs" est très intéressant, à cet égard.

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Donc, d'après l'autrice, ceci est le plan d'une ville.

ven. 15 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #15 : de la musique et des canards

Huhu je suis en train de cramer tous les sujets « faciles » de ma liste parce que je ne prends pas le temps de me documenter / rédiger les autres... Elle va être sport, la dernière semaine.

Bon allez un petit sujet facile donc encore aujourd'hui, qui est une sorte d'addenda à celui d'hier, sur la fin des pesticides dans l'agriculture. Comment qu'on fait quand on doit se débrouiller sans intrants de synthèse ?

Eh bien, par exemple, pour désherber dans les rizières, si on n'en pas des centaines d'hectares, on peut utiliser des canards.

Ou bien, on envisagera de soigner les plantes avec de la musique. Les résultats ont l'air au rendez-vous, toutefois la théorie n'est pas prouvée scientifiquement ; donc je participe peut-être à une vaste campagne de désinformation, mais c'est tellement séduisant que je n'ai pas pu m'en empêcher. Ce qu'on va faire, c'est que je reviendrai corriger ce post en cas de charlatanisme avéré, ok ?

Bref, ces solutions sont anecdotiques, mais j'y vois une sorte de métaphore du monde que j'aime voir émerger : malin et inventif, poétique, sur mesure.

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jeu. 14 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #14 : manger mieux

En voilà un sujet qui me tient à cœur, mais comme j'ai l'impression d'en parler tout le temps, ce billet ne sera pas forcément très complet. Le monde d'après aura nécessairement connu une réforme profonde de l'agriculture, car le modèle actuel est en bout de course (il vous faut vraiment des références ?).

J'ai trouvé ce débat intéressant, plutôt constructif et pas trop crêpage de chignon (imaginez: vous avez un paysan converti à l'agriculture biologique d'un côté de la table, et de l'autre, la présidente du FNSEA ; c'était quand même pas gagné). Bon cette émission a été enregistrée avant que l'Europe resigne pour 5 ans de glyphosate...
Mais ce n'est qu'une bataille de perdue. Parce que de tous côtés, les mentalités évoluent : la part de marché du bio augmente tous les ans, tout comme la part de terres cultivées de cette manière. Le mouvement Terre de Liens fait son petit bonhomme de chemin ; les projets de supermarchés coopératifs se multiplient ; on commence à en avoir marre d'être pris pour des jambons quand il faut payer la pollution des ressources aquatiques à la place de l'agriculture intensive ; les associations luttant pour interdire l'élevage en batterie poursuivent leur travail de sape, et finiront par gagner, j'en suis convaincue.

Il faudrait que tout ça aille juste un peu plus vite. Je sais bien que consommer bio a un certain coût (ou du moins, c'est une ventilation différente du budget) et que tout le monde ne peut pas se le permettre (1) (C'est d'ailleurs pour ça que le Réseau Cocagne fait un super travail, allez voir.) En ce qui me concerne, moi la bobo parisienne privilégiée qui fait ses courses à la Biocoop, je considère ce surcoût comme une sorte d'investissement, de loto écologique ; sauf que le jour où mes numéros sortiront, on aura tous gagné, héhé !

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(1) ou pense ne pas pouvoir se le permettre, pour certains ; tandis que pour d'autres, ce n'est tout simplement pas une priorité, ce que je peux concevoir aussi, bien entendu.

mer. 13 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #13 : bye-bye JiCéDecaux

Aha ! J'ai réussi à faire court ce soir ! En pompant comme une porcasse, certes, mais enfin je vais pas réinventer l'eau tiède tous les jours non plus hein.

Pour une ville plus vivable (vu que la moitié de la population mondiale y vit, et que je la pratique moi-même au quotidien, j'ai forcément davantage d'idées pour celle-ci que pour la campagne), après l'augmentation des framboisiers, je verrais bien la diminution - mais alors, drastique - de la publicité.

Pourquoi ? Tout est dans le manifeste de l'association RAP (Résistance à l'agression publicitaire) : Omniprésente et manipulatrice, dogmatique et dangereuse, liberticide, inégalitaire, inutile et coûteuse... Je cite : La publicité ne s’adresse qu’aux consommateurs au détriment des citoyens éveillés et responsables. A la publicité nous préférons la culture, le paysage et les arts (qui embelliront nos villes et nous divertiront sans arrière-pensée commerciale), la philosophie, la poésie, l’humour et la littérature, les associations, la politique locale et les initiatives sociales, l’expression libre, individuelle et gratuite.

