Cette semaine, atelier de sérigraphie avec les élèves.

Que je les ai sentis à leur place ! Ce n'est que mon avis, et je projette peut-être un peu, peut-être beaucoup, mais j'avais la sensation qu'ils étaient enfin en train de faire ce pour quoi ils étaient faits. Un peu plus tard dans la même semaine, nous avons commencé à fabriquer notre lombricomposteur (pédagogiquement, c'était un peu nul : je n'ai pas pu attribuer de tâche à tout le monde, ou alors il aurait fallu en fabriquer trois...)

J'ai fait manipuler le cutter (dans le polystyrène, c'est facile) à quelques élèves. Qu'ils sont peu habiles !

J'ai la sensation qu'il faudrait consacrer beaucoup plus de temps à des activités plus manuelles, plus globales : cuisine, jardinage, bricolage, couture (qui n'a jamais tenu une aiguille et redéfait plusieurs fois un ouvrage monté à l'envers ignore peut-être que pratiquer la couture fait travailler l'esprit logique de manière certaine, et parfois cruelle).

serigraphie

... Et pourtant, on manque déjà de temps pour leur apprendre le reste. Je me demande "Dans quoi faudrait-il trancher ?" en songeant qu'il est fort possible que je ne pose pas exactement la bonne question.

Montessori, Freinet et compagnie, je suis bien évidemment très attirée par tout ça... Peut-être qu'un jour j'irai faire ma vie professionnelle dans une école privée qui laisse aux enfants plus de temps pour patouiller ; mais je crois aussi qu'avec beaucoup de travail, de recherches, de connaissance de l'EN, ainsi qu'une grande capacité à louvoyer pour convoquer les textes officiels quand ils sont arrangeants, et glisser les autres sous le tapis... Avec tout cela, il doit y avoir déjà moyen de travailler très différemment à l'intérieur du système.

C'est aussi un peu pour ça que je vais demander à travailler à mi-temps à partir de l'année prochaine : au départ, surtout pour moi, pour avoir le temps de vivre ma vie, boire le café avec mon amoureux au réveil, me promener, ne plus rater la poterie 3 fois sur 4... Avoir le temps mais aussi l'énergie, parce que si je suis tout à fait honnête, il m'en reste, du temps : seulement je l'emploie essentiellement à récupérer de la fatigue. Même pas deux semaines après la rentrée, je suis déjà une loque : vendredi soir à 18 heures, je luttais pour garder simplement les yeux ouverts (j'aime pas, ça me fait loucher).

Donc : un mi-temps. Beaucoup pour moi, mais aussi un peu pour ma "carrière" : je voudrais avoir le temps de me renseigner sur des pratiques alternatives, de lire, de réfléchir à ma pratique, éventuellement d'observer d'autres classes... Trouver le moyen de ne pas presser les élèves en permanence : "dépêchez-vous", "on est en retard", "on a un programme chargé aujourd'hui", tout ça j'en ai marre. Je voudrais voir s'il n'y a pas moyen de faire autrement.

Un mi-temps oui, mais financièrement ? pourriez-vous demander, et vous n'auriez pas tort. Eh bien, financièrement, ce ne sera pas la fête, et comme je ne tiens pas mes comptes ultra-rigoureusement j'ai un peu de mal à prévoir si ce sera chaud les marrons ou juste un peu serré. Ce qui est sensible en revanche, c'est que souvent, je dépense par fatigue, par manque de temps, par compensation. Et surtout, surtout : Travailler Plus pour Gagner Plus, peut-être, mais Travailler Moins pour Profiter Plus, ça j'y crois à mort.

Je n'ai pas eu le temps de tout regarder mais j'adhère déjà au premier quart d'heure : jusqu'au 17 janvier vous pouvez regarder ici le documentaire de Marina Julienne intitulé "L’École à bout de souffle". Il y a aussi un article si vous n'avez pas 52 minutes devant vous...

edit : j'ai regardé le documentaire en entier et bon, c'est parfois un peu caricatural : on ne fait pas que passer des évaluations à l'école, ni du travail sur fiches à la maternelle... Mais autant les évaluations en CE1 et CM2 sont obligatoires et nationales (et intéressantes en théorie mais biaisées en pratique), autant les photocopies en maternelle sont plutôt déconseillées par l'institution (mais 1. tellement pratiques quand on manque de temps et de matériel... hum. 2. parfois réclamées par les parents qui n'ont sinon pas de traces des journées de leur enfant).