J'ai rendu ma traduction jeudi dernier, et j'ai l'impression que c'était il y a cent ans.

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Tous les ans, le Chou évoque l'idée de faire l'acquisition d'un sapin de Noël ; il n'est pas trop pressant, mais avec la Poupette qui grandit, je sens que ça va devenir compliqué de s'en passer encore très longtemps... Déjà que je suis pas sûre de vouloir lui faire gober l'histoire du Père Noël, pauvre Hiboute, quelle enfance désenchantée je lui donne.

Du coup cette année, à titre d'échauffement, j'ai fait un romarin de Noël, et j'ai accroché trois guirlandes dans la maison. Je n'aurais pas soupçonné que ça m'emmerderait aussi prodigieusement... Presque autant qu'acheter des fringues à cette malheureuse enfant qui n'est presque vêtue que des reliques de ses cousins, et des offrandes de ses grands-mères - faut dire, les Sergent Majour et compagnie, ça me déprime sévère : les rayons marron/caca d'oie/ bleu marine pour les garçons et rose/violet/mauve pour les filles, j'en vomirais. Chacun sa couleur et les vaches seront bien gardées, c'est ça ? Les dingos du gender peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

Sur le sujet, le documentaire Princesses, Pop Stars & Girl Power est très bien fichu - un peu décourageant, parce qu'on se demande en tant que femme, en tant que mère, ce qu'on va bien pouvoir faire pour éviter de s'enfermer ou d'enfermer nos filles dans un stéréotype féminin pourri... Mais ça mérite d'être vu quand même je pense.

Ce qui est intéressant notamment, c'est l'idée que le "genrage" rapporte du pognon ; au début du film, on raconte qu'il y a trente ans, les vélos pour enfants étaient rouges ; ainsi l'engin sur lequel l'aîné-e d'une fratrie avait appris à pédaler servait à tous les autres enfants qui suivaient. Aujourd'hui, il y a les vélos ROSES Hello Kittou, et les vélos BLEUS Spidermoun. Du coup les parents doivent acheter DEUX vélos pour leurs rejetons s'ils ont eu la mauvaise idée de ne pas tous partager le même sexe. Malin, non ? Et bien entendu ce principe commercial s'applique à tout, absolument tout. Vu par exemple : les biberons rose/bleu. Les BIBERONS bordel. Et bien entendu cette foutue gangrène s'est également installée dans les livres, lisez ce génial article (désespérant aussi, certes) d'une libraire qui résume bien la situation je trouve : De l'inconvénient d'être féministe en librairie jeunesse.

Mais bien entendu, le problème de la princesse et du chevalier est si diffus qu'on ne peut blâmer uniquement les marketeux, puisque les parents sont manifestement demandeurs. Il y a quelques temps de cela j'étais à une réunion de consommateurs, et nous autres mères débattions de l'emballage idéal pour un petit pot de bébé. Parmi les présentations qu'on nous avait soumises, il y avait un petit train dont chaque wagon transportait un des aliments constitutifs de la recette. Eh bien il s'est trouvé une mère pour estimer que ça faisait "trop garçon" et qu'elle ne serait point tentée d'acheter cette purée testiculée pour sa petite fille. Voui voui. What. The. Fuck.

Bon je voulais juste parler de mon romarin de Noël... Allez je fais un voeu, c'est la saison : réfléchissez bien aux cadeaux de Noël pour vos moutards !