J'ai fait de la chirurgie lourde à mon CV et j'ai rédigé une lettre de motivation en réponse à une offre d'emploi pour lequel je suis vraiment motivée.

Comprenez par là qu'au lieu du sempiternel "Je me fous de ce boulot, j'ai seulement besoin de fric" maquillé le mieux possible en formules convenues qui ne dupent personne, là ce serait plutôt "Le boulot m'intéresse pas mal, j'ai toujours besoin de fric mais surtout, surtout je DOIS me barrer de mon job actuel le plus vite possible sinon je vais mourir des mains et du moral", le tout en essayant de ne pas avoir l'air trop trop désespéré.

(le moral, si vous avez lu les épisodes précédents vous voyez de quoi je parle ; les mains, la vache pourtant j'en ai fait des boulots manuels en milieu hostile, mais là même ma chère crème Melvita au beurre de cacao ne sait plus où donner de la tête face à mes mimines gercées, coupées, griffées, pincées, brûlées et peau-de-crocodilesques)

On m'a changée de restau pour une soi-disant formation (en fait de formation, je continue de bosser pareil et on continue de me dire d'aller plus vite).

Je me réjouissais du trajet qui diminuait, mais en échange d'une économie de 15 minutes, je me cogne cinq heures quotidiennes à 14°C debout sans bouger (la clim ne fonctionne pas dans ma cuisine "mère", pour une fois qu'une des défaillances de leur local ne me dessert pas...)

On piétine mon droit à une pause correcte et c'est plus compliqué de gueuler ici comme je l'avais fait avec mon manager attitré, bref, j'ai complètement perdu au change.

Mais Christinotchka est rentrée ce soir et elle aussi avait envoyé un CV + lettre de motivation aujourd'hui, alors on a bu du pinot gris pour fêter ça (et pour noyer un peu ma déprime, aussi).