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lun. 04 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #4 : des framboisiers en ville

Je vis en ville, alors que j'ai passé mon enfance à la campagne. S'il y a bien une chose dont je profitais alors sans avoir conscience de ma chance, c'est du jardin. Par exemple, on se gavait de framboises avec mes copines, parce que évidemment, il y avait des framboisiers chez tout le monde. Aujourd'hui, mon expérience des framboises en ville, c'est pas tout à fait la même chose.(Déjà y en a toute l'année, mais entre octobre et mai je fais comme si je ne voyais rien parce que sinon on ne s'en sort plus).

Le goût et l'aspect d'abord : mon dieu mon dieu qu'elles sont belles, grosses et bien charnues ! Mais sinon, il n'y a que moi qui ai fait l'expérience de cet arrière-goût de pétrole dégueu ? (Pas systématiquement hein, et pas en bio, je crois. Mais ça m'est arrivé suffisamment de fois pour me faire renoncer aux framboises suivantes.)

Le prix ensuite : quand je pense aux quantités qu'il y avait au jardin, qui nous permettaient non seulement d'en manger nature, mais de faire aussi des confitures et des sirops en veux-tu en voilà... Aujourd'hui, malgré une bourse raisonnablement garnie, j'ai tendance à considérer les fruits rouges comme des produits de luxe.

Le conditionnement enfin : les framboises sont si fragiles que la barquette en plastique qui les accompagne semble incontournable. D'un autre côté, il y a ce chiffre qui calme (ou qui affole, c'est selon) : à chaque seconde qui passe, 200 kg de déchets plastique sont rejetés dans les océans (c'est une estimation, mais enfin même si c'était 10 fois y aurait déjà largement de quoi ventiler non ?). Je suis loin de savoir me passer de plastique au quotidien, mais j'ai du mal à ne pas penser à ce chiffre quand je fais les courses. Résultat, souvent je ne prends pas la barquette (Mes chéris, ce soir on mange du melon !).

Pardon pour cette intro beaucoup trop longue (les introlongues, ma spécialité).

Pour toutes ces raisons, gustatives, économiques et écologiques, il me semble qu'un monde meilleur passe obligatoirement par plus de framboisiers en ville (et d'autres plantes pourvoyeuses de bonnes choses, tant qu'on y est, d'accord). Une ville plus vivable serait, entre autres, une ville plus mangeable. C'est la philosophie du mouvement Incroyables Comestibles, et ils ne sont pas tout seuls. Il y a aussi les guerilleros de la greffe, le réseau des Jardins Partagés, et à Paris, le travail de l'association Vergers Urbains. Pour ma part, j'hésite entre me rapprocher d'eux ou demander mon propre permis de végétaliser (ou hacker les bacs de végétation pas intéressante de la cour de mon immeuble... mais la copropriété n'est pas super hippie-friendly alors bon).

D'autres prennent la voie de l'agriculture en aquaponie et compagnie ; je connais trop peu le sujet, mais c'est une piste qui ne manque pas d'intérêt pour encourager la souveraineté alimentaire des villes.

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dim. 03 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #3 : en finir avec la pauvreté ?

Il y a une idée que je trouve très excitante, c'est celle que la pauvreté n'est pas une fatalité, et qu'on pourrait l'éradiquer – si on voulait bien. (Je ne sais pas si c'est compatible avec un système capitaliste mais justement, le capitalisme, hein... Je pressens que j'aurai l'occasion d'en reparler ce mois-ci.)

Il y a quelques années, si je connaissais vaguement l'association ATD Quart Monde de nom, j'ignorais en revanche totalement ce qu'elle fabriquait. Tu m'aurais dit les Restos du Coeur ou eux, pour moi c'était kif-kif, c'est dire si j'étais pointue. Et puis, un jour, Florence m'a proposé des spritz en échange d'un don pour ATD (une proposition toujours d'actualité cette année, voir par ici si ça vous intéresse. Ce serait cool de battre le record de l'année dernière !). Le cœur je sais pas, mais ce qui est sûr c'est que j'ai l'estomac sur la main, donc j'ai dit banco.

Résultat, ATD m'a d'office abonnée à son journal, qu'au début, j'avoue, je ne parcourais que superficiellement. Et puis un jour, le journal en question a évoqué plus précisément les missions et la philosophie de l'association. J'ai découvert que j'étais complètement à côté de la plaque : leur objectif consiste non pas à "bêtement" porter assistance aux démunis (ce qui est déjà tout à fait louable, bien entendu), mais à – carrément – abolir la misère et lutter contre l'exclusion qu'elle engendre, en associant les personnes concernées à cette lutte et en travaillant avec les institutions (le RMI, la CMU, le DALO entre autres, c'est notamment grâce à eux). J'aime bien cette approche, très complémentaire d'autres associations qui pareront plutôt au plus urgent, mais beaucoup moins connue (car moins identifiable ?), j'ai l'impression. Et pourtant, ça me paraît beaucoup plus motivant, d'une certaine manière, cette idée d'accomplir un travail avec pour horizon : ne plus avoir de raison d'être.

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sam. 02 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #2 : les dépliants anti-sexistes

Pour le monde d'après, je verrais bien la fin du patriarcat, pas vous ?

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Évidemment, parce qu'un monde sans inégalités de salaire ni violences conjugales, on ne cracherait pas dessus.

Mais aussi parce que ça permettrait aux gosses d'être un peu libres de faire et d'être ce qui leur plaît. Vous imaginez ? Les filles pas mignonnes ni sages ni gracieuses ni douces et les garçons pas costauds ni courageux ni aventureux ni sportifs, à qui ont ficherait enfin la paix ? Et les parents de ces enfants hors casting, comme ils pourraient être plus détendus ?

