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jeu 15 mai 2008

Les cigales et la fourmi

Libérés de la plupart des examens, mais toujours tenus de venir en cours, mes petits camarades s'ennuient ferme et trouvent les journées longues à l'école.

Pour moi, c'est le contraire : libérée des exercices-type préparatoires aux mêmes examens, je peux enfin consacrer les heures de labo (où je suis désormais tranquille car seule !), de photoshop et de studio à mes travaux personnels (et accessoirement, rentabiliser les frais de scolarité...).
Du coup, le temps passe un peu trop vite, et aujourd'hui, j'ai été sans arrêt contrainte d'abréger mes activités : le tirage couleur à 11h parce qu'Elo arrivait, la séance (géniale) de studio avec elle à 13h30 parce qu'une classe y commençait le cours, notre déjeuner à 15h parce que la serveuse n'attendait plus que nous pour fermer, le traitement numérique à 18h pour partir avant d'être chassée...

Ca me fait toujours un peu drôle, d'être légèrement débordée et d'en redemander ; c'est si peu dans ma nature, normalement !

mer 14 mai 2008

La 4° Nuit des Musées

J'avais commencé un billet pour vous faire part de l'état déplorable de ma culture, mais finalement, je le garde pour moi et j'en viens directement à la réjouissance : samedi c'est la Nuit des musées dans toute la France, et comme je serai déjà dehors, ce sera facile d'enchaîner dessus.

Il y en a tant que j'hésite beaucoup ; une valeur sûre (Orsay, Pompidou, Louvre) ou un truc un peu original ? (saviez-vous qu'il existe un musée de l'assistance publique, un musée national de la légion d'honneur, un musée des collections historiques de la préfecture de police, un musée de la chasse et de la nature ?)

Il y a des poèmes de Victor Hugo signés en silence à la Maison de Victor Hugo, une visite du jardin à la lampe de poche au musée Rodin, un atelier d'animation d'images au musée des Arts et Métiers, un concert de jazz à la bibliothèque polonaise de Paris, une visite magique de l'expo Méliès à la cinémathèque française... Ce ne sera pas facile de choisir !

mar 13 mai 2008

Super tata

Mais d'où vient ce sentiment intense d'être quelqu'un de formidable, parce qu'on a réussi à calmer et endormir une petite personne rien qu'en la prenant dans nos bras ?

dim 04 mai 2008

Garden sweet garden

Tu vas sortir un peu aujourd'hui ?

Euh, non, je vais rester au jardin...

Chaque soir, ma voisine et moi bénissons ce havre bucolique, qu'avec l'aide des beaux jours nous avons totalement investi.

C'est un jardin qui appartient à tout l'immeuble, mais seules nous autres filles de l'entresol en avons la jouissance. Il n'est pas très grand, une cinquantaine de mètres carré, mais il abrite une belle diversité de plantes et de fleurs avec lesquelles nous avisons au cas par cas : souvent on laisse vivre, d'autres fois on contient, mais parfois on dégage.

L'occupante d'avant avait sculpté un éphèbe d'environ 50 cm de hauteur, qui s'est lentement couvert de mousse, et à qui je fabriquerais bien une copine ; chaque fois que mon regard se pose sur lui, je songe à la chanson de Trenet intitulée "Le Jardin extraordinaire" ; on y voit aussi des statues, qui se tiennent tranquille tout le jour dit-on, mais moi je sais que dès la nuit venue, elles s'en vont danser sur le gazon.

Nous fourmillons de projets pour rendre ce jardin de plus en plus charmant - il l'est déjà tout à fait à nos yeux. Une petite terrasse en bois, une lampe-tempête pour nos soirées, une mosaïque blanche, verte et or pour égayer le mur, et puis toutes senteurs exquises, lavande, jasmin, menthe, églantines...