Une de leurs dernières actions en date : porter plainte contre l'immense bâche installée à Bastille pour... profanation de sépulture (eh ouais, le saviez-vous ? Y a des morts sous la colonne de Juillet...)

Pour le moment, à part Grenoble et Sao Paulo, peu de villes se sont mises à décrocher les panneaux publicitaires. Une chercheuse en socio-économie a élaboré une intéressante proposition pour Montréal ; en voici deux-trois extraits (parce qu'il est déjà 21h47 et que mon oreiller m'appelle) :

Ce qui est certain, c’est que les publicités qui accaparent les panneaux d’affichage extérieurs montréalais invitent rarement à acheter des produits faits localement ou à fréquenter une entreprise indépendante. Retirer ces annonces permettrait, d’une certaine manière, de mettre tous les commerces sur un même pied d’égalité : celui de la proximité et de l’accessibilité.

En Suisse, Genève a été le siège d’une étonnante expérience lors de la transition de la gestion des espaces publicitaires entre deux entreprises. Pendant une semaine, les panneaux vides se sont fait prendre d’assaut par des artistes de tout genre. L’initiative a tellement plu que certains résident·e·s se sont mobilisés pour que la Ville soit libérée à l’année.

Plutôt que d’encourager à acheter et consommer, pourquoi ne pas plutôt sensibiliser à l’existence de services d’aide et d’accompagnement dans les quartiers ? Alors que le taux record de l’endettement des ménages revient continuellement dans l’actualité, ne serait-il pas plus pertinent de renseigner sur la présence d’une association coopérative d’économie familiale (ACEF) à proximité, plutôt que sur celle d’un nouveau type de crédit bancaire ?

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Aujourd'hui c'est l'anniversaire de ce blog. Il a 15 ans ! Bigre.

mar. 12 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #12 : Miss France

Ce calendrier atteint le point Miss France : je souhaite la paix dans le monde. Est-ce qu'on peut souhaiter ça sans ricaner en pensant à un maillot de bain barré d'une écharpe tricolore ? Non, je ne crois pas. Bah, ricanons tout en la souhaitant quand même !

Même si, bon, franchement : un monde sans violence ? Je ne suis même pas sûre que ce soit possible ; désolée, je n'ai pas philosophé assez longtemps sur la nature humaine pour avoir un avis tranché sur la question (1). En revanche, un monde avec moins de violence, ça oui, c'est non seulement possible, mais c'est même exactement ce qui se passe. Et c'est évidemment souhaitable.

Le problème, c'est que c'est pas si facile de faire baisser consciemment, chacun de son côté, le niveau de violence. Moi qui vous parle, je suis dans la théorie absolument, totalement et irrémédiablement non-violente. Et puis dans la pratique, pas plus tard que la semaine dernière, je me suis pris le chou avec un ado - qui faisait n'importe nawak, certes, mais j'ai tenu environ 7 secondes avant de perdre minablement tout mon sang-froid... Hum.

Et pourtant, je l'ai lu le bouquin de Marshall Rosenberg (enfin, « le ». Il en a écrit une palanquée, en fait) sur la communication non-violente. Et j'ai essayé d'appliquer un peu les principes. Les quelques fois où ça a marché, c'est vrai que c'était cool. Mais j'ai compté davantage d'échecs que de succès. Il est possible que ce soit parce que je fais pas intimement la distinction entre violence et colère... Apprendre à communiquer de cette manière, c'est vraiment du boulot, ce n'est pas instinctif. D'ailleurs ce n'est pas pour rien qu'il existe aussi des formations.

Et il y a d'autres courants de promotion de la non-violence, parfois mis en œuvre avec semble-t-il un certain succès dans les écoles : les messages clairs, par exemple.

Il faudrait sans doute aussi réussir à diminuer les violences éducatives, bien sûr. Et pourquoi pas se servir plus largement de la méditation, qui permet de développer l'empathie (et d'autres trucs cools).

Et puis, faire en sorte que la notion de bienveillance reste à la mode sans être galvaudée. Pas seulement parce que c'est plus agréable, mais aussi parce que ça permet d'avancer : les administratrices du groupe FB Gestion Budgétaire, Entraide et Minimalisme (dont je vous ai déjà parlé) considèrent la bienveillance comme un outil à part entière, transversal, qui permet de décupler l'efficacité des discours. Et ça marche.


