J'étais émue bien sûr, et j'ai beaucoup de chagrin pour mon grand-père (pour vous situer, il a voulu écouter ça lors de la cérémonie. Ambiance garantie), mais je suis soulagée pour ma grand-mère, qui n'était plus vraiment elle-même depuis qu'elle ne pouvait plus ni jardiner, ni cuisiner ni coudre. Même cette voix pimpante et sucrée sur son répondeur téléphonique n'était plus la sienne depuis longtemps.

Évidemment, à l'enterrement je n'ai pas raconté qu'elle ne me manquait pas parce qu'elle avait en quelque sorte déjà un peu disparu. J'ai raconté qu'elle ne me manquait pas parce qu'elle était avec moi depuis longtemps, parce que je pensais à elle très régulièrement. Parce que nous avons eu une relation qui a imprégné ma vie dans les choses les plus quotidiennes, les plus triviales : comment je range mes serviettes de toilette, comment je recouds un bouton, comment je découpe des ribambelles en papier pour ma fille (et j'ai hâte de lui apprendre les pompons), comment je fleuris ma terrasse (j'ai un faible pour les œillets d'Inde à cause d'elle, parce qu'elle m'avait montré comment récupérer les graines et que l'émerveillement est resté intact).

Je n'ai pas raconté que quand j'essaie une jupe longue, je l'entends, caustique, me dire que je ressemble à un abat-jour (on a bien rigolé en se remémorant ce genre de choses avec ma sœur et mes parents) : nous n'avons pas toujours été tendres l'une envers l'autre, mais au final nous nous aimions beaucoup.

Merci pour vos gentils mots qui m'ont fait chaud au cœur.

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