Le débat de ce soir : est-ce que ce jardin est bourgeois-bohème ? Un élément nous en préserve absolument : Gretchen, que nos veaux vaches cochons couvée n'empêcheront jamais de venir, avec constance et application, chier dans les semis.

lun 28 avril 2008

Célébrations

Dimanche, ma nièce Minus a fêté son premier mois.
Tope-là

Samedi, j'ai baptisé le jardin où nous prenions le premier apéro du printemps avec ma voisine.

Le temps passe pile à la bonne vitesse en ce moment.

lun 21 avril 2008

Presque rien

Internet et moi sommes dans une période creuse de notre relation ; le matin j'ai plus le temps (je me lève le plus tard possible pour partir le plus tôt possible), et le soir, oh je sais bien que les températures ne sont pas franchement printanières, mais les jours rallongent quand même et j'ai plutôt envie d'aller jardiner que de me coller à mon écran. Ah et puis je suis en stage devant un ordi toute la journée (photoshop photoshop photoshop).

Ca c'est pour le présent. Futur : je n'irai pas aux Zarts Déco l'année prochaine (ils ne veulent pas de moi), pas plus que je ne ferai de master de journalisme (là c'est moi qui ai changé d'avis).

Je veux gagner des sous avec la photo ! A défaut de gagner ma vie tout de suite. Début officiel de cette nouvelle vie : août (en juin j'ai encore un stage-si-tout-va-bien et en juillet je ne fais rien, à part un mariage et peut-être repeindre mes volets - pas eu de vacances depuis Noël).

jeu 10 avril 2008

Justement, ça faisait un moment que je voulais vous raconter ça

Le Goût a raconté que j'avais fait des tentatives époustouflantes en matière de lessive écologique. Mais comme il est de très mauvaise foi, il raconte aussi, en des termes bien plus moqueurs, que ce fut totalement infructueux : c'est FAUX !

Voilà plus d'un an que je travaille à laver mon linge sans les méchants phosphates ni les affreux parfums de synthèse. Au début, effectivement, c'est rien de le dire, mes résultats étaient plutôt infects. Et puis au fil des lessives et des expériences, je me suis améliorée et aujourd'hui ma technique est au point, le linge est propre, il sent bon et je n'y passe pas plus de cinq minutes.

J'opère de façon sensiblement différente par rapport aux recettes qu'on peut trouver sur le net ; en général, on vous indique comment préparer un bidon de deux litres de lessive d'avance, en faisant fondre les copeaux de savon dans de l'eau chaude. Mes essais de ce type n'ont pas été couronnés de succès : je faisais peut-être mal, mais après avoir macéré un moment, le savon ne moussait plus et laissait des dépôts blanchâtres sur le linge (sympa).
Le liquide devenu gluant était tout à fait répugnant et surtout difficile à doser.

J'ai donc pris le parti de ne dissoudre le savon nécessaire qu'au fur et à mesure des lessives ; voici désormais comment je procède :

  • Je verse dans le compartiment lessive l'équivalent de deux ou trois cuillerées à soupe de bicarbonate de soude (on en trouve en pharmacie, mais il est moins cher au rayon condiments du supermarché, j'ai testé pour vous. Cherchez bien, à côté du sel)
  • Je fais fondre dans une petite bassine remplie d'eau chaude une poignée (pas trop grosse) de paillettes de savon de Marseille (de la marque Persavon, qu'on trouve au rayon lessives, tout en haut ou tout en bas, dans un endroit qu'on ne voit pas au premier coup d'oeil, évidemment. Mais une fois que vous en avez trouvé un paquet, il vous dure un sacré bout de temps, je n'ai toujours pas terminé le mien). Je veille à ce que les paillettes soient complètement dissoutes (je lave à 30° en général, et si elles n'ont pas fondu à ce stade, elles iront se coller aux vêtements - j'ai testé pour vous)
  • Je verse ce qui n'est donc que de l'eau savonneuse par-dessus le bicarbonate de soude.
  • Dans le bac d'assouplissant, je verse environ un demi-verre de vinaigre blanc (avec un verre entier, votre linge puera momentanément le vinaigre, j'ai testé pour vous)
  • Sur le linge, je fais tomber entre 10 et 25 gouttes d'huile essentielle de lavandin (majoritairement) que j'agrémente parfois d'un peu de romarin ou de citron. L'huile essentielle de lavande ne tache pas, mais ne tentez pas le diable non plus : je la disperse sur les tissus sombres ou à motifs ou éponge, ou à des endroits pas voyants. Si je n'ai que du linge délicat (ça ne m'arrive JAMAIS mais peut-être qu'à vous oui), je dépose l'huile essentielle sur une petite chiffe que je joins au reste du linge.
  • En revanche, l'huile essentielle de citron qu'on m'a vendue comme blanchissante, elle, a tendance à marquer le linge, donc finalement c'est pareil, évitez d'en mettre sur les tissus clairs (mais peut-être que c'est juste parce qu'elle était pure qu'elle a taché, il faudrait que je fasse des essais en la diluant dans quelque chose)

