Ecrans à la maison et à l'école
Par Milky le dim. 29 avril 2012, 14:23 - La school - Lien permanent
Un article très intéressant sur la sur-connexion.
Voilà 6 ou 7 ans que je n'ai plus la télévision. Je freine des quatre fers
pour avoir un smartphone. En cela je me sens "riche", c'est vrai.
J'ai en revanche un vrai syndrome de manque si je passe 24 heures sans
pouvoir aller sur internet ; ce qui nous est arrivé en rentrant de
vacances, la box avait cramé et on était trop fatigués pour s'occuper du
problème le jour même. Le cas échéant, traînasser devant l'ordi n'aurait rien
arrangé à la fatigue et aux yeux qui piquent, mais c'est ainsi : je suis
légèrement intoxiquée. Je ne sais pas si cela me fait me sentir "pauvre", mais
"dominée", sans doute un peu oui. Nous discutons avec A de journées web-free,
on est d'accord là-dessus, ça nous fera du bien, une fois de temps en temps. Un
jour, bientôt...
De là à raquer pour avoir une chambre sans internet à l'hôtel - ho, les
gars, on peut aussi décider de passer un weekend sans, quand même
!...
L'article pose également le problème des écrans à l'école. Sur ce point, je
suis mitigée.
Déjà parce qu'une école où il n'y a pas d'écrans n'est pas forcément, comme
l'école privée de l'article, une école où l'on pétrit son pain entre deux cours
de tricot. Ensuite parce que je rêve d'un DMI dans ma classe...
Pouvoir montrer un bout de danse contemporaine, l'image d'un mot qu'ils ne
connaissent pas, faire des schémas en géographie, exposer sans délai et en
grand l'image d'une œuvre d'art plutôt que de commander et d'acheter très cher
un poster qui se décolorera si on le laisse affiché, jaunira si on le stocke
dans une armoire.
D'un autre côté, les programmes, en France, obligent les instits (avec plus
ou moins de succès) à faire passer aux écoliers le B2i : "brevet
informatique et internet". Est-ce utile ou pas, d'après l'article non puisqu'on
n'en est plus à la fracture numérique, et que les logiciels tendent vers une
ergonomie la plus simple et la plus intuitive possible. Personnellement, je ne
sais pas.
Ce que je sais bien en revanche, c'est qu'il n'y a pas d'horaire dévolu à
l'enseignement des TICE (technologies de l'information et de la communication à
l'école) (1) ; étant considérées comme des savoirs transversaux, elles ne
sont pas censées être transmises en tant que telles aux élèves, mais comme un
médium pour faire du français, des maths, de l'histoire etc. Je n'ai pas
compris comment les élèves pourraient soudainement, de façon totalement
magique, connaître les bases du traitement de texte ou comprendre
l'architecture des dossiers sans que ça aie pris au moins un peu de
temps. Et comme du temps, on en manque cruellement, à l'école, bin oui, c'est
sûr, le B2i là-dedans, il passe un peu à la trappe. Je sais que je ne finirai
pas le programme, alors j'essaie de taper dans les compétences primordiales,
plutôt...
Mais effectivement, mes élèves, j'aimerais mieux qu'on leur prescrive du
tricot (motricité fine), du yoga (concentration) et des cours de cuisine
(notions de diététique). Et assurément, les écrans, ils n'en manquent pas, les
gosses de ZEP. Ça ne veut pas dire qu'ils savent les utiliser avec
discernement, mais je crois qu'on peut repousser leur apprentissage à un peu
plus tard... Je ne sais pas hein ! Mais si c'est pour le faire vite et
mal...
(1) Voici les
horaires officiels de l'école élémentaire. Déjà, là où on se fout de notre
gueule, c'est que les élèves n'ont pas réellement 24 heures de classe
par semaine : si on retire l'horaire officiel des récrés, à savoir 15
minutes par demi-journée, ça ne fait déjà plus que 22 heures. Quelle
arnaque !
Et s'il est en revanche bien normal de ne pas retirer le temps non-officiel,
mais bien réel et incompressible, passé à se ranger, descendre/monter les
escaliers (sans parler des embouteillages quand vous avez 250 élèves qui
doivent monter par le même escalier le matin à 8h30)... Là j'avoue je préfère
ne pas calculer exactement le temps perdu.
Commentaires
Tu as affaire à des CE2 je crois.
Il serait bien vu, étant donné qu'ils sont probablement déjà accros à l'écran à peine revenus à la maison, que tu essaies de leur inculquer le goût de la lecture.
Ce machin bizarre qui marche sans électricité, où on a juste besoin de mouvoir légèrement le regard et de temps à autre de bouger deux doigts et qui donne une ouverture sur le monde...
S'ils ne lisaient qu'un quart d'heure par jour ils liraient probablement plus que la moyenne des Français.
C'était ma minute vieux con...
Le goût : bien sûr que j'essaie... Avec un succès des plus incertains !
Une révolution technologique à même de réconcilier les vieux cons et les jeunes cons !
http://www.youtube.com/watch?v=Q_ua...
Mais... Mais ! Youtube m'a piqué mon commentaire !
Je vois 20h annuelles d'enseignement des arts. Wow, 20h ! Bien sur c'est pas aussi important que l'apprentissage du français ou des maths, mais 20h. Ça ou rien c'est pas loin d'être pareil non ? Comment tu as géré ça toi ?
xx
Elo : en fait c'est 78 h de pratiques artistiques dont 20 h d'histoire des arts. On nous suggère d'utiliser ces 20 heures pour "rallonger" l'horaire d'histoire, ce que je ne fais pas du tout (disons pour euphémiser que je n'ai pas fait de l'Histoire une priorité cette année... hum)
En pratique ? A Paris, on a des PVP (Professeurs de la Ville de Paris) en musique et arts visuels qui assurent ces 78 heures ; certains instits en font aussi parfois un peu plus (quand il y a un projet, ou une visite au musée de prévue...). De mon côté, comme je n'ai déjà pas le temps de faire le reste, je m'en tiens à ça. C'est un des gros avantages de débuter à Paris : 2 matières (voire 3 si on compte l'EPS) de moins à préparer !... Le revers de la médaille, c'est qu'on ne fait plus que les trucs les plus scolaires avec les élèves, mais bon, on n'est pas absolument obligé de fonctionner comme ça, c'est juste plus facile, selon moi, au début...
Oui mais pour toi c'est le début, j'ai confiance que les choses vont se mettre en place, tu trouveras ton rythme et ta méthode.
Ça me rappelle que j'ai eu une instit en CE2 (autre époque, je sais) qui était passionnée de nature, de montagne. Cette année là, on a fait 2 classes vertes avec elle, plein de projet sur la nature etc. Elle était aussi passionnée de chant et nous faisait chanter tous les jours. J'imagine bien qu'on avait du coup peut-être pas couvert tout le programme mais je ne me souviens pas non plus que ça ait marqué un trou dans notre éducation collective.
Dans un sens c'est une bonne chose que les cours d'art soient pris en charge par des profs spécifiques, ça assure que ces heures là ne sont pas grignotées par un peu de soutien ou un rattrapage d'histoire.
Dis, on prend bientôt un café ?
x
Eh bien, dans mon cas, ma dernière maîtresse d'école maternelle était une fan de poésie.
C'est elle qui m'a appris les premières que j'ai sues.
Et je n'en ai jamùais perdu le goût.
Bon, pour le sport...