Bon ça va un peu mieux.

Hier, j'ai même passé une heure à parler de mon cas avec une conseillère d'orientation (pour aller vite) sans avoir seulement envie de pleurer ! Ca ne m'était pas arrivé depuis un petit moment... C'est assez reposant de ne plus être complètement à fleur de peau.

Au boulot, c'est pas pire, comme dirait Christinotchka (qui écoute mes lamentations tous les soirs avec une patience qui s'ajoute à la longue liste de ses qualités). Je m'habitue un peu (disons, avec l'idée que c'est provisoire) à ce boulot ingrat, pénible et monotone, ce qui libère de l'espace-disque pour mettre un peu de fantaisie dans la tâche et la rendre plus supportable.

Autrement dit, je parle aux objets (Oh, la vilaine mozzarella qui s'est cachée sous la salade ! Viens là que je te fasse ta fête coquine, ce genre de choses), je joue au chevalier avec un couvercle de marmite et un couteau à pain entre la plonge et la chambre froide, je fais le clown avec les clients et les collègues, bref, je passe pour une dingue (et il est possible que je sois en train de le devenir).

Je passe aussi pas mal de temps à détester une de mes collègues qui est le genre que j'aime détester (1). Le genre, la minute où tu la vois, tu la hais, et ensuite, tes sentiments à son égard se confirment en discutant un peu avec et en la regardant bosser.

Il y aussi des gens que j'aime bien, comme ce collègue qui ressemble à Pee-Wee et qui fume comme un pompier.

Il y a un paradoxe chez Kiki, c'est l'ardeur qu'ils mettent à prôner le naturel, l'authenticité, et par ailleurs la proportion énorme dans la playlist qu'ils diffusent toute la journée de reprises de tubes... Je suppose que les standards originaux coûteraient trop cher, seulement la chanteuse à voix de tête aseptisée (en réalité j'ignore s'il y en a plusieurs ou si c'est une seule personne) qui transforme toutes les grandes chansons de Cure, Bowie, Queen ou les Beatles en soupe insipide, ça finit par m'irriter. Je ne suis pas particulièrement mélomane, je devrais m'en ficher...

Le pire étant la qualité totalitaire de cette playlist (qui comporte également de la techno pourrie qu'on ne doit pouvoir supporter que sous ecstasy, du classique de supermarché et du new age crispant), qui démarre automatiquement à 6h du matin (c'est à dire, environ une demi-heure avant l'arrivée de tout employé, et deux heures avant celle des premiers clients potentiels) et qu'on doit supporter même en coulisses, à la cuisine. Le côté "impossible d'y échapper" me fait penser aux messages diffusés par Big Brother dans 1984... (comment ça je dramatise ?)

(1) Vous ne trouvez pas ça stimulant, parfois, la détestation ? Je ne parle pas de haine pure, mais de ces personnes qui par leurs actes et leurs mots vous inspirent beaucoup de sarcasmes, ce sont de vrais personnages de comédie je pense, bon comme je n'écris pas je ne les utilise pas mais qui sait, un jour ?