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ven. 24 mars 2017

Pérégrinations visuelles

(je me suis améliorée pour retrouver les sources)

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Le chat guerrier de Tetsuya Noguchi (qui s'est beaucoup promené sur Twitter).

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Kirsten Sims (trouvée sur Wetransfer. J'aime les grands espaces).

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Jack Nicholson en peaux de banane, par peut-être un certain Gordon ?

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Ernst Kreidolf, Hundefest.

jeu. 23 mars 2017

De la lecture et de l'écouture (politique, forcément politique)

Il y a quelques temps, Jaddo a recommandé un article du New York Times, un long article, en anglais (relativement facile), en disant que ça se lisait comme du petit lait. J'ai enfin pris le temps de le terminer ce matin (je m'accorde quelques jours de vacances entre la traduction que je viens de rendre et celle qui m'attend déjà - je suis bénie) et c'était effectivement une très bonne lecture : To Obama with Love, and Hate, and Desperation.

En deux mots, l'autrice raconte le courrier que recevait Obama tous les jours, et l'administration qui se chargeait de lire tout ce courrier et de lui en faire une sélection quotidienne (10 lettres, à sa demande). C'est d'une humanité ébouriffante, concentrée, pour le meilleur et pour le pire.

Lorsque je leur ai laissé libre cours, mes pensées, taquines, ont mis cette pratique en parallèle avec les sondages que commandait Sarko pour tâter le terrain au sujet de sa petite personne, de sa popularité et de l'intérêt qu'il aurait ou non pour celle-ci à épouser Bruni (j'y ai repensé parce que l'autre jour j'ai écouté Des citoyens qui changent le monde, qui dans sa deuxième moitié évoquait entre autres ce scandale mis au jour par Raymond Avrillier).

Donc on a, d'un côté de l'Atlantique, un président qui voulait écouter les voix d'individus, savoir ce qu'était leur vie ; et de l'autre, un mec qui sondait les gens sur sa life.

Dit comme ça, c'est caricatural bien sûr, et je veux bien admettre qu'il y a des nuances, mais enfin je pense que l'écume qui restera, c'est qu'on (oui le "on" de ma bulle de filtrage, bien sûr) aimait bien Obama, et que personne ne regrette Sarkozy. Et on n'avait pas peur des élections américaines, ça paraissait plié, et maintenant tout le monde hallucine. J'aimerais bien que la divergence se poursuive et que la trouille qu'on éprouve actuellement aboutisse à des présidentielles hallucinantes aussi mais dans l'autre sens : incroyable soulagement plutôt que stupeur accablée.

mer. 08 mars 2017

Dites 33

J'ai 33 ans aujourd'hui (l'âge du Christ, rajoute systématiquement une petite voix en moi, comme s'il fallait au minimum être mort et ressuscité arrivé à ce stade, sans quoi on avait raté sa vie - ça vaut bien la Rolex à 50 ans).

J'ai 33 ans et je ne sais toujours pas exactement ce qu'est un legging - c'est un caleçon ou un collant ? C'est indécent si je le porte tout seul ou je peux me passer de robe ?

J'ai 33 ans et je n'ai jamais eu de tickets resto (mais j'ai profité des chèques vacances lors de mon passage dans l'Héducation Nationale).

J'ai eu 12 emplois différents et mis les pieds dans 12 pays étrangers.

J'ai déjà dit "Servez-vous dans le frigo" à une jeune fille venue garder ma fille. Quinze ans plus tôt, je me servais moi-même dans le frigo des gens (en prenant soin de dissimuler une compulsion alimentaire) pendant que d'autres enfants dormaient une chambre plus loin.

Je ne sais toujours pas faire les pommes de terre sautées correctement, mais je maîtrise bien le houmous et j'ai déjà confectionné un rainbow cake.

Je n'ai pas déjà relu tout Proust parce que je n'ai pas fini de le lire une première fois, pour commencer.

J'ai déjà initié une conversation qui a atteint un point Godwin, je me suis déjà inscrite à un MOOC.

Je n'ai jamais fabriqué de gif animé. Je suis abonnée à Netflix mais je n'ai pas de compte Spotify.

J'ai testé la mooncup, je pratique le lombricompostage en amateur, j'ai une connaissance qui était au Bataclan.

Je n'ai jamais subi de shitstorm sur internet, je mange de tout (viande, gluten, sucre), je n'ai pas de smartphone.

Est-ce que tout ça fait de moi une jeune femme de son époque ? Et à défaut, de sa catégorie sociologique ? Sans doute.

ven. 03 mars 2017

Ma personne préférée

Hiboute a eu 4 ans hier.

Comme tous les jours en rentrant de l'école, elle a escaladé tous les rebords possibles du chemin.

Comme cela arrive une fois de temps en temps, elle s'est cassé la figure en dérapant sur l'un de ces rebords.

Comme cela n'arrive qu'extrêmement rarement, elle s'est fait mal, (belle bosse sur le front), assez pour pleurer.

Comme c'est systématiquement le cas, elle a réagi très... épidermiquement aux manifestations de compassion des passants (elle ne supporte pas qu'on prenne l'air désolé, qu'on s'exclame "Ooooh pauvre chouquette !", ça ne fait que redoubler ses pleurs, mais de rage, ou de gêne, je ne sais pas très bien).

