Ca tourbillonne, ça tourbillonne en ce moment... Je joue à Jean-qui-rit, Jean-qui-pleure toute la semaine, je fais des journées qui ont l'air d'en durer deux, et c'est encore plus le bordel dans ma tête que dans mon appartement (c'est dire).

En ce moment, j'héberge ma copine Christinotchka qui revient de cinq mois en Mongolie. Elle a, comment dire, un peu de mal à se réadapter à la vie domestique occidentale ; nous sommes à table et elle boit à sa gourde : "euh, j'ai des verres si tu veux Chris..." (pourtant on ne peut pas dire que je sois très raffinée question arts de la table).

Au lit, j'allume le chevet pour bouquiner, et elle garde sa lampe frontale, comme sous la yourte. Elle a toujours un rouleau de PQ et une tasse en fer blanc dans son sac quand elle sort dans Paris et nous rigolons sans fin de nos décalages.

Chez Kiki, c'est toujours pareil ; je trouve un certain plaisir, une certaine sensualité à toucher de la nourriture toute la matinée (même si malaxer de la viande crue à 8 heures avec de la techno en fond sonore, c'est parfois un peu hard), mais ce plaisir est tout à fait gâché par la théorisation qu'a faite Kiki du succès : les recettes sont à respecter au gramme près, (si le resto ne marche pas, selon eux c'est parce que vous n'avez pas respecté les procédures) et c'est vraiment déshumanisant d'être soumis à produire des sandwiches qui doivent peser 271 grammes pile, et surtout pas 285 ou 248.

Des fois, je joue les terroristes et je commets des actes d'une audace follement délictueuse, comme assaisonner exprès avec la sauce à la moutarde au lieu de la vinaigrette allégée préconisée... Mais c'est une maigre consolation.