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mer. 05 octobre 2016

Debout depuis 4h du matin



lun. 03 octobre 2016

Preuve objective de l'existence de Dieu

Ce weekend, nous avons retrouvé l'énorme araignée qui avait traumatisé le Tigre un mois plus tôt en atterrissant chez nous par la fenêtre ouverte suite à un coup de vent ("BOUM !").

Elle était toujours en vie. Opération expulsion, je piège la bête (fâchée, ouh là là) entre notre verre doseur et un carton. La répartition des tâches au sein de notre foyer veut que ce soit A. qui s'occupe de mettre dehors les araignées (il n'en a ni plus ni moins peur que moi, mais je n'en démords pas.).

Courageusement, l'amour de ma vie se saisit donc de la captive pour l'emporter sur le balcon. Il cafouille un peu au moment de la relâcher et manque laisser tomber le verre doseur du cinquième étage (le carton, lui, a été balancé avec l'araignée).

Nous nous remettons de nos émotions et retournons vaquer à nos occupations. Une demi-heure plus tard, j'entends un jbling ! retentissant : Hiboute a fait tomber le fameux verre doseur qui avait réchappé de justesse à la chute au bas de l'immeuble, il est en mille morceaux.

Nous avons pensé à ces gens qui évitent la catastrophe aérienne en ratant leur avion, pour succomber quelques jours plus tard à un bête accident de voiture. Le destin de ce verre doseur était manifestement écrit : il devait terminer son existence d'auxiliaire de cuisine ce samedi.

ven. 30 septembre 2016

La dernière séance

Vu hier :
Where_to_Invade_Next.jpg

Une sorte de Demain ! des modèles sociaux. Sans doute caricatural, mais intéressant, comme autant de pistes à explorer plus avant : l'école finlandaise, les prisons norvégiennes, les lois et la police portugaises, le traitement de la crise en Islande... (bon en écrivant ça je constate que 90% des bonnes idées évoquées dans le film, je les connaissais déjà. Mais ça me donne envie quand même d'approfondir.)

De Michael Moore, je me rappelle surtout Bowling for Columbine, qui m'avait fait une forte impression, qui avait fait forte impression. Et pourtant, 14 ans plus tard, les États-Unis n'ont pas tellement avancé sur la question des armes à feu il me semble ; est-ce que Moore avait quand même réussi à faire avancer le schmilblick, ou pas du tout ?

Est-ce que ce film-là, est-ce que la somme de ses films fait évoluer les mentalités, fait bouger les choses ? Je l'espère.

mer. 28 septembre 2016

Plus que 4 jours pour sauver le monde (ou presque)

Y a-t-il des parisiens parmi vous ? J'ai quelque chose à vous demander. (si vous n'êtes pas parisien, lisez quand même, et faites suivre aux concernés ! Je parle d'un truc que j'aimerais voir s'étendre à toute la France, il faut bien que ça commence quelque part).

Avez-vous voté pour le budget participatif de la ville de Paris ? (oui, je sais, comme entrée en matière, on a fait plus glamour)

Telle une vendeuse d'encyclopédie en porte-à-porte, j'ai fait la promo autour de moi ces derniers jours, parce que même si rien de révolutionnaire ne se joue (encore) là, je trouve l'initiative quand même chouette.

Je vous raconte en deux mots :

Le budget participatif, c'est 100 millions d'euros du budget de la ville, mis à disposition des Parisiens pour réaliser leurs projets. Par le peuple et pour le peuple, vous voyez le genre ? Tous les parisiens peuvent proposer un projet, et tous peuvent voter (pas besoin d'être majeur, pas besoin d'être français de souche : il suffit d'une adresse mail et d'une déclaration de bonne foi).

On peut voter pour 10 projets en tout : 5 pour le Tout Paris, 5 pour l'arrondissement de son choix.

budgetparticipatf.JPG
Des exemples, au hasard

Ce sont des projets souvent très concrets, liés à l'amélioration du cadre de vie (rajouter des bancs, végétaliser de diverses manières, piétonniser certaines rues quelques heures par jour pour les gosses, diminuer les nuisances sonores, etc). Il y a aussi des initiatives tournées vers le social, la jeunesse, la culture, le sport...

Une association que j'aime beaucoup a proposé un projet cette année. Il s'agit de l'association Jouer pour Vivre, qui diffuse un truc appelé la Boîte à Jouer : des cabanes remplies de trucs et de machins (mais vraiment : des pneus, des tissus, des cordes, des tubes en carton) pour que les écoliers puissent jouer librement dans la cour, à l'heure de la cantine (deux heures à ne pas savoir quoi faire de sa peau, c'est long).


