Understanding / No understanding
Par Milky le mer. 28 novembre 2007, 20:26 - Journal - Lien permanent
Pourquoi, quand j'aide une vieille dame à traverser la rue, ou que j'attends
le bus d'un aveugle, je me sens juste, alors que donner une pièce à un
mendiant ne fait qu'aiguiser ma mauvaise conscience ?
C'est, malgré moi, deux poids deux mesures. J'aborde les fous et les éclopés
avec naturel, tandis que les pauvres (1) gens à la rue me laissent
désemparée ; il y a quelque chose en moi qui ne peut pas comprendre, qui
ne veut pas admettre.
Peut-être parce qu'il n'y a pas que la fatalité qui justifie cet état de fait,
tandis que c'est tellement plus facile et absurde, il me semble, de se
retrouver dans un fauteuil roulant ou de perdre la raison. Je ne sais
pas.
(1) au temps pour moi, il est vrai que les pauvres sont loin d'être tous à la rue...
Commentaires
C'est vrai qu'il n'y a pas que la fatalité. C'est souvent un manque de férocité ou de rapacité qui est à l'origine de ce défaut majeur...
Le goût : je pensais plutôt à la société...
Pour ma part c'est plus moche (triste ?) : je donnais jeune à qui demandais dés lors que je pouvais (pas toujours je suis une riche par moments très fauchée) y compris à ceux dont je soupçonnais l'insincérité.
Et puis un jour j'ai surpris un baratineur en flagrant délit d'expliquer à un pote combien il nous avait bien eu, nous miteux voyageurs d'un train de banlieue et ça m'a refroidie pour longtemps. Le type était très bon acteur. J'aurais pu me satisfaire d'avoir raqué pour une prestation exceptionnelle.
J'ai eu la période où je remettais fin décembre mon compte courant à zéro en versant le solde aux restos du coeur et à la recherche contre le cancer (Curie pas Crozemarie (ouf)). Ne pas croire que ça faisait beaucoup.
Puis il y a eu des temps difficiles, tout en ne cessant pas de bosser, alors je n'ai plus fait ça, j'ai pensé aux impôts que je payais avec parfois tant de difficultés et qui devraient peut-être bien servir à la solidarité, j'ai pensé à mes mômes, et j'ai délégué aux vrais riches la solidarité. Notre niveau de vie a baissé.
Depuis que par là-dessus j'ai perdu la confiance, même si dernièrement j'en ai retrouvé une fragile bouture (grâce aux blogs, aux lecteurs, aux blogueurs), je ne sais plus rien donner. Ce n'est même pas de l'indifférence, c'est au delà, une sorte de désespoir, trop de souffrance aussi pour moi à gagner chaque euro de ma paie.
Reste effectivement l'aide physique, sauf que je suis souvent moi-même un peu trop encombrée pour constituer un secours efficace. Parfois aussi les demandants manquent de jugement (je me souviens d'une dame à poussette me demandant un coup de main au sortir d'un train de banlieue alors que d'autres étaient des hommes jeunes et d'apparence solide et les mains dans les poches et que je trimbalais pour ma part non sans difficultés un lourd sac de sport. J'ai transmis la demande en plus qu'un des gars a aidé volontier et que j'avais comme un soupçon de pourquoi à eux elle ne demandait pas qui n'étaient pas des visages pâles)
A part ça au départ contrairement à toi je ne ressens pas d'écart entre les situations. Chez moi ça se pose en terme de : a besoin d'aide, puis-je y répondre. Le pourquoi du besoin importe relativement peu.
Je donne ou pas, au feeling, je fais comme je peux mais je ne me sens pas mal à l'aise, ni de donner, ni de ne pas donner...