En général, je passe chez Heure bleue et Le Goût vers l'heure de l'apéro (comme dit Le Goût quand je me plains de ne pas être une femme fatale, "bien sûr que tu es une femme fatale... fatale pour les rillettes en tous cas"). Parfois je rentre dîner chez moi, parfois je reste chez eux, mais quoique je décide, ils sont toujours prêts à me recevoir à leur table.

L'autre jour, il leur restait un moignon de veau et trois lentilles qui se battaient en duel, mais ils s'apprêtaient à m'accueillir tout comme les soirs où c'est Byzance (du lard, de la soupe, du fromage qui pue, des crèmes au chocolat) !

J'aide un peu, je farfouille dans les bouquins et les dévédés, je pousse Balagan du canapé, et Heure Bleue ronchonne "tu es aussi mal élevée que mon fils..."

Après le repas, il y a la cérémonie des tasses de Ricoré, une pour moi, deux pour Heure Bleue, qui houspille le Goût parce qu'il ne nous les prépare pas assez vite. On se cale tous dans le canapé, on cause ciné devant les Tontons flingueurs, on se pâme devant Enrique (si beau mec et si mauvais acteur), ou on se cache les yeux face à une émission sur la chirurgie esthétique (qu'on accompagne de réflexions sur les culs tristes et les seins en poire).

Et puis je rentre chez moi (c'est-à-dire que je traverse la rue), mieux lunée qu'en arrivant.

"C'est pas en passant des soirées avec nous que tu vas rencontrer l'homme de ta vie" me sermonne parfois Heure Bleue. Mais l'Homme De Ma Vie ne me manque pas spécialement dans ces moments-là !

Séjour chez mes vrais parents repoussé d'encore une semaine, trop de bonnes choses qui m'arrivent à Paris en ce moment, je prends, je prends ! (et je raconterai le moment venu si les espoirs de bonnes choses se concrétisent...)