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ven. 11 novembre 2016

Interruption de service

Salut les aminches.

Ma grand-mère est morte. Je pars l'enterrer et je reviens, d'accord ?

Je vous embrasse.

mer. 09 novembre 2016

Euh.

Eh ben, je l'avais pas vue venir, celle-là (et je ne suis pas la seule, apparemment).

Je ne me sens pas capable de distinguer les réactions et les analyses intelligentes du lot de commentaires qui suit cette élection terrifiante (à supposer qu'il y en ait). On verra plus tard, quand on aura digéré un peu la nouvelle. J'ai plutôt envie qu'on me fasse rigoler, là tout de suite. Si vous avez quelque chose à m'offrir, je suis preneuse, et je vous l'échange contre une poignée de tweets qui m'ont arraché un sourire, tant bien que mal :

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lun. 07 novembre 2016

Allégorie de ce que vous voudrez

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jeu. 27 octobre 2016

Trottoirs

Un jour que je marchais à proximité d'un homme qui poussait un landau,
j'ai soudain eu la conviction qu'il n'y avait pas de bébé dedans.

J'ai déjà suivi des gens dans la rue, quand j'étais jeune, par ennui ou par jeu (à moins que ce ne soit la même chose).

Parfois je croise des personnes que j'avais vues une demi-heure plus tôt à un autre endroit de la ville. Je me demande si elles sont nombreuses, toutes celles qui sont là aussi et que je n'ai pas reconnues.

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mer. 26 octobre 2016

Matière à réflexion

Un billet du mois dernier que j'ai trouvé très intéressant sur le réflexe plus ou moins systématique qu'on a de s'en prendre aux victimes :

Le victim-blaming (ou pourquoi j’ai grondé mon chat après lui avoir marché sur la queue)

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image tirée de l'article en question, par Marine S.

mar. 25 octobre 2016

Vous êtes plutôt bouderie d'automne, ou dépression saisonnière ?

Je ne me risque plus à faire étendre des machines sur la terrasse, ça devient trop compliqué... on entre dans la saison où le linge va mettre des plombes à sécher, ne plus sentir bon l'air frais, et où le tankarville va nous encombrer à l'intérieur. J'aime pas.

Et j'aime pas ce sentiment de glisser vers la nuit, le froid. Recommencer à mettre des chaussettes, claquer des dents en se mettant au lit, ça me blase.

J'essaie de me dire "Non mais, les bougies ?" mais franchement, pour qui ça compense VRAIMENT, les bougies ?

Les arbres jolis, l'air qui sent le feu de cheminée, le potimarron, les poches du manteau qui évitent de trimballer un sac, certes. Le problème, c'est que ça dure trop longtemps (3 mois de froid, ça me suffirait) et que j'ai l'impression de quitter un état normal, naturel, qui n'est d'actualité finalement que 4 ou 5 mois, 6 les bonnes années. Est-ce la ville qui me déconnecte trop des saisons ? Est-ce parce que mon harmonie thermobiologique se situe au sud de la Loire ?

lun. 17 octobre 2016

Demain, je m'y mets.

Aujourd'hui, j'ai :

  • dévissé le siphon de l'évier de la salle de bains pour le déboucher
  • répondu à plein de mails en souffrance
  • plié du linge, lancé une machine, étendu une machine
  • appelé ma mère pour un coup de fil dont je savais qu'il serait long et douloureux (on avait anticipé que le retour de ma grand-mère serait compliqué, et en fait il est très compliqué)
  • commandé un livre pour réussir à bien travailler de chez soi
  • grignoté toute la journée

Bref, la panoplie complète de la procrastinatrice de compétition. Seigneur, aurais-je oublié comment on fait pour travailler, au bout d'à peine 4 semaines ? Heureusement que j'ai commandé mon bouquin. Y a plus qu'à attendre maintenant.

lun. 10 octobre 2016

Mon entretien annuel professionnel avec ma direction (= moi)

Je reprends le travail aujourd'hui. Ce sera mon quatrième (et sans doute dernier) livre de l'année, il y aura eu :

  • une espèce de thriller plus ou moins psychologique
  • un porno
  • un livre de yoga
  • et donc ce roman, quoi, jeunesse ? Jeunes adultes ? Ambiance lycée américain en tous cas.