Ça donne ce genre de joyeux bordel.

J'ai discuté assez longuement avec les fondateurs de cette association, et je partage complètement leur philosophie et leur vision de l'enfance, et de ce qu'on peut, de ce qu'on doit donner aux enfants pour leur permettre de devenir des gens bien, intelligents et bien dans leur peau. Mais oui, carrément ! J'y crois vraiment. Je ne veux pas détailler trop puisque donc, les votes seront clos le 2 octobre, mais j'en reparlerai plus longuement à l'occasion (si je décide de rebloguer régulièrement ici, l'occasion se présentera vite).

Alors, évidemment, moi, j'ai voté pour leur projet, qui consiste à installer ces Boîtes à Jouer dans une dizaine d'écoles de quartiers populaires. Et maintenant, j'aimerais bien que vous en fassiez autant, si le cœur vous en dit.

Je ne suis pas franchement une ambassadrice de choc, mais si j'ai réussi à convaincre ne serait-ce qu'une personne de soutenir ce projet, je serai déjà ravie ! (et si je compte mon beau-frère et la voisine du rez-de-chaussée que j'ai bassinés la semaine dernière avec ça, j'aurai donc un total de trois embrigadés à mon actif, c'est formidable).

mar. 13 septembre 2016

Note de service

On me signale des difficultés à publier un commentaire sur ce blog. Calamitas, pile au moment où j'espérais que vous seriez plein à encourager le Nouveau Tigre !

Normalement ça fonctionne, assurez-vous seulement :

  1. De cocher, avant la prévisualisation ET avant l'envoi, la case "Je ne suis pas un robot" (en option, vous pouvez fredonner ensuite "Mes faux-pas me collent à la peau")
  2. De cliquer sur le bouton Envoyer du BAS - celui qui se trouve au-dessus de votre trait d'esprit ou de votre mot gentil n'a pas l'air au courant, au sujet de votre non-roboïté.


Je pense que ce système boiteux sera corrigé rapidement, mais j'ai pas trop le temps de le signaler à qui de droit... (enfin c'est surtout de trouver ce fameux à qui de droit qui prend du temps)

ven. 09 septembre 2016

Smoking/No smoking

Je ne vous fais pas mariner plus longtemps. La nouvelle extraordinaire, c'est que

Mon Chou, mon Tigre

a arrêté

de

FUMER

! ! !

(oui je réprime sévèrement les points d'exclamation multiples en temps normal, mais là, vous en conviendrez, je ne peux pas faire autrement)

Que je vous décrive un peu le genre, jusqu'à il y a 12 jours : gros fumeur, un de ces fumeurs dont on a l'impression que la cigarette fait partie de leur identité, nerveux au bout d'une heure passée sans clope, ne manifestant pas (ou très peu) l'envie d'arrêter un jour (j'ai depuis appris qu'il jouait avec l'idée depuis 10 ans, le cachottier), bref, vaguement un sujet de désespoir pour moi (qui aurais aimé, qui aimerais vieillir avec lui).

Et puis, deux jours avant la rentrée des classes, tin-tin-tin-tiiiiin ! Le Chou m'annonce que lui et son associé ont prévu d'arrêter tous les deux au 1er septembre. Mais il était tellement angoissé à l'idée du sevrage qu'il a finalement avancé la date fatidique, et s'est mis à ne plus fumer dès le 31 août.

Je suis fièèèèèère ! (mais c'est rien à côté de ma mère - qui a des kilotonnes d'empathie pour tout fumeur en phase d'arrêt, et me fait transmettre, la voix mouillée d'émotion, bien du courage à l'intéressé).

Il reste vivable, ne me sautant à la gorge qu'en de rares occasions (il semble que la cigarette apaisait sa paranoïa). Je suis épatée par sa volonté, attendrie par sa vulnérabilité. Et puis, mes amis, les baisers goût vieille cendre dégueu et les baisers à la vapeur d'eau aromatisée, ça n'a RIEN à voir. C'est tellement différent que j'ai l'impression d'avoir changé de mec. Le Nouveau Tigre. J'adore.

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(image : Picomodi)

Bravo mon chéri ! Continue comme ça ! C'est toi le plus fort !

jeu. 08 septembre 2016

Mieux

La dernière fois que je suis venue ici, l'humeur était très moyenne, mais depuis, ça va mieux, rassurez-vous (si tant est que vous étiez inquiets). La Poupette a l'air de bien aimer l'école, même si c'est encore un peu dur au moment de se quitter - faut dire, bonjour l'ambiance chouinou les matins de septembre en petite section.

