Revue approximative
Par Milky le dim 01 juin 2008, 22:33 - Journal - Lien permanent
J'ai donné dans le culturel ces jours-ci : cinéma (Teeth et
Un Conte
de Noël), art contemporain (Sophie Calle, Prenez soin de
vous), et si j'étais une bonne blogueuse, je m'attellerais à la tâche de
vous critiquer tout ça. Seulement, avant d'être une bonne blogueuse, je suis
une bonne grosse flemmarde et j'ai moyennement envie d'expliquer en détail ce
que j'ai aimé et ce que je n'ai pas aimé là-dedans. Avec un peu de chance, en
plus, vous vous en fichez.
Très rapidos donc (oh ce formidable avantage du blog qu'est le droit de
bâcler si on veut, quand on veut) :
Teeth : l'histoire d'une jeune fille qui se découvre
un vagin denté : grand-guignol et plus profond qu'il n'y paraît ;
rigolo surtout pour les filles (un peu moins pour les garçons, qui semblent
éprouver un léger malaise à voir leurs meilleurs amis ainsi malmenés).
Réalisation un peu faible, mérite cependant d'être vu à mon sens.
Un conte de Noël : les défauts habituels des films de
Desplechin (trop bavard à mon goût, notamment), pour le reste : tous les
acteurs sont beaux, hommes, femmes, enfants, et tant de beauté fait du bien, je
trouve. De belles photos, un chouette décor ; quelques vrais moments de
cinéma, et puis la scène d'amour entre Sylvia et Simon, mmmmh, très simple et
tellement sensuelle (désolée si vous n'en avez rien à carrer, mais moi je suis
en rut en ce moment et je ne peux le vivre que par procuration)
Prenez soin de vous : je ne suis pas loin de penser, comme Heure Bleue avait lâché, lapidaire, que Sophie Calle est, je cite, "une opportuniste sans talent qui a un bon carnet d'adresses". Je n'irai pas jusque là, mais il est certain que cette personne sait s'entourer (et encore, avec plus ou moins de bonheur). Il semblerait qu'elle ait su exploiter le concept développé par Queneau dans Exercices de styles, avec plus de moyens, plus de média, plus de people. (pour ceux qui n'auraient pas suivi l'actualité de la Calle : une lettre de rupture décortiquée, et transcrite de toutes les façons par 107 femmes : en morse, en braille, en russe, en scénario... analysée par une juriste, une journaliste, une correctrice, une écolière). Vue avec Pumpkin, nous avons beaucoup critiqué cette expo, mais mine de rien, finalement, elle a alimenté notre conversation pendant un bon moment...
Commentaires
les malheurs de Sophie :
Je veux qu'elle a un bon carnet d'adresse, nanmého !
Pas d'accord sur le opportuniste d'Heure Bleue, elle est à fond dans ce qu'elle fait.
Un peu triste que l'expo ne vous ait pas émues. Une question d'âge peut-être (quand on a de la bouteille et donc fatalement de l'expérience en quitation, forcément ça nous touche davantage, le sujet).
AD's CdN : jocker, mais je peux au moins dire que je suis très d'accord avec toi sur la scène d'amour, filmée avec respect et sensualité.
Teeth : le sujet ne me donne pas, mais alors vraiment pas envie d'y aller.
Ah oui, Sophie Calle, je la trouve énervante ! Je suis une ancienne fan qui ne l'aime plus trop depuis son expo à Beaubourg. Si je trouve ses textes attirants et agréables à lire, je trouve qu'elle devrait s'en tenir à publier des livres ; j'avais trouvé que voir son oeuvre sous forme d'expo ne présentait absolument aucun intérêt. Je la trouve également opportuniste. Et puis finalement, je trouve qu'elle tourne en rond et n'évolue pas des masses.
Sinon, tu m'as donné très envie d'aller voir Teeth !
en rut ??? Aie.... c'est le printemps je suppose !
Gilda : pas émues, peut-être parce qu'on n'a pas assez été quittées... (mais on l'est toujours trop, alors je ne vais pas me plaindre)
Couac : alors il faudrait que je lise quelque chose d'elle, histoire d'avoir une autre approche...
Plume : on ne peut pourtant pas dire que le soleil soit l'invité d'honneur cette année...
Prenez soin de vous ... hum en effet, chez moi ça a généré pas mal d'écriture (c'est comme la conversation quand on voit les expos seule !). L'idée me plaisait bien. Mais j'en ai eu vite marre. Marre de lire ce que chacune pouvait avoir à dire, pas tellement captivée par les vidéos des lectures de telle ou telle actrice ou des chansons dans le salon de telle chanteuse. Certains de ces commentaires pouvaient êrte intéressant mais l'oeuvre ne va pas plus loin malheureusement que le commentaire. Et puis toutes ces femmes qui ont décidé de tourner ce (pauvre) homme en dérision à grand refort de psychanalyse et de stylistique sentait un peu l'acharnement.
Enfin, la salle est très belle et j'ai bien aimé le brouhaha des vidéos.
Elo : en parlant de brouhaha, j'ai trouvé vraiment peu judicieux de mettre la vidéo de Camille juste à côté de la sonate pour piano...
Le truc avec cette expo, c'est que j'ai surtout l'impression assez désagréable de CONSOMMER de l'art.