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sam. 24 septembre 2011

Down down down

Semaine horrible, parce que la fatigue s'accumule et parce que j'ai fait le choix, le weekend dernier, d'aller passer 28 heures à Biniou pour une réunion de famille. Partir en weekend, quelle très mauvaise idée : on bosse trois heures au lieu de huit, du coup il faut rajouter ces heures-là les soirs de semaine et ne dormir que 5 heures alors que déjà en temps normal on s'arrête à 23h, ou bien, bâcler le travail et le payer le lendemain, parce qu'une journée merdique, les gamins te la font bien sentir... (et du coup, le soir t'es encore plus fatiguée, et c'est le cercle vicieux qui s'installe...).

(Je ne m'applique pas beaucoup pour écrire parce qu'il serait temps que je me mette au travail.)

Je fais la grève mardi, évidemment. Plus pour dormir et travailler que pour protester (même si je proteste quand même bien sûr). Et ceux qui trouvent que les fonctionnaires se foutent de la gueule du monde, je les emmerde, qu'ils aillent se faire tous bien foutre (chuis vulgaire, tant mieux).

Mon moral est passé de "bof-bof" à "sponsorisé par Kleenex". Ça devient compliqué à gérer quand les larmes montent au beau milieu de la cour de récré ; occupée avec les gosses je me croyais immunisée et en fait non.

Je ne comprends pas, je n'ai jamais compris la corrélation entre le moral des ménages et la consommation. Moi c'est quand je suis déprimée que je claque du pognon à tout va. Je n'ai jamais gagné autant de fric, je n'ai jamais été aussi malheureuse (et pourtant, dieu sait si je me suis souvent dégoûtée).

Ah et pis je vous ai pas raconté la visite surprise de l'inspectrice... Elle m'a cassée, comme Brice de Nice, parce que je ne fais pas bien mes V majuscules. Quel modèle effroyable je fais pour les enfants.

mar. 13 septembre 2011

Je vais bien, tout va bien

Ça ressemble à quoi, une maîtresse qui a fait sa rentrée y a dix jours ?

Physiquement, c'est fastoche, la même avec des cernes (et j'espère quelques grammes de moins, parce qu'avec 15 aller-retours dans la classe au deuxième étage + debout tout le temps + à peine le temps de bouffer à midi, hein...).

Moralement, ça fluctue, pensez marées.

Je voulais faire un passage ici un soir où ça va pas trop mal, comprenez où je ne suis pas en train de réfléchir à ma prochaine reconversion.

L'enfant battu ne l'est finalement pas (trop).

J'ai mis en place un cahier de questions, parce que j'ai une classe curieuse (ce qui est chouette en soi, mais faut bien canaliser...) Au bout de deux pages, bingo, la question à mille dollars : comment on fait les bébés ? Haha. J'ai botté en touche et j'ai répondu d'aller voir page tant du Larousse junior. Par contre, à la question Comment les microbes ont été créés, j'ai séché. Vulgariser le transfert horizontal de gènes, c'est pas mon point fort, et le Larousse Junior n'avait aucune entrée correspondante pour moi.

Depuis que j'ai commencé, je n'ai plus aucun scrupule d'ordre écologique, économique ou diététique à bouffer quotidiennement des plats tout prêts de chez Monop ou Pitchard. C'est ça ou le plateau de la cantoche, et comment dire, les "steaks de poulet", sans façons.

Question de sécurité, pour les avoir tous plus ou moins toujours dans ton champ de vision quand ils vont ou viennent de récré, tu les fais s'arrêter à tous les angles, et à tous les paliers. Trois paliers par étage, deux étages, trois couloirs, je te laisse faire le calcul. Et à chaque fois qu'on s'arrête, on s'arrête au moins 20 secondes pour discipline : rangés deux par deux, pas de trous, pas de tas, pas d'agitation. Le hiatus dans mon âme de bordélique, devoir jouer les kapos pour cadrer les gamins, ça me rend un peu malheureuse. Mais sinon c'est la honte devant les collègues, et quand tu arrives à "tenir ta classe", comme on dit, quelle fierté ! Fierté de chien de berger, certes.

Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. On se fait braire, mais après les gamins, faut les traîner à la piscine à pied, et bonjour les palpitations avec les bagnoles, les potentiels fugueurs et les potentiels kidnappings. Donc, la militaire attitude, c'est impossible de faire sans. Parce que si un môme s'égratigne un peu sévèrement et qu'il est sous ta responsabilité, après ça reste dans ton dossier pour TOUJOURS. Y a pas de prescription ; un accident entre 8h30 et 16h30, c'est le truc le PIRE, juste après crime contre l'humanité.

dim. 11 septembre 2011

Record d'absence de courage battu

Alors toujours pour rester synthétique parce que l'heure tourne :

En gros, je ne dois pas penser à plus loin que 48 heures. Sinon, si je prends le moindre recul quant à ce que je vais endurer ces prochaines semaines, ces prochains mois, ces prochaines années... je n'ai plus qu'une envie, c'est de fuir ce merdier.