Bien sûr, certains vivent très bien que leur enfant ne soit pas conforme aux normes dictées par la société, mais ce n'est pas le cas de tous. Je me rappelle le récit de cette animatrice pour les anniversaires et autres réjouissances enfantines, qui avait face à elle un garçonnet désireux d'être maquillé en papillon, et la mère du môme qui n'en démordait pas : ce serait Spiderman, un squelette ou rien. Et je crois que je vous avais déjà raconté cette nana qui lors d'un panel de consommateurs avait trouvé que le graphisme de l'emballage de la purée -une locomotive - était un peu trop "garçon" pour sa fille... La purée a un sexe, et on ne le savait pas dis donc.

Bref, il y a quelques semaines, une blogueuse et twitteuse (@MamanRodarde) dont le fils aime le vernis à ongles cherchait une manière de l'aider à se "défendre" face, notamment, aux adultes qui lui soutenaient mordicus que le vernis, c'était pour les filles. Elle a eu l'idée de créer des petits dépliants anti-sexistes à dégainer pour argumenter, et tout un tas de profs, de bibliothécaires et de parents se sont enthousiasmés pour le concept. La blogueuse a invité les gens à mettre leur grain de sel ou à apporter un coup de pouce pour améliorer les dépliants. Et comme elle est généreuse, elle a partagé le résultat que vous pouvez voir ici :

Pour que les petits garçons puissent être et aimer ce qu’ils veulent, sans qu’on les emmerde (version 4)

Pour que les petites filles puissent être et aimer ce qu’elles veulent, sans qu’on les emmerde (parties 1 et 2)

Bénie soit-elle !

ven. 01 décembre 2017

Calendrier de l'Avent pour après #1

L'idée m'est venue tout à l'heure en coupant les légumes pour faire une soupe. (La cuisine, deuxième meilleur endroit de la maison pour avoir des idées, derrière la douche.)

Je précise que l'idée m'est venue tout à l'heure pour m'excuser du caractère foutraque que ce calendrier de l'Avent revêtira sûrement : je suis d'habitude plutôt du genre à y réfléchir à 12 fois avant d'écrire quelque chose - ce qui fait que souvent, je n'écris rien, vous avez compris le principe.

Mais voilà : ça faisait un moment que je cherchais une contrainte d'écriture pour ce blog en friche. Légère, la contrainte : 24 jours, ça me semblait faisable. On va voir si j'y arrive. Et donc, comme c'est la mode des calendriers de l'Avent on dirait, et que je suis une fille à la page ("à la page", cette expression qui te place tout de suite hors-jeu si tu l'emploies), pouf, le concept était tout trouvé.

Mon idée est la suivante : pendant cette période de l'Avent, j'ai envie de parler du monde d'après. D'après quoi ? Ben d'après maintenant... Le monde qui se dessine et/ou que j'ai envie de voir se dessiner, côté optimiste. Si je me fonde sur les pistes qui me sont venues à l'esprit pendant que j'éminçais l'oignon et que j'ajoutais le paprika, il sera question, en vrac : a) de Grandes Causes auxquelles personne ne pourra répliquer "Nan mais attends, tu te trompes de combat, là, et si tu t'intéressais aux vrais problèmes plutôt ?" b) de micro-bidules insignifiants qui empruntent des voies détournées vers ce fameux monde meilleur, et n'intéresseront au mieux que deux pelés et trois tondus parmi vous c) de gens qui font des trucs cool d) d'idées à lire, à écouter, à regarder e) euh c'est tout pour le moment.

Et ce sera illustré avec des dessins de ma fille - vu qu'elle en produit au kilomètre, je n'aurai pas besoin de me casser beaucoup le trognon pour cette partie-là. Et en plus, tu vois le symbole, les dessins d'enfant, le monde de demain, c'est hyper profond et pas du tout cucul la praloche, nan ?

Allez, zou, c'est parti.

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Bon alooors, pour ce 1er décembre, de quoi je vais vous parler ? Pique-nique-douille-c'est-toi-l'andouille.

Tiens, je pourrais commencer par les ZARBRES.

Si j'étais un personnage dans Astérix, je serais peut-être bien Idéfix (Le Goût et Heure Bleue vous diront que pas du tout, que je suis le portrait craché du fils de Soupalognon y Crouton, mais ça me casse mon intro alors ne les écoutez pas il ne me reste que 12 minutes pour écrire ce post). A cause de son amour des arbres, vous l'aurez compris. J'aime beaucoup les arbres. Et le bois a pour moi une telle noblesse (le temps qu'il faut ! et ça sent si bon !) que mon cœur se déchire un petit peu à chaque fois que je croise une planche abandonnée dans la rue. Je vous jure qu'elles m'appellent toutes systématiquement : Adopte-moi ! Emmène-moi avec toi ! Je sais bien que t'es pas menuisière et que je vais traîner dans ton entrée cent sept ans sans que tu saches quoi foutre de moi, mais c'est pas grave ! Prends-moi !

Je vous jure, j'ai pas une vie facile. (Non parce que des palettes et des bibliothèques abandonnées sur les trottoirs de Paris, y en a presque plus que des cacas de chiens).

Oh là là je dévie dangereusement. Ok j'avais prévenu que ce serait n'importe quoi, mais je voulais parler des arbres, pas du bois.

Il y a des tas d'associations et d'initiatives qui s'occupent de planter des arbres. Pourquoi ça me plaît ? Parce que c'est très transversal. Ce n'est pas intéressant que parce que ça fabrique de l'oxygène. C'est bon pour l'air, c'est bon pour l'eau, c'est bon pour les sols, c'est bon pour le climat, c'est bon pour la biodiversité, c'est bon pour les gens : parce que ça crée des emplois, parce que ça fait de l'ombre en ville quand on frit sous le cagnard, parce qu'une balade en forêt est 1000 fois meilleure pour le moral qu'une balade au centre commercial... Je m'arrête là, je n'ai pas besoin de pondre un bouquin sur le sujet, d'autres l'ont fait déjà (et de façon très très passionnée).

