Cette semaine j'ai vu passer trois polémiques, je vous laisse trouver le point commun :

  1. un livre éducatif qui parle de leur corps aux enfants, mais (comme d'habitude aurais-je envie d'ajouter) avec des différences de traitement flagrantes entre le sexe des garçons et celui des filles. Pour vous donner un exemple, si l'on y précise que le zizi des garçons s'appelle "pénis", on ne juge pas utile de dire que celui des filles se nomme "vulve" (à la place, on donne une ribambelle de surnoms enfantins. Le sexe des filles, c'est pas sérieux voyons).
  2. Il y a aussi eu Solange Te Parle, qui après avoir mené il y a 2-3 ans une série d'entretiens avec des femmes sur le thème de la sexualité, a transformé ce travail radiophonique en livre, sans en avertir les premières concernées. Les commentaires sont souvent très passionnés, dans un camp comme dans l'autre : ceux qui ont toujours su que Solange était une salope, et d'ailleurs ils ne supportent pas sa voix, et ceux qui la défendent en accusant les plaignantes d'être des connasses en mal de reconnaissance qui n'ont rien de mieux à faire.
  3. Enfin, l'affiche du festival de Cannes fait polémique car la photo de Claudia Cardinale qui a servi pour sa conception a été retouchée façon Barbie, avec la même subtilité qu'une pub l'Ouréal (je vous laisse vous rendre compte avec ce gif).

Bon vous avez deviné, le point commun, c'est le féminisme. Ou peut-être pour être plus précise, la définition du féminisme. Car pour ces trois exemples, systématiquement les "accusés" se défendent en clamant qu'ils sont féministes : à chaque fois on dirait que c'est l'emplacement de la frontière qui se joue. Une vraie guerre de tranchées, tout aussi absurde et bordélique. Je regrette que ce qui pourrait être un débat hyper constructif (mais, j'avoue, sans doute bien bordélique quand même) tourne au mieux au dialogue de sourds, au pire au pugilat. Il y a des gens sensés, modérés, qui expriment très bien les problématiques en jeu, mais sont-ils entendus, au milieu de tout ce bruit ? Je voudrais moins de passion et plus de dialogue.