Depuis le début, il me semblait louche. Mon DVD-club.
Je n'aurais pas su dire pourquoi, puisqu'il ressemblait à n'importe quel
autre DVD-club de la ville ; même, le personnel y était peut-être plus
sympathique qu'ailleurs... pourtant je sentais quelque chose de pas net dans
l'affaire. Genre filière de blanchiement d'argent (aucune preuve, seulement une
l'intuition).
Rien d'insurmontable cependant, et pour ses tarifs corrects, ses horaires
d'ouverture imbattables et sa proximité de ma maison, je l'ai adopté.
Durant quelques mois, j'y ai eu régulièrement recours sans accroc ; et
puis la semaine dernière, alors que j'y rapportais une galette, j'ai trouvé
porte close.
J'étais pourtant sûre d'être dans le bon intervalle, les heures d'ouverture
étant simples à mémoriser : 7 jours sur 7, de midi à minuit.
Un peu décontenancée, j'ai remballé mon film et je suis revenue le
lendemain. Pour trouver la même absence d'accueil ; et pas un mot
d'explication scotché sur la porte.
Il en a été ainsi pendant une semaine. Et puis l'autre soir, alors que je
passais une ultime fois rendre mon dvd, j'ai collé le nez à la vitrine et j'ai
regardé l'intérieur à peine éclairé : toutes les jaquettes installées sur
les étagères avaient disparu !
Le magasin avait été manifestement vidé à la hâte... Je savais bien qu'il
avait quelque chose de louche !!!
Je suis peinée pour trois raisons :
1/ Il ne rouvrira pas de sitôt, c'est acquis, et je vais devoir aller me
fournir plus loin - pour une feignasse comme moi c'est rédhibitoire.
2/ Il me restait une dizaine de locations sur l'abonnement que j'avais
contracté, que je peux désormais me carrer où vous savez.
3/ La veille de la subite et définitive fermeture, j'avais emprunté... une daube ! J'aurais pu me retrouver avec un chef-d'oeuvre sur les bras, mais non, moi madame, moi, je fais les choses comme il faut, j'emprunte un nanar pile le bon jour, et je me retrouve flanquée de "Qui perd gagne"...Loseuse un jour, loseuse toujours !