Y a-t-il un ArthurMillerologue dans la salle ?
Par Milky le mar 10 juin 2008, 22:47 - Journal - Lien permanent
Hier soir, j'ai regardé le dvd des Désaxés
(The Misfits, avec Marylin Monroe, Clark Gable et Montgomery
Clift).
Je ne sais pas trop quoi penser de ce film... En premier lieu je n'ai pas
compris pourquoi Roslyn s'entichait du vieux Gay, décati comme tout, et puis
borné avec ça : à part cow-boy ou salarié, il n'imagine rien ; ce qui
est tout de même un peu restrictif. Pour résumer, un vieux con réac qui a l'air
d'embrasser comme une savate (les scènes de baisers, une catastrophe :
jamais rien vu de moins voluptueux que ça !).
Sentimentale comme elle était, la belle Roslyn, je l'imaginais plutôt se
jeter dans les bras de Guido-le-veuf-éploré... Bref.
Après ça, il y a la traque et la capture des chevaux sauvages (un avant-goût
très prononcé de la mise à mort censée suivre), et là c'est bien simple, j'ai
chialé comme je ne l'avais pas fait depuis longtemps devant un film : pas
les petites larmes qui coulent toutes seules, non, les gros sanglots bien
morveux. J'ai détesté cette scène, et elle est looongue, au moins un quart
d'heure d'atrocité !
De son côté, Roslyn semblait recouvrer un peu de raison puisqu'elle traitait
tous les mecs d'assassins en hurlant, complètement hystérique ; mais ce ne
furent que quelques éclairs de lucidité chez elle, qui ont entrecoupé ses longs
regards énamourés vers le vieux croulant.
Moi je l'aurais bien vue finir avec Perce, l'autre cow-boy (je découvre
Montgomery Clift avec ce film, je suis très impressionnée), le seul mec à
sauver dans l'histoire, à mon sens. Parce que même si Gay se repent vers la
fin, même si c'est soi-disant pas sa faute, mais celle de la société, pour moi
c'est trop tard (mais il paraît que je ne suis pas très indulgente).
Peut-être que c'est un film sur l'imprévisibilité de la femme ? Des analyses un peu plus fines que la mienne ne me feraient pas de mal...
Commentaires
Ben pourquoi une femme aimerait-elle forcément le type le moins moche et le moins crapuleux ?
J'ai de ce film surtout le souvenir de l'état d'urgence dans lequel jouait Marilyn Monroe et la beauté des chevaux.
(et puis comme je suis une affreuse cinéphile intello, la preuve j'ai aimé le dernier film de BIP , en gros peu importe l'horreur d'une scène des lors qu'on la filme d'une façon géniale (j'exagère beaucoup, mais il y a un peu de ça)). Bref je suis capable de me dire quel salopard cet "Arthur Miller" de nous laisser à voir des trucs pareils, mais n'empêche quel génie.
Et puis je trouve ça bien moi, qu'au ciné comme dans la vie on ne comprenne pas tout. Dans un sens c'est rassurant.
je te dirai en vrai ce que je pense de ton regard sur le film.
As tu lu le bouquin ? Est ce d'un arthurmillerologue ou d'un johnhustonologue que tu as besoin ?
toto : non, je ne savais pas qu'il y avait un bouquin... et sinon c'est bien le scénario et pas la mise en scène qui m'interloque.
Gilda : une femme en général peut aimer le plus moche et le plus crapuleux, mais de la part de celle-ci en particulier, ça m'étonne...
Quant à l'état d'urgence, c'est quand même Clark qui a clamsé juste à la fin du tournage, il est resté encore une longue année à la fragile Marylin !
Enfin je ne nie pas que cette scène horrible était bien filmée ; elle était juste trop horrible pour moi... (peut-être que j'étais une mustang dans une vie antérieure !)
Je n'ai jamais réussi à regarder le film jusqu'au bout...C'est juste un mauvais film...
C'est pas vrai, c'est pas un mauvais film, c'est un film pas facile à faire tiré d'un bouquin pas facile à saisir dans son essence...
il me semble que je l'avais bien aimé moi ce film (il y a longtemps)
Milky, je parle sous le contrôle de LeGoût mais j'aurais peut-être une explication : 1/ Marylin dont c'était le dernier film était mariée avec Arthur Miller, nettement plus âgé qu'elle. Normal qu'il ait préférée la voir dans les bras d'un type comme lui que dans ceux d'un jeune gandin. 2/ Monty Clift était beau comme un Dieu mais pas, mais alors pas du tout intéressé par les femmes, fussent-elles Marylin...et Huston et Miller étaient plutôt du genre macho. Ça vaut ce que ça vaut comme analyse.
Ppn : oh, je sais tous ces trucs-là, peut-être que tu as raison et que ça justifie tout le reste mais je m'attendais à autre chose...