Deuxième rentrée, ça va comment ?
Par Milky le dim. 06 novembre 2011, 19:07 - La school - Lien permanent
Forme physique : j'encaisse mieux, indéniablement (ce n'était pas
difficile, vu comme j'ai été tout de suite au bout du rouleau en
septembre)
Agitation des gosses : maximale. Il paraît que c'est normal. Ne nous
énervons pas.
Forme morale : hum. Différente. Je passe sur la rentrée à côté
de mes pompes, où j'étais tellement à la ramasse que j'ai eu 2 minutes de
panique dans la matinée en croyant que j'avais loupé la récré (ah non, c'est
l'horloge de la classe qui n'a pas changé d'heure toute seule).
Mais je sens un certain glissement dans mon attitude face à la préparation,
aux journées de classe. C'est un peu flou, j'ai le sentiment de faire moins
d'efforts, par fatigue ou par paresse ? et je ne sais pas si objectivement
c'est vrai. J'ai l'esprit occupé par l'école presque en permanence, ça ne
compte pas vraiment comme du travail mais ça l'est un peu tout de même. Il
faudrait faire autrement peut-être, j'en suis incapable pour le
moment.
A part les 50 heures où j'étais à Biniou City pendant les vacances, j'ai
travaillé tous les jours. Pas de 8h à 18h bien sûr, mais 2 ou 3 heures
quotidiennes, parfois plus. Pourtant je n'ai pas pris d'avance sur le déroulé
des journées (je n'avais que jeudi et vendredi de prêts). J'ai plutôt axé mon
travail sur le fait d'avoir de la visibilité à moyen terme (comprenez qu'après
Noël, je ne sais pas du tout ce qu'on va faire).
Peut-être que c'est cette visibilité qui me donne la sensation d'avoir lâché
un peu de lest.
Ce lest qui tantôt me semble juste (les formateurs, les collègues me
martèlent qu'on ne peut pas tout faire... toute l’ambiguïté de ce discours
réside dans le tabou de ce qu'on ne fait pas, ou peu, ou mal), tantôt
m'apparait comme de la paresse : je pourrais, je devrais en faire plus. Ou
plutôt, en faire mieux : je dépense beaucoup d'énergie à éviter les tâches
difficiles en passant beaucoup de temps à fignoler les autres, qui ne sont pas
sans intérêt mais quand même, je sais bien que je ne suis pas réglo. Que je me
fous un peu du monde...
Bon, c'est pas clair. On verra.
Grosso modo, quand même, j'ai arrêté de fantasmer sur un retour à un job de merde, moins payé mais moins prise de tête. Maintenant, je fantasme sur un mi-temps (j'en reparlerai...).
Commentaires
tu commences peut être à prendre un rythme de croisière, c'est peut être bon signe...
Je me retrouve un peu comme toi, débutante en CE 2 même si j'ai 13 ans de carrière derrière moi, je rame, je n'arrive pas à tout faire et je ne suis pas satisfaite mais bon j'ai en tête le conseil d'une inspectrice pas trop débile "on ne pas tout faire en un an, alors on peaufine une ou deux matières par an" en commençant évidement par le français et les maths...
ce que m'amène l'expérience c'est une habitude de gestion de classe quoique j'ai eu un peu de mal à gérer la discipline au départ mais au niveau des apprentissages tout est nouveau...
Je te lis depuis le début de l'année et je te trouve exigente avec toi même ce qui est normal mais avec les années on apprend à faire avec les imperfections
Je me retrouve parfaitement dans tes textes, je me revois à cette époque, moi qui ai fait le chemin inverse. Et je me rappelle très bien cette sensation de ne jamais arrêter de travailler vraiment; toute sortie était ponctuée de remarques liées à la préparation des jours suivants, d'idées à développer, de récupération de matériel. Je suis personnellement content d'en être sorti, de pouvoir poser au bureau ma tête de boulot et de ne la reprendre qu'en y retournant.
Faut s'dire qu'il n'y a pas que le boulot dans la vie d'autant que celui d'enseignant peut vous "bouffer" jusqu'à l'os ! Donc "mettre la pédale douce" n'est pas une mauvaise idée.
"grand'mère pour grand-mère... "
J'écris toujours grand'mère, mais grand-mère me gêne moins que "nénufar".
C'est ça les vieux...
Cher Tigre-Chou
"Les bizarreries de l'orthographe ne peuvent devenir de bons réflexes sans un solide "capital culturel". En gros, pour moi, l'orthographe sert avant tout à bien distinguer riches et pauvres dans le discours écrit."
Je me permets de m'inscrire en faux contre cette assertion.
Et pour cause, je suis issu d'une famille pauvre -qui s'est saignée aux quatre veines pour mon éducation- comme la majorité des gens de ma génération.
"Je crois qu'il faut se méfier de tout jugement esthétique sur la langue en générale (telle expression, comme "des fois", me choque, est laide, etc.), car, le plus souvent, ils cachent un jugement social (inconscient, cela va de soi)... "
Sauf à admettre politiquement qu'un jugement esthétique ou euphonique (le parler "zyva" par exemple) est par essence "social" (ce que de toute façon il ne peut qu'être car résultat d'une éducation), on ne peut souscrire à cette approche car, à mon avis, ça reviendrait à admettre que, au choix, il "faut causer peuple" pour être politiquement correct, soit regarder "avec commisération mais indulgence et compréhension" le peuple qui "n'a pas eu la chance d'accéder à l'éducation des élites".
Je serais quant à moi plutôt partisan de donner une assise culturelle sérieuse à tous ceux qui entrent à l'école et les amener au niveau culturel qui leur permet d'analyser et critiquer plutôt qu'amener l'éducation au niveau de ce qu'on attend du bon peuple, si possible pauvre et ignorant (car c'est bien plus pratique: pauvre parce qu'on peut l'acheter et ignorant parce qu'on peut le manipuler)
Comme vous (toi ?) j'aime bien le sujet et j'ai plein de trucs à dire dessus mais ce n'est effectivement pas l'endroit, parlons-en à l'occasion... (hi hi...)
Patrice (celui d'Heure-Bleue)
Hé, les mecs, vous pouvez aussi vous écrire des mails, hein...
Ouais ! zyva eh ! Traite nous de squatters !
Patrice, on est tellement pas d'accord que ce sera un plaisir d'en parler (ailleurs).
Aurélien
PS : désolé de squatter ta page comme ça, mon amour. C'est fini, promis.
" C'est fini, promis"
Alors ça, ça m'étonnerait...