Elle a un sourire ravi lorsqu'on lui chante "Joyeux anniversaire" au téléphone. Mais quand c'est en chair et en os pendant qu'on apporte le gâteau avec les bougies, comme pour ses 2 ans, comme pour ses 3 ans, elle hurle et se cache derrière le fauteuil (tu sens qu'elle regrette de ne pas avoir anticipé et que si elle y avait pensé plus tôt elle aurait carrément creusé un trou dessous).

Elle aime : les lasagnes, le curry de lentilles, les fraises Tagada, dessiner, colorier, découper, coller, dénombrer, escalader, danser, construire. Elle aime que je traduise les miaulements du chat, qu'on lui chante des chansons, qu'on lui lise des histoires. Elle aime bousculer l'ordre : commencer par le dessert, dormir tête-bêche, mettre son T-shirt par-dessus son pull.

Elle n'aime pas : la mousse au chocolat, les oeufs sous toutes leurs formes, manger de manière générale (elle préfère picorer), faire des bisous, recevoir des bisous (gros travail de rééducation au consentement des adultes de l'entourage !), les vacances (elle préfère quand sa maîtresse est là), la voiture (sauf celle de ses cousins avec les écrans vidéo, pas folle la guêpe).

Elle a pris en main la déco du salon :

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Parfois elle salue tout le monde dans la rue : "Bonjour petit monsieur ! Bonjour petite madame !". Question sociabilité elle tient plus de son père que de moi (heureusement). Elle est belle, vive, intelligente, gracieuse, inventive, sensible, aventureuse... Mais pour faire bonne mesure, elle dit aussi "caca boudin" à longueur de journée et se cure le nez avec beaucoup de décontraction, Dieu merci.

Bon anniversaire, ma petite chouquette chérie.

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mer. 01 mars 2017

Il s'est passé quoi en février 2017 ?

(ouais je sens que je tiens une nouvelle rubrique, là)

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Mon coeur a fait une pirouette en découvrant un livre de l'Ogre au rayon nouveautés de ma bibliothèque (et après, comme je suis une punk hors-la-loi hors-système horticultrice et ornithorynque, j'ai échangé sa place pas très en vue avec une autre nouveauté à hauteur d’œil).

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On a réussi à commander une lampe dont on NE PEUT PAS changer l'ampoule, enfin la LED (on est forts hein ?). Le site indiquait comme température de couleur un "blanc chaleureux". C'était sans doute assez chaleureux pour une morgue, effectivement, mais dans notre salon c'était vraiment pas possible. L'astuce, donc, si vous êtes aussi doués que nous, c'est un morceau de ce bon vieux chatterton, tout simplement.

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J'ai eu la nausée...

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J'ai rigolé en imaginant le mec concevoir son prospectus : "Allez, je le tente avec des chatons, paraît que ça fait vendre".

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Je suis partie marcher une semaine dans le désert marocain avec mon amoureux. Quinze ans que j'en rêvais... C'était fabuleux.

jeu. 16 février 2017

Ma pierre à l'édifice (ou comment j'ai mis un orteil dans le monde des "contributeurs")

Tout ça risque d'être approximatif, mais je tente quand même d'ébaucher quelque chose.

Voilà : les attentats de 2015, ce que je constate de l'effet qu'ils ont eu sur moi, c'est qu'ils m'ont donné une certaine impulsion à agir. Agir pourquoi ? En toute modestie, pour un monde meilleur. Rien que ça ! Je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas : un sondage (ouais désolée j'ai pas la référence sous le coude... donc "un" sondage) avait montré que beaucoup de jeunes (je suis encore un peu jeune, laissez-moi tranquille) s'étaient engagés dans des activités associatives suite à ces attentats.

Je me demande combien ils sont, combien on est à avoir eu cette réaction.

Bon. Sauver le monde, ok, mais comment ?

Une grosse année plus tard – c'est terrible parce que je ne peux pas raconter précisément mon cheminement, j'ai sabré des paragraphes entiers de ce texte pour ramasser mon propos, et les jalons que je choisis ont malgré tout quelque chose de très arbitraire, mais bon – je suis tombée sur une vidéo qui s'appelait « Changer le monde en 3 minutes », ou un truc racoleur du genre. J'ai quand même cliqué pour écouter le type, qui donnait des exemples de manières de procéder.

Entres autres, il citait le fait de modifier un article Wikipédia. Ça m'a marquée. Est-ce que je l'avais déjà fait avant cette vidéo ? Ou bien m'y suis-je collée après ? En tous cas, je me souviens que c'est à peu près à ce moment-là que je l'ai fait (donc, qu'il y ait eu causalité ou non, peu importe, ce que je retiens c'est la synchronicité, la sérendipité). C'était une bêtise, un erreur d'orthographe ou de typo, j'ai oublié, mais enfin voilà : j'avais modifié mon premier article Wikipédia. Je ne le fais pas de façon régulière, mais ça m'est arrivé plusieurs fois depuis.

Et puis cette semaine, j'ai découvert l'existence de cette femme, Emily Temple-Wood, qui est devenue une grande contributrice Wikipédia et a notamment lancé un projet de mise en lumière des femmes scientifiques (90% des rédacteurs de Wikipédia sont des hommes, et du coup, devinez quoi ? Eh bien ils parlent surtout d'autres hommes). J'ai trouvé son exemple très positif et stimulant.

Et puis quoi après ça ? Ce matin, je tombe sur une annonce me proposant de m'inscrire à un MOOC afin d'apprendre à rédiger des articles pour l'encyclopédie en ligne. (Ça vous tente ? C'est ici).