Heureusement, en immersion avec des gosses de CE2, on est très solidement retenu au présent, au tout de suite, au maintenant.

mer. 07 septembre 2011

Top chrono

Rapidement ?

Collègues sympa, classe sympa, Milky déjà débordée.

J'espère vraiment que je réussirai à dégager un peu de temps pour vous raconter plus de détails ici, mais pour le moment c'est trop la course. HEUREUSEMENT qu'on a encore le mercredi, pour reprendre mes esprits, réfléchir un peu, rattraper le retard, souffler un instant.

  • Celle qui a besoin d'attention et voudrait bien m'accaparer entièrement
  • Celui que son père bat et qui va très bien madame la marquise
  • Celle qui sur les listings c'est ni son nom ni son prénom mais c'est bien elle
  • Celui qui est analphabète après deux CP un CE1 mais sa mère fait l'autruche
  • Celui qui a appris le français l'année dernière et qui dépote

sam. 03 septembre 2011

J - 2, on respire par le nez.

Jeudi et vendredi, c'était la pré-rentrée.

Elle m'a occupée une quinzaine d'heures rien que sur des questions matérielles : on croirait pas, mais mettre minimum 5 séries de 25 cahiers dans des protège-cahiers, ça prend un temps FOU (l'année prochaine, je le fais faire à mes élèves. Au-to-no-mie les mecs !)

Et encore, je n'ai pas rempli les pages de garde : d'une parce que je manquais cruellement de temps, et puis parce que, mon écriture de maîtresse... hum, comment dire ? Au tableau ou ponctuellement je peux m'appliquer, mais bien calligraphier 5 x 25 fois de suite "Cahier de liaison / du jour / de poésies" etc, eh bien c'est juste une punition. Alors que je n'ai encore rien fait de mal ! (ça ne saurait tarder)

Autre facteur dévoreur de temps : découvrir sa salle de classe, vaste certes, mais sinon : les murs lépreux, la poussière, des vieilles traces de patafix dégueu partout, une bibliothèque pas du tout accueillante... En conséquence de quoi : faire du ménage comme ça peut, bouger les meubles, disposer les livres de manière un peu plus attrayante, accrocher des cache-misère aux murs, nettoyer le tableau (ça normalement, ce sont les femmes de ménage qui s'en occupent. Sauf qu'on en a pas assez pour faire toute l'école... bienvenue en ZEP ?) Et puis selon les endroits, on dirait que ma classe a 15, 40, 102 ans : zéro indice de modernité (heureusement je suis tout près de la salle informatique), des piles et des piles de diapositives, attends je te montre qu'on rigole un coup :

vieux1

vieux2

vieux3

Dans son jus, je vous dis.

Et puis, une estrade devant le tableau. Plus vieille France, tu meurs (mais ça nous arrange, moi et mon 1.55 m, j'avoue).

Et ce weekend : préparation des cours, je suis très très très en retard... Par exemple en CE2 (mon niveau de classe, a priori le top : des élèves un peu dégourdis, mais pas encore gâtés par les hormones... on verra), en CE2 donc, en général on découvre la Préhistoire. Mon problème, c'est que j'ai le sens du détail, et assez peu celui des priorités. Donc je réfléchis en feuilletant le manuel, je me dis que ce serait trop bien d'avoir une reproduction de la dame de Brassempouy dans la classe, que les élèves puissent la toucher, la voir sous tous les angles, c'est quand même plus émouvant qu'une photo non ? Et me voilà ainsi partie dans les vastes contrées internautiques pour connaître les prix (et dans ce cas précis, renoncer assez vite...).
Pendant ce temps, l'organisation de mes séances n'a pas avancé d'un pouce, évidemment. Je m'y prends mal, je sais que je m'y prends mal...

D'ailleurs, j'y retourne. L'air ne va pas se brasser tout seul, hein.

ven. 26 août 2011

Etre féministe et NE PAS brûler ses soutiens-gorge : le défi

Petit coup de gueule contre cette société de consommation de merde qui cherche rien qu'à nous faire sentir misérables tout le temps :

Chez Etom, même les soutiens-gorge sans armatures sont rembourrés désormais (mon dernier achat de soutien-gorge remonte à environ 2 ans, aussi j'ignore si ce changement est récent ou pas. Et aussi, comme ma tolérance au shopping est très limitée, je ne sais pas si ça ne concerne qu'Etom ou si c'est également le cas chez Princesse Toum-Toum et autres marchands de pantys).

