Du pain béni
Par Milky le sam. 03 décembre 2011, 12:01 - La school - Lien permanent
Par certains côtés, mon métier est, en tous cas cette année, vraiment
facile. Les enfants sont encore jeunes, pas blasés ; ils s'intéressent à
tout, posent des questions sur tout, ils sont tellement faciles à nourrir. Leur
lecture du monde est si parcellaire, si limitée, il y a des énigmes partout
pour eux. Sans parler de celles dont ils ne sont pas conscients... Et c'est
vraiment du miel, d'être celle qui les émerveille avec du bête réel, la
signification d'un armistice, la dérive des continents, une comptine en
anglais, n'importe quoi. Et le dernier
post de Cécile me donne envie de leur lire plus souvent de la
poésie...
(1)
Et même pour des exercices de grammaire, ils se mettent à la tâche avec,
peut-être pas un enthousiasme délirant, mais tout de même, une bonne volonté
qui me déconcerte parfois, parce que c'est quand même pas bien rigolo
d'entourer le verbe et de souligner le sujet ; et pourtant, ils le font.
C'est un rapport à l'autorité peut-être, qui est lui aussi encore très
simple : on leur demande, ils font. Pas encore de rébellion. Je n'ai
pourtant pas une autorité naturelle (ni même artificielle) très développée,
mais eux ont l'habitude, très forte, d'obéir à des adultes et de se soumettre à
eux. Ce serait tellement facile de les corrompre, de les abimer. Je prie pour
qu'ils rencontrent le moins de mauvais adultes possible, le plus tard
possible.
(1) il manque ici un paragraphe de transition, qui a un peu de mal à se faire dans ma tête. Et j'ai pas le temps, y a les livrets à remplir.
Commentaires
J'ai appris ma première poésie à la maternelle.
A l'enterrement d'une feuille morte, deux escargots s'en vont...
Encore Mr Prévert.
Chouette que cela t'inspire... c'était un moment magique, magnifique, vraiment :-)
J'espère qu'ils se laisseront emporter eux aussi!
Bon, pour Desnos ils sont un peu petits.
Sauf pour "une fourmi de dix huit mètres, avec un chapeau sur la tête".