Il y a quelques temps, Jaddo a recommandé un article du New York Times, un long article, en anglais (relativement facile), en disant que ça se lisait comme du petit lait. J'ai enfin pris le temps de le terminer ce matin (je m'accorde quelques jours de vacances entre la traduction que je viens de rendre et celle qui m'attend déjà - je suis bénie) et c'était effectivement une très bonne lecture : To Obama with Love, and Hate, and Desperation.

En deux mots, l'autrice raconte le courrier que recevait Obama tous les jours, et l'administration qui se chargeait de lire tout ce courrier et de lui en faire une sélection quotidienne (10 lettres, à sa demande). C'est d'une humanité ébouriffante, concentrée, pour le meilleur et pour le pire.

Lorsque je leur ai laissé libre cours, mes pensées, taquines, ont mis cette pratique en parallèle avec les sondages que commandait Sarko pour tâter le terrain au sujet de sa petite personne, de sa popularité et de l'intérêt qu'il aurait ou non pour celle-ci à épouser Bruni (j'y ai repensé parce que l'autre jour j'ai écouté Des citoyens qui changent le monde, qui dans sa deuxième moitié évoquait entre autres ce scandale mis au jour par Raymond Avrillier).

Donc on a, d'un côté de l'Atlantique, un président qui voulait écouter les voix d'individus, savoir ce qu'était leur vie ; et de l'autre, un mec qui sondait les gens sur sa life.

Dit comme ça, c'est caricatural bien sûr, et je veux bien admettre qu'il y a des nuances, mais enfin je pense que l'écume qui restera, c'est qu'on (oui le "on" de ma bulle de filtrage, bien sûr) aimait bien Obama, et que personne ne regrette Sarkozy. Et on n'avait pas peur des élections américaines, ça paraissait plié, et maintenant tout le monde hallucine. J'aimerais bien que la divergence se poursuive et que la trouille qu'on éprouve actuellement aboutisse à des présidentielles hallucinantes aussi mais dans l'autre sens : incroyable soulagement plutôt que stupeur accablée.