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(1) Cela dit, cette expérience – très émouvante, ma foi - avec des bébés de trois mois (dans la 2e moitié de la vidéo) semble prouver que l'altruisme est quand même plutôt un truc inné.

lun. 11 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #11 : Zéro Déchet Power

Quand j'étais petite, être écolo c'était recycler ses déchets. Aujourd'hui, le contexte s'est tendu, et on sait que le recyclage est à peine une solution, tant, notamment, il donne bonne conscience aux consommateurs alors que le coût environnemental (et économique) de l'opération « production d'un objet à usage unique → tri & recyclage en objet souvent non-recyclable » est encore beaucoup trop élevé par rapport aux ressources dont on dispose. D'autant qu'il y a aussi beaucoup de déchets non-recyclables, ou non recyclés – je ne vais pas vous mettre de lien vers des vidéos de tortues marines qui ne peuvent plus plonger, étant devenues des bouées vivantes à cause de l'ingestion de plastique, ni d'autres tortures raffinées du même acabit – on les a tous vues passer. Sinon, il suffit de demander au poissonnier ce qu'il trouve dans les entrailles de sa marchandise.

Bref, à force de seriner depuis 10 ans que « le meilleur déchet, c'est celui qu'on ne produit pas », il est bien normal que les initiatives Zéro Déchet (ZD pour les intimes) aient fini par voir le jour et prendre de plus en plus d'ampleur.

J'ai du mal à mesurer si c'est déjà grand public, ou pas encore. Les néophytes trouveront toutes les informations de base dans les liens ci-après ; et je n'apprendrai sans doute rien aux autres aujourd'hui. (Mais le sujet avait inévitablement sa place dans ce calendrier de l'Avent).

Naturellement, « Zéro » n'est qu'un idéal vers lequel tendre, il n'est pas à prendre au pied de la lettre. L'aspect économique est souvent mis en avant par les promoteurs du ZD ; je ne l'ai pas mesuré personnellement (je ne suis pas non plus à fond dans la démarche, je ne fais que les trucs les plus faciles) mais de ce côté-là, le gain me paraît assez évident (et séduisant pour les petits budgets ou les gros radins). Ce que j'aime dans cette démarche, c'est qu'elle est très flexible : on peut n'y piocher que 2 ou 3 idées si on est pas très chaud (voire, vivre avec ces 3 idées depuis toujours sans que ça ait à voir avec le ZD, parce qu'on préfère les serviettes en tissu à l'essuie-tout, par exemple) ou s'immerger complètement dedans, comme Béa Johnson ou la Famille Presque Zéro Déchet, parce qu'on découvre une façon de vivre qui nous correspond mieux.

Allez, des liens des liens des liens :

  • La page Wikipédia, assez complète.
  • Le site de la Famille (presque) Zéro Déchet.
  • Quelques recettes de produits ménagers (en plus d'être ZD, ce type de produits permet de limiter la pollution de l'eau – et donc le coût de traitement des eaux usées)
  • Quinze idées pour s'y mettre, ambiance Zéro prise de tête.
  • Un article examinant les freins à cette démarche – quand on est un peu tenté mais surtout pas mal réticent.
  • Et enfin une vidéo de 2 minutes, rigolote mais puissante (enfin j'ai trouvé, mais évidemment, je suis déjà acquise à la cause - je me demande toujours ce qui pourrait toucher des gens qui n'en ont rien à carrer).

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dim. 10 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #10 : Faire pour être

Ce qui est très excitant et qui fait déjà partie du monde d'aujourd'hui (mais j'en parle quand même parce que ça ne peut que se développer à l'avenir), c'est que les conditions sont optimales pour (contribuer et) profiter de l'intelligence collective : conjuguez Internet, les technologies numériques, l'open source et les imprimantes 3D par exemple. Qu'est-ce qu'on obtient ?

Des gens comme Nicolas Huchet (dont j'ai découvert le projet par le biais du documentaire de mon cousin), par exemple. Son histoire est racontée ici, mais je vous la résume rapidos : amputé de l'avant-bras, ne pouvant se payer une prothèse de main du commerce (ça se chiffre en dizaines de milliers d'euros), il a décidé de se la fabriquer lui-même dans un fablab. Et puis il est allé plus loin : «Pour fabriquer des prothèses bioniques à moindre prix, il cherche désormais à développer un réseau de « handilabs », sur le modèle des fab labs, qui travailleraient en partenariat avec des centres de rééducation fonctionnelle, au plus près des patients. (...) l’innovation est aussi sociale. En participant à la fabrication de sa prothèse, la personne handicapée passe du statut de victime à celui d’acteur du soin. »

Il y a un aspect qui me touche plus particulièrement là-dedans, c'est celui de réparation psychique : « Agir sur son handicap redonne du souffle, de l’énergie », dit Nicolas Huchet. Je crois que c'est aussi agir tout court, indépendamment d'un quelconque handicap, qui donne de l'allant, et même un peu plus que ça (1) ; mais je ne peux qu'imaginer combien c'est encore plus important dans ces circonstances : comme le dit une autre personne dans l'article, cette démarche (utiliser le numérique et l'impression 3D) contribue "à restaurer l’estime de soi, souvent abîmée par le handicap".