Je me regarde dans la glace et je ne reconnais pas mes seins, c'est perturbant et en plus ça m'énerve, ce racisme anti-petits nénés. En plus, les triangles de mousse leur font une forme moche alors que les miens sont petits mais encore jolis (vaut mieux faire envie que pitié, et autant se dépêcher, ça ne dure pas longtemps...).

J'ai donc retiré les implants d'éponge, résultat, je flotte dans mes bonnets A : l'arnaque.

Et d'un coup je me demande : ça existe, les caleçons rembourrés pour les mecs, ou bien c'est juste, encore une fois, JUSTE les femmes qu'on emmerde avec leur corps ?
(hum, je fais la bécasse mais j'imagine que ça n'existe pas. Ou alors si, peut-être, mais pas sur 90% du marché du caleçon comme c'est le cas pour les soutifs)

sam. 06 août 2011

À entretenir...

Je me suis remise au travail pour préparer ma rentrée.

Au milieu des craintes (ne pas réussir à faire progresser tous les élèves, me taper 15 visites (et autant de rapports) de la hiérarchie pour ma titularisation, manquer à mes devoirs (ô combien nombreux), gérer les parents, être submergée de boulot, fatiguer), ne pas oublier cette étincelle : je suis excitée à l'idée d'avoir MA classe cette année, d'être le capitaine du bateau (de la galère ?), de mettre ma créativité et ma sensibilité au service de ces élèves.

Je suis excitée à la perspective de pouvoir, peut-être, faire du bon boulot. Et ça, ben c'est cool !

mar. 02 août 2011

Le dentiste de l'impossible

Mon dentiste, ne sachant plus quoi faire de moi, m'a envoyée chez un confrère. Dans le 8ème arrondissement. Déjà les immeubles autour, le Hilton et toute la merde, je le sentais pas.

J'arrive dans l'immeuble, qui abrite également une ambassade de paradis fiscal. No comment.

Cage d'escalier, qu'est-ce que je dis cage c'est trop minable, palace d'escalier tout en marbre, du vrai hein ! J'ai touché.

La secrétaire m'ouvre, plafonds à 3 mètres 50, de l'art contemporain partout, plein de mètres carrés qui ne servent à rien, canapés en cuir, magazines récents et joliment disposés sur la table basse pas du tout Ikéa. Des assistantes (plusieurs, juste pour moi. Genre, l'assistante, et l'assistante de l'assistante) trrrrès gentilles.
Premier fauteuil, bavoir en non-tissé très large (que l'assistante me pose comme si je venais faire un soin visage), mais finalement il faut aller ouvrir la bouche dans le fauteuil de l'autre salle.

Traverser un appartement de luxe, avec un bavoir. Garder la tête haute.

Au moment de préparer mon chèque, j'étais dans mes petits souliers. Je serrais les fesses, vas-y annonce la couleur je me disais en me rappelant de virer mon PEL sur mon compte courant dès que possible. Ca me faisait d'autant plus peur qu'il y a quelques années, j'avais atterri par hasard chez un confrère boulevard Saint-Germain, la salle d'attente c'était un peu le même genre, hauts-parleurs profilés qui diffusaient du jazz, fauteuils design et Yacht Magazine (je te JURE). Et j'avais raqué 80 boules pour un malheureux détartrage... Donc là, petits souliers.

Vingt-et-un euros, s'il vous plaît mademoiselle.

Les miracles existent. Au mois d'août en plus !

Mais comment il les paye, ses 3.50 m et son escalier ? Mystère...

dim. 31 juillet 2011

Déménagement, suite

Maintenant que les cartons sont arrivés à destination, l'emménagement... Le but : qu'il se passe moins de cent ans avant que mes affaires sortent des cartons (sachant qu'il nous manque environ 12 bibliothèques et 3 armoires, on n'est pas rendus).

J'ai raconté combien le déménagement avait été long : c'est parce que je voulais trier drastiquement toutes mes affaires avant de les emmener chez le Tigre-Chou, histoire d'introduire le moins de merdouilles possible chez nous.

Donc, les premiers cartons, ambiance L'Art de la simplicité, je fais du tri de nazie, oui même toi la carte postale rigolote qui a passé 5 ans au dessus de mon lit, tu dégages. C'est un peu douloureux de jeter, mais vachement libérateur aussi, tous les soirs je me sens plus légère.

