Hier, j'ai fait une première tentative (enfin, il y a eu une tentative zéro avant-hier mais elle ne s'appelle pas zéro pour rien) de photos en vue de réaliser un petit film en stop motion. J'ai pris le parti le plus simple quand on expérimente cette technique : pas de scénario, pas de pâte à modeler, simplement laisser filer le temps...

Mon cadrage n'est pas terrible, mais n'ayant pas repéré l'heure du crépuscule, j'avais peur de louper les changements de lumière, d'où le manque de soin (après visionnage, on s'aperçoit que j'avais largement le temps...)

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Et comme il n'y a pas de son, vous pouvez choisir ce que vous voulez comme musique pour écouter avec, c'est super non ? Très post-moderne comme concept je trouve.

Au delà du résultat vidéo (d'un intérêt limité), il y a l'expérience du temps, deux heures et demie découpées en tranches de dix secondes (fréquence à laquelle je déclenchais).

C'est assez curieux, on a parfois l'impression d'être sous l'effet de substances illicites ou alcoolisées, quand soudain on ne sait plus si ce sont cinq secondes ou cinq minutes qui viennent de passer. Physiquement, ça ressemble un peu à du travail d'usine, rester debout sans bouger, et répéter le mouvement d'appuyer sur le déclencheur toutes les dix secondes, l'oeil rivé à la trotteuse ; mais psychologiquement c'est très différent, on s'en fout d'avoir froid aux pieds, mal au dos, bêtement porté qu'on est par l'enthousiasme de voir le résultat de cet exercice abrutissant.

J'ai fini frigorifiée, ankylosée, morte de faim et envie de pipi, une vraie misère ! Mais faut croire que ça libère des endorphines à retardement, parce que deux heures plus tard, après m'être réchauffée-dégourdie-sustentée-soulagée, j'étais jouasse comme pas permis, riant de tout, débordante d'amour, heureuse.

Et au passage, mes remerciements époustouflés à mon vieux laptop qui n'a pas planté une seule fois durant toute l'opération ! Trop fort !