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(1) Il y a un article paru dans le magazine Kairos de juillet-août 2017 qui le dit très bien (et cerise sur le gâteau, qui est magnifiquement illustré par Élisabeth Corblin), mais il n'est pas encore en ligne sur leur site, alors je me permets d'en citer un extrait en attendant de pouvoir vous mettre le lien :
Au lieu d’attraper l’objet manufacturé que le chasseur (c'est-à-dire le marketing, ndlr) te tend, tu aurais pu bricoler, fabriquer toi-même un objet adéquat à ton désir. Cela s’appelle une œuvre. Une œuvre dans laquelle tu te réalises. Tu as certes besoin de quelques objets manufacturés pour survivre, mais tu as aussi et surtout besoin de fabriquer tes propres objets pour vivre une vie bonne. Des objets singuliers. Pourquoi ? Parce que si tu vois devant toi l’objet que tu as fabriqué, tu pourras aisément en déduire qu’il a fallu un sujet pour le faire. Et ce sujet, c’est toi. C’est cela le bonheur. Tu te prouves à toi-même que tu vis. Tu n’as pas disparu dans des objets que tu consommes à la chaîne, qui t’enchaînent et qui merdifient le monde.

sam. 09 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #9 : Terre, tu retourneras à la terre

(J'essaie encore une fois de faire court, d'abord parce que plus j'échoue plus j'ai de chances d'y arriver, ensuite parce qu'on a été en vadrouille toute la journée et que là j'ai surtout envie d'aller lire des bédés dans le lit avec mon amoureux). edit : caramba, encore raté !

Le monde d'après serait un monde où on marcherait moins sur la tête, notamment dans la gestion des déchets (depuis l'année dernière, vous savez que je suis la pasionaria des poubelles), et plus précisément des biodéchets : les peaux de banane, restes de nouilles et autres carcasses de poulet. Parce que pour le moment, tout ça part à l'incinérateur, et faire brûler des trognons de chou dont le taux d'humidité avoisine les 80 %, c'est tellement... Les mots me manquent. Faire brûler de l'eau, quoi. Et après ça se prétend source d'énergie propre... Si on se chauffait à l'absurdité, oui je dis pas, mais là... Bref.

Globalement, on va plutôt dans le bon sens. (Il faudrait juste qu'on presse un peu le pas...). La loi de transition énergétique votée en 2015 prévoit la généralisation du tri des biodéchets en 2025 ; et il existe depuis le Grenelle une obligation de tri et de valorisation (par la méthanisation par exemple) des déchets alimentaires dans les établissements de restauration.

Mais il y a déjà plein de communes qui pratiquent la collecte des biodéchets en France (et dans le monde, Parme ou San Francisco notamment). Parfois en couplant avec une redevance incitative (plus ta poubelle est légère, moins tu raques), comme à Besançon.

La demande citoyenne est forte, et il faut juste que ça se sorte les doigts du cul chez les décisionnaires : à défaut (1) de collecte des biodéchets, à Paris les composteurs collectifs se sont multipliés, mais ils affichent complet et il y a carrément des listes d'attente pour avoir le droit d'y déposer sa salade flétrie. En ce qui me concerne, j'ai commencé le lombricompost il y a 5 ans pour montrer le principe à ma classe de CE2, et aujourd'hui c'est clairement en attendant le bac bio que je continue. En tous les cas, j'ai désormais un mal fou à jeter des cosses de petits pois à la poubelle normale, ça me fait trop mal au cœur (oui, il m'est déjà arrivé de rapporter des épluchures de carotte de chez ma belle-mère - je la salue pour son flegme, d'ailleurs).

Et puis, il y a un effet Kiss Cool sur le tri des biodéchets : une fois qu'il est en place, on observe une meilleure performance de tri global sur le reste des déchets (parce que pour le moment, je ne sais plus si c'est en France ou en région parisienne, mais 42 % des déchets recyclables partent aussi à l'incinérateur).

Un article sur le compost en pied d'immeuble.

Pour se lancer dans le lombricompost : VersLaTerre ou Plus2Vers

Et sinon, il y a aussi la solution des poules.

