Voilà un petit mois que les travaux sont à peu près terminés chez nous, un mois que nous pouvons enfin nous ré-installer dans nos murs. A un rythme moyennement soutenu : le Chou bosse dur, et moi je suis mou du genou la plupart du temps, en général suite à un pic de folle énergie d'environ 45 minutes...

Mais enfin tout de même, j'ai récupéré une cuisine plutôt fonctionnelle, et la rubrique Estomac de ce blog peut reprendre ! Youhou !

Ces derniers temps j'ai testé beaucoup de recettes de muffins, la plupart du temps en cherchant des mélanges pas trop casse-gueule entre des idées de saveurs chez Absofruitly et souvent un bête gâteau au yaourt pour la base. J'aime bien faire des muffins, d'une part parce que ça a tout de suite de la gueule, ces mignons gâteaux moelleux et rebondis dans leurs petits papiers sulfurisés ; d'autre part, justement, il y a le concept de "part" qui préexiste à leur existence et qui m'aide à réguler ma boulimie du neuvième mois avec une échelle tout simple :

  • 1 muffin dans la journée, c'est très raisonnable.
  • 2 muffins, ça va.
  • 3, il faudrait se calmer un peu là.
  • 4 muffins ? Tu déconnes COMPLÈTEMENT.


Bon, et puis après une salve de muffins poire-choco-cardamome / potimarron-gingembre-noix / châtaigne-choco-coco, je me suis un peu calmée sur les expérimentations, et j'ai eu envie de retrouver un de mes classiques : le pain d'épices. Méfiez-vous de ceux du commerce, il faut vraiment lire les étiquettes, il y en a de plus en plus qui contiennent des cochonneries comme le sirop de glucose-fructose, et en tout début de liste en plus ! Quant aux pains d'épice artisanaux, ils sont horriblement chers, et souvent trop friables (Prosper Youblaboum n'est selon moi pas LE roi du pain d'épices, mais niveau consistance c'est exactement ce que je recherche : un truc qui se tient, plus proche du pain que du gâteau).

J'étais donc bien heureuse de trouver il y a un ou deux ans une recette qui après de menus ajustements me convient parfaitement ; il s'agit d'une recette que j'ai découverte dans des circonstances particulières, car c'est celle de La Fille aux Craies, une blogueuse dont j'ai appris l'existence... après son décès.
Par une sorte d'effet de ronds dans l'eau, parce qu'elle était lue par des blogueurs que je suis et que j'aime, et qui en l'espace de quelques jours l'ont tous mentionnée plus ou moins elliptiquement, je suis allée la lire... Et j'ai découvert quelqu'un qui avait l'air drôlement chouette. C'était un peu perturbant, de dévorer les archives d'un blog (ça je fais souvent, quand j'ai un coup de coeur) mais qui ne serait plus jamais actualisé. C'était perturbant, durant les semaines qui ont suivi, de penser beaucoup à cette personne que je n'avais vraiment pas connue, avec qui je n'avais jamais discuté, même par commentaires interposés.

C'était perturbant parce que c'était à un moment de ma vie où la question de faire des enfants commençait à se poser un peu sérieusement, et que ce qu'elle a écrit au sujet d'être parents a eu une influence, un poids certain dans mes réflexions. Et aujourd'hui encore, quand je la relis je me sens rassurée : on peut s'éclater avec des enfants, ce n'est pas QUE le bagne (entre les discours "c'est que du bonheur" et "c'est SURTOUT des emmerdes", j'ai l'impression de ne pas entendre beaucoup d'alternatives...)

Bref. Chaque fois que je fais du pain d'épices, j'ai une pensée particulière pour elle. Puis une autre, pour son mari et pour leur fille. Je me demande ce qu'ils deviennent ; j'espère qu'ils vont bien.

Voilà sa recette à elle.

Ce que je fais de pareil : les mesures au pif (sauf la farine) : comme j'ai pas de balance de cuisine, le beurre, le miel et tous ces trucs qui ne vont pas facilement dans un verre doseur, je fais approximativement. Ça marche toujours bien. Je respecte également les indications de cuisson ; la première fois j'avais trouvé la croûte trop brune, limite cramée, mais quand j'avais voulu réduire le temps et/ou la température, le pain n'était plus cuit à cœur et alors croyez-moi, quand c'est pas bien cuit, c'est vraiment pas terrible. Et pour le recuire vous pouvez toujours vous brosser, ça veut pas (c'est bizarre, un pain d'épices récalcitrant, mais vraiment, il vous résiste, le bougre).

Ce que je fais de différent : le sucre, j'en mets moitié moins. J'ai essayé de ne pas en mettre et de ne sucrer qu'au miel, ça fait un pain ultra-moelleux, mais du coup presque trop pour moi. Le sucre permet au pain de caraméliser un chouïa, pour la texture je préfère. Je mets aussi plus d'épices : de l'anis comme elle (j'ai un moulin à poivre que j'ai dédié à l'anis, parce que j'en trouve pas du déjà moulu chez Franproux), mais aussi, évidemment, de la cannelle, du gingembre, de la cardamome (qui est comme l'anis pas facile à trouver déjà moulue, je sais qu'il y en a chez Metro si vous y avez accès, moi j'ai récupéré un sachet Lafayoutte Gourmet de ma belle-mère, qui a des velléités de cuisine mais ça s'arrête là), du 4 épices quand j'en ai, un peu de muscade éventuellement, et puis plein de poivre (à ce sujet, j'ai découvert le poivre sauvage de Madagascar qui a un arôme dingue, du genre à rendre inoubliable la plus ennuyeuse des vinaigrettes... Ça y en a chez Franproux, mais c'est chérot tout de même). Les épices, j'aime quand il y en a plein, mais faut se méfier quand même, si y en a trop, ça sent la savonnette...

Mais revenons à notre pain d'épices : déjà quand ça cuit, mamma mia, le miel, le beurre, les épices... ça vous embaume la maison et le cœur, c'est limite une preuve de l'existence de dieu.

Quand il sort du four, je patiente comme je peux qu'il refroidisse, puis je le découpe en tranches, je le range dans un sachet de congélation et je ressors deux-trois tranches quand ça me chante (en général 5 minutes plus tard), que je mets au grille-pain pleine puissance (à nouveau les effluves sacrés, à nouveau mamma mia), et par-dessus le beurre salé qui fond, rhaa quel bonheur, avec un verre de lait frais et une orange, voilà un petit-déj qui figure parmi mon top 5 des meilleurs petits-déjs au monde.


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Sans beurre, si vous êtes au régime.


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Avec beurre, si vous vous sentez un peu faible.