Comme un enchainement logique qui aurait démarré il y a deux ans... je me suis inscrite. On verra bien où ça me mène. Rien qu'en rédigeant le brouillon de cette note, je me suis aperçue qu'une autrice importante n'avait pas sa fiche Wikipédia. Il est bien possible que je me charge de sa rédaction dans les semaines qui viennent...

Depuis deux ans et demi que je suis traductrice, j'ai aussi fini, il y a quelques semaines, par m'inscrire à un forum de traduction que jusque là je me contentais de consulter silencieusement. L'intérêt, au delà de l'usage professionnel que j'en ai, est double : d'une part, le fait d'appartenir à une communauté qui cherche à s'entraider et à diffuser le savoir (linguistique, dans ce cas précis) est bénéfique pour mon moral et me redonne foi en l'humain : non, il n'y a pas que des magouilleurs, des violeurs et des assassins en ce bas monde (et même si on le sait intellectuellement, il se trouve qu'émotionnellement et médiatiquement, c'est sur ceux-là qu'on se focalise). Il y a aussi des gens normaux, des gens bien, qui partagent leur savoir, qui aident leur prochain. Participer à ce genre d'initiative, ça aide à se le rappeler.

D'autre part, ce qui est super aussi, c'est d'avoir le sentiment, effectivement, de rendre le monde meilleur. A une échelle infinitésimale, certes. On n'a pas tous les moyens de donner aux associations, que ce soit des heures ou des euros. Alors AGIR tout de même, même un tout petit peu, ça fait un bien fou.

Il y a pleeeeein de choses que je ne prends pas le temps de raconter, ce sera pour une prochaine fois (à quelle fréquence je termine mes notes sur cette conclusion ?)

ven. 03 février 2017

Un discours qui m'a profondément influencée

J'avais dit que je voulais retranscrire le verbatim de cette vidéo l'autre jour, alors hop, voilà. Claude Bourguignon a prononcé ces paroles il y a donc au moins 8 ans, et j'étais déjà branchée sur les questions environnementales depuis plus longtemps encore, mais ça m'a tout de même secouée de l'entendre, il y a environ deux ans de ça. Je me suis sentie basculer.

Nous ne faisons plus de culture en Europe, nous gérons de la pathologie végétale. C'est-à-dire que nous essayons de maintenir vivantes des plantes qui ne demandent qu'à mourir tellement elles sont malades. Rien à voir avec l'agriculture, l'agriculture c'est pas ça normalement, l'agriculture c'est : cultiver des plantes saines. On ne mettait pas UN pesticide en 1950 sur les blés en Europe. Y avait pas un traitement fongique qui était appliqué : maintenant c'est au moins trois-quatre, sinon le blé il est pourri avant d'arriver dans le silo.

Donc y a quand même un énorme différence si vous voulez au niveau... Mais ça se voit pas parce que comme on a balancé des produits, on dit Tiens le blé il est bien... Sauf que, s'il se casse la figure, alors... Parce que comme on met trop d'azote alors il tombe - vous avez dû voir dans les champs les blés qui tombent - alors on met des hormones pour raccourcir les tiges, c'est pour ça que les blés sont bien plus bas qu'autrefois. Autrefois les blés faisaient 1.50m, maintenant ils font 70 cm parce qu'on les raccourcit avec des hormones. Ces hormones font avorter les arbres qu'il y a autour, enfin c'est... ça fait disparaître toute la flore parce que ça gêne la reproduction des dicotylédones. Enfin c'est une espèce de monde complètement... strange, quoi.

Mais les gens le savent pas, donc... ils se mettent devant les champs, autrefois les champs c'était plein de coquelicots, c'était plein de - y avait plein d'autres espèces, y avait une biodiversité... Un pays comme la Hollande a déjà perdu 75 % de toute sa flore. C'est une des flores les plus pauvres de la planète, la Hollande. Mais c'est intensifié au niveau agricole de façon incroyable.

Ah non, on n'a pas été entendus puisqu'avec Lydia on quitté l'INRA. Nous on s'est mis à notre compte, puisque quand on a commencé à montrer que les sols mouraient biologiquement, on nous a demandé de nous taire, donc... On a quitté l'Institut et on s'est mis à notre compte parce qu'on estimait que notre devoir de scientifique c'était quand même d'alerter le monde agricole que la voie qui était choisie était pas la bonne pour le... ne permettrait pas de faire une agriculture pérenne.

Il ne peut y avoir d'agriculture pérenne que si on est sur des sols vivants. Le sol abrite 80 % de la biomasse vivante, donc si vous tuez - on en a (tué 90 % ?) - c'est qu'on est en train de tuer tout ce qui est à la source de la vie. C'est quand même les microbes qui nourrissent nos plantes, qui font que nos plantes sont saines, sont nutritives pour nous. Alors que maintenant les gens, enfin nous sommes quand même dans la société la plus confortable de l'histoire de l'humanité et nos dépenses de sécurité sociale augmentent de 6% par an, y a quand même des questions à se poser quoi : Est-ce que les gens sont si bien nourris que ça, pour être aussi malades ?

