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Est-ce que c'est parce que le fromage au lait cru m'est interdit que je trouve la surface de ce chèvre si fascinante ? (attention, aucun rapport avec ce qui suit)

Dimanche, 18 heures.

Pour anéantir le blues dominical, je décide de cuisiner un risotto au potimarron, qui restera au chaud le temps de prendre un bain. J'émince l'oignon pendant que le beurre fond gentiment.

Je rassemble tout ce dont j'ai besoin - motif de sérénité supplémentaire, pour une fois, j'ai déjà tous les ingrédients, pas besoin de descendre à l'épicerie racheter du bouillon-cube, ou de renoncer au parmesan râpé ; j'ai même une branche de thym sauvage des Cévennes et un fond de vin blanc restant de précédents mijotés, je me sens exactement à place dans l'univers.

Les oignons blondissent dans le beurre, exhalant déjà le paradis. L'eau du bouillon est fumante, le potimarron attend sur la planche à découper, éblouissant de plénitude, et il me semble que son orange profond et mat me nourrit déjà.

Je vide le paquet d'arborio dans la casserole, je mélange, j'observe les grains devenir translucides, tout se passe comme prévu, tout est dans l'ordre des choses. Il me semble seulement que la dose de riz est un peu juste, et je décide alors de compléter avec un deuxième paquet, entamé lui aussi, d'une marque de moindre qualité, mais dans de si faibles proportions je songe qu'on ne le sentira pas.

Je commence donc à verser... et là... l'HORREUR. La onzième plaie d’Égypte. Dans mon si beau début de risotto, j'ai versé du riz colonisé par les asticots.

Ô le désespoir.

J'ai dû dire Putain environ dix mille fois dans le quart d'heure qui a suivi, le temps de tout balancer à la poubelle, la casserole et la moitié du placard (ils étaient aussi rentrés dans un paquet de pâtes même pas entamé, putain !), de vaporiser du biocide partout et de sortir de l'appartement en furie, anéantie, écœurée, ne sachant comment écluser ma frustration.

Chéri a bien tenté de me consoler, me proposant d'aller racheter sur-le-champ un paquet du meilleur arborio qui soit, mais l'incident m'avait coupé toute envie de mitonner. Pour ceux que la cuisine laisse de marbre, imaginez simplement un coup de fil de votre patron au sujet de la réunion de lundi alors que vous êtes en pleine partie de jambes en l'air. Vous y êtes ?

On a fini devant une salade et des pâtés à la viande et aux pistaches de chez le traiteur très chic ouvert le dimanche (j'ai sauvé la soirée en sacrifiant ma carte bleue).

Il m'a fallu 24 heures pour "digérer" les asticots... Lundi soir, j'ai pris ma revanche. Le risotto était extra (et garanti sans aucune protéine animale clandestine).

Mais au fait, pourquoi je vous racontais ça ?... Ah oui, ça me revient. Je voulais partager avec vous un truc qui a changé ma vie l'année dernière : la peau du potimarron se mange. Pas besoin de passer une demi-heure à éplucher la bête. Ça vous la coupe, hein ?