Voilà c'est tout, après je lance la machine et roule.

Pas la peine de me dire que vous n'avez pas envie de perdre du temps avec ça, je n'essaie de convaincre personne, j'ai donné ce mode d'emploi pour ceux qui voudraient bien mais ne savent pas comment s'y prendre. Je partage parce que mes fringues sont propres et elles sentent bon, procéder ainsi coûte moins cher et c'est une façon pas trop casse-couille de respecter l'environnement. Ugh.

mer 09 avril 2008

Le petit cri étouffé du Canard Lacté

En ce moment quand je traverse les rayons fruits et légumes des supermarchés, j'ai envie d'avoir de gros autocollants avec moi, jaune fluo avec écrit en gras "CE N'EST PAS LA SAISON DES FRAISES !!" pour les coller sur les kilos de barquettes rencontrées sur les étals.

On est en avril les mecs ! Je sais bien que les saisons sont un peu bouleversées mais enfin, on a eu des giboulées en mars, non ? Ce n'est pas la saison des fraises, ni celle des courgettes, ni celle des tomates, bordel !

Vous vous rendez compte que moi, Milky, qui essaie d'être un peu écologique tous les jours, je vais devoir cuisiner une tarte à la tomate (1) cette semaine ? Tout ça parce que mon marchand bio du marché du dimanche est sympa et que je passe à 13h 30 et qu'il me rajoute toujours un petit quelque chose... Et dimanche, bing, c'étaient les tomates. Je me voyais mal les repousser "non merci, c'est contraire à mon idéologie"...

C'est ça qui me tue le plus je crois : que les magasins soi-disant naturels (allez hop je rapporte : Naturalia et BioGénération pour ne citer qu'eux) vendent des fruits et légumes qui ne sont pas de saison. (Ce qui veut dire, si vous ne voyez pas le problème, soit importés de Fort Loin et bonjour le pétrole, soit grandis en serre chauffée et à nouveau bonjour l'énergie, + zéro goût ; pour résumer, pas Canard Lacté)

Quand j'en ai fait la remarque à la responsable du magasin de ma rue, elle m'a répondu que les gens les achetaient, les tomates de février... Le fric d'abord, les convictions après !

Ce ne sont pas des enseignes qui enseigneront l'écologie... Je n'ai que ma petite voix de blog mais je m'en sers quand même : n'achetez pas de fruits hors saison ! (impression de dire l'évidence, et pourtant)

Rappel : pas de fraises d'Espagne non plus ! (oui je sais, c'est dur)

(1) En partant du dessous : pâte feuilletée (bio), couche de moutarde ni trop fine ni trop épaisse, échalotes émincées, tranches de tomate, filets d'anchois, et 30 ou 40 minutes au four...

lun 07 avril 2008

Notre situation se complique singulièrement

Ce matin, le merle et la merlette font un raffût de tous les diables. Gretchen, qui d'ordinaire m'accompagne dans mes grasses matinées, a choisi de rester dehors.

