C'est la très bonne nouvelle du jour : ma grand-mère s'est suffisamment retapée pour rentrer chez elle, enfin, après 3 mois et demi d'hôpital.

Hier soir, en traversant le parc désert de la Pitié-Salpêtrière pour aller lui dire au revoir, je me sentais euphorique, comme si c'était moi qui allais enfin retrouver la douceur de mon foyer. J'avais bien envie de partager une coupette de champagne avec elle, mais nous nous sommes contentées de papoter à voix basse et d'évoquer Trésor, le petit chat qu'elle désire ardemment depuis quelques semaines, et qu'elle a nommé ainsi avant même qu'on le lui dégote.

Ce chat, c'est ce qui me fait le plus plaisir : il y a dix ou quinze ans (ma grand-mère était alors une fringante septuagénaire), quand le dernier de leurs animaux domestiques est mort (chat, chien ou perroquet ? je ne sais plus), elle avait pris la décision de ne pas en prendre d'autre. Elle partait du principe qu'elle mourrait avant et ne voulait pas nous laisser la charge d'un orphelin.

Alors je trouve émouvant ce revirement de situation sur le tard : il y a des tas de choses qu'elle aimait et qu'elle ne peut plus faire, mais avoir un chat sur les genoux, ça c'est encore possible, et elle n'a aucune raison de se priver de ce plaisir.

La vie est trop longue pour ça.

La vie est trop courte pour ça.

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Illustration pas complètement pertinente, mais suffisamment : une vieille dame, un animal, et tellement de mignonnerie !