En revanche, passé un léger coup de mou en fin de semaine dernière, elle ne tombe pas DU TOUT comme une masse le soir à 20h30. Comme aux beaux jours de la crèche, elle continue de faire la ravine toute la soirée, jusqu'à ce que vaincue je finisse par aller me coucher avant elle. Et le pire, c'est qu'elle se réveille comme un charme le matin, fraîche et immédiatement joyeuse. Remboursez ! (bon je garde encore le vague espoir que la maîtresse monte en puissance une fois que les habitudes élémentaires seront prises...)

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Côté Mère-Grand, les nouvelles : après quelques semaines de montagnes russes en réa, puis quelques autres semaines de pédalage dans la semoule, il a été décidé de la transférer dans un service spécialisé en rééducation respiratoire (puisque c'est là que le bât blesse). Après avoir envisagé le fin fond de l'Île-de-France (sympa, Neuilly c'était déjà pas assez loin), les médecins lui ont finalement trouvé une place à la Salpêtrière, pour la fin de cette semaine : alleluia ! La Salpêt', c'est quasiment à côté de chez moi. Je vais pouvoir prendre le relais et veiller un peu plus sur mon grand-père (qui pendant tout ce temps a vécu chez ma sœur, une petite-fille en or si vous voulez mon avis). "Tout est bien qui finit bien" est un peu prématuré, sauf d'un point de vue pratique, donc.

Et puis je voulais vous parler d'un autre truc encore, une nouvelle extraordinaire, mais je ne sais pas si j'ai le feu vert du principal intéressé. Je m'en tiens donc là pour l'instant. Passez une bonne journée, chers blogueurs et non-blogueurs et fraîchement ex-blogueurs (je pense à toi, Lili, j'espère que ça va mieux).

dim. 17 juillet 2016

Pour vous donner des nouvelles.

Je viens faire une sorte de point.

Ma grand-mère toujours en réa ; ça ne va pas tellement moins bien mais ça ne va pas franchement mieux. Depuis près d'un mois, c'est un peu les montagnes russes : je suis sûre qu'elle va calancher / ah ben non finalement / hé peut-être bien qu'elle pourra rentrer bientôt chez elle / ouh là là pas du tout en fait / ah mais si ça va mieux quand même / mmmh j'ai parlé un peu vite, j'y vois pas beau là / etc.

Quand on parle d'acharnement thérapeutique en théorie, les choses sont simples, claires : personne n'en veut.

Mais ça commence quand, en pratique, l'acharnement thérapeutique ? Ma grand-mère est entrée à l'hôpital parce que son cœur n'arrivait plus à faire le boulot ; bon. J'imagine que choisir de refuser le pontage équivalait d'un peu trop près, un peu trop clairement, à choisir de se suicider.
Pourtant, j'aurais compris ce choix, puisqu'elle répétait depuis longtemps 1. Qu'elle avait envie de mourir 2. Qu'elle voulait mourir chez elle.

Mais voilà, comme je l'ai déjà dit il y a quelques jours, il y a toujours son mari, et je comprends qu'elle ait pu rechigner à le priver de sa présence. L'opération s'est plutôt bien passée et son cœur remarche bien depuis. Le problème s'est déplacé vers le système respiratoire : elle s'essouffle trop (comme disent les médecins avec un sens de l'euphémisme bien à eux pour ne pas te dire qu'elle frise l'asphyxie, alors que tu le vois bien, toi, qu'elle est mal mal mal) sans la machine qui lui ouvre les bronches et la fournit en oxygène.

En gros, on attend qu'elle se rétablisse suffisamment pour la ramener chez elle. Mais je ne sais pas si ça va arriver. J'ai l'impression qu'à partir d'un certain âge, le corps, la vie, c'est comme un jeu de Jenga. Poursuivre devient de plus en plus périlleux, l'équilibre est de plus en plus précaire, et si on arrive à rattraper la mayonnaise d'un côté, c'est de l'autre que ça part en couille.

Il me semble aussi qu'on peut toujours opérer les vieux, voire les très vieux, mais qu'ils ne se remettent jamais complètement après, qu'ils ne retrouvent jamais le "niveau" d'avant. Toute la question étant de savoir à partir de quel âge ça commence. Et puis même sans récupérer totalement, la vie peut bien entendu continuer à valoir le coup d'être vécue...