Le problème c'est qu'effectivement l'argumentation c'est : Oui mais regardez, ils vivent de plus en plus longtemps ; bien sûr, les gens qui en ce moment ont 80 ans n'ont pas connu l'agriculture chimique avant l'âge de 50 ans (puisque c'est apparu dans les années 70), donc jusqu'à 50 ans ils ont mangé... Moi je me souviens encore, gamin, du lait de vache qu'avait goût de lait de vache. Ça avait vraiment le goût de lait de vache, c'est pas le lait de maintenant, donc c'est tellement récent dans l'histoire de l'humanité qu'on ne connaîtra les résultats réels... et on s'inquiète puisque vous prenez la population d'enfants à l'heure actuelle en Europe, 17% des enfants sont obèses donc on est en droit de se poser des questions sur cette qualité alimentaire.

Le sol c'est une vraie éponge, donc si je le gère mal, il est compact, il est serré, il se referme ; si je laisse la faune le retravailler il va se souffler, c'est pour ça que quand vous marchez en forêt sur un sol, vous avez vu le côté moelleux du sol forestier, hein parce qu'en fait il est aéré par la faune, alors que le sol qui a été labouré, maltraité, il est complètement compacté, complètement resserré sur lui-même. Alors quand il va pleuvoir sur un sol resserré, ben l'eau va pas pouvoir rentrer, pis c'est l'érosion. Mais c'est plus facile d'accuser la pluie d'être responsable de l'érosion, des inondations, que de dire que c'est un système agricole qui a provoqué... Puisque les inondations que nous avons en ce moment, depuis 20 ans ­- depuis 20 ans nous traversons les années les plus sèches depuis 3000 ans dans l'histoire de l'Europe, et jamais y a eu autant d'inondations, c'est-à-dire qu'on a inventé avec l'agriculture intensive, les inondations en période sèche, ce qui est très fort !

Et les écologistes à l'heure actuelle se posent la question de savoir jusqu'où, à quel moment c'est l'humanité qui commencera à s'écrouler. Pour le moment, on a tué (?) 90% de notre biodiversité en Europe, ça va encore pour nous. Donc les écologistes disent est-ce que c'est à 95% que le système va lâcher ? On sait pas. La catastrophe du crétacé est ridicule en comparaison de ce qui se passe en ce moment, mais ça meurt, ça meurt, ça meurt, pis les gens attendent, disent... Ptêt qu'un jour on va voir quand ça va péter."

mer. 01 février 2017

Bon il s'est passé quoi de VRAIMENT important en janvier 2017 ?

Le résumé en images.

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Ma grand-mère aurait eu 90 ans.

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J'ai fait des Kango® maison (le biscuit c'était exactement ça, le chocolat pas du tout).

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Hiboute a dessiné un ticket de métro.

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J'ai été sauvagement attaquée par une grenade (mûre à point).

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On a appris qu'il allait falloir se calmer sur les avocats.

lun. 30 janvier 2017

Gloubi-boulga numéro 1

Je suis un peu dépassée par l'actualité. J'en suis encore à écrire pourquoi c'est embêtant qu'autant de gens défendent encore Polanski, mais en une semaine il s'est passé tellement d'autres choses que je ne sais même pas si je vais terminer ce texte. Côté USA, l'impression que l'élection de Trump est une erreur d'aiguillage du temps, une uchronie, que c'est pas possible tout ce qui est en train de se passer. Je suis terrorisée, même si le courage et la vigueur de ses opposants me rassurent un peu. Ici, indignation (comment se fait-il qu'il m'en reste encore des réserves) devant l'affaire Penelope Fillon (double indignation : devant les faits (présomption d'innocence, moui, mais enfin, solide faisceau de preuves accablantes quand même hein) et devant le culot et l'indécence des criminels en col blanc), soulagement de voir Hamon gagner cette primaire (1), soulagement largement tempéré par un sentiment de calme avant la tempête (2).

Brrrref tout ça pour dire quoi ? Que puisque tout me semble avoir une couleur de n'importe nawak en ce moment, j'ai envie de rester dans l'esprit, et de poster ici des bêtises (ou pas) des fois rigolotes (des fois pas) trouvées ici et là sur le net (zéro citation de source, j'ai honte, allez ma bonne résolution c'est de rectifier le tir à ce sujet à partir de maintenant). C'est une nouvelle catégorie, car les "bonheurs-du-jour" c'était censé être seulement pour 2016. 2017 donc : les WTF du jour. (Mais pas tous les jours parce que j'ai un boulot et une famille et un problème d'addiction à internet à gérer)

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Si là j'ai une source, c'est une twitteuse : @lissytsa

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ça euh c'était sur le site d'un musée, euh, ptêt le musée d'art contemporain de Los Angeles ?

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ça c'est parce que j'ai de furieuses envies de printemps (source : un truc genre "Kohlers Medizinal Pflanzen" trouvé sur wikipédia)

(1) même si rien n'est parfait, c'était quand même celui qui présentait le programme qui ressemblait le plus à une vraie gauche, et c'était réconfortant de constater qu'il y avait encore des gens pour adhérer à ces idées. Je me rappelle les régionales qui avaient eu lieu un mois après le 13 novembre 2015 ; les attentats m'avaient donné le sentiment que plus que jamais il fallait soigner le tissu social (je le dis comme ça parce que si je dis "qu'il fallait plus d'amour", ça ne fait pas sérieux, n'est-ce pas), et j'étais persuadée que ce sentiment était partagé par tous : la grosse claque dans la gueule en découvrant que pas du tout. Même énorme claque avec l'élection de l'affreux agent orange un an plus tard en novembre dernier. Les fameuses "bulles de filtrage" qui me préservent de la stupidité l'altérité du monde... Tout ça pour dire :