Les choses se sont enchaînées avec une fluidité incroyable (enfin sauf cet été pour cause de Mère-grand subclaquante, mais ça va mieux), et j'ai même pu prendre des vacances. Je me sens immensément reconnaissante, envers le Tigre bien sûr, qui m'a mis le pied à l'étrier et continue de m'aider, mais aussi envers une somme de choses plus floues : les gens cool avec qui je travaille, les projets qui arrivent au bon moment, le fait de pouvoir travailler en pyjama depuis mon canapé, et puis moi aussi, qui parviens à mener ma barque, à rendre les projets à l'heure, à trouver de l'intérêt à ce que je fais même quand le texte ne casse pas des briques.

Tout n'est pas encore parfait :

  • J'aimerais réussir à travailler plus vite, et plus régulièrement (il y a encore trop de jours sans et de jours bof, même si je sens bien qu'on ne peut pas complètement les éradiquer).
  • Je voudrais prendre le temps de lire davantage - évidemment, ça nourrit ma langue.
  • Arrêter d'angoisser à l'idée de ne pas être dans les temps, surtout quand j'ai 5 semaines d'avance sur mon planning.
  • Peut-être prendre des cours d'anglais avancé ? Et / ou de linguistique ? Parce qu'autant j'ai parfois le sentiment d'être exactement à ma place, autant régulièrement c'est le sentiment d'imposture qui l'emporte. Et comme j'ai encore et toujours envie d'apprendre...

Mais bon, j'ai aussi des tas d'autres envies et des tas de lessives à faire.

mer. 05 octobre 2016

Debout depuis 4h du matin



lun. 03 octobre 2016

Preuve objective de l'existence de Dieu

Ce weekend, nous avons retrouvé l'énorme araignée qui avait traumatisé le Tigre un mois plus tôt en atterrissant chez nous par la fenêtre ouverte suite à un coup de vent ("BOUM !").

Elle était toujours en vie. Opération expulsion, je piège la bête (fâchée, ouh là là) entre notre verre doseur et un carton. La répartition des tâches au sein de notre foyer veut que ce soit A. qui s'occupe de mettre dehors les araignées (il n'en a ni plus ni moins peur que moi, mais je n'en démords pas.).

Courageusement, l'amour de ma vie se saisit donc de la captive pour l'emporter sur le balcon. Il cafouille un peu au moment de la relâcher et manque laisser tomber le verre doseur du cinquième étage (le carton, lui, a été balancé avec l'araignée).

Nous nous remettons de nos émotions et retournons vaquer à nos occupations. Une demi-heure plus tard, j'entends un jbling ! retentissant : Hiboute a fait tomber le fameux verre doseur qui avait réchappé de justesse à la chute au bas de l'immeuble, il est en mille morceaux.

Nous avons pensé à ces gens qui évitent la catastrophe aérienne en ratant leur avion, pour succomber quelques jours plus tard à un bête accident de voiture. Le destin de ce verre doseur était manifestement écrit : il devait terminer son existence d'auxiliaire de cuisine ce samedi.

ven. 30 septembre 2016

La dernière séance

Vu hier :
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Une sorte de Demain ! des modèles sociaux. Sans doute caricatural, mais intéressant, comme autant de pistes à explorer plus avant : l'école finlandaise, les prisons norvégiennes, les lois et la police portugaises, le traitement de la crise en Islande... (bon en écrivant ça je constate que 90% des bonnes idées évoquées dans le film, je les connaissais déjà. Mais ça me donne envie quand même d'approfondir.)

De Michael Moore, je me rappelle surtout Bowling for Columbine, qui m'avait fait une forte impression, qui avait fait forte impression. Et pourtant, 14 ans plus tard, les États-Unis n'ont pas tellement avancé sur la question des armes à feu il me semble ; est-ce que Moore avait quand même réussi à faire avancer le schmilblick, ou pas du tout ?