Mais voilà, en ce qui concerne ma grand-mère, elle partait d'un niveau déjà tellement faible (j'ai souvent parlé d'elle ici) qu'il ne lui reste vraiment pas beaucoup de marge de manœuvre.

Et puis le monde qui continue de faire n'importe quoi pendant ce temps, le boulot qui déborde, le manque de sommeil, le manque de temps pour tout - pardon Le Goût de ne pas t'avoir rappelé, c'est vraiment trop chaud en ce moment.

Prenez soin de vous, les copains.

sam. 02 juillet 2016

Contre-ordre

Finalement elle a été ré-ré-intubée ce matin.

Quand je vous disais qu'on n'avait pas le cul sorti des ronces...

Sortie de crise (à peu près)

Les affaires reprennent pour ma grand-mère, extubée avant-hier.

Je lui avais demandé il y a trois jours si elle avait encore envie de mourir ou si elle préférait rentrer chez elle (je n'avais pas précisé "d'abord"...). La réponse était : rentrer chez elle.

Dix jours qu'elle est en réa, et elle a hâte de se tirer. Faut dire que c'est effectivement un peu carcéral comme ambiance, dès qu'on n'est plus au bord de l'abime. Vous êtes à poil (trop de capteurs partout pour enfiler une chemise de nuit), on ne vous laisse que le minimum d'affaires, vous êtes enchaîné à vos perfs et à vos sondes en tout genre (quand vous n'êtes pas carrément attaché parce que vous avez une fâcheuse tendance à retirer votre masque à oxygène) et vous passez vos journées à ne rien faire, sauf mater vaguement la télé.

Les membres du personnel soignant, même les plus gentils, sont parfois un peu maltraitants, faute d'effectifs suffisants pour bien s'occuper de tout le monde.

Et puis, bordel de merde, Neuilly, c'est toujours aussi loin.

mar. 28 juin 2016

Auteuil Neuilly Passy, c'est pas du gâteau

Je vais à Neuilly tous les jours depuis une semaine.

Le trajet dure une plombe.

Chaque fois qu'on s'arrête à la station Boissière, je pense métro Boissière, j'accélère.

Dans la rue en sortant du métro, il y a des rhododendrons et des hortensias immenses, mais moins beaux qu'en Bretagne.

Une fois, samedi je crois, j'ai vu Richard Anconina.

La densité de chocolatiers au mètre carré est invraisemblable.

À l'école au bout de la rue, on a repéré des cas de scarlatine chez les CE2 A et les CE1 B.

Il faut traverser pour rejoindre l'entrée secondaire de la clinique. On monte trois marches, on arrive aux machines à café, puis il faut traverser le hall, appuyer sur le bouton pour activer les portes du service de réanimation, sur la sonnette ensuite pour signaler sa présence. On attend dans le vestiaire des familles, qu'on vous apporte une casaque bleue et la clé de votre casier.

On se lave les mains comme dans Urgences et on n'a pas le droit d'être plus de deux dans la chambre.

Ma grand-mère est là, avec tous ses tuyaux.

C'est pas la grande forme.

Je m'aperçois que j'attendais une issue - fatale ou favorable - pour vous raconter. Mais raconter quoi ? Une histoire ?

Il n'y a pas d'histoire, pour le moment. Il n'y a que ce temps suspendu où on ne sait pas. Peut-être qu'elle sera morte à la fin de la semaine, peut-être qu'elle va repartir pour deux ans.

Ça fait longtemps qu'elle n'avait plus envie de vivre, mais je crois qu'elle est bien embêtée à l'idée de laisser mon grand-père tout seul. On dirait tout à coup qu'elle n'y avait pas pensé avant.

On n'a pas le cul sorti des ronces.

mar. 08 mars 2016

Rentrée mais pas encore opérationnelle

C'est Anita qui a deviné, nous étions en Casamance, au Cap Skiring. La provision de soleil et de chaleur plus que l'expédition ethnographique, très clairement.

Les valises ne sont pas encore défaites et j'ai pris du retard dans ma traduction (enfin du retard sur mon avance mais c'est déjà assez pour m'aiguillonner), donc un vrai post de blog, c'est pas pour aujourd'hui.

Je voudrais bien vous raconter tous les zanimaux que j'ai vus là-bas, mais je me connais, le temps que je m'y mette, ça fera réchauffé j'en suis sûre...

