Hier en passant à ma librairie chérie je suis tombée sur "Comment le cancer m'a fait aimer la télé et les mots croisés" (Cancer made me a shallower person), une bédé autobiographique de Miriam Engelberg. J'ai lu les trois premières pages, j'ai dit banco et je l'ai ramené chez moi (ouii j'ai payé d'abord).

Et le soir, bien que couchée affreusement tard, je n'ai pas pu m'empêcher de le lire jusqu'au bout, tellement c'est drôle et prenant. L'histoire : Miriam ne supporte pas les courageux cancéreux qui l'entourent, et plutôt que de pratiquer la méditation et vivre intensément chaque minute de la vie, elle préfère se vautrer devant la télé pour y regarder des conneries. C'est d'un humour si noir que ça finit mal, je vous préviens.

D'aucuns n'apprécieront peut-être pas qu'on se rie de sujets aussi graves que le cancer et la mort, mais, pour citer Desproges, est-ce qu'elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu'elle ne pratique pas l'humour noir, elle ?

... Bref, c'est une bonne bédé. Cela dit je suis peut-être exagérément bon public, parce que j'ai l'impression que ce genre de bouquin a été écrit spécialement pour moi ; en effet, j'ai deux convictions dans la vie (la première n'a certes rien à voir) :

1/ Un jour, j'aurai un cheval (pour l'instant c'est pas gagné)

2/ Un jour j'aurai un cancer (là les statistiques me donnent plutôt raison)

Mon beau libraire, à qui je n'ai pas confié ces convictions (sentant le syndrome du panneau stop pointer son nez), m'a indiqué, en encaissant la bédé, l'existence d'un autre ouvrage sur le même sujet ; finalement ça se voit peut-être sur mon visage, que le sujet me concerne particulièrement. J'ai pris l'air dégagé et j'ai dit que mmh-mmh, on verrait ça la prochaine fois, car je ne voulais pas passer pour une maniaque de la tumeur...