Mercredi dernier, je prenais un café une glace avec Heure Bleue et Le Goût, que je n'avais pas vus depuis longtemps. Alors, quoi de neuf ? me demandaient-ils assez logiquement, et je manquais un peu d'inspiration pour leur répondre, quand mon téléphone sonna. Une minute plus tard, j'avais des nouvelles extra-fraîches à leur soumettre : ma grand-mère, l'autre, venait de mourir.

Je m'y attendais sans m'y attendre, ça sentait le roussi depuis quelques temps. Étant donné les circonstances, on peut dire que ça s'est plutôt bien passé (faut dire, depuis mon autre grand-mère, j'ai revu mes standards à la baisse). Mon chagrin se tient tranquille, mais je me demande si elle avait eu le temps de voir les photos les plus récentes de Hiboute, que j'avais envoyées quelques jours plus tôt (je ne le saurai sans doute pas, ça me taraude doucement, comme une fourmi qui vous escalade le pied). J'ai envie de passer un peu de temps chez elle, d'aller de pièce en pièce, de sentir les odeurs. Ça va être bien de voir les cousins demain, de se raconter des souvenirs.

Je n'ai pas hérité de sa bonne humeur perpétuelle ni de son cœur d'or, les deux traits qui la caractérisaient le mieux (ceux-là et son étanchéité absolue au second degré, à laquelle j'avais fini par me faire en vieillissant, mais qui fut source d'exaspération pour ma sœur et moi, à l'âge où nous n'étions que sarcasmes et ironie mordante). En revanche, Hiboute chantonne parfois comme elle, ça m'attendrit.

Quelques souvenirs :

  • les habits de Barbie qu'elle avait cousus pour nous. Ce tailleur gris notamment, très chic, qu'elle avait doublé de satin, elle qui ces dernières semaines n'arrivait même plus à décrocher son téléphone tellement avait les doigts paralysés.
  • Mes premières promenades dans Paris, c'était avec elle. Ce sont des souvenirs forts. Je peux m’enorgueillir d'être la première - et la dernière - de ses petits-enfants à lui avoir fait grimper les escaliers de l'Arc de triomphe.
  • Les photos qu'elle prenait, en mettant une fois sur deux le doigt sur l'objectif.

J'ai toujours parlé d'elle moins que de mon autre grand-mère sur ce blog, parce que nos relations étaient plus diluées. Il me semble pourtant que je n'ai pas moins de souvenirs d'elle, que je n'en étais pas moins proche. Ce n'est peut-être qu'une bête question de proximité géographique, et de fréquence de visite. La comparaison est inévitable, et pourtant elle ne rime pas à grand-chose.

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Avec Hiboute, Noël 2013