C'est mon anniversaire, et comme tous les ans, pour des raisons bassement féministes, je suis en colère un peu plus que les autres jours, prise en sandwich entre les constats d'inégalités et de violences faites aux femmes, et les débiles navrants qui n'ont rien compris (ou que ça amuse de jeter de l'huile sur le feu, possiblement) et qui pondent des trucs du genre "C'est la journée de la femme, pas celle des racines" (oui pour vous vendre une teinture capillaire. Est-ce qu'on pourrait me lâcher la grappe avec mes poils et mes cheveux blancs et mon cul ? Occupez-vous du vôtre et allez vous faire sucer les yeux par des canards sauvages, comme dirait ma copine Pumpkin).

Bref. Ne me laissez pas trop traîner sur Twitter aujourd'hui, ou ce soir le Tigre-Chou va se retrouver à dîner avec Hulk.

mer. 16 décembre 2015

Anniversaire de blog

Cette note n'est ni très fascinante ni très construite, je l'ai seulement pondue pour mémoire.

Ces jours-ci (j'ai oublié la date précise), mon blog fête ses treize ans.

J'ai perdu les archives des premières années (c'est sans doute mieux comme ça, rendez-vous compte, j'avais tout misé sur le mot "joueb" plutôt que "blog"... trop visionnaire la meuf), j'ai oublié par combien de plateformes je suis passée avant de m'établir ici pour de bon (j'espère).

Mais je me rappelle toujours parfaitement le frisson, le jour où j'ai découvert le principe du blog, le frisson que dis-je, le coup de foudre oui : nous étions faits l'un pour l'autre.

J'ai eu d'autres élans amoureux - mais jamais à la même intensité et encore moins de la même longévité - pour la radio, la photo, la vidéo, tout ça traîne quelque part sur internet, ou sur mon disque dur, ou s'est perdu en cours de route aussi parce que la vie n'a pas une âme d'archiviste.

Même si je n'écris plus beaucoup ici, j'écris encore beaucoup tout court, c'est devenu mon métier, un métier que j'aime, et pour le moment, j'arrive à en bouffer. C'était pas prévu comme ça mais ça m'arrange, et c'est assez logique finalement.

Ce blog ne change plus ma vie comme il a pu le faire auparavant, par exemple ça fait longtemps que je n'ai pas rencontré de blogueurs "IRL" comme on disait... (Cécile je pense que tu es la dernière en date !)

C'est aussi parce que "IRL" a pris plus de place dans ma vie. Vous ai-je déjà raconté que sans ce blog, finalement, je n'aurais pas rencontré le Chou ? Il m'avait été présenté par une amie de blogs, qui avait fait sa connaissance par son mec de l'époque - eux-mêmes s'étaient rencontrés sur internet. Alors ma vie sans internet, laisse tomber, aujourd'hui c'est vraiment de la science-fiction... (toujours cette curiosité de jeter un œil dans l'univers parallèle où on n'aurait pas décollé du minitel.)

sam. 14 novembre 2015

...

_ C'est parti pour la soirée la plus fun de l'année, j'ai dit à ma collègue en partant du boulot.

Elle a rigolé. Je me rendais à la réunion du syndic de copropriété pour le compte de mon père. Elle, elle avait un concert au Bataclan.

Elle a eu beaucoup de chance. Quand vers 22h j'ai vu sur Twitter qu'il se passait quelque chose, je lui ai envoyé un texto, un peu incrédule, pour savoir si tout allait bien. Quatre minutes et dix autres tweets plus tard, je lui ai téléphoné. Elle était dans un taxi ; il avaient couru - "comme j'ai jamais couru" - après s'être échappés par une issue de secours. Ils étaient tout en haut des gradins, c'est grâce à ça. Ils n'avaient pas compris au début - personne n'a compris au début. Et puis ils ont senti l'odeur de la poudre. Ça a duré une éternité, m'a-t-elle dit en détachant les mots.

Je répétais Mon dieu, mon dieu, et Putain, putain alternativement au téléphone.

Sa voix tremblait, mais ensuite elle a pris le ton que je lui connais bien, un ton rassurant, presque maternel, qu'elle emploie pour m'expliquer les trucs au boulot. "On se voit jeudi", m'a-t-elle dit de cette voix si douce.

On s'est souhaité bonne nuit, la bonne blague.

Nous avons passé la soirée, ben, comme tout le monde. Ça semblait surréaliste d'aller se coucher, mais aujourd'hui c'est encore plus bizarre de s'occuper de Hiboute. De jouer à la poupée et d'avoir les larmes qui montent aux yeux.

En janvier je n'arrivais pas à écrire, ils m'avaient coupé la chique. Là j'ai besoin.

