Pour le monde d'après, je verrais bien la fin du patriarcat, pas vous ? - deuxième épisode

Ben oui, c'est en plusieurs épisodes : la culture du viol, comme le réchauffement climatique, sont des problèmes qui ne se résoudront pas grâce à une solution unique et miraculeuse : il faudra un faisceau de plein de petits (et grands) changements, de prises de consciences et de solutions partielles pour s'en sortir. (J'ai l'impression d'enfoncer des portes ouvertes en disant des trucs comme ça, mais je sais que tout le monde ne partage pas cette vision des choses, donc voilà à quoi je crois, moi.)

Bref et donc ce qui paraît une évidence à certains est loin de l'être pour tous, et pour sortir de la culture du viol, va falloir bosser, entre autres, la question du consentement.

A Nairobi, où 25 % des femmes ont été violées, l'association No Means No Worldwide donne des cours aux écoliers et aux écolières pour apprendre aux filles à se défendre, aux garçons à les respecter et à développer une "masculinité positive". Cette vidéo raconte qu'avant ce programme, beaucoup de garçons trouvaient légitime de violer une fille pour qui ils avaient fait des frais, ou qui était court vêtue, et qu'au bout de 6 séances leur attitude avait changé. Les statistiques de viol avaient drastiquement chuté. SIX séances ! ça peut changer vite si on éduque, bordel de bite.

Avant-hier sur Twitter, j'ai vu passer une conversation qui me donne à penser que ce genre de programme (12 heures, ça doit pouvoir se caser facilement quelque part entre l'âge de 10 et 20 ans, non ?) serait tout aussi nécessaire chez nous : Une fille racontait un exemple de drague "normale", respectueuse, en déplorant que 99% du temps ça ne se passait pas comme ça, et en disant "vous voyez que c'est possible, messieurs Ouin-on-pourra-plus-draguer". L'anecdote qu'elle racontait n'a pas débouché sur le début d'un conte de fées : elle a repoussé gentiment les avances du mec, qui a pris la chose avec le sourire. Fin.

Eh bien il s'est trouvé en commentaires quelques types pour s'offusquer de ce que la nana avait mis un râteau à un mec GENTIL, non mais LE PAUVRE, vous vous rendez compte ? Il est sympa et elle ne va même pas boire un café avec lui ? Scandaleux ! (Quoi elle n'était pas attirée par lui ? Mais on s'en tape ! Elle peut pas faire un effort, non ?)

Donc vous voyez, c'est pas gagné-gagné encore, cette histoire : en 2017, il y a encore des gens pour penser que les femmes doivent autre chose que du respect aux hommes. Au minimum, aller boire un café, genre.

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