(2) cette fois-ci, j'anticipe l'effet bulle de filtrage, et même si une partie de moi ne peut pas s'empêcher d'être indécrottablement optimiste, l'autre a bien bien la trouille.

jeu. 26 janvier 2017

Protestation ad lib

Je manque de temps pour vous reparler de l'incinérateur d'Ivry (et en plus vous en avez sans doute ras-le-bol), donc je me contente d'une paresseuse mais efficace (enfin j'espère) capture d'écran pour vous enjoindre à aller signer de nouveau une pétition. Ça tombe de nouveau en plein pic de pollution cette affaire-là, décidément ce projet est maudit (niark niark). Je suis désolée si ça vous fatigue. Ça me fatigue aussi, mais je sens que je dois le faire...


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Vous avez jusqu'à demain !

Merci les aminches !

edit du soir: laissez tomber, c'est foutu. Et non seulement c'est foutu, mais en plus le ministère de l'environnement s'en bat la race. Je suis pas contente.

mer. 25 janvier 2017

Le recyclage DIY le plus fastoche du monde

Si vous fréquentez d'assez près des enfants en âge d'aller à l'école, vous n'êtes pas sans savoir que les écharpes n'y sont pas les bienvenues : à c'qui paraît qu'è pourraient étrangler les enfants, dites voir ! Alors que les snoods ou bêtes "tours de cou", eux, sont tolérés car ils seraient parfaitement inoffensifs (à mon avis, c'est un exemple de cirque sécuritaire parmi tant d'autres : bien fâché, on doit pouvoir faire des dégâts aussi avec un snood, mais passons. Je réserve mon énergie pour d'autres combats.)

Bon, donc il fallait un tour de cou. On en avait un qui aurait fait une bonne minerve, mais clairement Hiboute n'aimait pas le porter, et le remontait au-dessus du visage façon toque russe, très joli, très mignon mais COUVRE-MOI CE PETIT COU TU VAS PRENDRE FROID !

Je suis allée repêcher un vieux cachemire bouloché et bouffé par les mites mais encore très doux (je fais la collec de vieux cachemires importables, j'ai beaucoup de mal à les bazarder). J'ai sorti mes ciseaux à tissu, de gros ciseaux qui pèsent lourd dans la main et coupent merveilleusement bien (indescriptible plaisir). J'ai coupé sous les bras, comme ça :

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Nan j'ai pas repassé avant, tu me prends pour qui, la fée du logis ou quoi ?

Et j'ai obtenu un snood chaud, ultra-confortable (je fais deux tours avec, et la petite chérie n'est ni engoncée ni dépoitraillée ), d'aspect suffisamment miteux pour ne pas "disparaître" à l'école (ouais la bonne ambiance), et qui n'a nécessité aucun surfilage (magie du jersey). Je l'ai marqué avec un fil orange vif pour le retrouver plus facilement, et si j'avais été plus douée, tous ces trous de mite, j'aurais brodé des mignonneries par-dessus, mais bon.

jeu. 19 janvier 2017

Jeu de gestion (de la colère)

Hier en découvrant que Polanski, les César, blablabla vous l'avez tous vu, j'étais atterrée. Indignée, écœurée, blablabla, je vous la fais courte.

Après avoir terminé de travailler, j'ai éteint mon ordinateur, et j'ai vaqué à d'autres occupations. Je ruminais cette nouvelle outrageante, quand tout à coup, sortie de je ne sais où, m'est revenue cette phrase, une phrase un peu bateau, un peu simplette, mais une phrase qui ne me passe pas par la tête tous les quatre matins et qui a choisi cette occasion-là pour me rendre visite.

Si vous ne faites pas partie de la solution, vous faites partie du problème.

Ce matin, en cherchant un peu, pas bien loin, j'ai trouvé une pétition qui réclame qu'on évite de faire honneur à ce "très grand réalisateur" et qu'on en trouve un autre, de préférence pas un violeur, ou alors au moins un qu'aurait payé sa dette à la société, voyez...

J'ai signé ; vous vous en doutiez non ? Un jour il faudra que je raconte comment je suis devenue une mémère à pétitions (comme d'autres sont des mémères à chats).

Bon enfin je vous raconte ça pour en venir à un truc tout con, mon plaisir des jeux de gestion. J'aime quand la vie est gamifiée (ouais j'utilise d'horribles anglicismes, ça va, j'ai posé ma casquette de traductrice pour aujourd'hui).

Et mon idle game du jour, ça a été de rafraîchir régulièrement la page pour voir le nombre de signatures monter, monter, monter... Je ne peux pas prédire que ça changera les choses, mais ça me donne au moins la satisfaction de voir que 16 720 personnes, à l'heure où je vous écris, en ont marre au même moment que moi de cette promotion de la culture du viol et souhaitent que les choses changent.

jeu. 12 janvier 2017

Merci A.

Mon amoureux m'a offert l'autre jour Miss Charity, de ma chère, chère Marie-Aude Murail. Pas son plus récent, mais je ne l'avais pas lu... Je l'ai dévoré (1) en un weekend, et quand je l'ai eu terminé, j'ai ressenti un tel vide (une dépression, littéralement) que je n'ai trouvé qu'une solution : le relire aussitôt. Et je me régale, de nouveau.