Allez je balance des noms maintenant.

Il y a le moteur de recherche Ecosia, qui plante des arbres grâce à ses revenus publicitaires. Je ne sais toujours pas trop si c'est du lard ou du cochon à certains égards parce que je manque de temps pour creuser le sujet, mais a priori ça a l'air bien. Et comme moteur de recherche au quotidien, après plusieurs mois d'utilisation, je le trouve concluant.

Il y a l'entreprise Reforestaction, qui me permet d'être cette copine relou qui offre des arbres plutôt que des fringues comme cadeau de naissance. Je crois qu'ils ciblent surtout les entreprises (vous voyez dans Friends, quand ils sont deg parce que le cadeau de Noël de la boîte c'est une donation faite en leur nom au National Ballet Bidule ? Bon c'est le même esprit. Feue ma grand-mère tirait la tronche quand je lui demandais des arbres à planter pour Noël... Mais ça me faisait vraiment super plaisir ! Je suis sûre qu'il peut y avoir des fois où ça fait plaisir aux deux parties).

Il y a Sauvons la Forêt, le site de pétitions spécialisées dans la défense des forêts, qui ont un nombre d'ennemis pas croyable.

Il y a l'association Duramen, qui travaille sur le patrimoine et la gestion forestière. Celle aussi des Planteurs Volontaires, qui s'occupe de reboiser la région Nord Pas-De-Calais, une des régions les plus démunies de France. Ils ont bien évidemment besoin de soutien financier, mais si on habite la région, on peut aussi par exemple leur signaler des terrains susceptibles de pouvoir accueillir des plants.

Je m'arrête là parce que je dois aller chercher ma poupette à l'école. Mais si vous connaissez d'autres initiatives intéressantes, n'hésitez pas à les ajouter dans les commentaires. Ça me requinquera quand j'aurai le moral dans les chaussettes.

lun. 20 novembre 2017

Jeudi après-midi à Saint-Dilon

J'ai déjà raconté ma découverte aussi fortuite que tardive de Gilles Vigneault. L'autre jour à la bibli, j'ai eu envie d'emprunter de nouveau le CD que la Chouquette et moi avions déjà bien usé l'année dernière.

Et puis jeudi après-midi, alors que j'avais une citrouille de trois kilos à préparer, au lieu de lancer une émission de radio ou un podcast - comme je fais souvent quand je suis en cuisine - j'ai branché le lecteur et j'ai mis le CD - comme je ne fais jamais, plus jamais : dans ma vie, il n'y a plus beaucoup de musique ni de cinéma, alors que c'est ce qui constituait l'essentiel de mes journées, me semble-t-il, quand j'avais vingt ans. Ce n'est ni grave ni triste ni irréversible ; on ne peut pas tout faire, tout vivre, et je fais et vis d'autres choses.

J'étais toute seule à la maison, et j'ai fait ce truc d'ado : j'ai mis une de mes chansons préférées en boucle, fort, et je l'ai écoutée dix fois, vingt fois, trente fois peut-être, tout en vidant et en découpant ma citrouille. Ce moment m'a procuré une sensation de bonheur et de liberté étonnante, je ne sais pas trop pourquoi ; peut-être justement parce que la musique est devenue rare, et qu'elle m'a grisée comme l'auraient fait deux verres de vin après quelques mois d'abstinence.

En tous cas, moi qui n'ai pas d'attirance particulière pour le Québec, qui ne sais pas danser et qui n'aime pas les fêtes, à ce moment-là, j'étais à St-Dilon et j'ai virevolté toute la soirée. J'étais celle qui s'ennuyait de Jean-Louis, j'étais celui à qui on avait serré la main plus fort et qu'en était tout étourdi, j'ai dansé la plongeuse, j'ai vendu ma famille pour un air de violon, j'étais le môdit malfaiteur.

Et puis j'en ai eu plein les oreilles, j'ai mis les quartiers de citrouille à rôtir, j'ai éteint le lecteur CD et je suis partie chercher ma mignonne à l'école. C'était bien.

Je vous mets le lien pour écouter la chanson... Mais alors attention, les images de la vidéo me cassent complètement mon délire. C'était pas du tout ça l'ambiance que je visualisais ; je veux dire, je ne suis pas très funky, mais un peu plus que Caroline Ingalls quand même.

jeu. 16 novembre 2017

OMG, des OGM !

Ma Biocoop invitait ses clients l'autre soir à la projection de Bientôt dans vos assiettes, un documentaire de Paul Moreira sorti en 2014. C'est à lui qu'on doit la fameuse séquence (qui avait beaucoup tourné sur Internet) du type qui défend ardemment la prétendue innocuité du glyphosate et a l'air d'une andouille particulièrement gratinée quand on lui propose d'en boire un verre. Vous vous rappelez ?

Sur la forme, le film a quelques défauts qui malheureusement ramollissent un peu le propos, mais certaines scènes restent assez percutantes. Je vous raconte ce que j'en ai retenu (histoire de ne pas oublier, moi non plus).

  • Ce technicien dans un élevage de porcs au Danemark, qui raconte comment la proportion de soja transgénique a augmenté peu à peu en quelques années dans l'alimentation de son cheptel. Cette augmentation trop progressive a empêché les éleveurs d'établir immédiatement un lien de causalité avec ce qu'ils appellent "la mort jaune", des diarrhées telles que 30 % des bêtes en mourraient (malgré la tournée générale d'antibios).

