D'aucuns se souviennent de ma petite brioche qui s'était transformée en gros vacherin suite à, croyais-je, un abus de pizzas new-yorkaises.

Eh bien en fait, figurez-vous que je ne suis pas grosse, non non non, pas du tout ! C'est pas du gras, c'est de la flotte. Un kyste ovairien mucineux plus précisément, 17 centimètres de côté. Belle bête, hein ?

Surtout quand l'ovaire en question qui a produit cette chose mesure, lui, 17... millimètres. L'interne préposé à l'échographie n'en revenait pas "Ah bin ça alors, c'est impressionnant..."

("Merci", ai-je répondu modestement)

Alors, c'est quoi un kyste ovairien mucineux ?

Imaginez un petit organe semblable à un gésier de volaille (1) (mon ovaire droit, donc), d'humeur conquérante, et qui décide d'envahir la Pologne l'abdomen. Pour ce faire, il va gonfler et se distendre façon baudruche, et prendre toute la place disponible jusqu'à me coller une silhouette de femme enceinte de 4 mois. Quant au terme mucineux, il désigne un liquide relativement ignoble, genre mucus.

Pour résumer, j'ai dans le bide un truc en peau d'ovaire rempli de morve. Dégueu, non ?

Bon et alors évidemment, il va falloir me charcuter pour le retirer. Super fastoche la kystectomie (2) : tu ouvres, tu perces la poche, t'aspires le jus, tu sors l'enveloppe vide (je vois ça comme un boyau de saucisson, mais à vrai dire je manque d'informations bien fiables là-dessus) et tu refermes.

Je passe sur le billard dans une grosse quinzaine de jours. L'hôpital de Tenon-les-bains m'a fabriqué un calendrier de l'Avent spécial ; j'ouvre les petites fenêtres et au lieu d'un chocolat, il y a un bilan sanguin, une IRM, un anesthésiste... (avec tous ces rendez-vous et toutes ces heures d'attente en perspective, le moment serait idéal pour investir dans Guerre et Paix)

En attendant, je vais perdre mes malheureuses 20 minutes d'endurance si durement acquises, car je suis privée d'aller courir : il ne faut pas trop secouer le machin pour ne pas l'exploser (j'ai une image de bombe à eau lâchée du troisième étage dans la tête, vlatch !), sous peine d'atroces souffrances. Ce risque (3) a été largement minimisé auprès de ma mère qui a besoin de bien moins que ça pour somatiser violemment...
C'est un pack : il y a cette excroissance morveuse ET l'angoisse maternelle à juguler en même temps... (sinon c'est pas drôle).

A part ça, j'écoute Brandt Rhapsody et Night Stop de Benjamin Biolay en ce moment, j'aime bien.

(1) Ah tiens, des gésiers pour ce midi, c'est une bonne idée
(2) En plus, j'adore ce mot, kystectomie ; on dirait un jouet Fisher Price
(3) déjà pas énorme, quand même

PS : Au fait, c'est pas un cancer - pas cette fois !