Charity Tiddler, c'est le double fictif de Beatrix Potter, et nous la suivons de son enfance à sa jeunesse, à Londres et dans la campagne anglaise en pleine époque victorienne. Cet univers a quelque chose de si romanesque... Et Marie-Aude Murail écrit si bien ; peut-être parce qu'elle traite "avec sérieux les choses légères, et avec légèreté les choses sérieuses".

Je n'ai pas tellement analysé pourquoi j'avais un tel désir, un tel besoin de rester immergée là-dedans, mais voilà, j'avais envie de le partager avec vous.
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(1) Un peu comme ces polars qui vous tiennent éveillé jusqu'à deux heures du matin alors que vous piquez du nez à 22h45 habituellement, mais sans le polar, justement. Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas forcée à éteindre parce qu'il était vraiment tard ; d'habitude je ne force rien du tout, ou alors mes yeux à rester ouverts, péniblement, jusqu'à la fin du paragraphe - fût-il passionnant.

lun. 09 janvier 2017

Non mais c'est génial Paris pour les enfants, y a les musées et tout

Emmené Hiboute à la Cité des Sciences hier, au Palais de la Découverte la semaine d'avant (oui je nous ai offert le Pass famille annuel. Rien que pour se rendre à l'un ou à l'autre depuis le 14e, on a déjà occupé la moitié de l'après-midi, c'est fabuleux).

Nous y avons passé des heures, elle ne se lassait pas. Il est possible que le contenu importe peu et que, du moment qu'il y a des écrans tactiles à tripoter et des boutons sur lesquels appuyer, elle soit contente.

C'est d'ailleurs un peu... dommage ? énervant ? Tu es parent, tu te casses le cul à sortir les mômes parce que tu penses que ce n'est pas bien de les laisser confire devant une tablette, et finalement devant quoi ils se collent quand tu arrives au musée ? Un écran. Génial.

Il y a aussi eu ce grand moment d'anachronisme total à la cité des enfants, où Hiboute a passé un long moment à jouer à la peinture à doigts numérique sur un écran : imaginez le croisement entre une borne tactile SNCF et Paint. C'était minable, poussif, n'importe quelle application merdique sur le plus basique des smartphones aujourd'hui fait mieux. Elle a adoré.

Les mômes dont les parents ont effectivement un smartphone étaient, eux, tous entassés dans la salle d'après, dans la voiture avec le volant et les ceintures et le moteur et tout et tout.

Bon je me relis et je visualise presque le nuage noir au-dessus de ma tête : je suis d'une humeur de dogue ce matin. Pour être juste, il faudrait aussi que je précise le temps passé à observer la pieuvre, les fourmis, les maquettes du système solaire, que je raconte ce qui a fait mouche. Mais le travail m'appelle.

Je gardais des souvenirs émerveillés de la Cité des enfants que j'ai moi-même pratiquée une ou deux fois quand j'étais petite. C'était vraiment magique. Après notre visite d'hier je me sens un peu plus mitigée. C'est juste moi qui ai vieilli, ou bien les lieux aussi ? Il faudra que j'y retourne dans un bon jour, pour voir. (J'ai très envie de me lancer dans plein de considérations et d'ouvertures sur le thème de l'enfant dans la ville, mais j'ai pas le temps. Je vous suggère juste d'aller écouter cette émission complètement passionnante sur le sujet.)

mar. 03 janvier 2017

Et puis tous mes voeux

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mer. 21 décembre 2016

Pouilleuses

Samedi dernier, ça gratouillait un peu trop pour ne pas éveiller mes soupçons. J'ai inspecté la tête de la petite chérie et passé la mienne au peigne fin : bingo, des poux. Oh, génial.

J'ai donc entrepris de consulter mon ami l'Internet pour parer au mieux à cette invasion : le bon vieux know your enemy.

Eh bien ma foi, j'ai été assez consternée par le manque total de rigueur scientifique rencontré à cette occasion. Comment on arrive à envoyer des hommes dans l'espace alors qu'on n'est même pas fichus de circonscrire la question des poux ? (une sidération qui marche aussi avec le rhume ou les verrues)

Pour résumer, dans le domaine de la lutte anti-poux, on trouve 1. Les certitudes plus ou moins avérées 2. Les faits très controversés. Et il faut se débrouiller avec ça.

Le vinaigre serait très efficace contre les lentes. Le vinaigre n'aurait aucun effet notable. L'huile essentielle de lavande est un bon répulsif. Aucune odeur ne dérange les poux. Seuls les substances asphyxiantes (huiles et silicones) tuent les poux à coup sûr. Mais tentez les insecticides quand même, vos poux à vous n'auront peut-être pas encore muté pour devenir résistants. Et ainsi de suite...

Il semble à peu près acquis que les poux ayant quitté votre chevelure (et on se demande pourquoi, puisqu'ils semblent s'y accrocher de toute la force de leurs papattes, mais admettons) meurent de déshydratation (?) au bout de 24 à 36 heures. Dans ce cas, pourquoi ne pas simplement mettre les bonnets et autres brosses à cheveux en quarantaine, plutôt que de les enfermer dans un sac avec de l'insecticide et de passer le tout à 60°C ?
(J'ai également entendu parler du congélateur. Huit heures à - 18°C et on est tranquilles, paraît-il. Information croisée mais non scientifiquement confirmée.)