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Pèlerins se rendant au bac de compost pour honorer le dieu Humus.

(1) à défaut, parce que l'avantage avec ce type de collecte, c'est qu'on peut y mettre aussi ses déchets carnés et ses coquilles d'huîtres, alors que le compost ne tolèrera que le strictement végétal - et le lombricompost est encore plus restrictif. Mais bien entendu, c'est mieux que rien.

ven. 08 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #8 : l'ESS

Il y a des tas de sujets que j'ai envie d'aborder mais que je repousse à plus tard parce qu'il y a douze articles que j'aimerais lire avant. Et même quand je me dis "Allez, aujourd'hui je fais court", je finis par faire long. Aujourd'hui donc, je vais essayer de faire vraiment court.

OK si on excepte les 90 minutes que j'ai passées à quand même lire plein de trucs.

Bon, je vais faire très général et très particulier à la fois.

Le général : un peu dans la lignée de ce que je racontais hier - biodiversité économique tout ça - il me semble qu'il y a une certaine famille d'acteurs économiques bons pour la santé de tout le monde, et pas seulement du portefeuille de quelques actionnaires : ceux de l'économie sociale et solidaire (ESS).

Qu'est-ce que c'est, l'ESS ? La page gouvernementale y répond très bien, donc hop je copie-colle :

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La question de l'utilité sociale m'interpelle et me rappelle les travaux de trois chercheuses britanniques évoqués par Mona Chollet dans Chez Soi, qui comparent "la rémunération de certains métiers, sélectionnés aux deux extrémités de l’échelle des revenus, à la « valeur sociale » qu’engendre leur exercice" (le début de l'article du Monde Diplo est ici). C'est un changement de perspective qui m'avait beaucoup marquée ; j'avais trouvé ça rafraîchissant et stimulant. Bon, quand j'avais raconté l'idée à cette personne de mon entourage qui constitue ma référence sur ce qu'on pense à droite (notez la périphrase tortueuse pour préserver son anonymat), je n'avais eu pour toute réaction qu'un sourire narquois. J'aurais bien aimé en savoir un peu plus long sur ce qu'il en pensait (toujours le fameux know your enemy) (ah ben à me relire je pense que c'est la deuxième phrase que j'ai surlignée qui le faisait marrer).

Je suis en train de dériver sur les réflexions au sujet du travail en soi, qui auront lieu mais qui ne devaient pas intervenir dans le billet du jour, rha ! Tout ce que je voulais faire, une fois ce préambule de dix plombes torché, c'était citer deux-trois entreprises ESS-friendly (le volet "particulier" que j'avais annoncé en début de billet) :

ApiUp, parce qu'ils recyclent les palettes et que donc vous connaissez désormais ma déviance avec les planches de bois qui traînent dans la rue.

Carton Plein, parce que je pourrais avoir la même déviance avec le carton. J'ai vraiment le sentiment qu'on jette des ressources (donc du fric) par les fenêtres quand j'en vois traîner sur le trottoir. Dans les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett, le personnage auquel je m'identifie le plus, c'est Henri Roi, parce que c'est le boss absolu du recyclage, qui ne voit aucun déchet nulle part, que des ressources partout. (Ce qui est rigolo - et hors-sujet mais tant pis - c'est que le Chou quant à lui a surtout retenu de ce personnage qu'il était un mafieux de première. Marrant, non ?)

Et enfin 1336, une Scop qui a une bien belle histoire (cousine de David contre Goliath).

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jeu. 07 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #7 : s'affranchir des géants ?

(Chaque jour qui passe je me demande bien ce qui m'a pris de me lancer dans un défi blog pareil. Je ne parle que du quart de ce que j'aimerais aborder à chaque fois, c'est désordonné et j'y passe déjà trop de temps. C'est d'autant plus absurde que d'habitude sur internet, je passe surtout mon temps à m'efforcer de fermer ma gueule, et là c'est le contraire : je lutte avec moi-même pour recommencer à l'ouvrir jour après jour. Vivement les vacances, que je me déconnecte... Allez en attendant, je continue.)

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Alors. Quand je me demande comment on pourrait sauver le monde (c'est comme ça que je me retrouve à 18h15, à n'avoir aucune idée de ce qu'on va dîner) j'ai l'impression que si on remonte à la source de tous les maux, souvent, très souvent, on débouche sur le capitalisme - chuis un peu le Monsieur Jourdain du marxisme.

