L'anonymat des grandes villes, mon oeil oui
Par Milky le lun 07 juillet 2008, 21:44 - Journal - Lien permanent
Revenue de Biniou ce soir, je m'attable à une terrasse de bistrot sitôt
sortie du train, car j'ai faim depuis à peu près Cravant-Bazarnes ( = trop
longtemps).
A peine installée, je constate, à quelques mètres en face de moi, la
présence du cousin Jules, pas vu depuis, pfiout, six, sept ans ?
Je le dévisage donc intensément pendant un instant ; au bout de quatre
grosses secondes, comme mon regard laser est apparemment en rade, il ne m'a
toujours pas remarquée, et soudain le doute fait place dans mon petit esprit
(embrouillé par la faim, je le rappelle) : et si ce n'était pas
lui ?
Mais simplement quelqu'un qui lui ressemble, quoiqu'en moins distingué :
je connais des vaches qui ruminent avec plus d'élégance que ce type, mon cousin
à moi n'a pas été élevé comme ça, que diantre !
Je suis bien embêtée : si je vais me planter devant lui et que je dis
"Bonjour Jules" et que ce n'est pas lui, j'aurai l'air d'autant plus bête qu'il
faudra que je me rasseoie en face de lui après. Mais si je m'approche et que je
demande "Etes-vous Jules ?" et que c'est bien lui, j'aurai l'air encore plus
bête et c'est une anecdote qu'on me resservira pendant des années (c'est le
problème des embarras familiaux, ils sont à l'épreuve de toute
péremption).
Il ne me reste donc plus qu'à attendre que lui me reconnaisse (ou pas), en lui
coulant des regards vaguement interrogateurs de temps en temps.
J'ai donc appliqué mon plan C jusqu'à ce que le type en question rejoigne
une fine Chinoise au minois délicat : bingo ! Le cousin Jules a pour
signe distinctif d'être marié à une fine Chinoise au minois délicat. Je l'ai
donc hélé, et nous avons effectué des retrouvailles express avant qu'ils ne
rejoignent leur train.
Marrant : de toute la famille, c'est lui qui est le plus excentré (bin ouais, la Chine quoi), et c'est pourtant lui que je croise au milieu d'une gare parisienne... La fantaisie du hasard.
Commentaires
c'était bien ton week end à biniou city ?
Aah, t'as du bol, ça se termine bien !
Il m'est arrivé à peu près la même chose l'an dernier mais en moins bien : j'ai attendu mon train à la gare de Nantes, à côté de mon cousin Thomas. Mais comme je ne l'avais pas vu depuis trois ans, je n'étais pas sûre que c'était lui et je n'ai pas réussi à lui demander. Et bien je suis bêtement montée dans mon train, sans lui avoir parlé, mon petit cousin (c'est un chouette cousin, en plus). Depuis, des photos m'ont confirmé que c'était bien lui.
Je ne l'ai toujours pas revu en chair et en os mais dès que ça se fera, je pense que je lui en parlerai.
L'avantage, c'est qu'à Paris tu vas croiser une connaissance sept fois par siècle alors que dans un petit bled tu vas croiser une LDP dix fois par jour...
Et dans notre quartier, tu peux rester des semaines sans croiser personne...
HB : tu plaisantes ? Je ne descends plus jamais la rue sans croiser quelqu'un que je connais...
Le goût : depuis le début de ce siècle, ça doit bien faire déjà 10 ou 12 fois... je ne compte plus (mais pour les petits bleds, oh que tu as raison !)
Couac : en fait, après coup, j'ai trouvé la subtilité : il faut aller vers lui et dire "Thomas ?!" d'un ton pas tout à fait interrogateur mais quand même un peu : pour que si c'est lui ça sonne "comment cher ami, vous ici ?" et si non, qu'il entende que tu cherches qqn que tu ne connais pas physiquement et là, honest mistake. Mais tu sais, si sa femme n'était pas apparue, c'est probable que je l'aurais laissé filer moi aussi... (bin oui, on est nunuche ou on ne l'est pas)
Lili : bof bof, j'ai rien fichu, j'avais pas trop la pêche...
J'admire toujours autant ta capacité à te compliquer la vie par souci des autres (avec d'aucuns ça fait une moyenne), moi j'y aurais foncé dessus sans réfléchir une seconde sur le mode "Thomas ? C'est bien toi ?" l'interrogation ou la surprise pouvant porter sur la coïncidence autant que sur son identité, et selon sa réaction ou l'impression qu'il est heureux ou non qu'on se revoie accentuer ensuite d'un côté ou de l'autre. Et si ça n'était pas lui, pourquoi il y aurait-il une honte à se gourer ? Au pire, on amuse.
(sauf bien sûr s'il s'agit d'un Thomas Célèbre et qui aura été mortifié qu'on le confonde avec un Thomas Tout Venant)
C'est trouver une épingle dans une botte de foin ou presque, et ca t'arrive à toi !!
Fée bleue : Ah oui et le surlendemain, j'ai croisé la formidable Karin Viard (mais c'est facile, nous habitons la même rue)
Gilda : des fois j'arive à être simple, juré... mais bon sur le fond tu as raison, je suis compliquée... (et encore, si tu m'avais connue i y a six ou sept ans !)