(Chaque jour qui passe je me demande bien ce qui m'a pris de me lancer dans un défi blog pareil. Je ne parle que du quart de ce que j'aimerais aborder à chaque fois, c'est désordonné et j'y passe déjà trop de temps. C'est d'autant plus absurde que d'habitude sur internet, je passe surtout mon temps à m'efforcer de fermer ma gueule, et là c'est le contraire : je lutte avec moi-même pour recommencer à l'ouvrir jour après jour. Vivement les vacances, que je me déconnecte... Allez en attendant, je continue.)

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Alors. Quand je me demande comment on pourrait sauver le monde (c'est comme ça que je me retrouve à 18h15, à n'avoir aucune idée de ce qu'on va dîner) j'ai l'impression que si on remonte à la source de tous les maux, souvent, très souvent, on débouche sur le capitalisme - chuis un peu le Monsieur Jourdain du marxisme.

Pourrait-il être moins mortifère, pourrait-on inventer un autre système à la place ? Je n'en sais rien. Je me dis que pour commencer, on peut essayer de ne pas s'acharner à donner les pleins pouvoirs aux grands-méchants-géants (de l'agroalimentaire, du numérique entre autres). Symboliquement, et moralement, pour ne pas alimenter ce rapport de forces. Le « C'est toujours ça que les Allemands n'auront pas » devient « c'est toujours ça que Mondelez International n'aura pas ».

Le Chou : Oui mais si ça se trouve, ta sauce tomate de la Biocoop, là, elle a été produite par un méchant aussi.
Moi : Oui, peut-être, mais par un petit méchant. Si j'ai le choix entre donner mon argent à un petit méchant ou à un grand méchant, je choisis le petit. Pour la biodiversité économique, quoi.

Parce que voilà : j'ai l'impression que quelque chose bascule depuis quelques temps : même si les Panama Papers et autres affaires du même style n'ont pas forcément eu beaucoup de retentissements sur la caisse, dans les esprits, un glissement a eu lieu : l'idée que l'austérité est la seule solution n'est plus audible (d'ailleurs, c'est tellement foireux comme concept quand on voit les résultats que ça mérite tout juste le nom de « solution »). On sait que le fric, il existe, en fait. Que ce n'est pas l'aide-soignante supplémentaire réclamée par un service hospitalier qui crée de la dette, mais bien plus Apple et McDo qui ne paient pas leurs impôts (du coup, quand on veut grailler chez nous, je suis ravie qu'on aille au kebab du coin plutôt que chez Ronald).

(Je fais de l'économie de comptoir, je sais ; mon but n'est pas de vous livrer une brillante analyse d'experte – à ce stade, vous aurez bien compris que de l'expertise, je n'en ai à revendre dans aucun domaine – mais de retranscrire une espèce d'air du temps dans lequel on flotte, moi et ma bulle de filtrage.)

Sur les géants du numérique, cet article raconte pas mal de choses intéressantes.

Je trouve utile de mesurer combien on est dépendant des Gafam, de voir d'où on part, et de se demander comment on pourrait s'en détacher un peu. C'est une démarche très personnelle, chacun a ses propres espaces d'autonomie et d'aliénation : moi par exemple, ça m'embêterait de renoncer à Facebook (sauf pour des cures régulières d'abstinence), mais je vis très bien sans smartphone. Une ou deux fois par an, je continue d'avoir recours à Amazoun pour trouver la bonne référence de sacs aspirateur ou l'attrape-araignée qui nous a changé la vie à la maison ; alors que pour les livres, je mets un point d'honneur à me débrouiller sans eux (et vu ma situation géographique, c'est vrai que ce n'est pas très compliqué).

Ensuite, concrètement, si on se sent l'âme d'un libriste, juste un peu, ou alors beaucoup voire passionnément, le site Dégooglisons internetnotamment propose plein d'alternatives. Personnellement, si je ne me sens pas de tenter Linux à la place de Microsouft (c'est toujours les copains geeks qui te disent que c'est hyyyper facile à utiliser... Je ne dis pas que je ne m'y mettrai jamais, mais ce n'est pas pour tout de suite), et si le changement de boîte mail est un projet que je n'envisage qu'à moyen terme, en revanche, utiliser Framadrop à la place de Wetransfer, ça ne me coûte rien, absolument aucun effort.