On ne sait pas trop à quoi va ressembler cette journée. Le Chou a dû sortir pour aller au cœur de Paris, je n'en mène pas large. J'ai hâte qu'il rentre. J'ai envie de me tirer d'ici. Mais j'ai envie aussi de vivre normalement. De toute façon, on n'a plus de filtres à café, faut que j'aille au Franprix.

J'ai coupé Twitter vers 11 heures ce matin, parce que sur mon fil commençaient à se succéder des avis de recherche, de gens jeunes, tous jeunes. Tous beaux. Tous souriants. Il n'y avait plus de réponses, il n'y avait plus que des questions.

Il va falloir beaucoup d'amour, beaucoup d'intelligence, beaucoup de joie et beaucoup de gentillesse pour rattraper le karma planétaire, entre la barbarie des coupables et la douleur des victimes.

Je vous embrasse.

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mar. 08 septembre 2015

Transtweetons un peu voulez-vous

Deux fois ces derniers jours, j'ai cru à des comptes Tweeter parodiques, tellement... Tellement, ben... Ben, je vous laisse juger par vous-mêmes.

Il y a d'abord eu Donald Trump :

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Si vous spiquez pas l'angliche, il dit que ses grands parents allemands ne sont pas venus s'installer en Amérique pour voir le pays se faire envahir par ces salauds d'immigrants.

T'as vu les chiffres, en plus, Dodo ? Il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde...(1)

Et puis Arno Klarsfeld :

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Mec, si personne ne l'a dit, il y avait peut-être une raison...

Mieux vaut en rire qu'en pleurer, allez...

(1) L'auteur de cette blague qui manifestement n'en est pas une pour tout le monde est Luis Rego.

mer. 12 août 2015

... Et au moins une pour août aussi, allez.

La veille de notre départ en vacances, fin juillet, dring :

_ Bonjour, vous êtes disponible pour traduire un autre article de droit international humanitaire hyper long et imbitable, à rendre à la rentrée ?

Le Tigre m'a conseillé de dire oui.

De toute façon, j'emmenais du boulot. Mais au lieu de traduire des dialogues concon de porno stéréotypé, je me retrouve aux prises avec des conflits armés non internationaux de type débordant (comme la piscine débordante dans laquelle je m'ébroue une fois le travail accompli, mais moins sympa).

C'est un boulot où il faut être content d'avoir du boulot même si c'est pendant les vacances, et être content des périodes de chômage technique, même si c'est pas pendant les vacances. Souplesse, zénitude, tout ça.

A part ça, quoi : Hiboute est absolument adorable, sauf quand elle est RELOU sa race. Son vocabulaire s'enrichit, sa prononciation s'améliore, sa syntaxe se complexifie, et nous sommes très émus de la voir ainsi grandir en mots. Hier soir, elle m'a raconté un truc, qu'elle a commencé par "Un jour, ...", c'était la première fois, j'ai trouvé ça dingue.

On prend l'apéro affalés sur des matelas au bord de la piscine, à la romaine, et elle s'exerce aux galipettes. Après le dîner, on s'allonge encore sur les matelas pour regarder les étoiles, elle aime bien mais elle a peur aussi un peu (bon elle a peur des lapins, aussi, alors).

Elle veut en permanence tout faire elle-même NON c'est MOI qui fais !, surtout si c'est hors de sa portée, genre tronçonner un arbre. En revanche, pour aller chercher le biberon posé par terre à trois mètres du canapé, là : Non c'est Maman / Papa.

Elle s'est prise d'une passion maladive pour la balançoire, à quel âge ils savent se balancer tous seuls les gosses ?

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La myriade d'échardes - cliquer pour mieux voir.

Elle n'aime pas trop faire de la voiture, mais si on chante ça va.

Et en parlant de voiture, moi aussi ça va, dites ! Je n'aurais jamais cru ça possible, mais, dix ans après avoir passé le permis, ça y est : je ne suis plus pétrifiée à l'idée de devoir prendre la voiture. Je ne cherche plus par tous les moyens à éviter de conduire. Même s'il y a des agglomérations de plus de 4000 habitants à traverser. Même s'il faut faire un créneau (bon ok les créneaux je renâcle encore).