Est-ce que ce film-là, est-ce que la somme de ses films fait évoluer les mentalités, fait bouger les choses ? Je l'espère.

mer. 28 septembre 2016

Plus que 4 jours pour sauver le monde (ou presque)

Y a-t-il des parisiens parmi vous ? J'ai quelque chose à vous demander. (si vous n'êtes pas parisien, lisez quand même, et faites suivre aux concernés ! Je parle d'un truc que j'aimerais voir s'étendre à toute la France, il faut bien que ça commence quelque part).

Avez-vous voté pour le budget participatif de la ville de Paris ? (oui, je sais, comme entrée en matière, on a fait plus glamour)

Telle une vendeuse d'encyclopédie en porte-à-porte, j'ai fait la promo autour de moi ces derniers jours, parce que même si rien de révolutionnaire ne se joue (encore) là, je trouve l'initiative quand même chouette.

Je vous raconte en deux mots :

Le budget participatif, c'est 100 millions d'euros du budget de la ville, mis à disposition des Parisiens pour réaliser leurs projets. Par le peuple et pour le peuple, vous voyez le genre ? Tous les parisiens peuvent proposer un projet, et tous peuvent voter (pas besoin d'être majeur, pas besoin d'être français de souche : il suffit d'une adresse mail et d'une déclaration de bonne foi).

On peut voter pour 10 projets en tout : 5 pour le Tout Paris, 5 pour l'arrondissement de son choix.

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Des exemples, au hasard

Ce sont des projets souvent très concrets, liés à l'amélioration du cadre de vie (rajouter des bancs, végétaliser de diverses manières, piétonniser certaines rues quelques heures par jour pour les gosses, diminuer les nuisances sonores, etc). Il y a aussi des initiatives tournées vers le social, la jeunesse, la culture, le sport...

Une association que j'aime beaucoup a proposé un projet cette année. Il s'agit de l'association Jouer pour Vivre, qui diffuse un truc appelé la Boîte à Jouer : des cabanes remplies de trucs et de machins (mais vraiment : des pneus, des tissus, des cordes, des tubes en carton) pour que les écoliers puissent jouer librement dans la cour, à l'heure de la cantine (deux heures à ne pas savoir quoi faire de sa peau, c'est long).


Ça donne ce genre de joyeux bordel.

J'ai discuté assez longuement avec les fondateurs de cette association, et je partage complètement leur philosophie et leur vision de l'enfance, et de ce qu'on peut, de ce qu'on doit donner aux enfants pour leur permettre de devenir des gens bien, intelligents et bien dans leur peau. Mais oui, carrément ! J'y crois vraiment. Je ne veux pas détailler trop puisque donc, les votes seront clos le 2 octobre, mais j'en reparlerai plus longuement à l'occasion (si je décide de rebloguer régulièrement ici, l'occasion se présentera vite).

Alors, évidemment, moi, j'ai voté pour leur projet, qui consiste à installer ces Boîtes à Jouer dans une dizaine d'écoles de quartiers populaires. Et maintenant, j'aimerais bien que vous en fassiez autant, si le cœur vous en dit.

Je ne suis pas franchement une ambassadrice de choc, mais si j'ai réussi à convaincre ne serait-ce qu'une personne de soutenir ce projet, je serai déjà ravie ! (et si je compte mon beau-frère et la voisine du rez-de-chaussée que j'ai bassinés la semaine dernière avec ça, j'aurai donc un total de trois embrigadés à mon actif, c'est formidable).

mar. 13 septembre 2016

Note de service

On me signale des difficultés à publier un commentaire sur ce blog. Calamitas, pile au moment où j'espérais que vous seriez plein à encourager le Nouveau Tigre !

Normalement ça fonctionne, assurez-vous seulement :

  1. De cocher, avant la prévisualisation ET avant l'envoi, la case "Je ne suis pas un robot" (en option, vous pouvez fredonner ensuite "Mes faux-pas me collent à la peau")
  2. De cliquer sur le bouton Envoyer du BAS - celui qui se trouve au-dessus de votre trait d'esprit ou de votre mot gentil n'a pas l'air au courant, au sujet de votre non-roboïté.