Le type, toutefois, a quand même eu une intuition, un jour, et a décidé de faire un essai pour voir ce qui allait se passer s'il virait le soja transgénique. Devinez quoi, en 48 heures le problème était résolu. (L'histoire ne dit pas si tous les éleveurs de porcs ont connu le même problème, ni s'ils l'ont tous résolu de cette manière, ni s'il est économiquement viable pour tous les élevages de tous les pays d'abandonner les OGM. Tout ce qu'on sait, c'est que ce n'est peut-être pas tant la plante à l'ADN tripatouillé qui rend les bêtes malades, mais plus probablement le cocktail de pesticides qu'elle s'est pris dans les folioles.)

  • Ce type en Argentine, gardien de plantations transgéniques généreusement arrosées de Roundup et d'autres cochonneries, qui explique qu'eux ne nourrissent pas leurs poules, ni leurs cochons avec ce soja-là, car les œufs et la viande sentent mauvais, ont un goût de pourri. Or en France, même si la culture d'OGM est interdite, l'import pour la consommation animale ne l'est pas.

Et d'après le film, l'import représente 45% de l'alimentation. La proportion d'OGM là-dedans n'est pas très claire (ou alors j'avais la tête ailleurs), car les producteurs ne sont étrangement pas très communicatifs sur le sujet.

  • Je retiens aussi la merveilleuse langue de bois du ministre argentin des sciences, qui évoque des problèmes de consanguinité quand on lui fait remarquer la proportion effrayante d'enfants qui, conçus et portés à proximité des champs pulvérisés au glyphosate, naissent avec de nombreuses infirmités. Et hormis ce problème de santé publique tout à fait tragique, la montée en puissance de Monsantou et compagnie en Argentine fait aussi des victimes économiques, car ce modèle d'agriculture dopé aux pesticides requiert beaucoup, beaucoup moins de main d’œuvre.
  • Et enfin, le cas, voire le mystère Patrick Moore (la fameuse andouille qui se voit proposer un petit Roundup on the rocks par Paul Moreira), que je ne connaissais pas : le mec a cofondé Greenpeace, et 10 ou 15 ans plus tard, a spectaculairement retourné sa veste (défenseur de l'industrie pétrolière, pro-nucléaire, climato-sceptique, et j'en passe).

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Eh bien d'abord parce que j'ai envie de papoter (oui je suis dans un jour où je me suis interdit l'accès à Twitter, oui j'ai du travail qui m'attend, pourquoi ?).

Et puis aussi pour poser un jalon : si jusqu'à présent, c'était pour des raisons éthiques que j'évitais au maximum le porc et le poulet de batterie, là j'ai clairement une raison de plus pour continuer comme ça. Bien sûr, à la maison, c'est facile, mais à l'extérieur... La salade César ou le croque-madame du petit bistrot pas cher, les nems du boui-boui thaï du coin, le jambon sur la Regina de la pizzeria à côté de la maison, le biryani de l'indien qui livre, le sandwich de supermarché... Autant de viandes dont la provenance est souvent plus que douteuse. Et dans le doute, justement, je préfère m'abstenir autant que possible.

(Même en habitant ce bled légèrement plus grand que Pétaouchnok-sur-Oise, je vous avoue que ce n'est pas toujours simple, l'offre végétarienne étant souvent fort limitée et/ou peu engageante. Mais bon. C'est pas comme si je bouffais au resto cinq fois par semaine non plus, donc c'est cool.)(Et OUI j'ai conscience que c'est un MPP (un Méga Problème de Privilégiée). Mais en même temps, qu'est-ce que vous voulez, je suis une privilégiée.)

jeu. 26 octobre 2017

Cul de sac

Des tas de pensées plus ou moins désordonnées m'occupent, voire m'absorbent entièrement, depuis le début du scandale Weinstein et des cris du choeur #balancetonporc et autres #metoo. Je n'arrive pas à me décider, en parler ou ne pas en parler ou parler d'autre chose. Je choisis donc de faire un peu tout ça à la fois : en parler pour dire que je n'en parle pas (pour le moment), puis parler d'autre chose. (Oui, ce blog souffre d'un problème de ligne éditoriale. C'est comme s'il y avait eu un changement de paradigme dans ma vie et qu'il n'arrivait pas à suivre. Bref.)

Ma bibliothécaire préférée avait parlé il y a quelques mois d'une bédé que je ne connaissais pas et qui m'avait fait de l’œil. Je suis en plein dedans et c'est le régal absolu. C'est drôle, tendre, juste ce qu'il faut d'absurde et de névrosé, j'adore. Alice et Petey Otterloop sont un peu les cousins de Charlie Brown (d'ailleurs j'ai envie de relire des albums de Snoopy maintenant). Puis-je vous conseiller ce petit bijou à mon tour ? Dans un mois et 28 jours, quand vous serez en plein dans les courses de Noël et dépourvu d'idées pour votre tonton Edmond ou votre belle-sœur Hortense, offrez ''Cul de Sac'', de Richard Thompson, et vous verrez, tout se passera bien.

lun. 09 octobre 2017

Voyage en Picardie

Ça ne fait pas tout à fait un an que ma grand-mère est morte, mais la Somme, si tu peux y aller à un autre moment qu'en novembre, en plein dans le brouillard et la pluie, pour le moral, c'est préférable. Donc, on y est allés fin septembre, mon grand-père, ma frangine et moi.

On a fait le plein de gâteau battu (tu connais pas le gâteau battu ? Imagine que tu prépares une brioche. Double la quantité de beurre. Tu y es ? Double encore... Maintenant, rajoute une grosse lichette de beurre. Voilà, tu as à peu près la recette du gâteau battu. Ça manquera peut-être juste un peu de beurre.)

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Visites aux morts – qui nous accueillent sans chichis - et aux vivants, qui mettent les petits plats dans les grands. C'était infiniment émouvant de voir ces (très) vieilles branches se tomber dans les bras, persuadées qu'elles étaient d'être parties pour mourir sans avoir eu l'occasion de se revoir (le nonagénaire n'est pas très mobile).