Et puis le rythme se ralentit : trier le contenu d'un tiroir plein de souvenirs peut prendre l'après-midi (faut tout relire). C'est encore enthousiasmant (mais ça devient nerveusement fatigant) et c'est l'occasion de faire le bilan sur la manière dont j'ai grandi : par exemple, j'ai arrêté de garder des coupures de magazines qui m'expliquaient comment être la fille que je ne suis pas (et que manifestement, j'aurais aimé être, hiatus qui me pompait une énergie dingue). Je ne dis pas que je suis parfaitement en paix avec moi-même, sachant exactement qui je suis et tout et tout, mais enfin, y a du progrès.

Et puis... j'ai eu beau prendre tout mon temps, m'appliquer... à la fin, les derniers cartons ont ressemblé à n'importe quels derniers cartons de n'importe quel déménagement : tu y vides en vrac le gros boxon qui te restait en te disant que tu trieras ça plus tard. La lose.

5 choses que je suis fière d'avoir réussi à jeter :

  • Les trousseaux de clés qui n'ouvrent plus rien depuis longtemps --> poubelle
  • Les places de concert comme souvenir : si je ne me souviens pas toute seule, est-ce qu'il faut vraiment conserver un bout de papier pour me rappeler que j'avais oublié ? --> poubelle
  • Le caraco en velours marron acheté sur Vente privée parce que c'était un Sonia Rykiel et qu'il était à 18 € au lieu de 135 (oui, je sais, ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille), c'était y a 4 ans, je l'ai porté 2 fois en me forçant --> poubelle
  • 90% de mes cours de fac : soyons honnêtes, je ne prendrai jamais une journée pour relire mes cours d'histoire des méthodologies de l'enseignement des langues étrangères --> poubelle
  • La jolie boîte ronde en métal qui a contenu des biscuits et que j'avais gardé pour ranger... euh... d'autres biscuits, que j'aurais cuisinés moi-même et pas tous bouffés dans les 24 heures après cuisson ? Hum. --> POU-BELLE !!

5 choses que je n'ai pas réussi à jeter, ouh la vilaine :

  • Plein d'autres jolies boîtes en métal pour ranger, euh... mais siii, je te dis que ça peut servir !
  • Ma robe en daim à franges que je ne mets jamais à cause de mes grosses cuisses et parce que j'ai peur de transpirer dedans, mais qui est vraiment trop belle (et qui a vraiment trop coûté un bras pour que je la largue)
  • Mes cours de photo avec tous mes essais foireux de tirages (en revanche, j'ai réussi à jeter pas mal de photos semi-ratées que j'avais faites et que je ne pouvais plus voir en peinture)
  • 112 carnets avec des trucs écrits sur les trois premières pages, et rien après. Je ne désespère pas de les remplir un jour (pour ensuite ne plus DU TOUT pouvoir les jeter parce que j'aurai gribouillé un chat vaguement ressemblant dedans).
  • Des kilomètres de tissus : j'ai beaucoup de velléités de couture. Couture de quoi, je me le demande bien. Mais c'est de la velléité vachement puissante, tu vois. Indémerdable.

lun. 25 juillet 2011

Les p'tites lignes


Je commence à remplir le formulaire d'adhésion à ma future mutuelle.


mgen

Oh ? Oh mais dis donc, c'est quoi là, écrit en tout petit sur le côté ?...

mgen2

Eh ouais. Bande de vieux CREVARDS, va.

Et en plus, eux quand ils mettent des astérisques devant les champs à remplir, c'est quand c'est facultatif, contrairement à l'usage sur internet... failli me faire avoir.

ven. 22 juillet 2011

Guinness

Les premiers temps, je faisais l'escargot : pilule, brosse à dents, culotte propre, une réduction de la maison que je trimballais toujours dans mon sac à dos.

Évidemment, il me manquait toujours des affaires quand j'allais chez lui : brosse à cheveux, crème hydratante, livre à rendre à la copine que je voyais le lendemain... Alors j'ai commencé à acheter les essentiels en double pour les laisser chez lui. Ça s'appelle aussi marquer son territoire, je sais - même si ça n'a jamais été le but conscient de la manœuvre.

Puis il m'a solennellement libéré deux tiroirs, je ne sais plus si j'avais déjà commencé à laver mon linge dans sa machine.

Au bout de quelques mois, c'est quand je rentrais dormir chez moi qu'il manquait des objets du quotidien, et que le lait avait eu le temps de tourner.

"A la maison" est devenu une expression à double sens.

L'étape décisive, ce n'est pas le coup des tiroirs, ou de laisser mon Levothyrox dans sa cuisine. C'est le moment où mon ordinateur a pris le bus 64 avec moi pour venir s'installer chez lui. A partir de ce moment, les raisons de rentrer chez moi se sont raréfiées : récupérer un DVD que nous avions envie de voir ensemble, relever mon courrier, c'est à peu près tout.

