Or doncques, à l'issue de mes deux jours d'essai chez Kiki, j'ai été adoubée faiseuse de sandwiches.

Dommage que lundi ce soit dans un autre restaurant (toujours Kiki bien sûr) que je commence, non seulement parce que celui-là était plus près de chez moi, mais aussi parce que le manager était un de ces aimables imbéciles qui sortent des perles à longueur de temps, et dont j'aurais pu faire mon miel sur ce blog (le manager du resto où je travaillerai semble être un abruti également, quoique d'un genre un peu moins rutilant).

Tout à l'heure, je te ferai une formation sur la philosopie de Kiki, ça te branche Milky ?

J'ai réprimé un petit fou rire et j'ai dit Oui oui en songeant Cours toujours.

Plus tard, j'ai remarqué une carte de voeux punaisée au panneau d'affichage dans les vestiaires ; elle était signée du même manager et souhaitait une heureuse année 2009 aux employés de Kiki, "qu'ils soient Gaulois de France ou d'ailleurs".

Il aurait pu compter sa peine et écrire simplement "Bonne année, je suis raciste !"

Sinon, d'après mes propres expériences de l'année qui vient de s'écouler, il semblerait qu'une nouvelle technique de management émerge dans le milieu des boulots ingrats payés au smic (1050 € nets au 1° juillet 2009), une espèce d'hybride entre chantage affectif et harcèlement moral.
Ce n'est en effet pas la première fois qu'un chef me demande trois fois par heure comment je vais, si j'aime ce boulot (à ton avis, crevure), si je me plais ici, si je suis contente, oui ? Sûre ? Sûre sûre ? Tu ne vas pas nous quitter au bout de trois semaines, tu vas rester avec nous pour de bon ?

Je sens que je vais souvent dire Oui oui en pensant T'as vu la vierge, dans les prochaines semaines...