Les joies inespérées du métier de barmaid
Par Milky le jeu. 17 mai 2007, 00:27 - Journal - Lien permanent
A certains, Dieu envoie un caddie, à moi il envoie un réconfort à mes heures de
travail parfois un un peu pénible.
Aujourd'hui, alors que comme tous les jours ouvrés que Dieu fait, j'essuyais
la vaisselle derrière mon comptoir, j'entends un homme demander au nain qui
l'accompagnait "Qu'est-ce que tu veux, Billie ?". Amusée, je songe Tiens,
Billie, comme la fille de -M-...
Je lève les yeux, puis les écarquille : c'était LUI !
C'est terrible d'être fan, on perd toute dignité. Pour ma part, j'ai
commencé par rougir (ma procédure habituelle en cas de toute émotion plus
intempestive que celle d'une visite chez le podologue), puis j'ai réalisé que
mes jambes ne me soutenaient plus vraiment ; au bord de l'apoplexie, je me
jette sur le barman T'as vu, c'est lui, c'est lui !!
Mon barman qui en a vu d'autres : Bin va lui demander un
autographe ! Moi, azimutée : Rho nan ça fait trop con !
Et en plus c'est vrai, je m'en fous des autographes. Moi ce que j'aurais
aimé, c'est aller m'asseoir en terrasse à sa table, commander une bière et
refaire le monde avec lui...
Bref, voilà que mon barman chope le jeune Chedid au passage et lui demande
un autographe pour moi ; j'allais quand même pas insister Nan nan j'en
veux pas ça fait con !
Nous voilà donc en tête à tête (seulement séparés par un comptoir et une
cinquantaine de verres à essuyer). Nous avons la conversation (1) la plus
originale du monde qui existe entre un chanteur et sa fan, j'aime beaucoup ce
que vous faites, vous travaillez sur quoi en ce moment, il est sympa Sean
Lennon ?
Et le pire c'est que j'ai menti, c'est pas vrai, je n'aime pas beaucoup ce
qu'il fait, plus ça va moins j'aime à vrai dire, nos musicalités divergent que
voulez-vous, mais bon, j'aime ce que fût un temps il faisait. C'est juste ce
type, son énergie, ses manières, son allure, sa méditerranéité (hum), tout ça
me séduit, durablement.
Enfin, j'ai eu mon autographe que je ne voulais pas, le temps a cessé de
suspendre son vol et je suis retournée à mes torchons.
Tout l'épisode a été bien agréable, quoiqu'au même moment depuis un coin
reculé de mon coeur, je me sois sentie un peu misérable, dans mon petit costume
de barmaid (2)... De quoi pouvais-je avoir l'air à part d'une groupie
nunuche ? De rien. Alors que si je l'avais rencontré en tant que
photographe, j'aurais toujours eu l'air d'une groupie nunuche MAIS photographe,
quoi. Entre Hârtisstes, on aurait peut-être eu une conversation plus
intéressante... (et puis avec mon zobe numérique au moins, quand je rougis je
peux toujours me cacher derrière).
(1) déjà, nous avons une conversation, chose qui ne m'était pas du tout
évidente il y a quelques années, où je me contentais de rougir le plus fort
possible pour montrer combien j'étais contente, un peu comme les chiens qui
remuent la queue...
(2) c'est une très jolie chemisette, mais j'en ai marre du pantalon noir et des petites chaussures de gonzesse, je ne suis heureuse que dans mon jean et mes grolles urbaines (ou bien mes chaussures en crocodile qui font tap-tap et que mes parents adoptifs trouvent immondes)
Commentaires
aaaaaaaahhh! J'y crois pas!!!! Hallucination générale!
mmmh pardon, je vais aussi garder un peu de dignité... je dirais donc juste que j'aurais aimé voir cette scène pour balbutier en coeur avec toi.
J'aime le prix de ces chaussures !!!
Deux choses:
- Caddy, au singulier, justemment, c'est caddy.
- Tes chaussures (bon, c'est vrai que, bon...)mais en plus de faire un bruit qu'on dirait Fred Astaire à l'entraînement, elles flinguent le plancher.
T'inquiètes, on est toutes pareilles, quand on rencontre une vedette on reste comme deux ronds de flan !!!
Ah oui j'avais oublié de te dire qu'il passait souvent dans le quartier
(non je rigole)
Pas d'accord avec ysa, on n'est pas TOUTES pareilles dans cette situation-là (Les deux seules personnes qui m'ont laissées sans voix quand je les aies croisées pour la première fois, c'était Erri de Luca il y a une dizaine d'années (voire plus) et Heidi Gaggio Giuliani - vous me direz, c'est pas des vedettes - ben non juste des personnes admirables) et puis d'abord je ne vois pas pourquoi on devrait avoir une attitude différente envers quelqu'un sous prétexte qu'il a de la notoriété (enfin sauf si du coup il ne se balade pas sans 15 gardes du corps parce que là bon OK on est bien obligé(e)s d'en tenir un peu compte)
PS : t'aurais dû y dire, quel dommage depuis quelques temps nos musicalités divergent, il se serait souvenu de toi ;-)
plus sérieusement tu aurais pu avoir un peu une discute au sujet du pourquoi de son évolution, ça aurait pu d'apprendre indirectement des trucs pour la photo ou sur des photographes dont le regard change au fil des ans
(je dis ça pour la prochaine fois, quand veux-tu que j'y dise de repasser ;-) ? (non, je rigole))
Liv : je n'en attendais pas moins de toi !
HB : n'est-ce pas !
Le goût : oui mais j'aime pas, et puis tu n'as qu'à considérer ça comme une francisation grammaticale ( -y pluriel -ies, c'est trop angliche)
Et mes chaussures de Fred Astaire, c'est pour ça que je les aime ! (mon parquet est déjà bousillé depuis longtemps)
Ysa : justement non, le facteur "people" en soi peut me faire marquer un court arrêt genre "ah tiens, une vedette", mais si c'est quelqu'un qui me plaît particulièrement, connu ou pas connu, je suis incapable de réagir normalement (y a qu'à voir ce que ça donne avec mon libraire qui n'est pas particulièrement célèbre pourtant)
Gilda : en fait tu bluffes à raison puisqu'effectivement, soit il habite pas très loin soit il a régulièrement à faire dans le quartier : la serveuse m'a dit que ce n'était pas sa première visite dans notre bistrot !
Quand à la teneur de notre conversation, tu penses bien que depuis j'ai eu le temps de trouver plein de choses plus intéressantes et moins mensongères à dire que "j'aime beaucoup ce que vous faites" !!
Mais la tienne est bien, je note ("en fait m'sieur Chedid, j'ai menti l'autre jour, à la vérité nos musicalités divergent depuis un moment..."). Enfin encore une fois, je me soigne et ça porte ses fruits puisque j'ai été capable d'articuler quelques phrases (développement moteur d'abord, psycho après !)
J'ai appris que Jean Dujardin habitait dans mon quartier... je vais peut être sortir plus souvent près de chez moi histoire de le rencontrer ^^
Non, parce que Dieudonné, je suis lassée... je l'ai déjà vu 3 fois. Et c'est pas à lui que je dirais : j'adore ce que vous faites!
Ce qu'on peut faire pour etre prete en toutes circonstances, c'est d'avoir des phrases basiques et des bouts de conversation qui passent avec tout le monde (enfin toutes les stars) et on balance a la star d'amour.