On était parties au cinéma, et puis en arrivant à Nation, on a débarqué dans une brocante ; je ne suis pas très forte en chine mais j'aime bien ça quand même, et puis le cinéma, lui, allait rester là encore un moment.

Nous voilà donc parmi les étals, beaucoup moins de professionnels qu'à la brocante de Biniou-City, c'est rafraîchissant... d'ailleurs j'ai décidé que les brocantes à Paris, c'était mieux, pour plein de raisons :

  1. Pas besoin d'être tout le temps à l'affût d'une maison de barbies ou d'un abat-jour japonisant derrière lequel bondir pour se cacher dès qu'on croise quelqu'un à qui on n'a pas envie de parler : dans la capitale, ça arrive moins souvent que dans le bled de 2000 habitants où vos parents habitent depuis 25 ans.
  2. Dans le même ordre d'idée, pas besoin de vérifier discrètement l'identité des personnes qui tiennent les stands pour changer de trottoir au cas où.
  3. Les prix sont moins élevés ! Peut-être parce qu'on reste entre parisiens ; à Biniou, il y aurait un effet "le chaland est un touriste donc une vache à lait, arnaquons-le donc gaiement". Hypothèse élaborée hâtivement, c'est mon premier vide-grenier ici.
  4. La diversité y est bien supérieure, forcément : sachant que le parisien moyen est originaire d'un peu partout (et quelques fois de Paris), les merdouilles que ses aïeux et lui-même ont accumulées au cours de leurs vies ont des provenances bien plus diverses que celles du Biniou-citoyen, fils de Biniou-citoyens, petit-fils de Biniou-citoyens, etc.

Tout ça pour vous avouer que j'ai acheté à peu près autant de merdouilles cet après-midi que sur la brocante de Biniou City au cours des dix dernières années...

  • Un petit vase en cristal de bohème, pour quand mes (nombreux) prétendants m'offrent des fleurs - que jusqu'à présent je casais tant bien que mal dans mon verre-doseur, à 4 €
  • Un bracelet de style vaguement 60s pour 1 €
  • Un petit livre pour mon neveu (parce que je suis une tante extra), 0,50 € (extra-radine oui)
  • Un moulin à poivre (et la salière assortie) en bois et métal argenté, classique mais costaud, pour 9,60 € (il y a deux jours, Heure Bleue me faisait renoncer à l'achat du même objet made in China au bazar du coin, qui semblait voué à se déglinguer au bout de la deuxième utilisation et demie)
  • Une lanterne marocaine des années 50 pour le jardin, 20 € (je n'ai pas marchandé, j'aurais peut-être dû mais je ne sais pas faire, j'aime pas ça)

Une bonne après-midi, que nous avons soldée par un petit tour au jardin naturel, lequel devient absolument délicieux à cette époque de l'année : les grenouilles qui chantent doucement, cachées dans la prairie, les moineaux qui se posent sur les nénuphars, l'air tiède qui embaume la végétation... Oui parce qu'aujourd'hui, il faisait tiède, je le note pour qu'on se souvienne qu'il y a eu une journée de printemps en 2008...