La lecture de ce billet m'a rappelé ma propre enfance du même genre, une enfance de futur écrivain...

Le fait que je n'aie pas la vie d'adulte correspondant à une enfance de futur écrivain ne me chagrine pas le moins du monde, la pratique du blog suffit amplement à ma personnalité de feignasse vélléitaire égocentrique (pour le reste, il m'arrive de gribouiller - n'excluant pas que ça puisse un jour prendre forme, mais ça m'est devenu un peu égal au fil des années, c'est davantage le plaisir de former des phrases dans l'instant qui me donne satisfaction).

Or donc, je débute par le mythe fondateur. Ca commence à 6 ans, je suis en CE1 et ma rédaction de fêtes de fin d'année - très originalement intitulée "Le petit sapin de Noël" fait un tabac : j'obtiens la note de 9 et demi sur 10, ma mère photocopie la chose à tour de bras pour l'envoyer à toute la famille, on m'envoie même la lire dans une autre classe - la gloire transgénérationnelle.

Je me rappelle n'avoir pas complètement compris cet engouement à l'époque, non que je manquais de confiance en moi (c'est un truc qui vient plus tard, en même temps que le sens du ridicule), juste ces réactions me semblaient légèrement disproportionnées ; mais j'avais finalement accepté la chose avec philosophie, partant du principe qu'ils avaient plus d'expérience que moi et savaient donc ce qui était bien ou pas (plus tard, à l'occasion d'autres rédactions où j'avais beaucoup donné de ma personne et reçu des notes tout à fait moyennes, j'ai revu à la baisse le crédit que je portais aux adultes...).

A huit ans, grande amatrice d'animaux sauvages (j'allais écrire comme toutes les petites filles de 8 ans, mais j'ai brusquement un doute quant aux aspirations d'une petite fille de huit ans d'aujourd'hui, peut-être ont-elles changé), galvanisée par le récent visionnage de Danse avec les Loups, je me lance dans la fiction autobiographique, inventant un loup (appelé Chaussette, évidemment) qui venait s'installer sous les thuyas du jardin et m'accompagnait à l'école. Terrible.

Ce chef-d'oeuvre a malheureusement disparu, mais je me souviens encore d'avoir pompé de larges extraits des dialogues d'Astérix, qui rendaient me semblait-il fort bien.

(je dois beaucoup à Goscinny hormis le plagiat ; notamment de m'avoir permis d'asseoir ma réputation d'enfant précoce et ridiculement snob. Ainsi, un jour où ma mère m'appelait pour le déjeuner, je lève le nez de ma bédé, et je lui balance crânement "je n'ai besoin que de nourritures spirituelles". Autant vous dire qu'elle en est restée comme deux ronds de flan. Je venais en fait de citer le barde Assurancetourix, et sans exactement comprendre ce qu'il entendait par là, j'avais bien senti que ça ferait son petit effet.)

Bon là je suis à la bourre alors la suite et fin de mon enfance de futur écrivain demain !