Il y a aussi le coup des lentes, qui mettent huit jours à éclore. On vous conseille donc de répéter un traitement antipoux à une semaine d'intervalle pour dézinguer tout le monde. Mais entendons-nous : toutes les lentes pondues ne l'ont pas été en une seule fois le jour de l'extermination numéro 1, n'est-ce pas ?

Bon, voilà ce qu'on a fait nous :

On a laissé poser de l'huile de coco 2-3 heures sur nos cheveux (moyennant quoi, je ne peux plus voir une noix de coco en peinture) parce qu'il paraît que ça marche mieux que l'huile d'olive. Je nous ai vaguement enturbannées dans du film plastique, mais ça tenait mal et je suis prête à parier que ce n'était d'aucune utilité.

A l'issue de ce cataplasme, avec mon peigne fin j'ai trouvé des poux encore bien vivants. Asphyxie mon œil. Bon, on a shampouiné quand même et rincé avec un mélange moitié vinaigre et moitié eau (un peu trop vinaigre au début, Hiboute a hurlé). Depuis, je vaporise ce mélange une à deux fois par jour sur nos têtes, et je passe le peigne fin aussi souvent que possible (= sur moi, toute la journée de manière obsessionnelle, et sur Hiboute, comme je peux selon ses maigres réserves de patience).

Hier, pour la première fois je n'ai trouvé aucun survivant. Mais bien sûr, le doute subsiste : je n'en ai pas trouvé parce qu'il n'y en a plus, ou parce que je n'ai pas peigné au bon endroit selon le bon angle (en multipliant par le coefficient de chance) ?

Bref, on a des poux.

lun. 19 décembre 2016

L'homme n'est pas un loup pour l'homme (le trader, en revanche...)

Écouté ce type, Paul Jorion, parler l'autre jour à la radio, (le titre de l'émission m'avait en quelque sorte alléchée : "Fin du monde ou fin d'un monde ?"). J'ai été si frappée par son analyse que j'en ai transcrit un fragment pour le garder au chaud :

C'est le paradoxe de la finance. Notre espèce a su s'autodomestiquer. Il y a des choses qui ne marchent pas, il y a des guerres, de la violence, mais dans l'ensemble nous avons su nous domestiquer : on sait qu'il n'y a pas besoin d'avoir un policier à chaque coin de rue. Mais la finance continue à maintenir cette image de loup pour l'homme. La nature livrée à elle-même, c'est la manière dont la finance devrait fonctionner. Il est temps de domestiquer la finance aussi. Ya pas de raison que ça exerce une prédation totale sur le reste de l'économie. En 2006, avant la crise des subprimes, 46% du PIB américain ce sont des activités financières, ça n'a pas de sens, c'est une activité de prédation sur l'économie réelle.

Bon le mec parle comme un cerveau qui va trop vite pour sa langue, du coup il ne finit pas ses phrases, donc sa syntaxe plus ma transcription à la volée donnent un résultat un peu approximatif, mais l'idée y est.

jeu. 15 décembre 2016

Choses que j'ai pu écouter 1000 fois sans devenir chèvre, voire en prenant mon pied

La grand-mère de Hiboute me demande des idées de cadeaux de Noël pour elle. Comme cette petite passe ses soirées à dessiner et à colorier en écoutant de la musique ou des histoires (ou les deux à la fois, c'est un genre répandu dans les productions sonores enfantines), et que ma belle-mère ne voulait pas lui offrir une ramette de papier, je lui ai fait quelques suggestions de livres-CD.

Bien évidemment, comme tous les parents propres sur eux, moi aussi à la naissance de Hiboute, j'ai clamé qu'elle n'écouterait que les Beatles, Gershwin et le reste de notre musique de grands. Sauf que même si certains morceaux qui nous sont chers lui plaisent aussi, clairement, elle kiffe la musique faite exprès pour elle, comme la plupart des mômes. Donc il y a un moment où tu arrêtes de vouloir que ton gosse soit un grand mélomane qui tord le nez à l'écoute de Meunier tu dors, et où tu fais des COMPROMIS.

Alors, tu essaies de trouver des trucs pas trop niaiseux et de bonne facture, puisque tu vas devoir les écouter aussi (et que c'est encore pas mal toi qui choisis). Et tu t'aperçois qu'il y en a plein, en fait !

Donc, si vous avez un enfant à gâter vous aussi, et pas d'idées, et que ledit enfant est déjà pourvu d'un lecteur CD, voici quelques pépites approuvées par ma petite chérie et moi-même (autant vous prévenir, ça va pas être de la critique constructive):

Rayon musique :

  • l'Abécédaire en 26 chansonnettes, illustrations de Tomi Ungerer, textes de Boris Vian, musique de Lucienne Vernay, interprétées par Debout Sur le Zinc : un régal, génial génial.
  • Les plus jolies chansons de notre enfance, illustrations d'André Bouchard, le reste par Vincent Malone : comptines détournées, parfois c'est mignon, parfois c'est un peu plus trash, mais on kiffe tous à la maison.
  • Un dimanche à Kyoto, paroles et musique de Gilles Vigneault, illustrations de Stéphane Jorisch, interprètes nombreux : Luce Dufault, Garou, Pierre Lapointe, Luc De Larochellière, Martin Léon, Ariane Moffatt, Jessica Vigneault. Je n'aime pas en intégralité, mais je suis profondément charmée par certaines mélodies, et la poésie de certains textes (Hiboute n'est pas forcément sensible aux mêmes que moi, je pense).

Rayon histoires :

Là on ne déborde pas d'originalité. Les histoires du Père Castor, tout simplement.