Maintenant que le concours est passé, je m'occupe enfin de vider réellement mon appartement, d'en partir pour de bon. Mais comme ce sont les vacances, je progresse au rythme trépidant de 2 cartons par jour...

C'est le déménagement le plus long de l'Histoire.

(et je suis très heureuse !)

Une pensée pour elle et pour ses maîtres

Balagan vs Gretchen

Ceux qui suivent les blogs d'Heure Bleue et du Goût savent que Balagan n'est plus.

Je vous embrasse bien fort.

jeu. 21 juillet 2011

Feeling good about myself : fail

"T'as une tête de nouille trop cuite" me disait le miroir depuis une dizaine de jours (j'ai un peu de mal à récupérer une allure et une santé correctes depuis le concours).

Avec l'idée de passer un petit moment relaxant avant de ressortir un peu plus présentable, j'ai pris rendez-vous chez un coiffeur à Paris, faisant pour la première fois depuis 8 ans des infidélités à ma coiffeuse de Biniou-City.

Je me suis vite rappelée pourquoi je n'allais plus que chez elle, rien que chez elle.

La jeune fille qui s'occupait de moi a soulevé une mèche de mes cheveux comme on extrait ceux du siphon de la douche. "Vous faites quoi comme soins ?" - moue désabusée qui connaît déjà la réponse, aucun.

"Vous avez des pellicules quand même." Je ne lui ai pas expliqué qu'avec la gingivite persistante, le retour de la cystite et la carence de magnésium qui fait tressauter ma paupière toute la journée, les pellicules étaient vraiment le cadet de mes soucis. En revanche, elle aurait pu se rendre compte toute seule que je venais là pour me sentir bien, pas pour qu'on insiste sur ma gueule d'épave.

Comme je refusais tout brushing extravagant et que j'ai dû me battre pour ne pas me retrouver avec un dégradé de pétasse, elle s'est vengée avec son sérum-magique-de-mes-couilles et en me lançant un "Je peux ?" désespéré, genre " tes vieux crins dégueus de bourricot pourri me font vraiment pitié, je t'en supplie laisse-moi au moins sauver les meubles".

Bilan : des cheveux un peu plus corrects et une estime de moi légèrement défaillante en sortant, pour le double du prix Biniou. Inutile de préciser que la carte de fidélité est passée à la poubelle direct...

dim. 03 juillet 2011

Le trésor

tissus1
J'ai trouvé ce "livre" d'échantillons de tissus Kenzo dans la rue, l'autre jour.

Joie ! C'est vraiment un butin de fille. Vous savez, le genre de fille irrésistiblement attirée par les papiers de couleur et les tubes de peinture, qu'on soit chez Rougier & Plé ou dans un Brico Dépôt. Le genre de fille, aussi, qui repose les pinceaux et les cubes d'aquarelle après les avoir tripotés parce qu'elle ne sait pas peindre, pas d'idées, peu de talent.

Je feuillette avec délectation mon album arc-en-ciel de motifs et de textures en rêvant à ce que je vais en faire. Ce sont des tissus d'ameublement, pas très agréable pour un plaid, à moins de le doubler avec une matière très très douce, genre fausse fourrure ou polaire ultra-fine. Je n'ai pas encore décidé...

La question à mille dollars : déciderai-je un jour, ou bien le gros livre d'échantillons restera-t-il en l'état, au fond d'une armoire, jusqu'à la fin des temps ?...

tissus2

ven. 01 juillet 2011

Le concours ?

Alors oui, le concours : je l'ai eu. Je serai maîcresse à la rentrée.

Chouette, hein ? De quoi passer de vraies vacances...

Plusieurs personnes m'ont dit qu'elles n'étaient pas étonnées, et, si je suis tout à fait honnête, moi non plus je n'étais pas monstrueusement surprise à l'annonce des résultats, la petite voix d'il y a quelques mois ne s'était pas trompée. Mais bon, c'est tellement facile après coup, de se dire qu'on le savait...

Maintenant, je me pose la question de ce que je vais pouvoir écrire ici, et comment. Je connais mal les interdits, la jurisprudence. Peut-être vais-je ouvrir un autre endroit, où il faudra montrer patte blanche, pour lire ? Ou bien un accès libre, mais avec plus d'anonymat ? Ou un blog commun, avec d'autres petits nouveaux ? Je vais avoir envie de parler de ce boulot, je voudrais pouvoir le faire librement, sans paranoïa - que le risque d'être démasquée soit réel ou fantasmé.

mar. 28 juin 2011

7 choses à mon propos (oui ENCORE)

Je crois que cette chaîne de blog est aussi vieille que les blogs eux-mêmes... Mais c'est la délicieuse Cécile qui me tague, alors allons-y pour dégoter encore quelques petites choses que vous ne savez pas après mes 8 ans et demi de Refermer après usage...

