Un cadeau d'Edward (ou presque)
Par Milky le sam. 29 décembre 2012, 18:46 - Journal - Lien permanent
Six mois et demi. Avec les pulls et les manteaux, on ne remarque pas
forcément que je suis enceinte, et par manque d'expérience, je passe
benoîtement une demi-heure debout dans la file d'attente alors qu'on aurait pu
griller tout le monde en un clin d’œil ; j'apprends donc à sur-informer,
et c'est facile, il suffit de faire semblant de porter son ventre avec une main
(ou deux, en cas de vigile particulièrement peu attentif).
Hopper avec Christinotchka donc, juste avant les vacances. La grisaille
hivernale et parisienne me détourne de toutes les scènes urbaines et m'attire
comme un aimant vers les ciels bleus et la campagne... (depuis tout va mieux,
je vous écris depuis les Cévennes, assez clémentes pour nous autoriser des
déjeuners dehors, et pleines de ciel comme d'habitude).
La pièce où il y a le plus de monde à l'expo : la boutique-cadeaux...
Normal, me dit A, c'est là qu'on va pouvoir prouver qu'on a vu
l'expo.
Au moment où je me disais qu'ils avaient été raisonnables en merchandising
(presque pas d'autres produits dérivés que cartes postales, magnets et
carnets), des kits "comme dans un diner amerlocain" se dressent devant
moi : un distributeur de serviettes en papier assorti de deux flacons en
plastique, jaune pour la moutarde, rouge pour le ketchup. La merdouille à 25
euros dans toute sa splendeur.
Deux femmes d'une cinquantaine d'années sont plantées devant, l'une d'entre
elles s'interroge à voix haute : la merdouille en question
constituerait-elle un cadeau potable pour son fils qui vient de s'installer
dans un studio ?
J'ai dans mon entourage très proche quelques acheteurs compulsifs et c'est
une tendance également inscrite en moi, contre laquelle j'ai l'habitude de
lutter... aussi je réponds automatiquement : "Votre fils va-t-il
vraiment s'emmerder à transvaser son pot de moutarde et son tube de
ketchup dans ces flacons débiles ?"
D'accord, la question n'était pas franchement neutre, mais la dame a rigolé,
et m'a donné raison en reposant la boîte. J'aimerais bien trouver un job
d'anti-vendeuse, je suis sûre que je serais hyper-bonne !

Moi ? J'ai juste acheté un petit magnet pour le calendrier de l'Avent de mon amoureux... Je suis déjà un cordonnier mal chaussé dans mon métier fictif.
Commentaires
Anti-vendeuse, j'adore.
mon frigo disparait sous les magnets