Maintenant que les cartons sont arrivés à destination, l'emménagement... Le but : qu'il se passe moins de cent ans avant que mes affaires sortent des cartons (sachant qu'il nous manque environ 12 bibliothèques et 3 armoires, on n'est pas rendus).

J'ai raconté combien le déménagement avait été long : c'est parce que je voulais trier drastiquement toutes mes affaires avant de les emmener chez le Tigre-Chou, histoire d'introduire le moins de merdouilles possible chez nous.

Donc, les premiers cartons, ambiance L'Art de la simplicité, je fais du tri de nazie, oui même toi la carte postale rigolote qui a passé 5 ans au dessus de mon lit, tu dégages. C'est un peu douloureux de jeter, mais vachement libérateur aussi, tous les soirs je me sens plus légère.

Et puis le rythme se ralentit : trier le contenu d'un tiroir plein de souvenirs peut prendre l'après-midi (faut tout relire). C'est encore enthousiasmant (mais ça devient nerveusement fatigant) et c'est l'occasion de faire le bilan sur la manière dont j'ai grandi : par exemple, j'ai arrêté de garder des coupures de magazines qui m'expliquaient comment être la fille que je ne suis pas (et que manifestement, j'aurais aimé être, hiatus qui me pompait une énergie dingue). Je ne dis pas que je suis parfaitement en paix avec moi-même, sachant exactement qui je suis et tout et tout, mais enfin, y a du progrès.

Et puis... j'ai eu beau prendre tout mon temps, m'appliquer... à la fin, les derniers cartons ont ressemblé à n'importe quels derniers cartons de n'importe quel déménagement : tu y vides en vrac le gros boxon qui te restait en te disant que tu trieras ça plus tard. La lose.

5 choses que je suis fière d'avoir réussi à jeter :

  • Les trousseaux de clés qui n'ouvrent plus rien depuis longtemps --> poubelle
  • Les places de concert comme souvenir : si je ne me souviens pas toute seule, est-ce qu'il faut vraiment conserver un bout de papier pour me rappeler que j'avais oublié ? --> poubelle
  • Le caraco en velours marron acheté sur Vente privée parce que c'était un Sonia Rykiel et qu'il était à 18 € au lieu de 135 (oui, je sais, ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille), c'était y a 4 ans, je l'ai porté 2 fois en me forçant --> poubelle
  • 90% de mes cours de fac : soyons honnêtes, je ne prendrai jamais une journée pour relire mes cours d'histoire des méthodologies de l'enseignement des langues étrangères --> poubelle
  • La jolie boîte ronde en métal qui a contenu des biscuits et que j'avais gardé pour ranger... euh... d'autres biscuits, que j'aurais cuisinés moi-même et pas tous bouffés dans les 24 heures après cuisson ? Hum. --> POU-BELLE !!

5 choses que je n'ai pas réussi à jeter, ouh la vilaine :

  • Plein d'autres jolies boîtes en métal pour ranger, euh... mais siii, je te dis que ça peut servir !
  • Ma robe en daim à franges que je ne mets jamais à cause de mes grosses cuisses et parce que j'ai peur de transpirer dedans, mais qui est vraiment trop belle (et qui a vraiment trop coûté un bras pour que je la largue)
  • Mes cours de photo avec tous mes essais foireux de tirages (en revanche, j'ai réussi à jeter pas mal de photos semi-ratées que j'avais faites et que je ne pouvais plus voir en peinture)
  • 112 carnets avec des trucs écrits sur les trois premières pages, et rien après. Je ne désespère pas de les remplir un jour (pour ensuite ne plus DU TOUT pouvoir les jeter parce que j'aurai gribouillé un chat vaguement ressemblant dedans).
  • Des kilomètres de tissus : j'ai beaucoup de velléités de couture. Couture de quoi, je me le demande bien. Mais c'est de la velléité vachement puissante, tu vois. Indémerdable.