1. Il m'arrive de relire mes propres archives, attends avant de dire plus égocentrique tu meurs, et souvent je me trouve bonne (égocentrique et imbue d'elle-même... hum).

2. J'ai bien conscience que mon entourage est peut-être (sans doute) gavé de m'entendre assaisonner toutes mes conversations du Tigre-Chou. Le Tigre par-ci, le Chou par-là... Oui mais après 10 ans de misère sentimentale (où le même entourage m'écoutait patiemment pleurnicher), je suis tellement contente de faire étalage de ma bonne fortune !

3. Même aujourd'hui, je continue de penser que Hobbes est réellement vivant.

4. Je suis comme un poisson hors de l'eau quand on m'invite à une fête. Je me sens aussi quiche que si j'avais à nouveau 14 ans, buvant sans envie, pour me donner une contenance, n'osant pas m'incruster dans les groupes, ne sachant pas de quoi parler alors que je ressens l'obligation de faire la conversation ; lorsqu'il y a un buffet, je deviens boulimique, et quand tout le monde reste debout, je n'ose pas m'asseoir alors que j'ai mal aux pieds. Je ne me sens soulagée que quand j'ai trouvé un recoin où me planquer avec une bédé volée dans la bibliothèque.
Maintenant que j'ai un amoureux, je peux faire mon coming-out de fille pas drôle : je n'aime pas les fêtes et je ne suis plus obligée de m'y rendre (le fameux "On ne sait jamais" de la célibataire qui se force à sortir, mon cauchemar durant des années).

5. Je n'achète plus que des chaussettes noires ; comme ça j'ai une orpheline, max. (c'était Les bonnes astuces de Tata Milky)

6. A la fin du concours, non je ne suis pas allée faire la bringue avec mes compagnons de galère et plein d'alcool jusqu'à pas d'heure, je n'ai pas non plus enquillé trois films au cinéma, je n'ai pas fait le tour du quartier avec des klaxons et des youyous. Non, l'après-midi qui a suivi la fin du concours, l'envie pressante qui m'a prise immédiatement, et que j'ai assouvie aussitôt, a été de trier mes cours et de les remiser tout au fond de l'armoire. Groovy, hein ? (et en discutant avec les copines, ce besoin d'épuration était assez généralisé apparemment...)

7. J'adore repérer les absurdités photographiques dans la presse, comme ce portrait champêtre, décontracté, de Borloo accoudé... à un fil de fer barbelé. Ça m'amuse beaucoup d'imaginer la scène entre lui et le photographe, lequel des deux a pu penser que ce serait une bonne idée ? Ou bien l'arrière-plan de prairies derrière la clôture barbelée était-il le seul photogénique à ce moment-là ? Comment se fabriquent les choses, les images, au sens propre et au sens figuré. C'est pour ça aussi que Le Petit Journal de Barthès me réjouit autant (comme beaucoup de monde, j'imagine).

Je passe le relais à qui veut !

mer. 22 juin 2011

J +1

Aaaaaaah. Aaaaaaaaaaaaaah. Fffffiouuuuuuuuuu.

Excusez-moi, hein, mais désormais, le ciel bleu sur moi peut s'effondrer, et la terre peut bien s'écrouler, peu m'importe car je suis en VACANCES (c'est pas que je me foute des résultats début juillet, mais enfin bon, c'est une autre histoire).

Alors quand même. Il a fallu que je ne me contente pas d'être simplement stressée pour cette dernière épreuve... J'avais très mal dormi (ce qui n'avait pas été le cas à la première épreuve), et convoquée à 7h30 (oui je sais déjà c'est un peu horrible... mais il paraît qu'il y a des académies où les candidats commençaient à préparer à 6h15, alors je préfère ne pas trop me plaindre), je m'étais levée, pas franchement fraîche ni tout à fait dispose, à 5h45.
Je réveille un tout petit peu le Tigre-Chou pour lui raconter mon horrible cauchemar (où j'arrivais à l'épreuve en retard et où je perdais son ordinateur) et puis vers 6h30 je m'en vais sautillante vers le métro (ok, en fait je ne sautillais pas tellement, je ne suis pas une jeune bergère, plutôt un sherpa chargé d'un ordinateur qui pesait un âne mort).