Je pense que ce système boiteux sera corrigé rapidement, mais j'ai pas trop le temps de le signaler à qui de droit... (enfin c'est surtout de trouver ce fameux à qui de droit qui prend du temps)

ven. 09 septembre 2016

Smoking/No smoking

Je ne vous fais pas mariner plus longtemps. La nouvelle extraordinaire, c'est que

Mon Chou, mon Tigre

a arrêté

de

FUMER

! ! !

(oui je réprime sévèrement les points d'exclamation multiples en temps normal, mais là, vous en conviendrez, je ne peux pas faire autrement)

Que je vous décrive un peu le genre, jusqu'à il y a 12 jours : gros fumeur, un de ces fumeurs dont on a l'impression que la cigarette fait partie de leur identité, nerveux au bout d'une heure passée sans clope, ne manifestant pas (ou très peu) l'envie d'arrêter un jour (j'ai depuis appris qu'il jouait avec l'idée depuis 10 ans, le cachottier), bref, vaguement un sujet de désespoir pour moi (qui aurais aimé, qui aimerais vieillir avec lui).

Et puis, deux jours avant la rentrée des classes, tin-tin-tin-tiiiiin ! Le Chou m'annonce que lui et son associé ont prévu d'arrêter tous les deux au 1er septembre. Mais il était tellement angoissé à l'idée du sevrage qu'il a finalement avancé la date fatidique, et s'est mis à ne plus fumer dès le 31 août.

Je suis fièèèèèère ! (mais c'est rien à côté de ma mère - qui a des kilotonnes d'empathie pour tout fumeur en phase d'arrêt, et me fait transmettre, la voix mouillée d'émotion, bien du courage à l'intéressé).

Il reste vivable, ne me sautant à la gorge qu'en de rares occasions (il semble que la cigarette apaisait sa paranoïa). Je suis épatée par sa volonté, attendrie par sa vulnérabilité. Et puis, mes amis, les baisers goût vieille cendre dégueu et les baisers à la vapeur d'eau aromatisée, ça n'a RIEN à voir. C'est tellement différent que j'ai l'impression d'avoir changé de mec. Le Nouveau Tigre. J'adore.

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(image : Picomodi)

Bravo mon chéri ! Continue comme ça ! C'est toi le plus fort !

jeu. 08 septembre 2016

Mieux

La dernière fois que je suis venue ici, l'humeur était très moyenne, mais depuis, ça va mieux, rassurez-vous (si tant est que vous étiez inquiets). La Poupette a l'air de bien aimer l'école, même si c'est encore un peu dur au moment de se quitter - faut dire, bonjour l'ambiance chouinou les matins de septembre en petite section.

En revanche, passé un léger coup de mou en fin de semaine dernière, elle ne tombe pas DU TOUT comme une masse le soir à 20h30. Comme aux beaux jours de la crèche, elle continue de faire la ravine toute la soirée, jusqu'à ce que vaincue je finisse par aller me coucher avant elle. Et le pire, c'est qu'elle se réveille comme un charme le matin, fraîche et immédiatement joyeuse. Remboursez ! (bon je garde encore le vague espoir que la maîtresse monte en puissance une fois que les habitudes élémentaires seront prises...)

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Côté Mère-Grand, les nouvelles : après quelques semaines de montagnes russes en réa, puis quelques autres semaines de pédalage dans la semoule, il a été décidé de la transférer dans un service spécialisé en rééducation respiratoire (puisque c'est là que le bât blesse). Après avoir envisagé le fin fond de l'Île-de-France (sympa, Neuilly c'était déjà pas assez loin), les médecins lui ont finalement trouvé une place à la Salpêtrière, pour la fin de cette semaine : alleluia ! La Salpêt', c'est quasiment à côté de chez moi. Je vais pouvoir prendre le relais et veiller un peu plus sur mon grand-père (qui pendant tout ce temps a vécu chez ma sœur, une petite-fille en or si vous voulez mon avis). "Tout est bien qui finit bien" est un peu prématuré, sauf d'un point de vue pratique, donc.