La tendresse des vieux clients pour leur vieux médecin, l'amitié fidèle des voisins d'il y a 30 ans, tout ça m'a gonflé le cœur à bloc.

On a révisé l'histoire et la géographie familiales. Sur la route de N., mon grand-père note platement : « C'est là que les enfants se sont fait écraser ». On ne s'arrête pas, on continue de rouler. La banalité des lieux me déconcerte. « Tu t'étais imaginé quoi, une route avec des crocs ? » me demande le Chou un peu plus tard. Ben non, évidemment, mais enfin, je m'attendais sans m'y attendre à un truc un peu vicelard, un virage à la noix, je sais pas.

Au lieu de ça, c'est une route toute conne, incroyablement conne, droite, en pente légère. J'aurais pu m'en douter.

« Ce soir-là, votre grand-père voulait se... (pudiquement, la vieille amie finit sa phrase d'un geste de la main). Mon mari lui a rappelé qu'il lui restait votre papa. Il était tellement bouleversé qu'il l'avait oublié. »

Je ne sais plus d'où je tenais l'idée, narrativement aussi subtile qu'une intrigue de roman de gare, qu'ils allaient ce jour-là en visite au cimetière (car le drame s'est joué en plusieurs actes). J'y croyais dur comme fer, mais la topographie contrarie ce scénario, et mon grand-père confirme : ils se rendaient tout simplement à la fac. (J'ai commencé par songer que c'était encore plus poignant. Et puis en fait, tu peux bien rajouter ou modifier tous les détails que tu veux, ça ne change rien. C'est en soi de la tragédie pure, infinie.).

« Il voulait tout arrêter, sa femme a refusé, elle était plus courageuse que lui », raconte la vieille cliente non sans une certaine cruauté, et lui acquiesce, les yeux dans le vague.

On rentre en région parisienne au bout d'une trentaine d'heures. Le lendemain, ralentie par la mise à jour d'un logiciel intime, j'ai un peu de mal à travailler.

mer. 04 octobre 2017

Ma cigarette électronique

J'ai un peu trop abusé de Twitter ces derniers temps, alors cette semaine, c'est ceinture (bon en vrai c'était la semaine dernière mais ce blog n'est pas très instantané). Je traîne sur Facebook comme un gros clopeur qui tire tristement sur sa cibiche électronique : c'est pas pareil.

Comme il faut bien se distraire du travail d'une manière ou d'une autre (semble-t-il : apparemment, juste travailler efficacement n'est pas vraiment une option pour mon cerveau. Dommage.), je trouve des dérivatifs : je mets à jour des albums photo, je trie des liens que j'avais marque-pagés, et puis, tout arrive, je viens bloguer. Pas pour causer, non, j'ai pas le temps (rapport qu'aujourd'hui j'ai DÉJÀ passé trois plombes à effacer de vieux e-mails et à lire des articles archivés depuis 2015). Mais je me disais que j'avais peut-être accumulé assez d'images pour un gloubi-boulga.

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(oui, bon, ça c'est pour se rassurer. Pondre une note de blog c'est pas non plus le Pérou)

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William Mortensen

DHdN05PWAAEGS9k.jpg_large.jpg J'aime les manchots.

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Rions un peu en attendant la prochaine guerre mondiale (je n'ai pas de sources mais j'ai un détail intéressant : la première est apparue sur mon mur Facebook, celui-là qui est si prompt à interdire les seins - féminins, évidemment. J'ignorais que les quéquettes échappaient à la censure.)

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Je trouve ce museau de mouton plein de délicatesse (et j'ai piqué l'image quelque part sur le site de la Ferme de Paris, je crois - oh là là décidément pour les crédits je baisse.)

mer. 20 septembre 2017

On biche

Ceci n'est pas un vrai billet, mais j'ai envie de partager combien je suis fière et contente pour mon Tigre et son associé, qui sont en train de s'offrir une jolie revue de presse autour de la sortie de la nouvelle traduction (par Marie Cosnay) des Métamorphoses d'Ovide.

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La surprise de ce matin par exemple, sur France Inter - 1 min 43 s de bonheur !

Si vous bouillez d'en savoir plus, je vous suggère d'aller voir par ici.

ven. 08 septembre 2017

Dans mes bras septembre

Je crois que notre Chouquette ne fera plus jamais de rentrée aussi cool de toute sa scolarité ; non seulement elle retrouvait sa maîtresse et sa classe, mais aussi sa meilleure amie, le tout dans une ambiance extrêmement détendue puisque, double-niveau oblige, il n'y avait d'abord que 6 « moyens » la première heure (le troupeaux de petits ne faisant sa rentrée qu'à 9h30). Elle est très heureuse, mais le soir quand je la récupère crevée et relou, c'est une autre histoire, le contraste est fort avec les dernières semaines toutes douces et tranquilles. J'essaie de garder la coolitude des vacances pendant le fameux créneau de l'enfer, 17h-20h, pour le moment ça ne marche pas trop mal.

De mon côté, je suis ravie (comme beaucoup de parents) d'avoir retrouvé le calme du travail. Pas de bonnes résolutions pour cette rentrée, mais des envies assez fortes de grand ménage de printemps : envie de virer tout ce qui ne me met pas en joie (oui j'assume, j'ai lu et j'aime Marie Kondo - même si visuellement chez nous ce n'est pas évident-évident), envie de voir plus de bons films et moins de vidéos Youtube médiocres, envie de finir tous mes projets à moitié entamés qui m'épuisent à force de traîner dans un recoin de ma tête (bon, joker pour le tricot peut-être, quand même), envie de mieux utiliser mon temps : j'ai la chance d'en avoir, c'est indécent de le gaspiller.