Rayon mixte histoire/musique :

  • La série des Bulle et Bob (histoires et musiques de Natalie Tual, illustrations -magnifiques - d'Ilya Green) : des histoires (très simples, qui évoquent très bien des sensations d'enfance) entrecoupées de ritournelles malicieuses. Il y a des aperçus disponibles ici et là.
  • Les lettres de Biscotte Mulotte, d'Anne-Marie Chapouton. Je ne connais pas bien la genèse de cette histoire, mais ça sent l'école Freinet à plein nez, c'est doux et réconfortant, et c'est raconté avec l'accent provençal (l'histoire se passe à Lourmarin). Je le précise parce que j'aime bien, dans le flot de ce qu'on emprunte à la bibli, entendre des histoires racontées avec l'accent arabe, anglais, québécois... et je lance cette bouteille à la mer : si vous avez des suggestions racontées avec l'accent picard (ou chtimi, ça fera l'affaire), je suis preneuse, ça me manque et ça me ferait le cœur tout guimauve.
  • Encore Vincent Malone, des perles pas faciles à trouver parce que le catalogue a le cul entre deux éditeurs (une histoire comme ça, je ne sais plus trop) : la série des Contes Mélangés, par exemple Pierre et la tortue , ou Le vilain petit Pinocchio, ce genre-là, voyez. Une histoire rigolote et des chansons qui balancent à chaque fois (Hiboute est un peu petite, je vous le suggère plutôt à partir de 5-6 ans).
  • Un truc pour les plus petits, Au bain, mon lapin ! qu'elle adorait écouter dans le bain, et moi aussi, grand moment de calme et de tendresse. Le Tigre trouve que la meuf qui raconte a l'air d'avoir fumé la moquette, c'est vrai qu'elle roucoule beaucoup mais j'aime bien.
  • Et enfin, Tom-tom et Nana : le Concert, écouté en boucle pendant de nombreuses semaines : celui-là me donne envie d'avoir huit ans à nouveau et de monter un groupe avec mes copains et mes copines. La musique est extra et drôle, et puis Bernadette Després quoi...

mer. 14 décembre 2016

Que faire du fracas

J'écris ce billet dans la salle de bain, pendant que Hiboute prélève un à un tous les gants de toilette pour faire des petits lits à ses personnages sur le rebord de la baignoire.

Hier, A. me faisait remarquer (il me voyait sourire en entendant le début de la chronique de Meurice sur Macron) qu'il était surpris de voir combien j'étais au courant de ce qui se passe dans le monde, moi qu'il avait connue si "protégée" (ce sont ses termes).

De fait, c'est vrai qu'il y a dix ans, je ne me tenais pas au courant de grand-chose. Moitié parce que mes centres d'intérêt étaient ailleurs (soit j'étais au cinéma, soit je me morfondais sur mon célibat), moitié parce que je voulais effectivement me protéger.

C'est venu progressivement, et notamment par Twitter, je pense : c'est par là que, sans vraiment les chercher, j'apprends les nouvelles (et ensuite, que je me dirige ou non vers les articles qui développent). Je ne l'ai pas vraiment vu venir ; il y a l'usage conscient que je fais de ce réseau (le dosage minutieux de ma timeline, la fabrication de ma "bulle de filtrage" à moi), et le résultat pas toujours maîtrisé que j'obtiens (ah ben ça alors, les gens que je suis parlent d'actualité).

Je ne crois pas que ce soit bien ou pas bien. C'est comme ça, tout simplement : chacun son évolution. D'autres font le chemin inverse, de drogués de l'information ils passent à la cure de silence.

Seulement, que ce soit bien ou pas bien ou autre chose encore, il y a des jours où la fureur du monde me touche trop (et j'ai conscience de l'indécence de ce que j'écris : ouin, toutes ces horreurs m'empêchent de me consacrer sereinement à mes courses de Noël). Où le peu que je pouvais faire, je l'ai fait, et où l'empathie, le chagrin, l'incompréhension me submergent malgré tout. Parfois, fugacement, certaines pensées m'aident à prendre du recul, mais j'ai du mal à faire le tri. Peut-être parce qu'il y a ce module "chercher le sens de tout ça" qui est impossible à désactiver mais qui fait planter tout le système.

Je ne peux pas, je ne veux pas revenir en arrière, même si c'était plus confortable avant. Mais je vois bien que mon rapport à l'actualité doit encore évoluer, parce que je sens, comment dire ? Une absurde déperdition d'énergie vitale (est-ce que j'assume de dire ça, "absurde déperdition d'énergie vitale" ? Hum. Bof.). Bon, essayons de le dire autrement : je voudrais trouver le rapport idéal entre émotion, réflexion et action. Quelque chose comme ça.

Autre solution : que me pousse enfin ma cape de super-hérote et que j'aille m'occuper moi-même de sauver le monde, comme ça on n'en parle plus.

ven. 09 décembre 2016

Ouf !

Le bonheur du jour est lié à mon billet précédent : la décision de voter la première tranche de travaux pour reconstruire l'incinérateur d'Ivry a été reportée à fin janvier.

Je respire un tout petit peu mieux, malgré le pic de pollution.

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image trouvée je sais plus où, pardon à qui de droit pour le pas-crédit

(Du coup, vous pouvez encore aller signer la pétition, amis retardataires !)

Si le sujet vous intéresse, voici un article assez complet sur la question.

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