L'écran affiche une nouvelle un peu ennuyeuse : grève, un train sur deux. Ah tiens, oui, j'aurais pu vérifier ce détail avant de partir (je l'avais fait pourtant le jour de la première épreuve), je m'en veux un peu mais bon, j'ai largement assez d'avance pour prendre ce deuxième train, je roule donc jusqu'à Denfert avec mon ordi, mon parapluie et ma patate.

6h55, je suis sur le quai, déjà bondé, les deux prochains trains sont annoncés pour 7h et 7h06. Tutto va bene...

7h, pas de train. 7h01, 7h02, 7h03... 7h06. Toujours pas de RUPU ou de ZOBI ou chais pas quoi, les gens qui commencent à s'entasser. Dans ma petite tête ça commence à mouliner Hum je retourne à Place d'Ite pour prendre le 57 ? Rho j'ai pas le temps et pis je sais même pas où il est l'arrêt, bon à 7h10 si y a toujours personne je vais prendre un taxi, rha merde j'ai pas un rond (j'avais prévu le coup pourtant le jour de la première épreuve), bon je vais bien trouver un distributeur en chemin.

7h08, je quitte le quai avant de paniquer.

7h09, je suis sur la place à Denfert, je ne vois ni taxi ni distributeur.

7h10, je m'engage sans faire exprès sur la bonne avenue, c'est déjà ça...

7h11, distributeur, check. Je commence à héler les taxis pas libres, vu qu'il n'y a que ça et que quand même, je commence à m'inquiéter un petit peu. Il y en a un qui s'arrête pour me dire que non il ne m'emmènera pas à la Maison des Zexamens, rapport qu'il a fini son service (je suis contente pour toi, mec). Il repart et juste après, je me dis que j'aurais dû faire comme dans les films, sortir tous mes biffetons et les lui agiter sous le nez. Bon j'avais que 50 euros, j'ai pas dit qu'on était dans un James Bond non plus.

7h12, 7h13, 7h14, je commence à avoir bien chaud là dans ma petite tenue de candidate. Un autre taxi pas libre me dit d'appeler le 3607.

7h15 je me tape la bande enregistrée du 3607.

7h16 le 3607 m'annonce qu'il ne peut rien faire pour moi, salut.

7h17 je commence à réaliser avec horreur que je m'apprête à foutre une année de travail en l'air. Mon cauchemar était prémonitoire, merde il faut que je fasse gaffe à l'ordi (et en même temps, comment l'oublier, qui tire sur mon épaule).

7h18 j'appelle le Tigre-Chou, hystérique "C'EST LA GRÈVE ET YA PAS DE TAXI !!" Va jusqu'à Porte d'Orléans, il y en a toujours plein, me répond-il, d'une sagesse incroyable pour une heure aussi matinale.

7h19, métro. Évidemment le premier me passe sous le nez, 7h20, 7h21, 7h22 je monte dans la rame. En larmes, dans la tête la convocation avec écrit en lettres de feu "Même si y a des grèves, on s'en fout, si vous êtes pas à l'heure tant pis pour vous, vous pouvez crever" (bon, je cite de mémoire).

7h25 je déboule porte d'Orléans, un taxi pas libre (ne m'expliquez pas comment différencier un taxi libre d'un taxi pas libre. Je connais la différence. C'est juste qu'il n'y avait QUE des pas libres. Ca m'a rappelé mes années de célibat...), un taxi pas libre donc, m'indique vaguement la direction d'une station.

7h26 j'y vais mais je ne vois rien, alors je continue à héler des taxis pas libres au bord du trottoir, jurant et pleurant un truc très cohérent et très digne, genre "Putain de merde, pas de taxi, pas de taxi, fait chier putain, je veux juste un taxi bordel c'est pas possible, un taxi, un taxi".

7h27, un type pas effrayé par mon allure de démente me demande gentiment si je cherche un taxi (non je n'ai pas répondu A ton avis connard. Je sais reconnaître les bons samaritains, même dans la détresse) et m'indique la station, cachée derrière un bus.

7h28 je suis DANS un taxi LIBRE. le truc de dingue. J'appelle à nouveau ma cellule psychologique d'amour (à qui j'ai transmis une bonne grosse boule au ventre), qui me rassure du mieux qu'elle peut, la grève va toucher beaucoup de monde, ils seront indulgents, ça va aller...

7h29 je sanglote à gros bouillons et à petits cris suraigus à l'arrière du taxi. Je prie le chauffeur de m'excuser, mais je suis bien au-delà de la honte. Je songe que je n'ai aucune envie d'être le faits divers de l'Hi-Hue Ephème, celle qui n'a pas eu le concours parce qu'elle n'a pas assez bien prévu la grève... Et je chiale de plus belle à l'idée de tout ce boulot fichu en l'air.