Le but n'est pas de me coller une pression de malade (parce que oui, des fois on a besoin de zoner une heure en traînant sur Twitter), seulement de mieux profiter de la vie. (ou alors tout ça c'est juste l'angoisse du spleen automnal qui me tourne autour)

IMG_4514.JPG (et j'ajoute quand même une photo de vacances parce qu'à la rentrée à la machine à café on se raconte aussi comment c'était au camping de la plage)

dim. 13 août 2017

Quelques grammes de douceur dans un monde de néonazis (1)

Arrêtez tout, ça y est, j'ai trouvé le glacier ultime ! (Sachant que j'étais déjà pas mécontente avec Amorino, mais que je me méfie de leur succès un peu trop énorme, chais pas, je trouve ça louche)

Ça s'appelle la Fabrique Givrée, je suppose qu'ils existaient depuis un moment déjà en Ardèche, mais ils viennent d'ouvrir à Paris (rue Soufflot, juste en face du Luxembourg) et donc j'en viens et c'était fabuleux.

Déjà, ils m'ont comprise tout de suite : ils ont une formule dégustation de 6 mini-boules, donc je n'ai hésité que 800 ans pour choisir mes parfums. Ensuite, ils travaillent beaucoup avec des produits locaux - enfin, locaux d'Ardèche quoi, bon, mais attends : locaux ET de saison : de la glace aux fraises, y en aura plus cet hiver par exemple. Le truc qui paraît évident mais qu'on ne voit pas si souvent en vrai, en fait (le nombre de restos pourtant attentifs aux produits, et qui continuent de te faire des desserts aux framboises au mois de janvier). Oui, d'accord, C'EST VRAI, ils sont comme tout le monde, ils ont vanille et chocolat et ça vient pas d'Ardèche et ils en ont sans doute toute l'année. Mais après, toi t'es pas obligé de prendre vanille-chocolat quand t'y vas, d'ailleurs a priori je te suggèrerais plutôt de faire comme les Romains à Rome et de prendre la glace au marron, hein.

D'ailleurs j'ai pris quoi moi, ça t'intéresse ? Je te raconte :

  • Abricot de Saint-Rémy-de-Provence
  • Pomme-Safran d'Ardèche (mais oui, ils ont du safran là-bas)
  • Basilic bio d'Ardèche
  • Marron d'Ardèche
  • Datte Medjool Fleur d'oranger du Liban (ok on s'éloigne un peu mais vous comprenez bien que je n'avais pas le choix)
  • Amande grillée Bio de Valencia

(Non y a pas de photo, on n'est pas sur instagram non mais ho) (en vrai j'ai laissé mon APN (et ma fille) à mon amoureux, tout là-bas dans les Cévennes)

L'abricot était sympatoche, mon palais n'est pas assez fin pour le sorbet pomme-safran ; l'amande grillée faisait bien le job, et la glace datte Medjool-fleur d'oranger était absolument divine. MAIS ALORS LE SORBET BASILIC ET LA GLACE AUX MARRONS OH MY GOD je pense que je vais en rêver cette nuit. Ce sont les deux parfums que j'ai choisis un peu sur un coup de poker, je craignais un truc trop astringent d'un côté, trop écœurant de l'autre, et en fait c'était tout simplement parfait : le basilic d'une délicatesse ahurissante, le marron d'une finesse époustouflante.

Bon, attention, c'est pas donné (tu payes les bons produits, normal, mais je les sens attentifs aussi à tout ce qu'il y a autour, les détails comme les jolis petits plateaux en bois, la police de caractère à la mode, la com qui soigne la bonne distance, ni sympathie forcée et forcenée façon Michou & Augustin, ni snobisme un peu froid d'Amorino qui laisse tout écrit en italien et tu te démerdes). Mais comme je dis toujours, les pâtisseries et les glaces de luxe, ça reste toujours plus abordable que la maroquinerie ou les voitures de luxe.

Bon et maintenant la question subsidiaire : en aurais-je écrit autant sur le sujet si je ne venais pas de passer une semaine en solitaire (vie ma vie de mormone) ? Il est possible que je n'aie pas tout à fait eu ma dose de parlote. Le Chou et la Chouquette rentrent demain, c'est parfait.

(1) je ne sais pas si les mormons suivent les infos mais j'avais quand même Internet cette semaine et oh misère.

lun. 24 juillet 2017

Tout fout le camp

Mercredi dernier, je prenais un café une glace avec Heure Bleue et Le Goût, que je n'avais pas vus depuis longtemps. Alors, quoi de neuf ? me demandaient-ils assez logiquement, et je manquais un peu d'inspiration pour leur répondre, quand mon téléphone sonna. Une minute plus tard, j'avais des nouvelles extra-fraîches à leur soumettre : ma grand-mère, l'autre, venait de mourir.

Je m'y attendais sans m'y attendre, ça sentait le roussi depuis quelques temps. Étant donné les circonstances, on peut dire que ça s'est plutôt bien passé (faut dire, depuis mon autre grand-mère, j'ai revu mes standards à la baisse). Mon chagrin se tient tranquille, mais je me demande si elle avait eu le temps de voir les photos les plus récentes de Hiboute, que j'avais envoyées quelques jours plus tôt (je ne le saurai sans doute pas, ça me taraude doucement, comme une fourmi qui vous escalade le pied). J'ai envie de passer un peu de temps chez elle, d'aller de pièce en pièce, de sentir les odeurs. Ça va être bien de voir les cousins demain, de se raconter des souvenirs.

Je n'ai pas hérité de sa bonne humeur perpétuelle ni de son cœur d'or, les deux traits qui la caractérisaient le mieux (ceux-là et son étanchéité absolue au second degré, à laquelle j'avais fini par me faire en vieillissant, mais qui fut source d'exaspération pour ma sœur et moi, à l'âge où nous n'étions que sarcasmes et ironie mordante). En revanche, Hiboute chantonne parfois comme elle, ça m'attendrit.

