Par certains côtés, mon métier est, en tous cas cette année, vraiment facile. Les enfants sont encore jeunes, pas blasés ; ils s'intéressent à tout, posent des questions sur tout, ils sont tellement faciles à nourrir. Leur lecture du monde est si parcellaire, si limitée, il y a des énigmes partout pour eux. Sans parler de celles dont ils ne sont pas conscients... Et c'est vraiment du miel, d'être celle qui les émerveille avec du bête réel, la signification d'un armistice, la dérive des continents, une comptine en anglais, n'importe quoi. Et le dernier post de Cécile me donne envie de leur lire plus souvent de la poésie...

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Et même pour des exercices de grammaire, ils se mettent à la tâche avec, peut-être pas un enthousiasme délirant, mais tout de même, une bonne volonté qui me déconcerte parfois, parce que c'est quand même pas bien rigolo d'entourer le verbe et de souligner le sujet ; et pourtant, ils le font. C'est un rapport à l'autorité peut-être, qui est lui aussi encore très simple : on leur demande, ils font. Pas encore de rébellion. Je n'ai pourtant pas une autorité naturelle (ni même artificielle) très développée, mais eux ont l'habitude, très forte, d'obéir à des adultes et de se soumettre à eux. Ce serait tellement facile de les corrompre, de les abimer. Je prie pour qu'ils rencontrent le moins de mauvais adultes possible, le plus tard possible.

(1) il manque ici un paragraphe de transition, qui a un peu de mal à se faire dans ma tête. Et j'ai pas le temps, y a les livrets à remplir.