Tout ça risque d'être approximatif, mais je tente quand même d'ébaucher quelque chose.

Voilà : les attentats de 2015, ce que je constate de l'effet qu'ils ont eu sur moi, c'est qu'ils m'ont donné une certaine impulsion à agir. Agir pourquoi ? En toute modestie, pour un monde meilleur. Rien que ça ! Je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas : un sondage (ouais désolée j'ai pas la référence sous le coude... donc "un" sondage) avait montré que beaucoup de jeunes (je suis encore un peu jeune, laissez-moi tranquille) s'étaient engagés dans des activités associatives suite à ces attentats.

Je me demande combien ils sont, combien on est à avoir eu cette réaction.

Bon. Sauver le monde, ok, mais comment ?

Une grosse année plus tard – c'est terrible parce que je ne peux pas raconter précisément mon cheminement, j'ai sabré des paragraphes entiers de ce texte pour ramasser mon propos, et les jalons que je choisis ont malgré tout quelque chose de très arbitraire, mais bon – je suis tombée sur une vidéo qui s'appelait « Changer le monde en 3 minutes », ou un truc racoleur du genre. J'ai quand même cliqué pour écouter le type, qui donnait des exemples de manières de procéder.

Entres autres, il citait le fait de modifier un article Wikipédia. Ça m'a marquée. Est-ce que je l'avais déjà fait avant cette vidéo ? Ou bien m'y suis-je collée après ? En tous cas, je me souviens que c'est à peu près à ce moment-là que je l'ai fait (donc, qu'il y ait eu causalité ou non, peu importe, ce que je retiens c'est la synchronicité, la sérendipité). C'était une bêtise, un erreur d'orthographe ou de typo, j'ai oublié, mais enfin voilà : j'avais modifié mon premier article Wikipédia. Je ne le fais pas de façon régulière, mais ça m'est arrivé plusieurs fois depuis.

Et puis cette semaine, j'ai découvert l'existence de cette femme, Emily Temple-Wood, qui est devenue une grande contributrice Wikipédia et a notamment lancé un projet de mise en lumière des femmes scientifiques (90% des rédacteurs de Wikipédia sont des hommes, et du coup, devinez quoi ? Eh bien ils parlent surtout d'autres hommes). J'ai trouvé son exemple très positif et stimulant.

Et puis quoi après ça ? Ce matin, je tombe sur une annonce me proposant de m'inscrire à un MOOC afin d'apprendre à rédiger des articles pour l'encyclopédie en ligne. (Ça vous tente ? C'est ici).

Comme un enchainement logique qui aurait démarré il y a deux ans... je me suis inscrite. On verra bien où ça me mène. Rien qu'en rédigeant le brouillon de cette note, je me suis aperçue qu'une autrice importante n'avait pas sa fiche Wikipédia. Il est bien possible que je me charge de sa rédaction dans les semaines qui viennent...

Depuis deux ans et demi que je suis traductrice, j'ai aussi fini, il y a quelques semaines, par m'inscrire à un forum de traduction que jusque là je me contentais de consulter silencieusement. L'intérêt, au delà de l'usage professionnel que j'en ai, est double : d'une part, le fait d'appartenir à une communauté qui cherche à s'entraider et à diffuser le savoir (linguistique, dans ce cas précis) est bénéfique pour mon moral et me redonne foi en l'humain : non, il n'y a pas que des magouilleurs, des violeurs et des assassins en ce bas monde (et même si on le sait intellectuellement, il se trouve qu'émotionnellement et médiatiquement, c'est sur ceux-là qu'on se focalise). Il y a aussi des gens normaux, des gens bien, qui partagent leur savoir, qui aident leur prochain. Participer à ce genre d'initiative, ça aide à se le rappeler.

D'autre part, ce qui est super aussi, c'est d'avoir le sentiment, effectivement, de rendre le monde meilleur. A une échelle infinitésimale, certes. On n'a pas tous les moyens de donner aux associations, que ce soit des heures ou des euros. Alors AGIR tout de même, même un tout petit peu, ça fait un bien fou.

Il y a pleeeeein de choses que je ne prends pas le temps de raconter, ce sera pour une prochaine fois (à quelle fréquence je termine mes notes sur cette conclusion ?)