Ce doit être le quatrième brouillon que je viens rédiger ici - dans ma tête, j'en suis à quinze ou vingt.

Depuis bientôt deux semaines, on a vu passer de tout. J'avais envie d'y aller de mon petit couplet, moi aussi, mais quelque chose me retenait (et me retient toujours un peu, peut-être que je renierai ce post sous peu).

L'approche de l'échéance me libère : tout ce qui devait être dit a été dit, et même un peu plus. Autant j'imaginais les indécis au premier tour provoquer des embouteillages devant les isoloirs, autant là, il me semble qu'il n'y a plus beaucoup de doute qui traîne.

J'ai passé quinze jours à essayer de comprendre les abstentionnistes, et à leur opposer mes propres arguments. Je précise que j'ai discuté avec des gens pas trop vindicatifs (sauf une fois), et que je suis moi-même restée très courtoise. Malgré tout, ni eux ni moi n'avons beaucoup progressé, je dois l'admettre. Mais on ne s'est pas insultés, et ça c'est déjà une victoire, non ?

Je suis passée par le déni (le soir du premier tour : wouhou, on est sauvés, et je ne vais pas avoir à voter Fillon !), la colère (quoi il y en a qui trouvent que c'est pareil ? Mais c'est dingue !), le marchandage (discussions interminables sur les réseaux sociaux), et je crois que j'en suis à l'acceptation : il faut de tout pour faire un monde, et ceux qui veulent faire la révolution y ont leur place autant que moi qui aimerais mieux que les choses changent sans violence (vu que je trouve qu'il y en a déjà assez comme ça). On est tous pareils, on est tous différents : on voudrait tous un monde meilleur, mais on n'en a pas tous exactement la même idée, et surtout on n'envisage pas tous les mêmes chemins d'action pour y parvenir. J'accepte de ne pas comprendre les gens qui ne font pas le même choix que moi, en espérant seulement que ceux de mon camp seront plus nombreux dimanche. (Si on perd, nul doute que cette belle acceptation sera quelque peu chahutée dans ma petite tête, je ne suis pas un moine bouddhiste non plus.)

Je retiens un texte qui vous parlera peut-être comme à moi ; dans tout ce que j'ai pu lire ces derniers jours, j'ai trouvé que son optimisme contrait (et contrastait) efficacement l'ambiance plombée / plombante : merci à Samantdi pour le lien !