Un coup d'oeil à la fenêtre et tout s'explique : les petits merles ont quitté le nid mais il en reste un, manifestement pas dégourdi, qui n'a pas réussi à s'envoler. Le pauvre biquet, qui ressemble à une petite poule d'eau, fait de pitoyables tentatives pour s'élever dans les airs, mais en vain, et quand je dis que Gretchen n'a pas l'instinct de chasse, ça ne veut pas dire qu'il faille la provoquer aussi ouvertement !

Les parents sont très inquiets, et moi aussi ; heureusement on trouve toujours dans la littérature quelque soutien moral, et je me sens comme Gaston Lagaffe, qui doit protéger le poisson rouge de Jules-d'en-face des assauts de la mouette rieuse et la souris en liberté de ceux du chat...

Quoique Gretchen ne s'intéresse au petit merle que de façon relativement sporadique, les parents eux ne baissent pas la garde un seul instant. Et dès qu'elle s'en approche un peu trop, ils foncent tous les deux sur elle et la poursuivent en poussant des cris d'une stridence impressionnante ; pour le moment, elle a toujours battu en retraite.

Je suis fascinée par l'énergie que déploient les parents à protéger leur rejeton ; et, n'étant moi-même guère précoce, je me suis prise de sympathie pour le petit à la traîne...

En attendant, la tension est terrible dans le jardin, et moi ça me retarde drôlement dans mon rapport de stage... (forcément, toutes les cinq minutes je suis à la fenêtre pour vérifier qu'aucun drame n'a encore eu lieu).

Garder Gretchen cloîtrée dans la maison ? Je vais venir vous miauler une plainte continue et dissonnante à vous fendre l'âme, et on va voir si vous tenez plus d'une heure...

edit : quand je disais que ça se compliquait ! Il n'y a en réalité pas un mais deux merlinots handicapés, et depuis cet après-midi, un corbeau aussi noir que ses desseins rôde... L'imminence de la tragédie.

jeu 03 avril 2008

Où je joue les rois mages (pétales de rose et bergamote)

Rendu visite à Minus, ma nièce âgée d'une semaine, aujourd'hui dans la lointaine Versailles.

Qu'elle est mimi ! Qu'elle est tiny ! Des petits cheveux en poils de lapin tout doux, un nez qui ressemble à une petite fleur en bouton, une tête grosse comme le poing, des mains grosses comme le pouce...
Et pas le droit de toucher, ça c'était dur. Je ne me suis jamais sentie aussi pleine de germes et de microbes que devant cette petite chose toute neuve. (Mon neveu avait déjà un mois lorsque nous nous sommes rencontrés la première fois)

Gretchen pèse toujours plus lourd qu'elle pour le moment. Mais ça évolue bien, doucement mais sûrement.

dim 30 mars 2008

Est-ce que les oiseaux ont le temps de rigoler ?

avertissement : cette note n'intéressera probablement que les naturalistes amateurs...

Il m'a toujours semblé que les merles étaient les oiseaux les plus bitchy ; on ne parle pas de merle moqueur sans raison. L'année dernière à Biniou, l'un d'entre eux avait pour habitude d'effectuer des vols en piqué sur les chats de la maison, lesquels n'avaient pas d'autre choix que de rester plaqués au sol le temps de l'attaque aérienne ; puis leur tortionnaire se posait sur quelque branche alentour et clairement, se foutait de leur gueule.

Mon jardin à Paris est lui aussi un vrai petit théâtre ; j'y observe depuis une semaine environ un autre merle, qui fascine Gretchen au plus haut point. L'autre jour, alors qu'il avait un ver de terre dans le bec, et donc certainement mieux à faire que de narguer la petite Gretchen, voilà qu'il se met, tout en piaillant, à s'approcher d'elle, se posant sur des branches de plus en plus basses. Sans l'élément de surprise, mon fier félin n'avait aucune chance de remporter la partie, et le merle a continué à la faire bisquer un moment avant de disparaître.