Après avoir conduit en moyenne 50 kilomètres par an pendant dix ans, je ne pensais pas progresser, mais apparemment j'ai tout de même capitalisé assez d'expérience pour être à peu près à l'aise au volant. Les ronds-points sont encore mes meilleurs amis, et je continue de préférer la place facile tout là-bas plutôt que celle juste là où il faut pas que je me loupe au moment de braquer. Je murmure toujours un remerciement au ciel quand j'arrive à bon port, et je suis toujours plus à l'aise environ 20 km/h en-dessous de la limite autorisée, mais l'idée de rouler n'est plus un truc épouvantable, un poids monstrueux sur mes épaules qui me colle la nausée des jours à l'avance. Cet été, j'ai roulé de Clermont-Ferrand à Alès avec plus de joie que de terreur, et c'était bien. (Et le Chou est un adorable copilote, ce qui aide grandement, bien sûr).

Et puis d'autres choses encore, mais j'ai pas fini de bosser.

sam. 18 juillet 2015

Au moins une note de blog en juillet

Quand les spams commencent à envahir les commentaires de mes billets, je sais que ça fait trop longtemps que je n'ai pas posté. Alors mon blog-jardin public négligé plein d'herbes folles et de bouteilles de bière vides abandonnées par des malotrus, t'as vu, j'ai rangé, j'ai mis toutes les cochonneries à la poubelle, et je te rajoute une petite bouture marcotte de chèvrefeuille, ça va mieux comme ça ?

Je traduis. Des trucs pas très bons, mais j'aime bien quand même. Mon cerveau a frétillé de joie quand il s'est aperçu que je réactivais ces circuits-là, qui n'avaient pas servi depuis quelques mois.

En conséquence de quoi j'ai besoin de me nourrir avec de la bonne plume. En vacances je vais emmener Le Royaume, de Carrère (et j'ai l'impression d'emmener une maxi-boîte géante de chocolats avec moi), et aussi La Nuit aveuglante, de André de Richaud (un type de la Comédie française nous en avait lu un extrait, ça m'avait émerveillée). Et on s'arrête là, je vous rappelle que je pars en vacances avec une mirlipouette de deux ans et quart et que... Attendez, j'ai dit vacances ?

Je couds un petit peu, des bidules. Je sens que je fais exprès de ne pas m'appliquer par crainte de perdre mon temps (ce rapport au temps devenu pathologique depuis la naissance de Hiboute). Il faut que ça aille vite, il faut des résultats rapides. Et comme je n'ai pas la garantie qu'en y passant plus d'heures le produit serait mieux fini, je bâcle. Là j'ai recousu sur un débardeur que je n'aimais plus un bout d'un autre T-shirt qui n'allait plus non plus, j'ai arrangé la taille, et voilà :

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Portez-vous bien !

sam. 30 mai 2015

Qui a gagné L'Orage et la Loutre ?

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C'est Teclo, félicitations ! Envoie-moi vite un mail avec ton adresse, que je te le poste.

Merci à tous pour votre participation, votre enthousiasme m'a fait très plaisir !

sam. 23 mai 2015

L'Orage et la Loutre - un roman à gagner !

Je suis incomplet même dans mon désespoir. Si je reste seul, mes pensées tombent vite dans un gouffre sans fond ni échos, intolérable. Si je vis la vie quotidienne, présente, minutieuse, j’entends crier un remords. Le remords de gâcher quelque chose, l’humiliation d’être étroit, bas, animal, le remords de détruire stupidement de la beauté. Mais quelle beauté ?

Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé des Éditions de l'Ogre, mmh ? Alors je reprends pour les deux du fond : mon aimé n'est pas que le papa de Hiboute. Il a d'autres enfants, six pour être exact, six ogres de papier, nés deux par deux en janvier, mars et mai de cette année.

Le rejeton dont je voudrais vous parler aujourd'hui, c'est le petit dernier, l'Ogre n°6, mon chouchou (oui c'est mal, hein, d'avoir des préférés) : L'Orage et la Loutre, de Lucien Ganiayre.

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C'est l'histoire de Jean, instituteur dans les années 1930, "un paysan, mais qui connaît le nom des fleurs", comme dit son ami Marescot. Un jour de canicule, Jean se baigne dans une source, juste avant qu'un orage n'éclate. Quand il ressort, il n'y a plus d'odeurs, plus de bruits, l'air est glacé, la lumière jaune, le ciel, immobile. Comment vivre, comment survivre dans ce monde pétrifié, et dans cette solitude épouvantable ?

Je voudrais vous raconter toute l'histoire, mais je vous gâcherais le plaisir (même si ce livre se relit comme du petit lait, j'ai testé pour vous). Et en plus, je raconte mal ("Et alors, à un moment, y a une loutre..."). Mais je pense que je reparlerai de ce livre, son écriture incroyablement sensuelle, son récit rare.