Quelques souvenirs :

  • les habits de Barbie qu'elle avait cousus pour nous. Ce tailleur gris notamment, très chic, qu'elle avait doublé de satin, elle qui ces dernières semaines n'arrivait même plus à décrocher son téléphone tellement avait les doigts paralysés.
  • Mes premières promenades dans Paris, c'était avec elle. Ce sont des souvenirs forts. Je peux m’enorgueillir d'être la première - et la dernière - de ses petits-enfants à lui avoir fait grimper les escaliers de l'Arc de triomphe.
  • Les photos qu'elle prenait, en mettant une fois sur deux le doigt sur l'objectif.

J'ai toujours parlé d'elle moins que de mon autre grand-mère sur ce blog, parce que nos relations étaient plus diluées. Il me semble pourtant que je n'ai pas moins de souvenirs d'elle, que je n'en étais pas moins proche. Ce n'est peut-être qu'une bête question de proximité géographique, et de fréquence de visite. La comparaison est inévitable, et pourtant elle ne rime pas à grand-chose.

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Avec Hiboute, Noël 2013

mar. 18 juillet 2017

Ma dernière récolte de jpeg

De haut en bas : A man feeding swan in the snow, de Marcin Ryczek (une photo que j'aurais aimé prendre) ; s'il fallait n'en garder qu'un, LE plan à avoir en tête - surtout en cas d'apocalypse zombie ; un problème que j'ai dans la vie (par The Awkward Yeti); le travail de l'artiste Sheena Liam ; un tweet qui m'a fait rire.

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mer. 12 juillet 2017

Surconsommation vs. Consom'action

Vous m'avez demandé dans ce billet de quel groupe Facebook et de quel livre je parlais. Je vais vous le dire, mais je crois que je suis d'abord partie pour vous pondre un loooong préalable.

Lors de la dernière campagne présidentielle, et surtout au moment de l'entre-deux tours, il y a deux choses qui ont attiré mon attention chez les gens qui étaient en colère. Le sentiment d'impuissance d'abord, chez certains ("on subit tout", disait l'un d'entre eux, ce qui me semblait bien résumer le problème, en tous cas le problème pris sous cet angle-là), et puis chez d'autres, celui de se trahir et de trahir leurs valeurs en votant EM. Voici un extrait de ce que j'avais écrit à l'époque en discutant sur FB (non, je ne me cite pas par vanité, mais par flemme et manque de temps pour reformuler) :

"sur l'écartèlement moral que constitue un vote EM, la période électorale déforme la réalité avec cet effet de loupe sur notre vote, et peut nous donner l'impression de n'avoir voix au chapitre qu'à cet instant, une fois tous les 5 ans. On sait bien que c'est faux. Déjà, il y en a d'autres, des élections - moins médiatisées, auxquelles les citoyens participent moins, mais pas moins importantes. Ensuite, j'ai le sentiment de voter dans ma vie de tous les jours, dans mes choix de tous les jours, et surtout mes choix de consommation, puisque l'argent est le nerf de la guerre. Donc ce vote de dimanche constitue moins un pic dans ma vie de citoyenne que ce que la focalisation médiatique pourrait me donner à penser. Et je crois qu'on est de plus en plus nombreux à prendre conscience de ça."

Peu après ce moment-là, mon intuition (certes, y avait pas besoin de s'appeler Madame Soleil) a été confirmée par la découverte d'un certain groupe FB, dont les administratrices venaient de publier un certain livre, ainsi qu'un manifeste intitulé... www.jevoteauquotidien.fr/. Je cite :

Des bulletins de vote, vous en avez plein, bien plus qu’un tous les 5 ans, et vous votez chaque jour, sans en avoir conscience. Nous, les consommateurs, sommes la clé, nous avons le choix, car chaque fois que nous dépensons notre argent, nous finançons un système. Un système destructeur et esclavagiste, ou bien un système qui porte un nouveau modèle de société plus sain et plus équitable.

(et là à nouveau j'aimerais remettre la main sur cet extrait de Marius et Jeannette qui résume cinématographiquement le concept)(ou sur l'interview d’Élise Lucet, parue dans Télérama, qui raconte qu'au début les grosses boîtes ne la prenaient pas au sérieux, jusqu'au jour où le cours d'une action a chuté après la diffusion d'une émission à charge)

Et c'est aussi en partie le sujet du livre en question (j'arrête avec mon suspense à deux balles) :

J'arrête de surconsommer, de Marie Lefèvre et Herveline Verbeken.


Il est vraiment très bien foutu, ce livre. Bon y a un peu trop de points d'exclamation pour mon goût personnel, et l'aspect « gamification » n'a pas du tout fonctionné sur moi, mais sinon, il est parfait. Il ne parle que de choses que j'avais déjà en tête, mais soit en vrac, soit à l'état embryonnaire. Ici, les autrices articulent toutes ces idées à la fois très simplement et très intelligemment : elles commencent l'air de rien par te donner deux-trois gentils conseils de cuisine, et puis tout à coup, bam, elles te sortent une critique du système financier assaisonnée à l'acide sulfurique.

Bon, peut-être que moi, j'ai été très sensible à leur discours parce que je suis déjà tout acquise à la cause, mais le fait est, les témoignages du groupe le prouvent, que ça touche même des gens qui au départ n'en avaient rien à cirer de la planète. Ça me fait du bien parce que ça me donne de l'espoir...

