Je ne vous écris pas parce que j'ai fini d'être malade et que je suis retournée vivre ma vie de délicieux petit cabri sauvage, non.

Je ne vous écris pas parce que je n'ai pas fini d'être malade et que ma foi, il n'y a pas grand-chose à raconter, à part la sollicitude des amis qui passent avec du pain de mie (le pain de mie est mon ami, la compote c'est ma pote et le mixer mon best friend forever : mes gencives ne tolèrent toujours que le mou mou mou pour le moment) et proposent de faire la vaisselle (j'ai même pas la force de commencer par faire semblant de refuser).

Je suis devenue la vache à lait du pharmacien et entre les potions, poudres et autres onguents, je dois passer autant de temps à me soigner qu'un nonagénaire en forme.

L'homme de la situation m'achète des Mister Freeze au coca pour soulager (trop passagèrement) la douleur et supporte avec stoïcisme mon haleine de chacal (z'avez déjà essayé de vous brosser les dents avec les gencives en chou-fleur ?)