Un article très intéressant sur la sur-connexion.

Voilà 6 ou 7 ans que je n'ai plus la télévision. Je freine des quatre fers pour avoir un smartphone. En cela je me sens "riche", c'est vrai.

J'ai en revanche un vrai syndrome de manque si je passe 24 heures sans pouvoir aller sur internet ; ce qui nous est arrivé en rentrant de vacances, la box avait cramé et on était trop fatigués pour s'occuper du problème le jour même. Le cas échéant, traînasser devant l'ordi n'aurait rien arrangé à la fatigue et aux yeux qui piquent, mais c'est ainsi : je suis légèrement intoxiquée. Je ne sais pas si cela me fait me sentir "pauvre", mais "dominée", sans doute un peu oui. Nous discutons avec A de journées web-free, on est d'accord là-dessus, ça nous fera du bien, une fois de temps en temps. Un jour, bientôt...

De là à raquer pour avoir une chambre sans internet à l'hôtel - ho, les gars, on peut aussi décider de passer un weekend sans, quand même !...

L'article pose également le problème des écrans à l'école. Sur ce point, je suis mitigée.

Déjà parce qu'une école où il n'y a pas d'écrans n'est pas forcément, comme l'école privée de l'article, une école où l'on pétrit son pain entre deux cours de tricot. Ensuite parce que je rêve d'un DMI dans ma classe... Pouvoir montrer un bout de danse contemporaine, l'image d'un mot qu'ils ne connaissent pas, faire des schémas en géographie, exposer sans délai et en grand l'image d'une œuvre d'art plutôt que de commander et d'acheter très cher un poster qui se décolorera si on le laisse affiché, jaunira si on le stocke dans une armoire.

D'un autre côté, les programmes, en France, obligent les instits (avec plus ou moins de succès) à faire passer aux écoliers le B2i : "brevet informatique et internet". Est-ce utile ou pas, d'après l'article non puisqu'on n'en est plus à la fracture numérique, et que les logiciels tendent vers une ergonomie la plus simple et la plus intuitive possible. Personnellement, je ne sais pas.

Ce que je sais bien en revanche, c'est qu'il n'y a pas d'horaire dévolu à l'enseignement des TICE (technologies de l'information et de la communication à l'école) (1) ; étant considérées comme des savoirs transversaux, elles ne sont pas censées être transmises en tant que telles aux élèves, mais comme un médium pour faire du français, des maths, de l'histoire etc. Je n'ai pas compris comment les élèves pourraient soudainement, de façon totalement magique, connaître les bases du traitement de texte ou comprendre l'architecture des dossiers sans que ça aie pris au moins un peu de temps. Et comme du temps, on en manque cruellement, à l'école, bin oui, c'est sûr, le B2i là-dedans, il passe un peu à la trappe. Je sais que je ne finirai pas le programme, alors j'essaie de taper dans les compétences primordiales, plutôt...

Mais effectivement, mes élèves, j'aimerais mieux qu'on leur prescrive du tricot (motricité fine), du yoga (concentration) et des cours de cuisine (notions de diététique). Et assurément, les écrans, ils n'en manquent pas, les gosses de ZEP. Ça ne veut pas dire qu'ils savent les utiliser avec discernement, mais je crois qu'on peut repousser leur apprentissage à un peu plus tard... Je ne sais pas hein ! Mais si c'est pour le faire vite et mal...

(1) Voici les horaires officiels de l'école élémentaire. Déjà, là où on se fout de notre gueule, c'est que les élèves n'ont pas réellement 24 heures de classe par semaine : si on retire l'horaire officiel des récrés, à savoir 15 minutes par demi-journée, ça ne fait déjà plus que 22 heures. Quelle arnaque !
Et s'il est en revanche bien normal de ne pas retirer le temps non-officiel, mais bien réel et incompressible, passé à se ranger, descendre/monter les escaliers (sans parler des embouteillages quand vous avez 250 élèves qui doivent monter par le même escalier le matin à 8h30)... Là j'avoue je préfère ne pas calculer exactement le temps perdu.