7h30 je regarde horrifiée la grande aiguille faire son travail de sape, et dehors la circulation, dense, des feux rouges tous les deux mètres. 7h31, 7h32, c'est trop tard maintenant, ça ne sert plus à rien...

7h36 Maison en vue ! Je lâche un pourboire royal au chauffeur (pas le temps d'attendre la monnaie) qui me souhaite bonne chance, et je me précipite par une entrée interdite aux piétons, la plus proche du bâtiment où je dois me rendre (je sais pas si vous connaissez la Maison des Zexamens, c'est très con comme endroit ; le coup de l'entrée interdite aux piétons, ça me laisse rêveuse).

7h37 Un vigile m'engueule à cause de l'entrée interdite. Je l'engueule en retour (enfin pas exprès, mais je suis toujours bien bien hystérique et ma voix rauque d'angoisse doit passer pour une agression) et il bat en retraite.

7h38 j'arrive à la porte du bâtiment, suant comme une truie, le visage enflé, baigné de larmes et de morve, les yeux hagards... la dame de l'accueil me dit doucement "Tout va bien, on commence en retard à cause de la grève..."

TOUTES les autres candidates étaient là - et même une fille qui passait l'heure d'après - toutes tranquilles, à avoir bien pensé, elles, à regarder ratp.fr la veille au soir en sirotant leur camomille. Comme souvent, je me suis sentie pas mal vilain petit canard à ce moment-là... mais bon, j'avais mon souffle à reprendre, et quatre litres d'adrénaline à écluser.

Je passe sur la préparation, où les larmes me remontaient direct aux yeux dès que je repensais à la demi-heure cauchemardesque du matin... (de vous le raconter, j'ai encore des palpitations).

Je passe sur l'oral, jury sympa (même si ça ne veut rien dire, je préfère : j'étais sortie de la première épreuve très... lacrymale, once again, rapport aux deux dragons qui m'avaient malmenée pendant une heure...).

Le retour à Paris fut à peu près aussi compliqué - zéro rer, le bus qui ne s'arrête pas quand tu lui fais coucou, et bien sûr toujours pas de taxi - mais, bien sûr, sans la couche d'horreur pure de l'aller...

Et maintenant, les vacances. Eh bin les mecs, j'ai rarement autant savouré...

lun. 20 juin 2011

Le coup du breakfast surprise au Tigre-Chou

breakfast

J'ai pris cette photo en pensant Est-ce que je ne suis pas une SuperChérie, quand même !

Dieu - qui d'autre ? a sans doute voulu me punir de ce péché d'orgueil : deux jours plus tard, en ouvrant le frigo avec un peu trop d'enthousiasme peut-être, j'ai vu s'exploser par terre la bouteille de sirop d'érable : une mare gluante d'où surnageaient de minuscules petits bouts de verres bien effilés, plus environ trois mille gouttes de sirop qui avaient giclé partout dans un rayon de deux mètres, sur mes fringues mes chaussures mes pieds dans le frigo. Le genre de tracas qui mériterait une entrée dans le Baleinié, répertorié comme le pire de sa catégorie (en revanche, c'était bien rigolo de regarder le chat marcher sur le sol collant, secouant d'un air contrarié ses papattes à chaque pas...).

Dans 23 heures, je serai en vacances. J'en ai tellement marre, c'est tellement long, c'est tellement la dernière ligne droite depuis tellement longtemps, je suis blasée comme vous n'avez pas idée. (c'est plus du tout à la mode, non, ce terme, blasé ?...)

ven. 10 juin 2011

Mi-parcours

Gingivite (aïe) + tendinite (ouille).

Le stress me rend inflammable.

flammable

ven. 27 mai 2011

Tenir

En plein dans la fameuse dernière ligne droite. J'en ai rrrras-le-bol comme vous l'imaginez peut-être...
Le L72 et son goût de pisse d'âne, alors que je ne croyais pas spécialement à l'efficacité de l'homéopathie, fonctionne au-delà de mes attentes : je dors bien et j'ai moins de crises d'hystérie (hum, la honte en colle de français quand j'ai sangloté devant le prof - un jour où je n'y croyais pas trop - et qu'en même temps je riais tellement je me trouvais ridicule...).

Ces temps-ci, pour parer aux moments de découragement (c'est à dire environ 5 fois par heure), je me répète comme un mantra "c'est mystérieux" : ça me soulage un peu de penser que cette réussite ou cet échec au concours ne dépendent pas entièrement de moi, ou en tous cas d'imaginer qu'ils sont plus arbitraires qu'en réalité. C'est peut-être lâche mais c'est rassurant...

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