Et puis je voulais vous parler d'un autre truc encore, une nouvelle extraordinaire, mais je ne sais pas si j'ai le feu vert du principal intéressé. Je m'en tiens donc là pour l'instant. Passez une bonne journée, chers blogueurs et non-blogueurs et fraîchement ex-blogueurs (je pense à toi, Lili, j'espère que ça va mieux).

dim. 17 juillet 2016

Pour vous donner des nouvelles.

Je viens faire une sorte de point.

Ma grand-mère toujours en réa ; ça ne va pas tellement moins bien mais ça ne va pas franchement mieux. Depuis près d'un mois, c'est un peu les montagnes russes : je suis sûre qu'elle va calancher / ah ben non finalement / hé peut-être bien qu'elle pourra rentrer bientôt chez elle / ouh là là pas du tout en fait / ah mais si ça va mieux quand même / mmmh j'ai parlé un peu vite, j'y vois pas beau là / etc.

Quand on parle d'acharnement thérapeutique en théorie, les choses sont simples, claires : personne n'en veut.

Mais ça commence quand, en pratique, l'acharnement thérapeutique ? Ma grand-mère est entrée à l'hôpital parce que son cœur n'arrivait plus à faire le boulot ; bon. J'imagine que choisir de refuser le pontage équivalait d'un peu trop près, un peu trop clairement, à choisir de se suicider.
Pourtant, j'aurais compris ce choix, puisqu'elle répétait depuis longtemps 1. Qu'elle avait envie de mourir 2. Qu'elle voulait mourir chez elle.

Mais voilà, comme je l'ai déjà dit il y a quelques jours, il y a toujours son mari, et je comprends qu'elle ait pu rechigner à le priver de sa présence. L'opération s'est plutôt bien passée et son cœur remarche bien depuis. Le problème s'est déplacé vers le système respiratoire : elle s'essouffle trop (comme disent les médecins avec un sens de l'euphémisme bien à eux pour ne pas te dire qu'elle frise l'asphyxie, alors que tu le vois bien, toi, qu'elle est mal mal mal) sans la machine qui lui ouvre les bronches et la fournit en oxygène.

En gros, on attend qu'elle se rétablisse suffisamment pour la ramener chez elle. Mais je ne sais pas si ça va arriver. J'ai l'impression qu'à partir d'un certain âge, le corps, la vie, c'est comme un jeu de Jenga. Poursuivre devient de plus en plus périlleux, l'équilibre est de plus en plus précaire, et si on arrive à rattraper la mayonnaise d'un côté, c'est de l'autre que ça part en couille.

Il me semble aussi qu'on peut toujours opérer les vieux, voire les très vieux, mais qu'ils ne se remettent jamais complètement après, qu'ils ne retrouvent jamais le "niveau" d'avant. Toute la question étant de savoir à partir de quel âge ça commence. Et puis même sans récupérer totalement, la vie peut bien entendu continuer à valoir le coup d'être vécue...

Mais voilà, en ce qui concerne ma grand-mère, elle partait d'un niveau déjà tellement faible (j'ai souvent parlé d'elle ici) qu'il ne lui reste vraiment pas beaucoup de marge de manœuvre.

Et puis le monde qui continue de faire n'importe quoi pendant ce temps, le boulot qui déborde, le manque de sommeil, le manque de temps pour tout - pardon Le Goût de ne pas t'avoir rappelé, c'est vraiment trop chaud en ce moment.

Prenez soin de vous, les copains.

sam. 02 juillet 2016

Contre-ordre

Finalement elle a été ré-ré-intubée ce matin.

Quand je vous disais qu'on n'avait pas le cul sorti des ronces...

Sortie de crise (à peu près)

Les affaires reprennent pour ma grand-mère, extubée avant-hier.

Je lui avais demandé il y a trois jours si elle avait encore envie de mourir ou si elle préférait rentrer chez elle (je n'avais pas précisé "d'abord"...). La réponse était : rentrer chez elle.