Pourrait-il être moins mortifère, pourrait-on inventer un autre système à la place ? Je n'en sais rien. Je me dis que pour commencer, on peut essayer de ne pas s'acharner à donner les pleins pouvoirs aux grands-méchants-géants (de l'agroalimentaire, du numérique entre autres). Symboliquement, et moralement, pour ne pas alimenter ce rapport de forces. Le « C'est toujours ça que les Allemands n'auront pas » devient « c'est toujours ça que Mondelez International n'aura pas ».

Le Chou : Oui mais si ça se trouve, ta sauce tomate de la Biocoop, là, elle a été produite par un méchant aussi.
Moi : Oui, peut-être, mais par un petit méchant. Si j'ai le choix entre donner mon argent à un petit méchant ou à un grand méchant, je choisis le petit. Pour la biodiversité économique, quoi.

Parce que voilà : j'ai l'impression que quelque chose bascule depuis quelques temps : même si les Panama Papers et autres affaires du même style n'ont pas forcément eu beaucoup de retentissements sur la caisse, dans les esprits, un glissement a eu lieu : l'idée que l'austérité est la seule solution n'est plus audible (d'ailleurs, c'est tellement foireux comme concept quand on voit les résultats que ça mérite tout juste le nom de « solution »). On sait que le fric, il existe, en fait. Que ce n'est pas l'aide-soignante supplémentaire réclamée par un service hospitalier qui crée de la dette, mais bien plus Apple et McDo qui ne paient pas leurs impôts (du coup, quand on veut grailler chez nous, je suis ravie qu'on aille au kebab du coin plutôt que chez Ronald).

(Je fais de l'économie de comptoir, je sais ; mon but n'est pas de vous livrer une brillante analyse d'experte – à ce stade, vous aurez bien compris que de l'expertise, je n'en ai à revendre dans aucun domaine – mais de retranscrire une espèce d'air du temps dans lequel on flotte, moi et ma bulle de filtrage.)

Sur les géants du numérique, cet article raconte pas mal de choses intéressantes.

Je trouve utile de mesurer combien on est dépendant des Gafam, de voir d'où on part, et de se demander comment on pourrait s'en détacher un peu. C'est une démarche très personnelle, chacun a ses propres espaces d'autonomie et d'aliénation : moi par exemple, ça m'embêterait de renoncer à Facebook (sauf pour des cures régulières d'abstinence), mais je vis très bien sans smartphone. Une ou deux fois par an, je continue d'avoir recours à Amazoun pour trouver la bonne référence de sacs aspirateur ou l'attrape-araignée qui nous a changé la vie à la maison ; alors que pour les livres, je mets un point d'honneur à me débrouiller sans eux (et vu ma situation géographique, c'est vrai que ce n'est pas très compliqué).

Ensuite, concrètement, si on se sent l'âme d'un libriste, juste un peu, ou alors beaucoup voire passionnément, le site Dégooglisons internetnotamment propose plein d'alternatives. Personnellement, si je ne me sens pas de tenter Linux à la place de Microsouft (c'est toujours les copains geeks qui te disent que c'est hyyyper facile à utiliser... Je ne dis pas que je ne m'y mettrai jamais, mais ce n'est pas pour tout de suite), et si le changement de boîte mail est un projet que je n'envisage qu'à moyen terme, en revanche, utiliser Framadrop à la place de Wetransfer, ça ne me coûte rien, absolument aucun effort.

mer. 06 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #6 : les cours de consentement

Pour le monde d'après, je verrais bien la fin du patriarcat, pas vous ? - deuxième épisode

Ben oui, c'est en plusieurs épisodes : la culture du viol, comme le réchauffement climatique, sont des problèmes qui ne se résoudront pas grâce à une solution unique et miraculeuse : il faudra un faisceau de plein de petits (et grands) changements, de prises de consciences et de solutions partielles pour s'en sortir. (J'ai l'impression d'enfoncer des portes ouvertes en disant des trucs comme ça, mais je sais que tout le monde ne partage pas cette vision des choses, donc voilà à quoi je crois, moi.)

Bref et donc ce qui paraît une évidence à certains est loin de l'être pour tous, et pour sortir de la culture du viol, va falloir bosser, entre autres, la question du consentement.

A Nairobi, où 25 % des femmes ont été violées, l'association No Means No Worldwide donne des cours aux écoliers et aux écolières pour apprendre aux filles à se défendre, aux garçons à les respecter et à développer une "masculinité positive". Cette vidéo raconte qu'avant ce programme, beaucoup de garçons trouvaient légitime de violer une fille pour qui ils avaient fait des frais, ou qui était court vêtue, et qu'au bout de 6 séances leur attitude avait changé. Les statistiques de viol avaient drastiquement chuté. SIX séances ! ça peut changer vite si on éduque, bordel de bite.

