"T'as une tête de nouille trop cuite" me disait le miroir depuis une dizaine de jours (j'ai un peu de mal à récupérer une allure et une santé correctes depuis le concours).

Avec l'idée de passer un petit moment relaxant avant de ressortir un peu plus présentable, j'ai pris rendez-vous chez un coiffeur à Paris, faisant pour la première fois depuis 8 ans des infidélités à ma coiffeuse de Biniou-City.

Je me suis vite rappelée pourquoi je n'allais plus que chez elle, rien que chez elle.

La jeune fille qui s'occupait de moi a soulevé une mèche de mes cheveux comme on extrait ceux du siphon de la douche. "Vous faites quoi comme soins ?" - moue désabusée qui connaît déjà la réponse, aucun.

"Vous avez des pellicules quand même." Je ne lui ai pas expliqué qu'avec la gingivite persistante, le retour de la cystite et la carence de magnésium qui fait tressauter ma paupière toute la journée, les pellicules étaient vraiment le cadet de mes soucis. En revanche, elle aurait pu se rendre compte toute seule que je venais là pour me sentir bien, pas pour qu'on insiste sur ma gueule d'épave.

Comme je refusais tout brushing extravagant et que j'ai dû me battre pour ne pas me retrouver avec un dégradé de pétasse, elle s'est vengée avec son sérum-magique-de-mes-couilles et en me lançant un "Je peux ?" désespéré, genre " tes vieux crins dégueus de bourricot pourri me font vraiment pitié, je t'en supplie laisse-moi au moins sauver les meubles".

Bilan : des cheveux un peu plus corrects et une estime de moi légèrement défaillante en sortant, pour le double du prix Biniou. Inutile de préciser que la carte de fidélité est passée à la poubelle direct...