Mort / Vivant
Par Milky le lun. 25 janvier 2010, 13:40 - Journal - Lien permanent
Ce weekend, nous avons dîné chez un ami d'enfance de ce garçon, là, qui est
cher à mon cœur.
J'étais impatiente de rencontrer cet ami qui, je l'avais remarqué sur des
photos, présente une ressemblance frappante avec le frère aîné de mon père, que
je n'ai pas connu car mort d'un cancer (un peu comme tout le monde), à 20 ans
(un peu moins comme tout le monde).
Ce frère, notamment, me manque. J'aurais voulu connaître sa voix, ses
attitudes, sa relation avec mon père. Se serait-il marié ? Avec qui ?
Aurais-je eu pour lui une profonde affection, ou bien une sympathie toute
relative ? Qu'est-ce qui aurait été différent dans nos rapports avec mes
grands-parents, si la famille n'avait pas explosé en vol ?
J'ai passé la soirée à scruter à la dérobée les traits de l'ami, faisant le
compte des points communs et des différences.
La bouche, tout aussi généreuse, les yeux tiens, comme les miens, l'air un peu
d'ailleurs, les pommettes, les lunettes, les mêmes cheveux très bruns, et
puis... le nez moins long, la carnation plus méditerranéenne, le menton pas
pareil.
Quant au timbre, quant aux gestes, qu'aurais-je bien pu reconnaître ? Je
les ai épiés et enregistrés, avidement, tout de même.
C'était une rencontre un peu troublante, un peu émouvante, juste un peu. Je
ne suis pas déçue ; il n'y avait rien de plus à espérer, que de rencontrer
quelqu'un d'autre. C'est bien toujours comme ça que je l'ai connu, ce garçon
qui n'a pas eu le temps d'être mon oncle ; en creux.
Mon neveu m'écrit une carte postale du ski : "Je sens que je vais avoir mon flocon". La tournure m'émeut, sans que je sache bien pourquoi.
Commentaires
c'est trop mignon en effet ce mot de ton neveu : tout cet espoir et cette fierté d'avance dans le "je sens que..."
Je vais méditer ce post un peu incroyable, mais ça me fait penser que je ne te l'ai pas encore dit, mais physiquement, tu me fais un peu penser à Björk !
"Ce weekend, nous avons dîné chez un ami d'enfance de ce garçon, là, qui est cher à mon cœur."
ET C'EST PAS MOI !!!!???
Mamzelle : à force d'y réfléchir, je me dis que c'est peut-être cette forme d'assurance (qu'il manifeste régulièrement par ailleurs) qui fait un cocktail fameux, mais peu commun, avec son caractère si doux, si doux que je crains souvent qu'il ne se fasse écraser par d'autres plus... intempestifs.
Couac : on me le disait souvent à l'adolescence, ça faisait un moment que je ne l'avais pas entendu !
Le goût : aurais-je dû préciser "cher à mon coeur ET à mon c.." afin de lever toute ambiguité ? :)
Je trouvais cette note bouleversante jusqu'à ta réponse au Goût, ça c'est du Milky, pur sucre...
Amis poètes, bonsoir...
Ce billet me touche beaucoup…
C'est vraiment émouvant, ces petites touches de ressemblance que tu évoques. Je comprends qu'il te manque...
Et heureusement, il te reste l'imaginaire...
tu as d'autres oncles et tantes ?
Lili : non, ils sont tous morts également.
Fauvette : pour l'imaginaire, sur ce coup j'en manque cruellement ; je m'en rends compte à l'avidité avec laquelle je m'accroche aux moindres détails : un sosie, mais aussi de menus objets, un croquis d'anatomie (il avait commencé des études de médecine), une lettre, des chaussettes tricotées par ma grand-mère et brodées à ses initiales...
Satsuki : tu connais, peut-être, qqch de similaire ?
HB : que veux-tu, on ne se refait pas...