Avant-hier sur Twitter, j'ai vu passer une conversation qui me donne à penser que ce genre de programme (12 heures, ça doit pouvoir se caser facilement quelque part entre l'âge de 10 et 20 ans, non ?) serait tout aussi nécessaire chez nous : Une fille racontait un exemple de drague "normale", respectueuse, en déplorant que 99% du temps ça ne se passait pas comme ça, et en disant "vous voyez que c'est possible, messieurs Ouin-on-pourra-plus-draguer". L'anecdote qu'elle racontait n'a pas débouché sur le début d'un conte de fées : elle a repoussé gentiment les avances du mec, qui a pris la chose avec le sourire. Fin.

Eh bien il s'est trouvé en commentaires quelques types pour s'offusquer de ce que la nana avait mis un râteau à un mec GENTIL, non mais LE PAUVRE, vous vous rendez compte ? Il est sympa et elle ne va même pas boire un café avec lui ? Scandaleux ! (Quoi elle n'était pas attirée par lui ? Mais on s'en tape ! Elle peut pas faire un effort, non ?)

Donc vous voyez, c'est pas gagné-gagné encore, cette histoire : en 2017, il y a encore des gens pour penser que les femmes doivent autre chose que du respect aux hommes. Au minimum, aller boire un café, genre.

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mar. 05 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #5 : ceux qui inspirent

On discutait avec mon amie Couac, elle me disait que l'époque qu'on vivait lui paraissait aussi terrifiante que galvanisante (tu me corriges si j'ai déformé tes propos, hein ?). Et c'est vrai qu'à bien des égards, on se sent tout au bord du précipice (coucou la guerre nucléaire, le réchauffement climatique et l'effondrement de la biodiversité). Mais du coup, c'est aussi le moment ou jamais de tenter des trucs, de faire autrement.

Le Monde publie une très chouette série de portraits de gens comme ça, qui se lancent, qui estiment qu'on n'est pas obligé de tout accepter comme une fatalité. Au delà des idées que ça peut faire germer chez les lecteurs, je crois à l'effet d'entraînement ou d'émulation ou de bascule ou je ne sais quoi (un phénomène de psychologie sociale qui porte sûrement un nom, mais lequel ?) : lire des articles sur des gens qui essaient de faire différemment, plutôt que des horribles faits-divers ou bien des constats d'échecs rageants ou déprimants, non seulement c'est meilleur pour le moral, mais je pense que ça installe de bonnes machines dans la tête : ça inspire l'enthousiasme plutôt que le découragement.

Bien sûr, ça n'empêche qu'il faut connaître ses ennemis. Mais c'est important aussi de connaître ses alliés, et de se sentir entraîné par le peloton. Parfois à la lecture de certains articles, on devine qu'on ne serait pas forcément pile sur la même longueur d'ondes que les gens dont le portrait est brossé. Ce n'est pas plus mal. Ça permet de se rappeler que même si on ne sera jamais d'accord sur tout, on est quand même nombreux à vouloir aller dans le même sens.

La saison 1 de la série #CeuxQuiFont est ici. Vous y trouverez par exemple l'histoire de Malika Bellaribi Le Moal, une cantatrice qui anime des ateliers auprès de femmes des quartiers populaires.

La saison 2 est , tout aussi riche.

Et dans la même veine si vous êtes plutôt radio, il y a dans l'émission Les pieds sur Terre (sur France Culture) une super minisérie aussi (dont j'ai déjà cité certains épisodes ici), qui s'appelle Des citoyens qui changent le monde. Ma tendresse va notamment à l'épisode 1 où on récupère ce que Bolloré (entre autres) s'était approprié (ambiance nananananèreuh) et à l'épisode 5 qui me fait GRAVE fantasmer (une école dans la forêt !!).

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Notre fille, ce mélange fascinant de rigueur et fantaisie.

lun. 04 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #4 : des framboisiers en ville

Je vis en ville, alors que j'ai passé mon enfance à la campagne. S'il y a bien une chose dont je profitais alors sans avoir conscience de ma chance, c'est du jardin. Par exemple, on se gavait de framboises avec mes copines, parce que évidemment, il y avait des framboisiers chez tout le monde. Aujourd'hui, mon expérience des framboises en ville, c'est pas tout à fait la même chose.(Déjà y en a toute l'année, mais entre octobre et mai je fais comme si je ne voyais rien parce que sinon on ne s'en sort plus).

