Montagnes russes
Par Milky le lun. 03 octobre 2011, 21:31 - La school - Lien permanent
... Et aujourd'hui, c'était nul. Un jour je me dis que je vais réussir à
être heureuse avec ce boulot, le lendemain je songe que même à mi-temps je ne
tiendrais pas.
Ce soir, je rêve d'un boulot où je pourrais porter des boules Quiès. Les enfants de 8 ans ne sont manifestement pas faits pour passer 5 heures par jour le cul sur une chaise, et moi je n'ai pas la virtuosité d'un pédagogue Freinet ou Gardner qui pourrait leur faire ingurgiter le programme de grammaire en faisant des galipettes ou du piano debout. Alors pour le moment, j'encaisse, j'engueule plus souvent qu'à mon tour, et je souffre.
Commentaires
J'ai le coeur qui serre à te lire depuis la rentrée. Comme celà doit être difficile de se lever et d'avancer chaque jour avec cette souffrance. J'espère que ça ira mieux vite... Que tu trouves de l'aide quelque part...
j'ai toujours pensé qu'on leur en demandait trop à rester immobiles comme ça alors qu'ils ont tellement besoin de se dépenser !
J'ai beaucoup souffert, tant que je ne me suis pas décidée à sortir des sentiers battus, à trouver mon propre chemin, quitte à m'éloigner des objectifs qui m'avaient été fixés. Au moyen terme, ça a porté ses fruits: j'ai créé, innové, inventé, je me suis plantée, j'ai beaucoup appris. J'ai cherché, avant tout, à créer une relation avec mes élèves (difficiles et en difficulté). Etape préliminaire: établir le contact.
Et non, le cul sur une chaise pendant 5 heures, ça ne marche ni avec les gamins de 8 ans, ni ceux de 16, ni même les adultes.
Avec mes ados, pour réviser les conjugaisons des verbes irréguliers, on joue à la balle ... et ils mémorisent (plus ou moins) (mais au moins ils adhèrent et apprennent avec plus d'entrain!)
Ce n'est pas une méthode infaillible, ce que je te donne, bien sûr. Mais je me suis rendu compte que parfois arrêter d'enseigner faisait gagner du temps. Laisser parler. Ecouter. Et puis reprendre.
(En même temps, 8 ans, ce n'est pas un âge qui m'est familier, sauf quand mes enfants sont passés par là, et j'étais contente qu'ils aient d'autres maîtresses que moi!)
Des bisoux, des bisoux, des bisoux !
oui, ce soir, des bisoux.
Courage !
Tu devrais aller voir le site de "Changements pour l'égalité" (sur google tu trouveras j'imagine). C'est un mouvement sociopédagogique d'enseignants et ils éditent une revue où ils partagent des pratiques. C'est très engagé "à gauche" pour une école qui joue vraiment son rôle d'émancipation etc... moi j'aime beaucoup. Je vais essayer de te trouver l'adresse exacte. Pour le reste, courage (et bosser avec les boules Q, vraiment? )
un exemple parmi tant d'autres... http://www.changement-egalite.be/sp...
Va voir les anciens numéros de leur revue "Traces" ils sont en ligne...
Oh la la, j'adore tous les commentaires avisés de Cécile !
Et je trouve que l'adversité ne te fait pas du tout perdre ton humour, ce qui à mon avis est de bon augure !
Et puis moi aussi j'te fais des bisous !
C'est déchirant comme récits, j'espère que tu trouves du réconfort quelque part, que tu vas trouver ton équilibre dans tout ça. Tu as l'air bien entourée ici, j'espère que c'est un peu pareil avec tes collègues. Hauts les cœurs !
Le métier d'enseignant peut parfois être -surtout en début de carrière- un parcours de combattant. Pas toujours simple comme job !
tu as toute ma compassion et moi aussi j'ai le coeur serré et mal au bide à te lire depuis la rentrée (et parfois le sourire aux lèvres, preuve que rien n'est perdu).
accroche-toi !
Tu me manques ma grande, on va essayer de se voir...Je t'embrasse...
Je suis à nouveau ton blog depuis peu et je dois dire que je te trouvais bien courageuse de rentrer dans l'éducation nationale dans le contexte actuel. Commencer un nouveau boulot, c'est perdre ses illusions, souvent dans la douleur. Je pense qu'il faut se donner deux ou trois ans pour savoir si c'est vraiment l'horreur ou juste "le métier qui rentre".
Courage, je n'ai que ce mot.
L'éducation nationale est pour moi l'enfer de mon enfance qui a pourri et gangréné toute notre vie de famille. Je l'ai toujours soigneusement évitée, mais ma sœur a fini par plonger dedans… et seul un mélange de foi et d'aveuglement semble possible pour tenir le cap…
Merci tout le monde... Aujourd'hui ça va bien, je suis déchargée de ma classe pour les 15 jours à venir, et ensuite c'est les vacances. Premier vrai weekend, je savoure même d'avoir le temps de faire la vaisselle et d'aller chez Casto !
Cécile : je vais avoir le temps de consulter ça tranquillement, aussi, du coup. Chouette !
Lola : je crois que lentement je vais arriver à tout ça. On verra...
Anaïs : tu as raison au sujet de la foi et de l'aveuglement. Rester imperméable aux perturbations extérieures (la hiérarchie, par exemple...) et s'amuser dans sa classe. Et faire autre chose... parce que pour le moment je vis je mange je dors éducation nationale.
Argh pas le temps de répondre à tout le monde, mais vraiment, vos petits mots me font du bien.