Je dois avouer qu'il manque à Gretchenouillou un soupçon d'instinct de chasseur, à moins qu'elle ne soit simplement un peu trop impressionnable ; l'année dernière, un pigeon malade ou blessé avait séjourné quelques temps dans notre jardin, et quoiqu'elle lui portât le plus grand intérêt, son audace ne l'a jamais emmenée à moins de 50 centimètres de l'oiseau. Celui-ci n'avait besoin que de battre un peu des ailes pour la tenir en respect...

Gretchen se contente de chasses plus modestes : boulettes de papier alu ou vieilles plumes de pigeon (je précise que ces dernières sont des proies à part entière, et pas les miettes d'une chasse infructueuse).

Bref, hier soir nous avons revu notre merle moqueur (sans Gretchen) ; il s'est faufilé sous le lierre et immédiatement nous avons entendu des petits pioupious (trop mignon, je suis ravie d'avoir un nid occupé dans le jardin !). Ma voisine a alors suggéré que le merle, en narguant Gretchen, ne songeait pas à s'amuser mais seulement à l'éloigner du nid où logeaient ses petits... C'est moins drôle mais c'est sans doute plus juste, comme explication.

Et sinon j'ai eu davantage de photos de ma nièce miniature (1,9 kg), je ne raffole pas des bébés en général mais celle-ci est vraiment cool...

jeu 27 mars 2008

Oyez oyez

Gone

Il y a eu extraction de crevette aujourd'hui dans les Yvelines...

J'ai désormais une nièce en plus de mon neveu chéri !

mer 26 mars 2008

Ca ne peut pas marcher à tous les coups

Nous sommes dans le métro en début de ligne, attendant le départ du train.

Monte une femme devancée d'une poussette, d'où émergent les braillements continus d'un moutard.

J'en reconnais le type : il s'est agi au départ d'un caprice ou d'un chagrin catégorie vrille-tympans, qui s'est ensuite emballé ; la colère et l'énervement ne font plus que s'alimenter mutuellement et les pleurs sont rauques, à la limite du bestial, laissant à peine le gosse respirer.

A ce stade, non seulement il ne gère plus rien du tout, mais sa mère non plus... Celle-ci a pris le parti d'attendre que l'enfant se calme tout seul, apparemment, car les minutes passent, le métro finit par partir mais les râles se poursuivent.

Nous autres passagers manifestons tous un stoïcisme de plus ou moins bonne grâce, quand la femme, que dis-je, l'héroïne assise en face de moi se lève et s'approche de la mère, lui proposant de prendre un instant le môme dans ses bras. (J'aurais pas osé, moi, pas assez philanthrope pour risquer me faire rembarrer par un parent susceptible)

En moins d'une minute, c'est plié : le silence est revenu. C'est si soudain que je me retourne pour vérifier qu'elle ne l'a pas assommé, mais non, il reprend son souffle, visiblement vidé par l'épisode, ses yeux encore humides dans un vague reposant.

Deux stations plus tard, un homme muni d'une guitare entre dans notre wagon et se met à bramer une sérénade avec autant de décibels que de fausses notes ; j'ai regardé autour de moi, mais ce coup-ci, personne n'a semblé disposer à aller prendre l'homme dans ses bras pour qu'il ferme un peu sa bouche...

mer 19 mars 2008

Mince, c'est vrai que je suis intransigeante (le quart d'heure de Princesse Ronchon)

Heure d'affluence, averse, les gens se pressent pour monter à bord du 26.

J'avance, lentement car tel est le rythme de la montée, quand je sens quelqu'un me pousser de derrière, avec une force surprenante pour, après examen, une vieille petite chose à l'air si ratatiné.

Devant mon visage interrogateur, la vieille petite chose, en achevant de me dégager, me lance "Parce que moi j'ai une canne".

"Je ne vois pas le rapport" ai-je aussitôt répliqué.
"Le rapport, le rapport... ", maugréa-t-elle sans pouvoir finir sa phrase avant d'aller se tasser sur un siège.