(ah oui, le groupe : il s'appelle « Gestion Budgétaire, Entraide et Minimalisme ». Sexy, je sais.)
edit : je rajoute un chouette article un peu dans cette veine si vous n'avez pas eu votre dose (ou que vous procrastinez encore au lieu de bosser, vilains petits décroissants), parce que j'aurais pu l'écrire à peu près mot pour mot...

lun. 03 juillet 2017

Il s'est passé quoi en juin 2017 ?

J'ai accepté une traduction de trop, d'où mon peu de présence par ici.

Et comme toujours (enfin depuis 2-3 ans ça se précise de plus en plus), le mois de juin est très rempli, frénésie de soleil et de copains et de pique-niques.

Nous avons fait la connaissance du manège des espèces disparues / en voie de disparition (ouais un peu démoralisant comme thème) au Jardin des Plantes (on avait commenté un peu fort la drôle de gueule des girafes, du coup le monsieur du manège est venu nous expliquer le principe).

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Ceci n'est pas une girafe. Vraiment. C'est un sivathérium (non j'avais pas retenu, j'ai fait une recherche).

J'ai fait une looooongue balade avec Adèle qui collectait toutes les fleurs, feuilles, petits bâtons et jolis cailloux qu'elle croisait. On a mis deux heures à rentrer à la maison (pour un trajet de 25 min normalement), c'était une merveilleuse après-midi, très sereine, très simple.

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Le standard de bonheur du parent, c'est facile : il suffit que le môme MARCHE. Même à deux à l'heure, même en faisant mille détours, juste : qu'il marche, au lieu de réclamer les bras et de chouiner qu'il est fatigué.

J'ai fait des madeleines, regardez-moi ces bosses, non mais regardez-moi un peu ces bosses ! Elles étaient plus jolies que bonnes, même si très correctes tout de même.

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Vous pleurez comme des madeleines ou vous rigolez comme des bossus ?

En cuisine toujours, j'ai fait cette crêpe à la silhouette parfaite de sorcière :
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On a eu un superbe coucher de soleil pour fêter l'arrivée de l'été (et la musique, accessoirement).

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Le Chou et moi avons accompagné la classe de Hiboute au Musée en Herbe.

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Et nous avons appris, ô joie, que Hiboute aurait la même - super - maîtresse l'année prochaine. Bref, une année qui finit bien...

jeu. 15 juin 2017

Deux émissions de radio qui se répondent

Dans l'une, le combat d'une femme pour faire reconnaître comme maladie professionnelle le cancer auquel son frère (ouvrier viticole) a succombé, puis pour limiter tant bien que mal les dégâts sanitaires liés aux pratiques viticoles.

Dans l'autre, Claude et Lydia Bourguignon racontent que les vignerons les sollicitent beaucoup, parce qu'en agriculture biologique le vin devient meilleur, et du coup, économiquement aussi...

Des citoyens qui changent le monde : La vigne et Superphénix

La tête au carré : manifeste pour une agriculture durable

Allez-y, chères idées, envolez-vous, accrochez-vous les unes aux autres, parlez-vous dans la tête et dans la bouche des gens, germez, poussez, épanouissez-vous.

jeu. 08 juin 2017

Bonheurs-du-jour de la semaine (sélection)

  • météorologique

Se faire surprendre par une énorme averse MAIS à 5 min de la maison. Rentrer complètement rassouillés, ôter aussitôt les fringues détrempées pour enfiler quelque chose de sec. C'est presque surprenant tellement c'est fort comme kif.

  • de bibliothèque

Recevoir un mail des bibliothécaires qui dit que notre suggestion d'achat a été retenue, et avoir l'impression d'avoir gagné au loto.

  • de synchronicité

Sortir de chez l'ostéo qui préconise d'arrêter de bosser dans le canapé (je te raconte pas le travail de deuil) et d'investir dans une bonne chaise de bureau. Sur le chemin du retour, tomber sur un fauteuil à roulettes absolument parfait - un peu élimé mais tout à fait fonctionnel et confortable. Problem solved.

  • socio-écologique (oui j'invente des concepts en 2 secondes si je veux) :

Sur ce groupe FB qui aide ses membres à gérer leur budget de manière "verte", lire des témoignages de gens arrivés là sans aucune conscience écologique et qui ont eu envie peu à peu de s'y mettre en découvrant combien l'ambiance était à l'entraide et à la bienveillance. Ces prises de conscience en douceur, quel bonheur, et quel espoir...

jeu. 01 juin 2017

Il s'est passé quoi en mai 2017 ?

Non parce que un changement de président, ok, mais sinon ?

Le printemps était là et bien là ; j'ai maté les abeilles qui s'en donnaient à cœur joie dans les fleurs, c'était la grosse frénésie.

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On est allés en Bretagne se vivifier un peu les chairs.

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Moi : Regarde ma chérie comment c'est fait une étoile de mer, t'as vu tous ses petits pieds ? C'est dingue !! Regarde, non mais regarde comme elle avance !

La chérie : ... (rien à foutre)

J'ai savouré le moment où j'ai réussi après 23 essais à faire le fameux effet flou de bougé / sujet net. Pour s'entraîner, le trampoline géant est idéal : le sujet en question, captif, ne peut pas s'enfuir, et un peu comme au tennis, il n'est pas bien compliqué d'anticiper le mouvement général : de bas en haut ou de haut en bas.

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J'ai fait du sirop avec la menthe du jardin. Franchement, ça déboîte, Teisseire peut aller se rhabiller.

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jeu. 18 mai 2017

Déjà jeudi, tirage au sort

Et c'est Léonie qui remporte le gros lot livre de yoga ! Tu m'envoies un mail avec tes coordonnées ?

(Et comme ça fait un peu court pour une note, je continue dans la thématique têtards en vous laissant sur ce commentaire trouvé sur le FB de La Hulotte, parce que c'est le genre qui permet de se rappeler que les humains sont parfois des créatures adorables) :

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