Dimanche après le square, on s'arrête à la boulangerie histoire de s'offrir une petite fougasse pour le goûter. Hiboute en réclame aussitôt un morceau, à quoi je réponds, en bonne mère en perpétuelle croisade contre les vilains microbes : tututut, on va se laver les mains d'abord.

Couinements de frustration. Je défends ma position :

- Enfin, chérie... Si tu ne te laves pas les mains d'abord, tu peux tomber malade !

La boulangère intervient :

- Ou plutôt, si tu ne te laves pas les mains d'abord, ben t'en auras pas !

Deux visions de l'éducation.

Par réflexe, je suis le plus souvent dans la première, mais par fatigue ou par manque de temps, ou quand la première ne donne rien sur le moment, je peux verser dans la seconde, parfois plus efficace à court terme, mais pas hyper stimulante à mon sens.

Hiboute n'est ni plus ni moins disciplinée que les autres, mais je pense qu'à terme, il est plus fécond de lui présenter un monde avec des causes et des conséquences logiques, plutôt que des autorisations et des interdictions en apparence arbitraires. Et de toute façon, impossible d'ignorer ses "pourquoi ?" systématiques. C'est stimulant aussi pour moi, car ça m'oblige à expliciter (et parfois à remettre en question) le bien-fondé de ce que je lui demande de faire ou de ne pas faire. Pourquoi je veux bien qu'elle commence son repas par le yaourt mais pas par le chocolat, par exemple. Mais il est certain que c'est plus long et plus fatigant.

IMG_3052b.JPG

En ce moment, elle est dans une phase Terres et soleils à gogo.