Je ne supporte pas les vieux qui, au prétexte qu'ils sont vieux, s'accordent toutes les impolitesses sans le moindre scrupule.

"Tu verras quand tu seras vieille", me chantonne une petite voix, d'après un refrain de ma grand-mère. D'accord, on verra - peut-être... mais de toutes façons, jeune ou vieille, je déteste qu'on me bouscule, c'est tout.

Et sinon cette après-midi, j'ai prétexté un rendez-vous pour partir de cours plus tôt et je suis allée à la bibliothèque contempler les formidables photos d'Annie Leibovitz, dans ce bouquin bien trop lourd pour que je l'emprunte.

dim 16 mars 2008

Dimanche soir euphorique

Amusant et même troublant, de constater comme nous sommes parfois liés les uns aux autres comme par une force supérieure à nous.

Cet après-midi, dans la file du cinéma, j'entends appeler mon nom ; je plisse les yeux et qui vois-je ?

Céline. Nous étions dans la même classe à Londres, nous avons déménagé en même temps à Toulouse et nous sommes retrouvées, sans nous concerter, habitant à trois rues l'une de l'autre.

Nous nous sommes perdues de vue en partant à la capitale (en même temps pourtant !), vous savez comment la vie peut malmener les relations humaines. Sept ans plus tard, nous nous retrouvons par hasard dans le 20e, à nouveau éloignées d'environ... 500 mètres !!

C'est presque de la magie... Nous avons vite convenu décidé d'un dîner, nous avons tant de choses à nous raconter !

ven 14 mars 2008

Une ptite chaîne sympathique

La chouette Couac m'a proposé de raconter trois choses qui me font plaisir au quotidien, ou presque. Allons-y !

_ Il y a le sandwich canapé - moi - plaid - Gretchen (en partant du dessous). C'est comme ça qu'on communie le mieux...

_ Il y a le ménage ; c'est très paradoxal, je suis une grande bordélique, mais c'est seulement que je dérange et salis davantage que je ne range et nettoie, car presque tous les jours je fais du tri, ou je passe un coup de balai, ou je plie du linge... Et ça me fait toujours très plaisir, l'évier vide, les paires de chaussures alignées et les ordures disparues.

_ Il y a le moment de me mettre au lit, et je le bénis chaque soir. Je ne saurais décrire l'immense, l'intense plaisir qu'il me procure ; naturellement c'est tout aussi vital que manger ou respirer, mais dormir ! Ah, dormir... Juste, j'adore. (plus que manger, et ça n'a pas toujours été le cas, loin de là)

edit : j'ai oublié de relayer à Heure Bleue, Le Goût des autres et Fauvette, allez !

mer 12 mars 2008

Un petit caillou

Fini le dossier pour la première épreuve d'admissibilité au concours des Zardéco.... C'était trop bien. Je n'ai pas rendu un truc parfait (je manque parfois un peu de maîtrise plastique, faute d'entraînement, et j'ai démarré lentement, alors la fin est un peu queue de poisson), mais je suis contente de moi. Et contente tout court, c'est vraiment tout ce que j'aime faire, cette école...

Dur de retourner en classe après six semaines d'un stage extra ; rha cette fille dans ma classe qui parle tout le temps à tout le monde et donc malheureusement aussi à moi, je ne la supporte plus !

Elle est comme Ingrid Chauvin (comment, vous ne vous souvenez pas de notre catastrophique colocation à Sarajevo ?), si on ne manifeste pas un enthousiasme dément à son égard, elle prend ça immédiatement pour de l'hostilité ; et moi j'étais tout juste capable de laconisme aujourd'hui, entre la fatigue et la mauvaise grâce.