J'aime beaucoup la sérendipité avec lequel il est re-né : publié une première fois dans les années 70 au Seuil, à titre posthume, il est passé complètement inaperçu alors, au point que l'année dernière, Google à qui rien n'échappe n'en trouvait aucune occurrence sur le net. C'est parce que son mari, petit-fils de l'auteur, souhaitait en faire réimprimer une dizaine d'exemplaires pour la famille, qu'une amie du Chou lui a demandé quelques conseils techniques (mise en page, imprimeur...). Comme mon cher et tendre cherchait déjà des textes à l'époque, pour l'Ogre qui n'était encore qu'un embryon, il a jeté un œil au roman, au cas où, et vlan : il s'est pris un chef-d’œuvre en pleine poire.

C'est joli, comme histoire, non ?

Je dis chef-d’œuvre et je le crois vraiment, pour moi ce texte est un classique en puissance. Il n'a cependant pas les ingrédients requis pour les success-story littéraires d'aujourd'hui : son auteur n'est ni une jolie blonde ni un apollon de 25 à 35 ans pourvu d'un avenir et d'un compte Twitter, non, son auteur, bin il est mort, et on n'a pas tellement d'autres textes de lui à se mettre sous la dent. Il n'y a que ce roman-là à savourer... et je l'aime tellement que j'ai demandé au Tigre-Chou de m'en céder un exemplaire pour l'offrir à l'un d'entre vous.

Le concours, le concours !

Ça vous dit ? On va faire simple : laissez-moi un commentaire ci-dessous, et je vous inscris au tirage au sort. Ensuite, de deux choses l'une : soit vous augmentez vos chances de gagner en vous gardant le concours pour vous (c'est de bonne guerre), soit vous êtes un cœur valeureux et vous invitez les copaings amateurs de bonne littérature à venir jouer aussi (mais avec un peu de chance, ils vous le prêteront s'ils gagnent, allez). Vous avez une semaine pour participer, jusqu'au samedi 30 mai (vers l'heure de la sieste d'Hiboute). Je donnerai le nom du gagnant avant la fin du weekend !

La citation du début n'est pas extraite du livre, mais d'une lettre de Ganiayre qu'on trouve sur le site de l'Ogre. Elle me parle beaucoup...

mer. 20 mai 2015

Comment je suis en train de passer du côté Namaste de la force, part srwi

Avec mon petit yoga de débutante, je sens que j'ai mis le doigt sur quelque chose. Je me sens plus déliée qu'il y a six mois, mais j'ai le sentiment que ça pourrait m'apporter dix fois plus ; pour la première fois de ma vie, j'ai envie de pratiquer un sport, et si j'étais capable d'avoir des journées un peu plus remplies et que j'étais un poil plus riche, je ne cracherais pas sur une deuxième séance hebdomadaire. Je ne me dis pas "tu seras contente quand tu en auras fait", j'ai juste envie d'en faire - le truc de dingue !

J'avais une connaissance qui m'avait dit, il y a un ou deux ans, qu'elle faisait du yoga tous les matins. Ça m'avait paru relever de la science-fiction pour moi, hors de ma portée. Le truc qui ne m'arriverait jamais, j'avais pas l'autodiscipline. Et en fait, je découvre qu'il peut s'agir d'autre chose que de discipline.


Cette troisième partie reste à écrire : ma pratique du yoga est devant moi. J'ai envie d'essayer d'autres styles, de progresser suffisamment pour pouvoir faire des séances variées à la maison (prendre des postures tête en bas ET regarder la vidéo sur Youtube en même temps, j'ai pas compris comment c'était possible).

Ce n'est pas exactement une révélation, ni une nouvelle drogue douce : je suis passée par une phase d'enthousiasme démesuré où j'y pensais beaucoup, je me disais que le yoga était la réponse à tout et à tout le monde : t'es malade ? Fais du yoga. T'es au chômage ? Fais du yoga. Ta femme est partie ? Fais du yoga. Ton pays est en guerre ? Oui bon.

Finalement, je demeure tout à fait capable de passer deux semaines sans pratiquer à cause d'une grève de la crèche, d'un boulot urgent ou d'un jour férié. Donc je me suis calmée.

Mais quand même, j'ai l'impression de tenir un truc, là. Une espèce de bouleversement tout en douceur... On verra bien comment ça tourne, je ferai le point dans quelques mois. (Mais ouiiii, je reviendrai bloguer avant, rho)

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