Dix jours qu'elle est en réa, et elle a hâte de se tirer. Faut dire que c'est effectivement un peu carcéral comme ambiance, dès qu'on n'est plus au bord de l'abime. Vous êtes à poil (trop de capteurs partout pour enfiler une chemise de nuit), on ne vous laisse que le minimum d'affaires, vous êtes enchaîné à vos perfs et à vos sondes en tout genre (quand vous n'êtes pas carrément attaché parce que vous avez une fâcheuse tendance à retirer votre masque à oxygène) et vous passez vos journées à ne rien faire, sauf mater vaguement la télé.

Les membres du personnel soignant, même les plus gentils, sont parfois un peu maltraitants, faute d'effectifs suffisants pour bien s'occuper de tout le monde.

Et puis, bordel de merde, Neuilly, c'est toujours aussi loin.

mar. 28 juin 2016

Auteuil Neuilly Passy, c'est pas du gâteau

Je vais à Neuilly tous les jours depuis une semaine.

Le trajet dure une plombe.

Chaque fois qu'on s'arrête à la station Boissière, je pense métro Boissière, j'accélère.

Dans la rue en sortant du métro, il y a des rhododendrons et des hortensias immenses, mais moins beaux qu'en Bretagne.

Une fois, samedi je crois, j'ai vu Richard Anconina.

La densité de chocolatiers au mètre carré est invraisemblable.

À l'école au bout de la rue, on a repéré des cas de scarlatine chez les CE2 A et les CE1 B.

Il faut traverser pour rejoindre l'entrée secondaire de la clinique. On monte trois marches, on arrive aux machines à café, puis il faut traverser le hall, appuyer sur le bouton pour activer les portes du service de réanimation, sur la sonnette ensuite pour signaler sa présence. On attend dans le vestiaire des familles, qu'on vous apporte une casaque bleue et la clé de votre casier.

On se lave les mains comme dans Urgences et on n'a pas le droit d'être plus de deux dans la chambre.

Ma grand-mère est là, avec tous ses tuyaux.

C'est pas la grande forme.

Je m'aperçois que j'attendais une issue - fatale ou favorable - pour vous raconter. Mais raconter quoi ? Une histoire ?

Il n'y a pas d'histoire, pour le moment. Il n'y a que ce temps suspendu où on ne sait pas. Peut-être qu'elle sera morte à la fin de la semaine, peut-être qu'elle va repartir pour deux ans.

Ça fait longtemps qu'elle n'avait plus envie de vivre, mais je crois qu'elle est bien embêtée à l'idée de laisser mon grand-père tout seul. On dirait tout à coup qu'elle n'y avait pas pensé avant.

On n'a pas le cul sorti des ronces.

mar. 08 mars 2016

Rentrée mais pas encore opérationnelle

C'est Anita qui a deviné, nous étions en Casamance, au Cap Skiring. La provision de soleil et de chaleur plus que l'expédition ethnographique, très clairement.

Les valises ne sont pas encore défaites et j'ai pris du retard dans ma traduction (enfin du retard sur mon avance mais c'est déjà assez pour m'aiguillonner), donc un vrai post de blog, c'est pas pour aujourd'hui.

Je voudrais bien vous raconter tous les zanimaux que j'ai vus là-bas, mais je me connais, le temps que je m'y mette, ça fera réchauffé j'en suis sûre...

C'est mon anniversaire, et comme tous les ans, pour des raisons bassement féministes, je suis en colère un peu plus que les autres jours, prise en sandwich entre les constats d'inégalités et de violences faites aux femmes, et les débiles navrants qui n'ont rien compris (ou que ça amuse de jeter de l'huile sur le feu, possiblement) et qui pondent des trucs du genre "C'est la journée de la femme, pas celle des racines" (oui pour vous vendre une teinture capillaire. Est-ce qu'on pourrait me lâcher la grappe avec mes poils et mes cheveux blancs et mon cul ? Occupez-vous du vôtre et allez vous faire sucer les yeux par des canards sauvages, comme dirait ma copine Pumpkin).

Bref. Ne me laissez pas trop traîner sur Twitter aujourd'hui, ou ce soir le Tigre-Chou va se retrouver à dîner avec Hulk.

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