Je rêve d'avoir une queue comme les labradors ; je pourrais la remuer et alors elle me ficherait la paix, peut-être.

sam 08 mars 2008

J'ai rêvé qu'on m'offrait un chien, un petit chien très laid mais gentil

J'ai 24 ans aujourd'hui. Et tout ce que je me souhaite, c'est de l'inspiration !

jeu 06 mars 2008

Du bon sentiment à la pelle

Je croyais que j'avais beaucoup parlé de cinéma ces temps-ci, et puis en vérifiant mes dernières notes, je m'aperçois que pas tant que ça, finalement.
Ouf, je vais pouvoir m'extasier tranquillement sur There will be blood, le dernier film du réalisateur qu'on ne retrouve jamais deux fois de suite au même endroit, Paul Thomas Anderson (en plus d'être ultra talentueux, ce type est foutrement beau - bien sûr que vous vous en fichez, mais moi je ne peux pas m'empêcher de le souligner, ce sont mes tendances esthètes qui veulent ça).

There will be blood compte 2 heures et 40 minutes, mais comment aurait-il pu durer moins ?
Le mot "saga" employé fréquemment à son égard ne me plaît pas tellement, il est pour moi tellement plus aride, plus intime et plus puissant qu'une bête "saga". La famille y est réduite au strict minimum : un père, un fils.

Le père cherche du pétrole et il en trouve, de plus en plus ; sa puissance et sa fragilité s'en trouvent accrues, façon exponentielle. Je pourrais aussi parler de son ennemi intime, le curé de grande envergure, ou de sa relation compliquée avec son fils, la petite gueule d'ange qui encaissera beaucoup, mais je raconte mal, il vaudrait mieux que vous voyiez ça de vous-mêmes.

Daniel Day-Lewis mérite largement l'oscar reçu pour ce film, il y est épatant, énorme, à couper le souffle (et pourtant je ne suis pas amoureuse de lui). Quant à la musique farouche de Jonny Greenwood (vous savez, celui de Radiohead qui n'est pas Thom Yorke, ni les autres), elle est simplement en parfaite symbiose avec le film.
Paul Thomas Anderson gère bien, super bien en plus du reste, les scènes d'action, ou de catastrophe, enfin ces scènes normalement réservées aux blockbusters, vous voyez le genre.

Et moi je suis très heureuse d'avoir vu tous ces bons films dans un si petit laps de temps. Reconnaissante, même !

Pour finir, mon chouchou, Philippe Pollet-Villard, a gagné le césar ET l'oscar du meilleur court-métrage pour son Mozart des pickpockets (entre nous, j'ai préféré ses deux précédents, mais ça me fait drôlement plaisir pour lui, il doit être si content !)

lun 03 mars 2008

La puissance des rêves

Il y a les mauvais rêves, les rêves érotiques, les rêves prémonitoires, les beaux rêves, les rêves récurrents...

Mais avez-vous déjà expérimenté le rêve farceur ?

Le mien, le plus fréquent, procède comme suit :

Juste après la sonnerie du réveil, je m'accorde cinq minutes de grâce sous la couette.
Naturellement, je resombre aussi sec, mais je rêve alors que je me lève, et que je mets de l'eau à chauffer pour mon petit déjeuner ; puis que je me rends à la salle de bains pour quelques ablutions ; enfin que je choisis et enfile des vêtements propres.
C'est un rêve si réaliste que je marche à fond, et profite d'un sommeil d'autant plus serein que je me crois dans les temps. Vingt minutes plus tard, quand j'entrouvre une paupière pour m'apercevoir que rien de tout cela n'est encore arrivé, aïe aïe aïe...
Comment vous dire le trouble, le bref désespoir, l'immense déception et la cavalcade qui s'ensuivent ? Quant à expliquer mon retard le matin, personne ne semble croire que je puisse tomber dans ce panneau plusieurs fois par semaine - et pourtant !...

J'en ai quelques autres genres en stock, semblant aussi réels, me mettant dans l'embarras de tas de façons plus rigolotes les unes que les autres : lettres postées uniquement dans mon sommeil, courses dont seul mon inconscient s'est occupé, objets n'ayant transité que dans mon esprit et demeurant parfaitement introuvables une fois le jour commencé...

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