(mon patron n'est pas là aujourd'hui, c'est un autre qui le remplace, il a aussi des défauts mais il est affable)

Je vois mon barman et mon patron intérimaire discuter à voix basse. Puis m'appeler "Viens voir par là !"

Et me demander "Tu finis quand, au juste ?"

Moi : bin le 31 juillet, comme prévu, pourquoi ?

On m'explique que le patron avait compris que je partais plus tôt que prévu, à savoir cet après-midi. Je mets les choses au clair, et puis m'en vais gamberger dans mon coin : c'est pour ça qu'il avait l'air si rogue !

Je ne m'explique pas un tel malentendu, ou plutôt, je me doute : d'un côté, lui, patron, s'attendant par principe et a priori à ce que ses employés lui fassent des coups de pute. De l'autre, moi, la mine défaite, qu'est-ce que je dis, décomposée, venue quémander deux jours de congé d'une voix blanche : quand il a vu ma tronche, il n'a pas écouté ce que j'ai dit, persuadé qu'il allait entendre ce qu'il redoutait.

Et moi de mon côté, pas déçue de sa réaction !

C'est instructif.

Je ne dis pas qu'il m'aurait correctement comprise si j'étais venue vers lui d'un pas serein, que j'avais eu la voix claire et posée, et que j'avais tranquillement exposé ma requête avec la seule simplicité qu'elle demandait ; il demeure coupable de n'avoir pas daigné me répondre. On dirait une fable cette histoire : la morale étant que si j'avais eu confiance en moi, tout ça ne serait pas arrivé.

Et paradoxalement, d'une manière générale, si j'avais confiance en moi, tant de choses arriveraient, enfin...

(peut-être que je ne suis pas très claire, il est possible que j'opère des raccourcis parce que je songe à ce problème depuis un moment...)