dim. 25 mars 2007
Orsay hier avec mes parents adoptifs ; d'abord il a fallu faire la
queue comme des cons sous la pluie au milieu de trois cents autres cons dont
les parapluies s'égouttaient sur nous. Le Goût et moi avons râlé du mieux que
nous avons pu pour laisser tomber la culture et aller directement au bistrot,
mais Heure Bleue a tenu bon, et nous avons fini par entrer, frigorifiés, dans
le saint lieu.
Je ne sais pas à quoi on ressemble quand on se balade tous les trois, et je
ne sais pas si c'est parce qu'il nous a trouvés très mignons ou si c'est parce
qu'on lui faisait pitié qu'un aimable gardien qui passait par là nous a fait
passer devant tout le monde pour entrer dans le musée proprement dit.
C'est très chouette, Orsay ; trop de gens malheureusement le savent et
viennent se mettre entre nous et les tableaux.
Avons tout de même pu admirer l'Origine du
monde, quelques danseuses de Degas, les
raboteurs de Caillebotte, sommes en revanche passés au pas de course devant
les Van Gogh (trop de monde, il faudra revenir). Que c'est étrange, de circuler
au milieu de toutes ces oeuvres archi-connues, on a l'impression d'être dans
une soirée people ("Oh ! T'as vu, là, Renoir !").
J'ai découvert quelques tableaux de Bonnard que je ne connaissais pas, tous
trop grands pour qu'Heure Bleue réussisse à les fourrer dans son sac à main, à
notre grand dam. Les oeuvres de Gauguin sont curieusement ternes, comparés à
leurs reproductions en cartes postales.
A la sortie du musée, encore marcher sous la flotte un bon moment avant
d'aller se reposer à l'hôtel Concorde, qui sert des cannelés avec le café
(c'est très aimable). Nous avons constaté avec joie que la décoration du bar
avait visiblement été confiée au célèbre Claude Dalle (si vous habitez Paris et
que vous ne connaissez pas Roméo, ruez-vous rue du faubourg St-Antoine, ils ont
au moins cinquante mètres de vitrines, fous rires garantis) : colonnes de
marbre noir, fauteuils garnis d'anneaux dorés, lampes compliquées, velours
rouge sombre... D'un mauvais goût très sûr !