L'autre jour, à la MEP.

Je serais hypnotisée par l'expo de Charles Matton si la vieille ganache qui me précède de quelques photos s'arrêtait un peu de parler (pourquoi les gens qui parlent fort ne racontent-ils jamais des choses intéressantes ?).

Je ne suis guère étonnée lorsque le téléphone de l'importune se met à sonner (fort aussi : tel maître, tel mobile).

Allô oui ? Ah oui, Jean-Jacques... Oh, je vais la rappeler tout de suite. Merci !

Clac, elle raccroche et compose un numéro. C'en est fichu de l'ambiance sonore qui accompagne l'exposition.

Oui, bonjour madame Gudrun !... Oui, tout à fait, vendredi ça m'irait très bien...

Arpentant la salle, elle se rapproche de moi, qui bous depuis une demi-heure.

Oui, je vous écoute...

Je fais volte-face, et je lui rétorque vertement Moi aussi je vous écoute.

Mais ce vieux clairon avait atteint un tel degré de sans-gêne qu'elle s'est contentée d'un vague geste d'apaisement en s'éloignant de quelques mètres. Même pas possible de lui coller la honte ! (oui, j'aurais bien aimé)