Ce week-end, un nouveau pèlerinage dans mon enfance ; après le Touquet et Nikita, Friville-Escarbotin et la maison de mes grands-parents où jusqu'à l'âge de 5 ans j'ai eu l'impression de passer toute ma vie (en fait, j'y allais juste très souvent - et longtemps). Il y a quelques mois j'ai écrit une petite carte aux actuels propriétaires de la fameuse maison, leur racontant mon voeu de venir revisiter les lieux, et ils ont accepté avec enthousiasme (lucky me).

Je sais que ça peut paraître un peu morbide comme démarche, que ça donne l'impression que je ne veux pas grandir, un syndrome de Milky Pan. Et puis on pourrait croire qu'il est dangereux d'exposer les souvenirs à la lumière du présent.

C'est tout le contraire. Déjà, comme à chaque fois, j'ai l'impression de récupérer des bouts de mon disque dur. Ensuite, cette juxtaposition de l'avant et de l'aujourd'hui, les émotions, les sensations, me fait beaucoup de bien. Ca m'apaise. Ca fait partir les démons en fumée et ça ravive les couleurs des bons moments. Magique, j'vous dis !

Plus qu'à nettoyer dans ma tête, mettre à la corbeille les images devenues caduques, réorganiser la section fantasmes, mettre à jour les données ("la porte derrière laquelle je me suis morfondue pendant des jours en attendant que ma mère vienne me chercher, elle est pas en verre dépoli jaune comme je croyais me rappeler, elle est en verre blanc tout bête" par exemple), transférer les sentiments, etc.

Evidemment, tout ça, je ne pourrai pas le faire avec chaque bout de mon enfance (quoique je songe déjà à renouveler l'expérience avec Forcalquier, l'Eden de nos jeunes années avec ma frangine... pas tout de suite, mais un jour ou l'autre) ; mais ça m'aide à devenir adulte. Je réajuste, comme un vêtement.