Le goût et l'aspect d'abord : mon dieu mon dieu qu'elles sont belles, grosses et bien charnues ! Mais sinon, il n'y a que moi qui ai fait l'expérience de cet arrière-goût de pétrole dégueu ? (Pas systématiquement hein, et pas en bio, je crois. Mais ça m'est arrivé suffisamment de fois pour me faire renoncer aux framboises suivantes.)

Le prix ensuite : quand je pense aux quantités qu'il y avait au jardin, qui nous permettaient non seulement d'en manger nature, mais de faire aussi des confitures et des sirops en veux-tu en voilà... Aujourd'hui, malgré une bourse raisonnablement garnie, j'ai tendance à considérer les fruits rouges comme des produits de luxe.

Le conditionnement enfin : les framboises sont si fragiles que la barquette en plastique qui les accompagne semble incontournable. D'un autre côté, il y a ce chiffre qui calme (ou qui affole, c'est selon) : à chaque seconde qui passe, 200 kg de déchets plastique sont rejetés dans les océans (c'est une estimation, mais enfin même si c'était 10 fois y aurait déjà largement de quoi ventiler non ?). Je suis loin de savoir me passer de plastique au quotidien, mais j'ai du mal à ne pas penser à ce chiffre quand je fais les courses. Résultat, souvent je ne prends pas la barquette (Mes chéris, ce soir on mange du melon !).

Pardon pour cette intro beaucoup trop longue (les introlongues, ma spécialité).

Pour toutes ces raisons, gustatives, économiques et écologiques, il me semble qu'un monde meilleur passe obligatoirement par plus de framboisiers en ville (et d'autres plantes pourvoyeuses de bonnes choses, tant qu'on y est, d'accord). Une ville plus vivable serait, entre autres, une ville plus mangeable. C'est la philosophie du mouvement Incroyables Comestibles, et ils ne sont pas tout seuls. Il y a aussi les guerilleros de la greffe, le réseau des Jardins Partagés, et à Paris, le travail de l'association Vergers Urbains. Pour ma part, j'hésite entre me rapprocher d'eux ou demander mon propre permis de végétaliser (ou hacker les bacs de végétation pas intéressante de la cour de mon immeuble... mais la copropriété n'est pas super hippie-friendly alors bon).

D'autres prennent la voie de l'agriculture en aquaponie et compagnie ; je connais trop peu le sujet, mais c'est une piste qui ne manque pas d'intérêt pour encourager la souveraineté alimentaire des villes.

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dim. 03 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #3 : en finir avec la pauvreté ?

Il y a une idée que je trouve très excitante, c'est celle que la pauvreté n'est pas une fatalité, et qu'on pourrait l'éradiquer – si on voulait bien. (Je ne sais pas si c'est compatible avec un système capitaliste mais justement, le capitalisme, hein... Je pressens que j'aurai l'occasion d'en reparler ce mois-ci.)

Il y a quelques années, si je connaissais vaguement l'association ATD Quart Monde de nom, j'ignorais en revanche totalement ce qu'elle fabriquait. Tu m'aurais dit les Restos du Coeur ou eux, pour moi c'était kif-kif, c'est dire si j'étais pointue. Et puis, un jour, Florence m'a proposé des spritz en échange d'un don pour ATD (une proposition toujours d'actualité cette année, voir par ici si ça vous intéresse. Ce serait cool de battre le record de l'année dernière !). Le cœur je sais pas, mais ce qui est sûr c'est que j'ai l'estomac sur la main, donc j'ai dit banco.

Résultat, ATD m'a d'office abonnée à son journal, qu'au début, j'avoue, je ne parcourais que superficiellement. Et puis un jour, le journal en question a évoqué plus précisément les missions et la philosophie de l'association. J'ai découvert que j'étais complètement à côté de la plaque : leur objectif consiste non pas à "bêtement" porter assistance aux démunis (ce qui est déjà tout à fait louable, bien entendu), mais à – carrément – abolir la misère et lutter contre l'exclusion qu'elle engendre, en associant les personnes concernées à cette lutte et en travaillant avec les institutions (le RMI, la CMU, le DALO entre autres, c'est notamment grâce à eux). J'aime bien cette approche, très complémentaire d'autres associations qui pareront plutôt au plus urgent, mais beaucoup moins connue (car moins identifiable ?), j'ai l'impression. Et pourtant, ça me paraît beaucoup plus motivant, d'une certaine manière, cette idée d'accomplir un travail avec pour horizon : ne plus avoir de raison d'être.

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