jeu. 05 novembre 2009
Je suis rentrée ce soir de deux jours à Lyon, où je photographiais le
spectacle musical d'une amie ; la fille qui devait lire le petit texte
d'introduction n'étant pas assez en avance, c'est moi qui m'y suis collée (la
dernière fois où j'ai lu en public remonte à, pfiou, la fac ?) et j'étais
drôlement fière de jouer un rôle à l'opéra (oui parce que c'était à l'opéra de
Lyon cette histoire).
Nous avons également assisté au spectacle d'une clown-danseuse qui m'a fait
mourir de rire, Zellegi elle s'appelle (enfin son vrai nom c'est Stéphanie
Chevarin) et elle est drôôôôôôle ! Vraiment douée, touchante, et puis un
sacré culot, et ce sens du minuscule détail qui fait mouche. Juste deux-trois
petites choses dans la mise en scène que Amélie et moi on n'aurait pas vues
comme ça, mais trois fois rien, non vraiment, c'était génial, si vous avez
l'occasion de voir ce Balai romantique, n'hésitez pas !
Quant à l'identification à son personnage, elle est en ce qui me concerne
totale - sauf que quand c'est elle ça me fait rire, alors que quand c'est moi
ça donne plutôt envie de pleurer (ce qui me laisse penser que rire ou pleurer
finalement souvent c'est un peu pareil). Bref je crois que cette fille va avoir
beaucoup de succès, et j'ai hâte de voir les spectacles qui suivront...
Avant ça j'étais à Amiens avec Couac et Couacman, le temps d'un samedi qui a
débordé sur le dimanche ; on a commencé par un pique-nique royal dans le
train (largement sponsorisé par Kiki, il faut bien qu'il y ait quelques
avantages à ce boulot...) qu'on nous aurait sans doute envié jusqu'en première
classe. Après, on a fait une pause café devant la gare, il y avait un chat dans
le bistrot - typiquement le détail qui rajoute 10 point de sympathie au lieu
pour moi - et un habitué qui a commandé son pastaga vers 10h40 (on n'est pas
des mauviettes en Picardie).
Après, le temps de faire un petit tour et de regarder les dessins
réjouissants de Couac, c'était l'heure de la pause déjeuner, au Beffroi (à côté
des Halles) que je vous recommande chaudement, on y a mangé un saumon fondant
comme tout avec des frites super bonnes, le tout arrosé de Picon-bière, on
était comme des rois (les profiteroles des îles ne me laisseront pas un
souvenir impérissable en revanche, mais c'était à prévoir).
Puis nous avons visité un peu, et Couac a eu la phrase du weekend devant la
cathédrale : "De toute la France, c'est la seule qui n'a pas
d'échafaudages" et c'était vrai et du coup on l'a visitée.
A l'intérieur, le choc ! Sainte Rita, la patronne des causes
désespérées, était là (enfin, sa statue). Depuis Séraphine, j'ai beaucoup de
sympathie pour elle, mais je ne l'avais jamais rencontrée. Du coup, j'ai acheté
un cierge (le plus gros) pour me mettre sous son aile. Les psys, les coachs,
tout ça c'est de la connerie, désormais je m'en remets à Sainte Rita et à
l'heure qu'il est, je ne suis pas loin de croire qu'elle a déjà commencé à
s'occuper de moi (mais comme à vrai dire je n'y connais rien du tout en piété,
et que j'ignore la durée d'action d'un cierge, je ne sais pas quand il faudra
que j'y retourne en mettre un autre).
Ensuite, juste avant la tombée de la nuit, nous avons fait une promenade en
barque sur les canaux de la Somme, baignés de ce brouillard picard qui m'évoque
une ouate hors du temps mais aussi un drame qui a bousillé ma famille (et dont
l'anniversaire concorde justement avec cette visite amiennoise, je ne m'en
aperçois que maintenant). La balade, au milieu du silence, avait un goût de fin
du monde ou bien de polar nordique, et puis soudain un chat ou un lapin
apparaissait sur les berges (assis dans la barque, nos yeux sont à la hauteur
des leurs) et apportait un peu de réalité à cette étrange demi-heure.
Nous avions essuyé nos sièges avec le torchon du petit-déjeuner, que j'ai
ensuite trimballé le restant de l'après-midi comme un doudou (moi qui n'en ai
jamais eu) en attendant vainement qu'il sèche.
Après la pause-goûter, lorsque nous nous sommes aperçus que je ne pourrais
pas rentrer à Paris le soir même, nous avons réservé une chambre supplémentaire
(elle était un peu moins pourrie que celle des Couacs et j'y ai
merveilleusement bien dormi) et nous sommes partis au cinéma.
Le lendemain matin, j'ai encore joué un peu les prolongations et je suis
finalement repartie, le coeur plein de ces 24 heures ensemble...
Et nous sommes à présent jeudi soir, j'attends Christinotchka pour notre
dernière soirée ensemble. Ouh ça va me faire bizarre quand elle sera
partie !
(Octobre aura été le mois des amis que je ne vois pas souvent, cette
année)