Les premiers temps, je faisais l'escargot : pilule, brosse à dents, culotte propre, une réduction de la maison que je trimballais toujours dans mon sac à dos.

Évidemment, il me manquait toujours des affaires quand j'allais chez lui : brosse à cheveux, crème hydratante, livre à rendre à la copine que je voyais le lendemain... Alors j'ai commencé à acheter les essentiels en double pour les laisser chez lui. Ça s'appelle aussi marquer son territoire, je sais - même si ça n'a jamais été le but conscient de la manœuvre.

Puis il m'a solennellement libéré deux tiroirs, je ne sais plus si j'avais déjà commencé à laver mon linge dans sa machine.

Au bout de quelques mois, c'est quand je rentrais dormir chez moi qu'il manquait des objets du quotidien, et que le lait avait eu le temps de tourner.

"A la maison" est devenu une expression à double sens.

L'étape décisive, ce n'est pas le coup des tiroirs, ou de laisser mon Levothyrox dans sa cuisine. C'est le moment où mon ordinateur a pris le bus 64 avec moi pour venir s'installer chez lui. A partir de ce moment, les raisons de rentrer chez moi se sont raréfiées : récupérer un DVD que nous avions envie de voir ensemble, relever mon courrier, c'est à peu près tout.

Maintenant que le concours est passé, je m'occupe enfin de vider réellement mon appartement, d'en partir pour de bon. Mais comme ce sont les vacances, je progresse au rythme trépidant de 2 cartons par jour...

C'est le déménagement le plus long de l'Histoire.

(et je suis très heureuse !)