Fin de ma semaine de stage en observation chez une prof expérimentée.

J'avais déjà vu faire, mais quand vous venez de passer 5 semaines à vous battre pour obtenir un silence tout relatif et très ponctuel, c'est assez rageant de voir une classe parfaitement calme et silencieuse, attendre sagement que la maitresse ait fini d'écrire un mot dans un cahier ou de parler avec la directrice...

Et c'est d'autant plus agaçant qu'il n'y a pas de "truc", pas de recette, rien qui se voie à l’œil nu... Comme pour les grands musiciens ou les danseurs professionnels, chez un bon enseignant on ne sent pas l'effort, on ne voit pas le travail.

Je n'ai rien appris que je ne pressentais ou savais déjà à ce sujet mais enfonçons le clou :

Une classe calme, c'est une classe apaisée qui sait où elle va : si vous êtes vous-mêmes brumeux quant au programme de la séance / journée / semaine, ils seront agités. De manière générale l'ignorance est source de nervosité, ça les angoisse de ne pas bien savoir ce qui se passe, même s'ils ne se posent pas forcément la question, sinon ce serait trop simple.

J'aurais d'ailleurs tendance à penser pour le moment que s'ils posent la question, c'est qu'on s'en fout : pourquoi Machin part à 16h10 (il a rdv chez le dentiste, on s'en fout), qui a raté l'exercice que tout le monde a su faire (c'est Bidule, on est bien avancés), où est partie Machine (aux toilettes, c'est passionnant), etc. Comme je le disais à Couac, ces mômes sont des commères puissance 10. Je n'ai jamais vu personne ragoter autant à tort et à travers, je n'ai jamais entendu des âneries se répandre aussi vite que dans une cour de récréation. Comment les éduquer à trier dans leur curiosité le bon grain de l'ivraie, je ne sais pas encore.